Nom du groupe

Au delà

Album

Sentence

Label
Date de sortie

2021

LA NOTE
8/10

S’il y a un album Franc-Comtois que j’attends depuis quelques années, c’est bien celui-là !

D’abord, leur premier EP m’avait fortement surpris, dans le bon sens.

Ensuite, la scène Black Metal comtoise s’étant réduite à peau de chagrin en quelques années (à part des groupes comme Malevolentia, Ferriterium, et Sombres Espoirs qui a un concert prévu en Belgique !), et les survivants actifs étant aussi nombreux que les doigts d’un boucher menuisier lépreux amateur de tennis (elle vient de loin celle-là), le manque commençait à se faire cruellement sentir.

Et donc, pourquoi je l’attendais ? Car j’avais espoir (sombres … ok je sors) que Au-delà allait transformer son premier essai en un album qui serait un monument du Black Metal.

Ben merde, je ne me suis pas gourré et ça fait foutrement plaisir !

Déjà sur la quantité proposée : 11 titres, 65 minutes, avec une production à la hauteur (Mixage Deha rules), on peut dire qu’on en a pour son argent.

Mais surtout, Au-Delà  réussit encore l’exploit de rendre hommage au style des débuts sans jamais le plagier, ni le dénaturer avec des influences modernes (et casse couille). Ici, pas de post machin ou post bidule, on est dans la noirceur, dans ce que le Black Metal a toujours su procurer à l’auditeur : la rage, la dépression, l’envie de tuer son voisin (ou c’est peut-être juste le mien), bref la sensation que l’écoute d’un CD de Metal Noir est une expérience qui te sort de ton environnement morne et sans âme.

Avec 11 titres, dont 3 instrumentaux, pas facile de faire une sélection sans oublier un élément, mais allons-y !

« Décharné », morceau d’ouverture de 8.33 min, a la lourde tache de présenter l’album, et il y arrive ! Dans la lignée du Ep sur le côté Mayhem et les rythmes Black’n’Roll, il permet de rentrer dans « Sentence » de façon assez radicale et de savoir dans quoi on met les pieds. Le chant en Français, un délice, une joie que les groupes utilisent notre langue qui se marie vraiment à ce style !

« Veni Vidi Vici », un nom de morceau pas des plus original mais il colle à merveille à ce morceau guerrier, très old School encore une fois.

« Par le feu, le fer, la corde », avec ce démarrage sur une basse claquante, va nous propulser de la scène norvégienne à la suédoise. Un son plus proche d’un Watain (ancienne époque).

« Bitchkiller Bliss » est de retour, il était déjà sur le EP. Différent chanté en Anglais, mais lui aussi avec des riffs proches de Watain.

Après « prélude », qui coupe l’album en 2, les morceaux se font encore plus mélodiques et, surtout, vient le morceau que j’ai préféré.

« Fenix » est, finalement, un bon résumé de l’album : entre Black Metal Old School type Celtic Frost et Black Metal mélodique, qui n’hésite pas à placer des solos de basse et de guitare !

Le CD se termine sur un morceau tout en guitare, en mode jazzy qui permet de redescendre un peu après tant d’émotions.

Bref, Au-delà a été au-delà de mes espérances… oui j’ai tué le game avec cette dernière vanne.

Line Up

Lethal – basse / chant

JC Reiss – Batterie

Grank – Guitare / Chant

Au-Delà par François Vézien Photography http://francoisvezienphotography.tumblr.com

Diablation, emmené par Vicomte Vampyre Arkames (dont la voix a marqué le Black Metal Français sur l’album de Seth, « Les blessures de l’âme ») et V. Orias A. (Ex Ad inferna), sort aujourd’hui un premier extrait de son futur album qui paraitra chez Antiq Label le 6 décembre 2021.

Ce premier morceau, bien produit (même si la batterie aurait mérité plus de présence), montre un Black Metal Symphonique, digne d’un Anorexia Nervosa (Hreidmarr vient d’ailleurs posé sa voix sur un titre) ou d’un Dimmu Borgir. Mais attention, ne vous sauvez pas en courant en voyant ces noms, chez moi ils sont synonymes de qualité. Et si vous voulez une comparaison plus underground, on se rapproche du travail de Malevolentia (la voix bien sur étant bien différente).

C’est un plaisir d’entendre de nouveau Arkames qui a bercé mon adolescence avec les paroles des Blessures de l’Âme (en cours de poésie, ils m’avaient bien aidé), même si sa voix a évolué pour prendre des intonations proche parfois de celle de SAS de l’Argilière (si tu ne sais pas qui c’est, bein cherche !).

Bref, le mieux c’est d’aller écouter cela

 

Pour précommander l’album c’est ici !!

Nom du groupe

Waking the Sleeping bear

Album

P*orno future

Label

autoprod

Date de sortie

juin 2021

LA NOTE
9/10

Les ours ont fini leur hibernation, période durant laquelle ils se sont mis à créer leur premier album. Il leur a fallu quelques années pour donner une suite à « Jungle Urbaine » sorti en 2018. Bon il est vrai que la COVID n’a pas été un allié des groupes, impossible de se retrouver, impossible de tourner, il valait donc mieux profiter de ce temps pour peaufiner ces 14 titres !!

Un vrai marathon Néo Metal avec un son au poil venant du Kaktus studio (Champagnole). Vu le style, il fallait de la puissance, et ça l’ingé son l’a bien compris.

Comment parler des influences de WTSB ? Elles sont tellement nombreuses qu’il faudrait une chronique sacrément longue ! Si il y en a une qu’il faut mettre en avant, c’est bien celle de la scène Metal Française, mais pas n’importe laquelle, celle qui chante en français. Car le point fort de P*rno Future, ce sont les paroles, audibles, engagées (Plus rien à perdre, Delenda …). Un chant rap souvent, crié par moment avec un débit rythmé, rapide et acéré.

On retrouve donc plusieurs styles de Metal, parfois indus/electro avec l’apport de samples, on part par moment dans des rythmes tribaux avec l’ajout d’une troupe de marteleurs de fûts (des heures) ! On est aussi surpris d’entendre un accordéon (soldat du sommeil, hommage à soldat louis ??) ou bien encore des sonorités orientales  (Caryocinèse). Autre surprise, le chœur qu’on retrouve plusieurs fois dans l’album mais dont la prestation sur « catastase » est juste magique.

Bien entendu, la force de WTSB est de pouvoir fusionner Rap et Metal avec autant de facilité ! La maitrise de ce chant et du groove qui va avec  les classes dans le top 10 des groupes proposant ce genre de musique.

Maintenant que le groupe possède un album de qualité et que la situation semble aller vers le mieux, il va falloir partir sur les routes car c’est bien sur scène que WTSB montre qu’il est déjà un groupe qui a de l’avenir (une petite écoute de « Pogo Culture » vous donnera une idée de ce que le groupe imagine dans la fosse).  Mon morceau préféré, « Plus rien à perdre » titre au combien d’actualité.

WTSB is : Simon Bellot, Arthur Galtier, Edwin Blanc, Adrien Pate

En direct des studios !!!

Holy Fallout est au Studio le Zèbre avec Pierre Emmanuel Fischer aux manettes pour Between Maple and Moon.

Sur une publication Facebook, on apprends que les chanteurs de Waking the Sleeping Bear et de Blend of Stones sont venus pousser la chansonnette !

Et les Bisontins de Second Day sont en train d’enregistrer leur premier album avec Guillaume Schappacher.

Je pense que le début d’année 2022 va être riche en sortie !

Nom du groupe

the scalar process

Album

coagulative matter

Label

transcending obscurity

Date de sortie

2021

LA NOTE
6.7/10

Même si le groupe est plutôt récent et sort son premier album, son compositeur principal n’en est pas à son coup d’essai. On l’a déjà vu dans Dawolh.  On s’éloigne un peu de ce dernier car TSP propose, lui, un Death Mélodique et surtout hyper technique.

Pour un style pareil, il fallait une section rythmique en béton et c’est Clément Denys (Fractal Universe) qui est venu marteler les fûts. On peut d’ailleurs noter quelques similitudes entre ces 2 groupes, notamment sur les atmosphères  amenées par les claviers.

Un autre point commun avec Fractal Universe, les influences jazzy comme sur « Mirror Cognition ».  Mais la brutalité n’est jamais bien loin. C’est peut-être là que l’on peut noter une différence avec FU, ceux-ci utilisent plus de rythmes différents que the Scalar Process qui, eux, restent parfois un peu trop en blast beat. Et ça chez moi ça ne passe pas toujours bien. Je me lasse assez vite.

Je reconnais la qualité technique et les compositions vraiment chiadées mais je reste néanmoins peu emballé par ce style !

Përl - Nouvel album disponible!

Fondé en 2008 en Ile-de-France par Aline Boussaroque (guitare/chant), Thibault Delafosse (batterie) et Bastien Venzac (basse), Përl a longtemps poursuivi une trajectoire propre, personnelle, oscillant entre un rock dur et un metal organique, fusionnant des envies d’hypnotisme, de rages, d’histoires, de mélancolie. Un premier album naît en 2013, R(a)ve, reflet d’une période plus rock pour Përl. Son successeur en 2017, le mini-album Luminance, bascule un peu plus vers un metal plus dense, doom, black, post-rock, sans perdre pour autant un attrait certain pour le clair-obscur, l’entremêlement des nuances et des influences, délivrant en 33 minutes et cinq titres un voyage complet.
C’est armé de l’expérience acquise lors d’une première tournée européenne et de l’étoffement du groupe en live avec un second guitariste et l’ajout d’éléments électroniques que Përl est retourné en studio en 2020 avec Etienne Sarthou pour leur 3eme album, Les Maîtres du silence, poursuivant leur périple dans des contrées toujours plus diverses, mêlant post-metal, rock indé, post-black et bien plus. Ecoutez, et ressentez la sève, le sang, la bête, l’humain.

Premier album d'Owl Cave

Broken Speech est le premier album d’Owl Cave, un nouveau one-man band dans le paysage musical extrême français. Il aura fallu plus de trois années à cet album pour enfin voir le jour, entre les différentes phases de composition, puis de production.

Si cet album va chercher ses racines dans un black metal lourd et dissonant, Broken Speech ne peut cependant pas s’y résumer. Imaginez un enchevêtrement de textures sonores tortueuses, des riffs grinçants s’enchaînant à des allures frénétiques entrecoupés de passages ambient plus éthérés, en passant par des ambiances tribales, presque sauvages, ou encore certaines sonorités industrielles.

Malgré la diversité des sons et des textures, il ne s’éparpille cependant pas pour autant dans tous les sens. S’en dégage au contraire une sensation de maîtrise et d’unité, un fil conducteur auquel se rattachent insensiblement d’une manière ou d’une autre toutes les explorations sonores auquel s’est livré S., l’instigateur du projet.

Ce fil conducteur se ressent jusque dans la forme que revêt cette pièce, puisque le choix a été fait par l’artiste de condenser les 6 titres en une seule piste, contraignant ainsi l’auditeur à une écoute intégrale de l’album, et dans l’ordre voulu par le compositeur, à l’encontre du mode de consommation majoritaire de la musique aujourd’hui.

Cheminement intérieur en 6 étapes, cet album n’était au début absolument pas pensé comme tel. Composer a été pour S. un processus cathartique qui lui a permis de s’exprimer à un moment où les mots lui faisaient défaut. Il appartient aujourd’hui à chacun de s’y laisser absorber et de chercher à ressentir les différents niveaux d’intensité insufflés dans chaque titre.

Si S. reste la tête pensante du projet, ayant tout composé et enregistré la plupart des éléments lui-même, il a cependant su s’entourer convenablement pour chaque étape. La batterie a été enregistrée par un batteur session au Studio de St-Loup, où les guitares ont également été réampées. Le mixage a été confié à Thomas Le Roux, et le mastering à Deviant Lab.

Concernant l’artwork, il a été réalisé avec brio par Dehn Sora, que l’on ne présente plus dans ces sphères où tant d’albums ont bénéficié de son talent. Il a su d’emblée créer un univers visuel correspondant à la musique.

Lourd, riche, dissonant, terreux, torturé, brut, sont autant d’adjectifs qui pourraient convenir à décrire cet univers sonore, à découvrir le 9 juillet 2021 chez Time Tombs Productions.