HELLFEST 2019 : 4 doses de chaleur et de reports (4/4)

Dernier jour au Hellfest *soupirs*… On a pas hâte que ça finisse. 

Après un gros samedi, on est un peu rincés. On arrive sur le site gentiment pendant NOVA TWINS. Pas mal du tout en mainstage, avec un genre de rock-rap-metal à la RATM en mode féminin fluo. 

On est venus tôt surtout pour Brutus, qui à l’écoute, est une belle découverte. La voix de la chanteuse batteuse sur un fond de rock-sludge n’y est pas pour rien. Le combo belge arrive à la Warzone en fin de matinée. Quelques errements aux débuts, mais c’est de belles envolées post-rock La leadeuse de ce groupe belge est devant la scène, de biais. On a tout le loisir d’observer son jeu. C’est carré. on se disait, “allez on va voir Municipal Waste un petit coup”. Eh bien on ira pas. Pour les fans de Rolo Tomassi, pas dans ses passages méchants, on est accrochés. Belle découverte. 

On retrouve Yannick de MIFC sur la Warzone, qui sera son début de dernière journée, pour découvrir Employed To Serve. Ces deniers n’ont pas fait l’unanimité. Yannick été séduit. Peut -être la surprise d’avoir un growling féminin, ce qui reste encore rare dans le métal. Mais pourquoi donc ont il joués tout du long avec leur K-Way ? Le public leur a posé la question, mais nous n’avons pas eu de réponse claire. Qu’importe. Ils avaient de l’énergie à revendre et les pits se sont enchaînés. D’un autre côté, nous (Dorine et moi) adorions l’album de ce groupe de Metal-core bien méchant “The Warmth of a Dying Sun”. La batterie n’aura qu’un petit son, il faudra 4 titres pour que le son soit cool, du coup le public bouge pas trop (tout le monde est mort ?), y’a peu d’ambiance. Dommage. Pas convaincant. On croisera Kem des Eurocks qui sera pas plus convaincu. Déception du jour. 

On boit un coup en attendant le revival de Morning Again. Cela sonne un peu à la Vision Of Disorder, dont je suis ultra fan. On se dit que ça peut être plaisant. Mais non….Je l’ai déjà écrit, mais c’est pour moi l’exemple type du groupe qui devait pas se reformer… enfin dans ces conditions de live. Le son est degueu, des pains au large sur les ‘ premiers morceaux (mais genre, vraiment !), c’est une boulangerie à la batterie, le guitariste à jar’ est à la rue parfois. Pas d’ambiance, pas de foule… Déception 2. 

On passe rapidement devant Trivium. Du Neo-metal efficace. Grosse ferveur du public. Un classique, qui marche. 

On revient à la Warzone pour Cancer Bats, qu’on avait déjà vu au Hellfest. La prestation Hardcore-metal des canadiens nous rappellera GET THE SHOT l’an dernier. Une chaleur accablante, des titres phares que le public attend, une reprise de Sabotage des Beasty Boys, et un chanteur qui est à fond et enthousiaste. Les 6 premiers morceaux n’amusent franchement pas la galerie. On aime cette énergie qui semble être la spécialités des nords-américains. 

La journée de dimanche file à toute vitesse ensuite. 

On appréciera BearTooth et son punk-hardcore en mode skatepark. Avant d’aller Mainstage 2 voir LOG et rejoindre Yannick qui avait noté ça dans son programme. 

La claque de la journée a été distribuée par Lamb Of God. Quelle énergie ! Le chanteur Randy Blythe fait tourner frénétiquement ses dreadlocks, saute de l’estrade de la batterie, et galvanise le pit. Les classiques étaient tous là (Walk with me in hell, Ruin, Redneck, 512…) et le public a suivi à fond et en masse ! Un bon concert de batterie en mode démo. 

On rejoint les locaux d’Eye of The Dead à Cannibal Corpse. J’aime pas vraiment CC en écoute. Mais franchement, on ne peut rester indifférent à leur puissance live. C’est malsain, matraqué mais tellement bon. On s’éclipse à regrets après la moitié du live. 

Retour à la Warzone, qui sera la scène du jour pour le retour de REFUSED. Quel bilan en tirer ? Bah ça c’est un retour réussi. Bien que moins envolé je pense, le live est plutôt classe, à l’image du chanteur en veste et mode dandy. 4 morceaux légendaires de The Shape of Punk to Come, et puis beaucoup de place aux morceaux du nouvel album _ normal. On notera que Refused sera le seul groupe à se risquer à parler politique avec des messages libertaires de ce qu’on en a vu sur le festival. 

Avant de finir le festival, on devait évidemment aller voir Slayer avec un gros show, une install’ titanesque, et du morceau culte à la pelle (toute la set-list l’etait ?). 

On finit par Tool, particulièrement attendu (je ne saurais vous dire depuis combien de temps ils ne s’étaient pas produits en France). Mais il fallait être prêt pour bien profiter du show. En effet, les écrans géants n’étaient pas utilisés à reprendre des images du groupe en train de jouer, mais à diffuser des vidéos expérimentales. Joli, mais un peu frustrant. Décidé à me rapprocher pour ne pas à avoir que deviner des silhouettes en ombre chinoises au loin, c’est avec surprise que je découvre qu’il n’était pas si difficile que cela de se frayer un chemin dans un public assez clairsemé pour ce dernier concert. Je profite donc un peu plus de cette fin de festival, mais somme toute sur un style que je trouve, pour ma part, trop calme pour clôturer un tel évènement.

On a déjà hâte d’être à l’année prochaine. Merci au Hellfest de l’invitation.
Crédits photo :

  • Yannick BREDENT
  • Dorine MAILLOT

Live reports :

  • Stéphane LAURENT
  • Yannick BREDENT

Please follow and like us:
error

La Guerre du Son, à Landresse (25) – 19, 20 juillet 2019 – Le 2e jour.

Samedi 20 juillet.

Landresse nous revoilà ! La guerre n’est pas terminée ! Une partie des guerriers est restée dormir sur place, plantant la tente ou garant le camping-car à coté du champ de bataille. Nous on a refait la route avec plaisir pour retrouver l’équipe de l’organisation de festival. On se sent bien chez vous : Partout, ce sont des sourires qui nous accueillent. Un vrai plaisir.

La 2e soirée commence avec KNUCKLE HEAD. Découverts lors de « Mon Baby Blues Festival » à l’automne dernier, je les attends avec plaisir. La batterie de Jock est installée sur l’avant gauche de la scène tandis que le micro de Jack patiente à droite. Son pied de micro est caractéristique, fait d’une grosse chaîne, ornée à son sommet d’un crâne de ce que je pense être un mouflon, avec ses grosses cornes spiralées et recourbées. Les 2 garçons proposent un set lourd et gras, qui mélange le blues, le rock, la country. On voyage à travers les paysages poussiéreux de l’ouest américain. On croit entendre dans le lointain les Harley vrombir. Non seulement ils ont des « gueules » comme on dit, mais ils ont aussi une présence forte sur scène. Jock ne s’est pas calmé depuis la dernière fois derrière sa batterie, cognant comme un fou… (je ne vois pas pourquoi il se serait calmé d’ailleurs ?!!:-) ) et Jack nous embarque au son de sa guitare et par sa voix profonde. Si vous les avez ratés, allez voir leur clip « Gazoline » extrait de leur dernier album. Un chef d’œuvre : Vous aurez compris ce que je peine à exprimer avec ces quelques mots.

Allez, retour sur la scène B. Aujourd’hui, c’est l’asso Mighty worms qui tient les manettes de la programmation. Cette association Bisontine travaille pour la promotion du Rock, et plus particulièrement de la scène locale, depuis 2003. Ce soir au programme, il y aura tour à tour SOUND OF DUST, LANDSLIDE, DAALE et THE MANIAX.

SOUND OF DUST ne sont eux aussi que 2 sur scène, un batteur et un guitariste. Au programme, quelque chose à mi-chemin ente le rock et le blues, mais un son plutôt efficace. Il n’y a pas grand monde devant la petite scène en ce début de soirée, et pourtant ils font ce qu’il faut pour l’animer, le guitariste descendant au milieu du public le temps d’un morceau. Pas facile de jouer de la guitare et tenir le micro pour chanter en même temps : C’est un fan qui proposera de servir de pied de micro temporaire tandis qu’un autre apportera une bière à l’artiste ! Ambiance vraiment sympa pour ce jeune combo dont je ne connais pas grand chose.

Pendant ce temps en backstage au pied de la grande scène, les membres de POGO CAR CRASH CONTROL s’échauffent ! Quelques mouvements histoire de se mettre en jambe au pied de l’escalier pour les uns, un fond de bière sur la nuque et les cheveux pour Lola, la bassiste, pour se rafraîchir les idées (si si ! Je l’ai vue !! Le houblon, ça doit être bon pour sa jolie chevelure blonde!), et hop ! C’est parti pour un nouveau set bourré d’énergie ! Ça doit être la 3e ou 4e fois que je les vois, et j’ai hâte ! Du bon punk qui envoie !! Ils commencent à avoir une certaine réputation. Leur passage au Hellfest entre autre n’y est sans doute pas pour rien. Les textes, écrits en français, traitent des thèmes actuels tels que le mal-être de la jeunesse actuelle. La musique qui les accompagne est cinglante et leur prestation sur scène décape du feu de dieu ! Et pourtant, ils savent aussi se poser entre deux titres explosifs où ils vomissent toute leur rage, tant par les mots, par le son que par leur jeu de scène. Débute alors une balade aux notes plus douces qui permet aussi au public de reprendre son souffle.

Du coté de la scène B, on pourra découvrir LANDSLIDE, jeune groupe de Indie Rock/Pop’90’s originaire de Besançon (25). C’est le 2e concert seulement ce soir pour ce groupe fraîchement formé : j’imagine le trac !… même si les musiciens sont issus de précédents autres groupes. Suivront un peu plus tard dans la soirée DAALE, trio originaire d’Épinal, qui se classe dans la catégorie Grunge/Rock/Noise, puis THE MANIAX. Eux tournent pas mal dans la région et plus loin. Il paraît qu’ils font du Crossover Rock’n roll ! Je ne sais pas bien ce que cela veut dire, mais en tout cas leur présence sur scène est indéniable. Même si Julian, le chanteur, a quitté sa canne et son chapeau, ils sont tous beaux avec leurs vêtements assortis à leurs jolis nœuds-papillons gris ! Ce coté Circassien, voire freakshow un peu désuet renforce l’image de ce groupe. Et musicalement, on s’évade aussi dans une sorte de fresque mêlant l’étrange et le fantastique au Rock’nroll.

En milieu de soirée, BLACK BOMB A accaparait la scène A. On ne présente plus ces parisiens qui écument les scènes depuis plus de 20 ans, balançant un punk Hardcore qui vous déchausse les molaires ! Spécialistes des Circle Pits et wall of death, ils n’ont pas dérogé aux habitudes, même si à la Guerre du Son, on a fait plus petit que devant des très grandes scènes… mais les fans ne pouvaient pas rater ça bien sûr ! Ça va de pair avec BBA ! L’énergie monstrueuse de ce groupe communiquée à son public et leur style musical font d’eux un groupe à part en France, sur la scène punk.

Allez, je redonne la main à Yannick pour présenter les 2 autres grands groupes de cette 2e soirée : OOMPH! et SHAARGHOT.

OOMPH! C’est un groupe allemand de musique industrielle. Ils chantent en anglais et en allemand. Le chanteur parle aussi quelques mots de français (j’y reviendrai plus tard). Bien qu’ils aient commencé à officier avant (et qu’ils ont même peut-être un peu inspirés) leurs compatriotes de Rammstein, ils sont bien moins connus. Je suis certain que beaucoup les découvraient ce soir.

C’est définitivement un très bon groupe de scène. Par les costumes d’une part : look un peu gothique pour le chanteur (et frontman) Dero, casque souple d’aviateur orné de balles pour le bassiste… Mais également par les différents postures que chacun prendra tout au long du concert, debout sur des piédestals, brandissant les guitares, etc. Et bien sûr par l’incroyable efficacité de leurs titres.

Une intro très martiale avec le titre « TRRR-FCKN-HTLR » (issu de leur dernier album « Ritual » sorti en 2019) qui fait énormément penser… ben à du Rammstein, tant dans la musique que dans le chant. S’enchaînent alors des titres tous plus entraînants les uns que les autres (« Träumst Du », « Jetzt Oder Nie », « Labyrinth », …) où le chanteur tend fréquemment son micro vers le public pour l’inviter à reprendre les refrains. A de multiples reprises, ce dernier se saisit de baguettes pour frapper un tom qu’il a à sa disposition au-devant de la scène.

A un moment du concert une partie du matériel audio s’est arrêté. Les claviers – dont les 2 guitaristes du groupe s’étaient d’ailleurs emparé -mettent plusieurs minutes à rebooter. Pour faire patienter Dero demande à la foule (en français) si ça va ? si ça plane ? puis il entonnera avec le public la fameuse chanson de Plastic Bertrand ! Il slamera d’ailleurs lui-même un peu plus tard sur la foule.

Un groupe définitivement à aller voir et revoir !

Arrive le dernier concert. Il s’agit d’un groupe qui mérite qu’on s’y attarde. Parce qu’ils font la clôture, et parce qu’ils ne sont pas (à tort) encore très connus. Alors profitons-en pour faire les présentations : SHAÂRGHOT. Groupe français, 1er EP (« Mad party ») sorti en 2013, qui distille un métal indus (pour faire simple) énergique, plutôt sombre, et avec des teintes assez martiales.

Shaârghot, ce n’est pas juste une musique efficace. C’est tout un univers qu’ils installent. Imaginez vous un futur proche, ambiance blade runner et cyber punk… Vous y êtes ! Le Shaârghot est le fruit d’une expérience ratée, vivant dans les bas-fonds de la ville, et constituant son armée de fidèles (ses « Shadows ») en les contaminant avec son propre sang. Allez jeter un œil sur leur dernier clip « Z//B » (éventuellement sur un célèbre Hub porno pour y voir la version non censurée) et vous saisirez bien l’ambiance.

Comment transposent t’ils cela sur scène ? Éclairage sombre que transpercent des lumières noires et vertes. Un écran de projection à l’arrière de la scène qui offrira tout au long du set une série d’images collant à l’ambiance survoltée (on y verra notamment des extraits de leur clip « Break your body » où une armée de mercenaires s’attaquent aux Shadows, scène filmée par moment comme dans un FPS, en vue subjective). Tous les musiciens sont recouverts de noir (c’est le parasite qui fait de Shaârghot le Shaârghot), portent des lunettes stylées cyberpunk ou des lentilles phosphorescentes. Le look du chanteur – hormis son chapeau melon orné du “Great Eye” – fait un peu penser à celui du héros de BD RanXerox. Shaârghot, le frontman, est déchaîné et parcourt toute la scène. Il va fréquemment à la rencontre du public pour les contaminer en les marquant sur le front de son parasite, déclenche un wall of death en se trouvant lui-même au point de rencontre des 2 vagues, utilise un bidon pour faire des percussions dessus en intro de leur titre « Azerty », puis le jette dans le public.

Une pause avec leur titre « Regrets » en toile de fond, le temps de mettre un masque en forme d’araignée et c’est reparti pour un tour. Le guitariste Brun’O Klose a équipé sa guitare d’une sorte de bougie fontaine produisant une pluie d’étincelles et de lasers, artifices auxquels il a plusieurs fois recours pendant le set. Le bassiste Clem-X, a un jeu et un style beaucoup plus posé, prenant à un moment le temps de s’allumer une cigarette. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas pour rien que son pied de micro est équipé d’un repose verre où trône fièrement un gobelet de bière. O.Hurt/U, le batteur, a un jeu très efficace, mais malheureusement un peu trop en retrait sur la scène.

Contrairement à d’autres de leurs prestations, il n’y avait pas Scarskin, sorte de souffre-douleur que le Shârghot aime habituellement à maltraiter à coup de clés à molettes ou batte de baseball. Il n’y avait pas non plus les Mantes, créatures montées sur échasses avec des lames de faux en guise de main (sans doute sont-elles restées au Hellfest où Shaârghot a retourné le public 1 mois plus tôt).

Pendant près d’une heure et demie le groupe nous en a mis plein les oreilles et les yeux , et a passé en revue la plupart des titres phares de leur 2 albums (« Vol.1 », et « Vol2 : The Advent of Shadows » sorti il y a tout juste quelques mois). A la fin du set que je n’ai pas vu passer, même impression qu’ils m’ont laissé au Hellfest : Beaucoup dans le public ne connaissaient pas, mais ont été conquis. Bienvenue à vous, « Shadows » !

Merci à Yannick et Franck de m’avoir prêté main forte pour la rédaction de ce report.
Ainsi s’achève la 15e édition de La Guerre du Son. Petit festival par la taille de son infrastructure, mais grand par la qualité de sa programmation, qui devient de plus en plus époustouflante d’année en année. On se prend à rêver sur le chemin du retour d’un Hellfest Comtois d’ici quelques années, là au milieu de cette campagne bucolique… Et pourquoi pas ? Eux aussi ont commencé tout petits à l’époque !

Crédits Photos : Franck Lamberthod, Yannick Bredent, Laurence AMIELH

Please follow and like us:
error

La Guerre du Son, à Landresse (25) – 19, 20 juillet 2019 – Le 1er jour.

AVIS de MOBILISATION GENERALE ! La Guerre …. du Son est déclarée !

En ce week-end de juillet, comme chaque année depuis 15 ans, les irréductibles Gaulois… heu je veux dire Franc-Comtois, des villages de Landresse et Ouvans sont bien présents sur le champ de bataille !

Voilà plusieurs semaines que tous s’y sont remis : de 7 à 77 ans, et même plus ! Chacun son boulot : il faut déblayer la grange qui recevra la grande scène, préparer l’école primaire qui se transformera en Loges pour les artistes et en espace VIP, faucher le champ qui deviendra la zone ouverte au public, organiser la venue des différents groupes, commander les steacks et les saucisses pour les casse-croûtes, éplucher les pommes de terre pour les frites, trier la salade pour les hamburgers, faire venir les fûts de bière et les palettes de boissons, monter les barrières, préparer la billetterie, descendre mettre des affiches pour les gens du bas (bin oui, là on est déjà sur les premiers plateaux du haut-Doubs, Besançon et Montbé’ c’est en bas!), …j’en passe et des meilleures. Et tout ça avec en tête l’envie de revivre, d’une façon plus moderne et musicale, les frasques du Petit Gibus et ses copains, héros de la « Guerre des Boutons » (de L. Pergaud), qui s’étripaient à la sortie de l’école et se coupaient les boutons et les bretelles dans ces mêmes prairies et sous-bois autour de Longerverne et Velrans (alias Landresse et Ouvans !…)

Vendredi 19 juillet.

Nous voilà arrivés au fin fond de la campagne après ¾ d’heure de routes plus étroites et tortueuses les unes que les autres. Là-bas à la sortie du village, un tracteur barre la route : c’est bon signe, on est arrivés ! Plus qu’à garer la voiture dans le champ de droite, passer chercher les pass photo et c’est parti pour 2 jours de plaisir !

Bon on a raté les FALLEN LILLIES… dommage… mais un vendredi après le boulot, être là-haut pour 19h, c’était trop juste. En même temps, j’ai confiance, elles ont du assurer les filles ! Il faut dire qu’après avoir remporté le tremplin « Voice of Hell » ce printemps et joué sur la Mainstage du Hellfest en ouverture du festival de l’enfer, elles ont un moral de fer et plus rien ne les arrête ! Et puis jouer « à la maison » (ou presque) devant LEUR public, ça doit de toute façon faire chaud au cœur. Elles sont comme ça les Fallen, en janvier elles jouent dans la minuscule salle du Farmer à Lyon pour la 1ère édition du Kikifestival, en juin elles s’offrent une des plus grandes scènes du monde au Hellfest, et en juillet elles montent se perdre à Landresse !! 🙂

Ce vendredi, sur la petite scène, la programmation est gérée par Rockin’chaise. On ne présente plus cette association de Colombier-Fontaine, aux portes du Pays de Montbéliard, qui donne un coup de pouce aux musiciens locaux en leur offrant des locaux de répétitions et toute une infrastructure pour les aider à avancer. C’est DEMON VENDETTA qui lance les hostilités. Mais le temps d’arriver et de discuter un peu à droite à gauche et de passer mettre à jour quelques formalités d’usage, bin je les ai ratés aussi. Je ne peux rien en dire puisque je ne les ai jamais vus ! Ils étaient programmés ce printemps au Rockin’chaise minifest mais se sont décommandés en dernière minute… J’arriverai peut-être à les voir un jour ?!!

Allez, j’affûte l’appareil photo, je place mes bouchons d’oreilles et je me dirige vers la grande scène. BANANE METALIK est annoncé. Pour la sortie de leur nouvel album, leur tournée Européenne (et même un peu plus loin dans les pays de l’Est) passe par Landresse. Originaire de Rennes, ce groupe de Gore’n’Roll comme ils se qualifient, étaient eux aussi au Hellfest il y a quelques semaines seulement ! Décidément ! 😉 Sur scène, des cercueils ouverts placés à la verticale renferment les amplis et quelques bougies, squelettes et autres têtes de morts, des avants-bras sanguinolents fraîchement tranchés maintiennent les micros, l’image de fond de scène fait penser à s’y méprendre à une affiche de film d’horreur… Bref le décor est planté ! Les musiciens arrivent, superbement grimés tels des morts vivants revenus de leur dernier banquet entre amis : des traces rouges de sang jusque sur les vêtements, des plaies béantes, des yeux blancs, des lèvres noires,… whaou ! On n’aurait pas envie de les croiser au coin d’un bois, mais… superbe boulot de maquillage. Le set démarre sur le même ton : du punk rock décoiffant et un échange avec le public omniprésent. D’ailleurs, à peine 5 mn passées que le leader invitait le public à monter sur scène ! Une bonne vingtaine de personnes les a donc rejoint, faisant encore monter l’ambiance d’un cran. La foule n’est pas énorme devant la scène, et pourtant, ils arrivent déjà à lancer des Slams ! Quelle ambiance ! Pas besoin de 10000 personnes devant une scène pour prouver qu’à Landresse, le public de Metaleux sait s’amuser. Et le week-end ne fait que commencer !

Allez, on reprend son souffle, on passe à la buvette et on va voir un peu ce qui se passe sur la petite scène. C’est MEMBRANE qui prend le relais après les Bananes. Alors petite scène peut-être, mais en attendant, ça ne rigole pas pour autant au niveau de la prog. Originaire de Vesoul (70), le groupe qui a déjà joué un peu partout en France, s’est carrément offert cette année une tournée en Russie avant de poser le matos à la Guerre du Son ! Qualifié habituellement de Hardcore et Noise rock, ils ont fait un peu évoluer leur style dans leur nouvel album sorti en début d’année. Le set de ce soir donne un échantillon de leur style musical, agrémenté de quelques notes folks, sludge, voire des consonances gothiques…

Retour sur la Grande Scène. Je passe la main à Yannick pour vous parler de NO ONE IS INNOCENT.

On ne les présente plus. Ils ont énormément tourné ces derniers mois. Alors, même si on revoit les mêmes postures de chacun (Kemar, le frontman, qui prend Shanka, le guitariste par le cou, ou Shanka se penchant en arrière en embrassant sa guitare,…), leur rock engagé marche toujours aussi bien, et le public est survolté. Les fans sont bien là ! Les lumières étaient malheureusement bien sombres une bonne partie de leur set. Dommage. Prestation énergique, le groupe a bien transpiré (et fait transpirer), et s’est démené tout au long du set. On a eu droit, entre autres, à des classiques comme « La Peau », « Silencio », mais aussi bien sûr des titres de leur dernier album (« Frankenstein », sorti en 2018) comme « La Gloire du Marché » et « Ali (King of the Ring) ». Le public en est sorti bien énervé, près à en découdre pour le groupe suivant de la scène principale : « Soulfly ».

En pendant ce temps, ASSIGNED FATE a terminé ses balances. Moi, j’arrive trop tard pour me faufiler en bord de scène pour faire des photos : le public s’est déjà agglutiné et ça pogote dès les premières notes ! Les Pontissaliens ne font pas dans la dentelle. Ils envoient du lourd et les 2 chanteurs donnent une note originale au style du groupe. C’est un Metal agressif voire hargneux, les riffs sont intéressants, les solos bien ficelés : le set est bref mais bon !

A la Guerre du Son, perdu au milieu des prés, un gros bus-tour s’est garé devant l’école. On se demande presque comment il est arrivé jusque là par les toutes petites routes. SOULFLY est dans la place les amis ! Je laisse le soin à Franck, grand fan de Max Cavalera, de vous en parler :

Concert raté en 2018 à la Poudrière de Belfort, c’était l’occasion ou jamais de retrouver Max et sa bande, au milieu de la campagne franc-comtoise…… Qui aurait imaginé qu’ils puissent être là en ce vendredi soir de juillet, en ce lieu paumé mais…… si réputé désormais….., merciiiiii la Prog’.

Soulfly, c’est avant tout, un homme…… Max CAVALERA, digne créateur avec son frère Igor du Groupe de métal oh combien célèbre, Sepultura.

Je dis un homme, car bon nombre de musiciens sont venus composer le combo depuis sa création en 1997, même Dave ELLEFSON, bassiste de Megadeth est venu s’y frotter…..

Soulfly, c’est un homme, mais aussi un style musical, le Tribal Métal. Ce style que Max CAVALERA inaugurera lors de son dernier album avec Sepultura, « ROOTS ».

Inspiré des rythmes et musiques tribaux brésiliens, que le groupe a découvert lors de leurs nombreuses rencontres avec les peuplades autochtones de la forêt brésilienne (tribu des kayapos entre autre….), cet album ouvrira la porte au style marqué de Soulfly…. On est d’accord, il « gueule » toujours autant notre Max, mais l’intégration d’instruments traditionnels comme le berimbau par exemple, va apporter ce petit plus et donner un petit peu d’exotisme à la sauvagerie sonore du groupe, plutôt rangé dans la catégorie trash metal voire Nu metal….

Le groupe est aujourd’hui à la tête de 11 albums (plutôt fertile l’esprit du Max en 20 ans d’existence), dont le premier « Soulfly » et le second « Primitive », restent les plus riches musicalement parlant, en tout cas, les plus marquants. Et ce sera un vrai plaisir de voir des morceaux de ces mêmes albums, joués sur la grande scène de la Guerre du Son. Les albums suivants, jusqu’à « Prophecy » en 2004, resteront dans cet esprit tribal, avant que le groupe ne revienne à un metal plus classique, dès 2005 avec « Dark Ages ».

Ouiiiiiii, merci Max pour les « Tribe », « No Hope = No Fear », « Primitive » et autre « Bleed….. », tous ces morceaux qui firent la réputation du groupe et de ce style metal si particulier. Par contre, fort est de constater que la voix n’était pas là, je pense sincèrement que le temps ne joue pas en faveur des cordes vocales quand on s’aventure dans ce style musical….. Mais bon tant, pis, c’est bien Max CAVALERA qui est en face de nous, et quand on connaît son histoire, on se dit qu’on a de la chance d’être là. Car Max CAVALERA, c’est une vie bien tourmentée avec son lot de tragédies familiales, de séparation, de reconstruction, d’engagement politique……une légende quoi…….

Le groupe, dans sa dernière composition, c’est Marc RIZZO à la guitare (et ça crayonne grave sur sa 7 cordes….), Zyon CAVALERA à la batterie (le fils de Max…..) et Myke LEON à la basse.

La foule ne s’y trompe pas, et c’est une vraie fusion qui s’installera entre elle et l’hôte de 23h30 de cette soirée pleine de furie métallique.

Je (Lola) reprends la plume… Il commence à se faire tard. Je suis montée me poser au stand de Metal in Franche-Comté en compagnie de Jérôme et Marion. Des amis sont passés nous voir, on a discuté, refait un peu le monde, et pendant ce temps, LE MASSACRE jouait dans le lointain sur la scène B… C’est ça aussi la vie de festivalier.

La soirée se terminera avec IPHAZE, groupe Toulousain de musique électro mêlant de la vidéo à son live. Je ne doute pas que ce soient des pointures dans leur domaine, mais au milieu de tous ces groupes Metal, Punk, Hardcore et autre, on ne comprend pas trop bien le fil d’idée des programmateurs du festival en leur proposant de clôturer la 1ere soirée… J’écoute 2 ou 3 morceaux depuis le pit en prenant quelques photos et on lève le camp ! A demain !!

Crédits Photos : Franck Lamberthod, Yannick Bredent, Laurence AMIELH

Please follow and like us:
error

[JOURNAL DE BORD] Membrane, Day 1

Day 1 : 1ere date à Moscou (10 juillet 2019)


On
prend bel et bien l’avion pour Moscou en milieu de matinée ou fin, en fait je ne sais plus trop. On est bien cramés mais en même temps ultra soulagés d’être enfin proche du but ! On arrive enfin à Moscou, on attend Andrey et notre chauffeur. Deux personnes que l’on n’a jamais vu et qui jouent un grand rôle sur le bon déroulement de notre séjour. Forcément l’hypothèse d’avoir à faire à deux connards me traverse l’esprit. Finalement il n’en sera rien, les mecs sont adorables. Ils nous emmènent au parking où l’on va découvrir la voiture, un 4*4 assez spacieux. On sera quatre à voyager, le groupe et le driver, Andrey ne viendra pas avec nous. Le fait d’être un trio est un gros avantage question budget de location de voiture. On trace alors direction le centre de Moscou et déjà on hallucine sur l’étendu du pays. Il faut plus d’1h30 pour relier l’aéroport au centre alors qu’il n’y a pas vraiment de bouchons, c’est juste que Moscou et sa périphérie couvrent une très grande superficie.

Nous arrivons au club où on doit jouer, le Jao Do, il se trouve dans le quartier chinois à quelques centaines de mètres de la place rouge. C’est un endroit assez atypique, on arrive dans un restaurant et dans le prolongement il y a une salle genre crêperie avec une scène au bout. Nous pensons jouer là, c’est super classe mais le décor fait un peu « bobo » et avec ces tables et ces chaises l’ambiance risque d’être bizarre. En fait nous ne jouerons pas là. Juste à l’entrée du restaurant, il y a un autre bar sur la gauche et au fond du bar une salle avec une autre scène, beaucoup plus rock’n’roll et donc plus roots. Perso ça me va, dés l’instant où le matos est correct. Il y a quatre groupes en tout ce soir, ce qui fait beaucoup comme on est crevés, mais ça joue assez tôt donc on pourra dormir relativement tôt. Après s’être un peu reposé sur un banc dans le bar, Andrey nous propose d’aller visite le centre de Moscou. Étrange de se retrouver là, lieu mythique, très beau mais blindé de touriste. On se ballade aussi dans une grande rue piétonne avoisinante mais on ne traîne pas trop, on rentre au club pour manger.

Arrivé là bas, on nous propose un mec pour s’occuper de notre stand de merchandising. Évidemment on est OK, ça nous soulage et on fait confiance. On est obligé d’ajuster les prix. En gros un T shirt à 8€ au lieu de 10€ en France, un vinyle à 10€ au lieu de 12/15€, un CD à 6€ au lieu de 10€. Après avoir pris un très bon repas, les concerts commencent. Les deux premiers groupes à jouer se nomment Perelman et Xapп mais je ne sais pas lequel commence en premier. Je suis un peu à l’ouest et c’est dommage car d’entrée de jeu c’est la claque, une sorte de hardcore chaotique à la converge ultra carré avec un batteur hyper technique. OK… ça calme tout de suite et ça met bien la pression. Le deuxième groupe est un groupe de punk rock un peu barré et bien speed avec un chanteur déguisé en… boxeur tai survolté (bien marrant). C’est sympa et ça joue aussi très bien, ils mettent l’ambiance. Le troisième groupe s’appelle Koala Kamaji, ils font du rock indé, un peu prog et assez mélodique. Ça joue très bien également, c’est mainstream mais super bien fichu. Pour le moment, 3 groupes, 3 ambiances. Le chanteur de Koala Kamaji nous demandera qui a enregistré notre album. Spéciale dédicace à Mathieu Kabi aka Jean Loose qui n’a pas pu venir avec nous. Les mecs trouvent le son du skeud énorme et seraient limite chaud pour venir enregistrer en France.

Ensuite c’est à nous et heureusement un petit shot de Vodka, proposé par Andrey, arrive à point nommé pour me rebooster. Façon téquila avec rondelle de citron. Dés les premières minutes, de bonnes sensations arrivent, la fatigue disparait et on sent le publique attentif, concerné par notre musique. Putain quel soulagement ! Ça rassure et ça motive. Malgré tout, au bout de trois morceaux, un mec de l’orga monte sur scène pour gueuler sur le publique. Je ne sais pas ce qu’il leur raconte mais je pense que ça doit être un truc du genre : « les gars sont Français, ils viennent de loin, ils font le boulot alors il va falloir vous motiver plus que ça ». Je trouvais qu’ils étaient déjà bien motivés mais bordel, ça marche grave ! A partir de là, le concert prend une tournure beaucoup plus fun. Les gens dansent, gueulent, pogotent… Trop cool. On finit rincé. Le mec du merch a bien fait le taf. Il nous prend même la totale en vinyl, une photo avec nous.

Peu de temps après le concert, on charge le matos, ça chinoise pas (ouais ok) en Russie, quand c’est fini c’est fini et on trace dormir chez un pote d’Andrey. Super accueil, on peut prendre une bonne douche (il était temps), encore un bon repas et passer une bonne nuit.

Please follow and like us:
error

HELLFEST 2019 : 4 doses de chaleur et de reports (3/4)

On commence la grosse journée du samedi assez tôt. Les pieds souffrent déjà, il fait un cagnard violent. 

On commence par Shaârghot, Groupe français de metal indus (pour faire simple). Inspiration à la Rammstein et à la Punish Yourself, avec un chanteur particulièrement charismatique. Des compos précises aux sonorités assez riche, le groupe n’est pas en reste le côté visuel, style cyber-punk, agrémenté de lasers ou fusées d’artifice montées sur guitares, ou autres « Mantis », sorte de créatures montées sur échasses et équipées de faux en guise de mains. Terriblement efficace ! Beaucoup sont venus, de sûr,  par curiosité, et sont repartis conquis ! Le public a vraiment bien suivi !

On reste dans le metal indus avec les allemands de Cypecore. Ambiance post apocalyptique avec ses musiciens tous grimés en sorte de cyborg futuristes. Mais derrière les costumes, c’est un combo très puissant, à gros renforts de double pédales, qui distille un metal au beat entraînant. Une chouette découverte.

On se dirige Mainstage, revisitant la musique un peu kitch de FM, revival total des années 80 qui aurait pu faire une BO de Retour vers le Futur. Avant la venue de Whitechapel, on croise une partie de la team Necronomi’con (convention geek annuelle de Belfort). 

Whitechapel arrive sur scène, scénographie simpliste, un backdrop. Le groupe ne fait pourtant pas dans la dentelle. Trois guitares, un batteur en mode démonstration de breaks. Les tubes de leur nouel album “The Valley” sont plutôt au début du set, sans oublier leur hit “The Saw is the Law”. Le public headbang gentiment sous un soleil écrasant. Bémol notable, le chanteur a une voix puissante, mais _ sous mixée _ qui manque de définition, syndrome de la main posée autour de la grille ?

Retour sur le death technique d’Allegaeon. Une petit déception pour ce dernier (que je suis content d’avoir découvert il y a un peu plus d’un an).. Non pas qu’ils aient mal joués, mais plutôt que j’ai trouvé le set trop technique avec les musiciens peut-être trop concentrés sur leur jeu, alors que je leur préfère certains titres  tout aussi précis, mais beaucoup plus brutaux (écouter à l’occasion les titres « Behold (God I am)» ou « Twelve » de leur album Formshifter pour vous rendre compte).

Au même moment joue The Fever 333. Connaissant les titres _ lâchés au compte-goutte pendant plusieurs mois, et suivant le groupe sur les plateformes de streaming, on avait très peur des effets du dernier album. Les premiers titres en mode rap-métal méchant, ont mués progressivement vers des titres beaucoup plus easy-listening néo-rap-métal, on a un peu peur. Un MC + un Batteur/Samples + Une guitare : on se dit que la Mainstage est peut-être (trop) grande. Eh bien QUE NENNI. Une grosse prestation va nous amener à avoir tort. Un MC fou qui court partout, saute dans le public, glisse sur 4 mètres sur scène, un batteur qui saut depuis son tabouret, lance ses cymbales _ pied compris _ saute depuis les sides-retours… Un bon gros déjanté, à aller revoir en live. 

Punish Yourself, comme à son habitude haut en couleurs. Quel plaisir de retrouver Klodia et sa meuleuse. Énergie de fou !

On va vers la Valley voir Cave In (Indie Rock). Groupe mythique des années 2000 qui a fait son retour en grande pompe avec un super album à peine sorti en intégralité 15 jours avant le Hellfest. Comme des dingues on se plante devant la scène pour retrouver un groupe compacté volontairement sur scène qui prend beaucoup de temps à des réglages entre les morceaux mais qui nous gratifie d’un gros son ! Le groupe jouera majoritairement du dernier opus, mais fera plaisir aux fans avec des titres légendaires de sa disco issus de A Perfect Picth Black (2004) comme Ataraxia ou encore The World Is On Your Way. Cela dit, le show, simpliste et assez froid, nous offre une petite déception, manquant d’un public emmené et d’un groupe plus lâché. 

Retour a du metal indus avec Combichrist et ses 2 batteurs. 1 jouant de profil, et l’autre debout avec une batterie plus minimaliste. Le jeu des batteurs est captivant, avec nombre de lancés (et rattrapage) de baguettes. Excellent show.

La Valley, de nouveau, accueille un groupe poids lourd du post-metal-atmosphérique : The Ocean. Groupe qui se qualifie de collectif, encore une fois, les 8 musiciens sur scène ne sont peut-être pas ceux de l’album actuel Phanerozoic qui succède à Pelagial (avec qui le collectif a tourné mondialement pendant 5 ans). On sait que les shows de The Ocean sont calibrés, ciselés, précis. L’ambiance change par rapport à Cave In : très attendus, il y a beaucoup de monde pour un gros show lights, grosse place aux derniers album, mais on entend le fameux “Firmament” en 3. C’est très sombre, rouge dans les lumières, agrémentés de grand Pars blancs puissants. 

Soirée bloquée sur place, on attend avec impatience le passage du groupe japonais Envy. Véritables légendes du post-rock-hardcore-screamo, ce groupe a inspiré de nombreux confrères qui évoquent fréquemment le travail. Pas grand monde 10 minutes avant, puis un raz-de-marée de public s’installe autour de nous avant de lancer une énorme clameur à l’arrivée du groupe sur scène. Les trois premiers morceaux sont magistraux, très syncopés, avec de grandes envolées de guitares. Une vraie ferveur s’empare du public, il se passe quelque chose, l’atmosphère est très calme, mais en même temps très intense.

Ça joue grave, 3 guitares, dont celui, à jardin, qui saute partout. Le
chanteur lui, semble possédé, lançant ses bras vers le ciel, comme s’il
racontait des histoires, envoûtés par ses propres paroles. Les morceaux
s’enchaînent, commençant souvent doucement par des arpèges ou des
grandes réverbs, passages calmes, minimalistes pour ensuite tourner à
des gros passages screamo violents. L’émotion est palpable, les morceaux
nous tranchent en 2, ou nous hérissent les poils. On citera en vrac A Warm Room, Footsteps in the distance, Dawn and gase. Devant
nous, un mec est bouleversé, à côté un autre chiale littéralement. Le
groupe finit sa prestation sur un morceau progressif qui se termine en
déflagration sonore monumentale, en lumières aveuglantes, avec des
guitares qui montent en puissance et volume/larsens pour se couper
brutalement à l’ampli. Il s’est vraiment passé un truc : on a tous pris
une énorme tarte, voire c’est LA tarte du festival pour moi (stef).

Besoin d’une pause, on file à l’espace Presse, on y croise les gens du Syndrome qui viennent de jouer sur le Metal Corner. 

C’est sur Cradle Of Filth que je clôture cette soirée (Yannick), avec des musiciens qui prennent de multiples poses pour le plus grand plaisir du public (et des photographes). Cela dit, je trouve peu d’énergie distillée. Concert en demi-teinte donc.

On retourne encore à la Valley _ scène du jour _ pour assister à la démonstration Cult Of Luna en mode double batterie avec un gros show lights. On file voir la fin de Kiss, quand même, pour assister à un show démesuré fait de paillettes, de solos, et de rappels qui n’en finissent plus. 

La soirée se clôture, pour nous, par Architects et un show très propret avec un Sam Carter en costume. L’album Holy Hell est forcément mis en avant. Le Décor est épuré, très blanc, un gros son malgré un manque de définition sur les grattes. 

Une journée avec des airs de montagnes russes, entre petites déceptions, belles découvertes et grosse tarte, mais ça, on l’aura lu plus haut. Il ne reste plus qu’une journée, on est déjà nostalgiques.

Please follow and like us:
error

Kadinja, Your Pride et Assigned Fate à l’Antonnoir

Samedi dernier, le 15 juin, se tenait la toute première soirée organisée par la nouvelle association franc-comtoise Iron Crew. Cette soirée, orientée Metal technique, Core et Djent, s’offrait une affiche de groupes français mêlant couleurs locales (Assigned Fate), étoiles montantes (Your Pride) et pointures (inter)nationales (Kadinja).

Dès l’entrée, on sent que Iron Crew a le souci de faire les choses bien. En effet, après une erreur dans les préventes, chaque personne s’est vu rembourser immédiatement à l’entrée le surplus payé au moment de la réservation. Les bons comptes font les bons amis !

Après un peu d’attente, les concerts démarrent enfin avec les Pontissaliens de Assigned Fate, malheureusement amputés d’un guitariste ce soir-là, sommairement remplacé par des samples, mais le groupe aura l’honnêteté d’en informer le public. Par ailleurs, les musiciens ne se laisseront pas avoir par les aléas du numérique et prouveront encore une fois que leur set est solidement en place (malgré peut-être quelques imprécisions niveau double pédale, sauvées par un groove toujours présent). En plus de la qualité de son et de jeu, Assigned Fate s’éclate toujours autant sur scène et il n’est pas rare de voir l’un des chanteurs s’approprier le décor (enfin, le comptoir) et la fosse, un excellent moyen de communiquer leur énergie. Mention spéciale également au bassiste qui a envoyé du lourd.

 

Vient ensuite le groupe Your Pride, composé d’un chanteur, un batteur et un bassiste, et de pas moins de trois guitaristes. Le groupe a tôt fait de reprendre là où Assigned Fate s’était arrêté et continue de faire monter la température de la salle et l’énergie du public. Malheureusement, le son était plutôt moyen, ce qui empêchait d’identifier le rôle des guitares et rendait le tout assez confus. Le tout était cependant bien dosé, et les riffs tapaient là où il fallait. Même si je reste sur un avis mitigé, il faut reconnaître que le tout était plutôt efficace.

 

Kadinja arrive enfin, après avoir rapidement comblé son retard (visiblement les musiciens avaient été retardés sur la route) par un rapide line check (qui aura suffit à pallier le manque de temps). Je suis d’ordinaire assez réfractaire quant au chant clair dans ce genre de Metal, mais force est de constater que Philippe Charny est excellent et maîtrise autant chant clair que growl, sans fausse note et avec brio, tout en communiquant bien avec le public, et toujours avec cet air humble qui semble l’habiter constamment. Côté rythmique, Pierre Danel, Quentin Godet (guitares) et Steve Tréguier (basse) sont d’une précision chirurgicale, d’une technicité fulgurante et d’une excellente maîtrise en général. Danel n’hésite pas à sauter dans la fosse et à jouer les Moïse avant le wall of death. Les riffs sont excellents, variés tant dans l’exécution que dans l’ambiance, les soli aussi. Le tout est brillamment porté par le monstre qu’est Morgan Berthet (batterie), une légende de la batterie en France, aux breaks toujours inattendus mais ravageurs et aux patterns inimitables. Un très bon concert de la part de Kadinja qui mérite amplement de poursuivre son ascension (notamment au Royaume-Uni où ils tournent actuellement).

 

Bilan de la soirée : du très lourd, tant au niveau atmosphérique que musical. La soirée, même si les concerts ont commencé avec un peu de retard, s’est déroulée sans un seul accro et les groupes se sont enchaînés sans perdre de temps, l’énergie n’est donc jamais retombée et a continué d’accroître jusqu’à la fin. Un lancement réussi pour Iron Crew qui aurait mérité un peu plus de spectateurs (tout de même une bonne centaine au compteur, pas mal pour un début) que l’on souhaite désormais voir organiser un maximum de concerts.

Please follow and like us:
error