Après une année 2020 morne en terme d’occasions de concerts (inutile je crois de rappeler la situation que nous traversons), c’est très enthousiaste que je me rends à cet évènement organisé par Le Moloco. Également, je vois ici l’occasion de voir à quoi pourraient ressembler certains concerts de ces prochains mois, le Moloco ayant eu l’initiative d’organiser ce concert « hors les murs », dans une configuration assise… Au moment où j’écris ces lignes, je me dis que c’était malheureusement sans compter sur l’évolution de la situation qui va nous priver pour quelque temps encore, j’en ai peur, d’évènements de ce genre.

En cette fin d’après-midi du dimanche 4 octobre, je suis donc au Théâtre de Montbéliard, qui offre une configuration des plus classiques : Plafond très haut, fauteuils disposés sur plusieurs niveaux et balcons…

Vérification des masques, mains re-désinfectées à l’entrée, au gel hydroalcoolique (protocole sanitaire suivi à la lettre), je fais mes premiers pas dans la salle principale pour chercher un siège, et je suis déjà surpris par l’ambiance très enfumée, à l’instar des salles de concert classiques. Un siège de séparation entre les groupes de personnes, puis me voilà confortablement installé, masque sur la bouche. Petit clin d’œil aux plus anciens parmi nous, les membres du staff arpentent les allées proposant des bouchons d’oreilles, façon vente de confiseries comme cela se faisait dans les cinémas avant l’arrivée des multiplexes…

Les premiers musiciens à ouvrir le bal sont originaires de la Côte d’Azur, et sont bien décidés à nous apporter un peu de chaleur. SVART CROWN entre donc en scène, avec son Blackened Death Metal.

Avec des débuts en 2004, 6 albums au compteur (le dernier, « Wolves Among The Ashes » est sorti en février cette année), et plusieurs tournées internationales, c’est à un combo bien rôdé que l’on a affaire. Et aussi une des 1ères prestations avec leur nouveau batteur, Remi Sarafino.

Très bon son, lourd, mais pas trop fort (peut-être lié à la configuration de la salle ?). L’ensemble propose des couleurs assez riches, martiales par moment, avec des teintes plus death ou doom à d’autres, des changements de rythme… Assez connoté black, mais décidément pas un black « calibré », et ce pour le plus grand plaisir des auditeurs.

Côté public, l’ambiance prend, mais configuration oblige, il y a beaucoup moins de signes visibles que la salle est transportée (très peu de headbanging). Bon jeu de lumière qui complète l’expérience sonore.

Quelques tritons plus tard, et ragaillardi par cette expérience, le public est autorisé à sortir pour l’entracte. Pas de buvette sur place, alors la grosse majorité fera quelques centaines de mètres pour aller se délecter d’une pinte à un des seuls bars/pubs restés ouverts. (Déjà habituellement les dimanches soirs à Montbéliard ne sont pas connus pour être particulièrement animés..).

En me délectant d’une IPA, je pense déjà au groupe suivant :  REGARDE LES HOMMES TOMBER, originaire de Nantes, et qui délivre du post-black metal. Leur formation date de 2011, et a 3 albums à son actif. Le dernier, « Ascension » est sorti cette année.

La première fois que je les ai découverts, c’était lors de l’évènement en ligne « Hellfest From Home » l’été dernier, filmé dans l’enceinte VIP du site clissonais. Les arches et lustres en os et crânes humains, façon crypte, se prêtaient à merveille à l’univers du groupe. Je m’imaginais donc bien retrouver cette ambiance en allant au Théâtre de Montbéliard ce soir !

De retour de notre pause, je découvre une scène emplie d’encens (même au fond de la salle on les sentait sans problème). Quelques chandeliers avec leurs bougies allumées complètent l’atmosphère, qui promet d’être bien moins lumineuse que pour le 1er groupe.

Les musiciens, chargés d’eyeliner, font leur entrée. Ils sont peu éclairés par les projecteurs, sans doute pour maintenir le côté sombre de leur univers. Ils sont disposés un peu en demi-cercle. Les premières notes teintées de reverb (qui composent leur titre « L’ascension »), fusent, et l’office commence. Je pense que c’est le bon terme, car c’est à une scénique très ritualiste que l’on assiste, d’abord par la mise en scène décrite plus haut, puis soutenue par le jeu de scène du groupe : musiciens assez statiques, chanteur arrivant avec une capuche dont les extrémités latérales tombent très bas (façon fidèle de Thulsa Doom dans Conan Le Barbare), et qui accompagne son chant de mouvements – notamment des mains – un peu à la façon d’un prêche.

Ça marche ! L’atmosphère est là. Les jeux de lumière sont assez monotones, avec beaucoup de rouge et du noir, et ne risquent pas de perturber l’obscurité de l’opus. Mais revers de la médaille, surtout calé dans un fauteuil, l’ensemble m’a paru trop mélancolique, oserais-je dire « soporifique », et un poil linéaire. Je pense qu’une découverte préalable et plus approfondie en mode audio eut été plus propice à une plus grosse prise de plaisir par la suite en live.

Je repars ravi de cette initiative du Moloco, qui encore une fois, situation oblige, va profondément marquer mes souvenirs de concerts. Merci également aux musiciens de SVART CROWN et REGARDE LES HOMMES TOMBER., et également à Cyril Damotte de Hard Force pour ses superbes photos !
Dernier concert avant je ne sais pas ☹. Mais bon, on va s’accrocher ! Stay safe !

Live Report : Y.Bred
Crédit Photo : Cyril Damotte pour Hard Force

MON TOP 10

Je ne me doutais pas que faire une playlist de confinement était si compliqué. Quelle frustration de ne retenir QUE 10 albums, surtout que je veux partager avec vous du Death, de l’Indus et du Black… Quoiqu’il en soit, voici ma recette du jour : D’abord, une bonne dose d’oldies ! Rien de nouveau là-dedans, c’est vrai, mais c’est tellement bon de se replonger dans ses classiques ! Et puis, certains sont peut-être passés à côté ? Après avoir ainsi bien préparé le terrain, on largue la nouvelle vague pour bien finir de labourer le champ de bataille. J’ajoute un  OVNI par-dessus cela, et voilà ! Enjoy !

Individual Thought Patterns, album de DEATH

Aux origines du death, il y avait… Death ! Un (voire le ?) groupe pionnier, avec ici un album, « Individual Thought Patterns », qui marquait une transition dans le style du groupe vers un death que je qualifierai de plus heavy/progressif et mélodique, le tout soutenu par une rythmique implacable porté par le célèbre Gene « The Atomic Clock » Hoglan. Et les solos de Chuck Schuldiner, quel délice…

Slaughter of the Soul, album de AT THE GATES

At the Gates, et son opus « Slaughter Of The Soul » est un incontournable pour moi. Monstre d’énergie, ça joue vite, c’est beau, et c’est violent. At The Gates a indéniablement marqué la scène du death métal suédois des années 90. Des titres courts, avec des riffs efficaces et de bons changements de tempo. Je prends toujours autant de plaisir à le réécouter.

Clandestine, album de ENTOMBED

Avant de virer vers des notes plus groove puis de splitter et de se rebaptiser « Entombed A.D », Entombed avait déjà démontré toute sa maîtrise d’un death old school avec leur époustouflant 2nd album « Clandestine ». Un son bien crado (que l’on retrouve chez plusieurs groupes suédois de l’époque (notamment grâce à la pédale Boss HM2), mais encore un peu plus sale chez Entombed. Voix d’outre-tombe, quelques claviers bien placés, et des guitares tranchantes comme des tronçonneuses, le tout créant une bonne ambiance de vieux film d’horreur, genre « Evil dead ». Tiens, c’est marrant, Ash n’avait-il pas une tronçonneuse sur son moignon ?

Crimson, album de EDGE OF SANITY

Autre groupe de death des années 90, Edge Of Sanity a à ses commandes le musicien accompli multi-instrumentiste (claviers, guitare, batterie, chant) Dan Swanö. Le gars est aussi connu pour ses participations à Nightingale, Katatonia, et Bloodbath. Alors déjà là, on a du lourd. Epaulé pour l’occasion par Mikael Åkerfeldt d’ Opeth), il livre avec « Crimson » une œuvre unique de death progressif, constitué d’un seul et unique morceau de 40 minutes, où plusieurs influences telles que le death mélo, le doom, le black vont se succéder pour le plus grand plaisir de vos oreilles.

Formshifter, album de ALLEGAEON

J’arrête avec le death old school (surtout suédois, je viens de m’en rendre compte) et emprunte avec Allegaeon la voie d’un death moderne, qui n’a pas la grosse tête, et résolument très technique et mélodique… Mais, dans son opus « Formshifter », c’est sans rogner sur la puissance et une rythmique de folie. Riffs accrocheurs, batterie qui tabasse, mélodie… Tout y est ! Pas mon groupe favori, mais pour moi un des meilleurs albums de cette dernière décennie

Eternal Nightmare, album de CHELSEA GRIN

J’ai découvert Chelsea Grin il y a 2 ans au Hellfest. Là, on est dans du deathcore, avec une ambiance bien pesante (voire oppressante), et un peu malsaine comme on l’aime bien. J’apprécie les variations de rythme qui vous font passer du riff bien lourd à une batterie qui s’emballe pour vous faire tomber sur un mini solo de guitare qui se termine en bend de la 22 ème case de la 6ème corde. Mention spéciale au batteur, Pablo Viveros, qui assure une bonne partie des growling graves (et en concert également, bien évidemment), auquel le chanteur réplique par des screamings bien stressants.

The Advent Of Shadows, album de SHAÂRGHOT

J’ai découvert Shaârghot par hasard quand ils se baladaient au Hellfest 2018 parmi le public, grimés avec leurs tenues de scène (peinture sur tout le corps). Intrigué par leur image et leur univers cyberpunk, j’ai tout naturellement écouter leur album. Et là, quelle claque ! Métal indus, tendance électro, avec un côté très martial. (Re) nouveau, et terriblement efficace ! Ceux qui les ont découvert en 2019 sur la scène du Hellfest ou de La Guerre Du Son la même année ne me contrediront pas je pense.

The Alliance, album de CYPECORE

Cypecore est un groupe allemand à la croisée du death mélodique et de l’indus. Ils ont une identité visuelle très marquée (ambiance post apocalyptique, pupilles de couleurs, plastrons parcourus par des rubans lumineux, …) qui colle bien à leur musique. Leurs combos sont très énergiques, notamment portés par le scream du chanteur et la batterie. Mais la mélodie n’est pas en reste. Leur dernier album « The Alliance » est redoutable.

In Abhorrence Dementia, album de LIMBONIC ART

Globalement, j’écoute peu de black, car si j’accroche à quelques titres, ce n’est que très rarement que je saurais tout autant apprécier, et donc réécouter, l’ensemble de l’album de l’artiste. Mais il y a quelques exceptions. Limbonic Art, avec son opus « In Abhorrence Dementia », en est un parfait exemple. Son black orchestral, avec ses claviers et synthés, réussissent toujours à me transporter.

Stench, album de NEKROGOBLIKON

Death mélodique ? Folk électro metal ? « Goblin » metal ? Nekrogoblikon est difficilement classable. Je trouve ce groupe vraiment unique, et terriblement original. Le chanteur a une voix très singulière, la plupart du temps nasillarde à la façon d’un goblin , et alternant avec des parties growlées ou claires. Le clavier, très présent, apporte un réel plus à leurs compositions. Pas trop emballé par leur dernier album, mais asmaté par leurs 2 précédents, et notamment « Stench », qui est le 2ème de cette playlist que je classerai dans les meilleurs albums de la décennie passée.

En cette soirée d’Halloween, je croise plus d’enfants déguisés avec leurs poches de bonbons que de métalleux dans le bourg de Nommay. C’est pourtant une grosse soirée qui s’annonce ! En effet, c’est au coeur de ce village que se tient le Beer Metal Fest, soirée organisée par Gigi, la tenancière du Pinky Bar. Au programme : 3 groupes locaux et de la bière à 1,5 Euros. Que demander de plus pour bien démarrer un week-end prolongé ?

Après une 1ère bière goulûment avalée, Metal Project entre en scène. Le café-concert n’est pas très grand. On paye donc le prix d’une grande intimité avec le groupe contre celui de ne pouvoir quasiment pas bouger tout le temps du set. Mais ce n’est pas grave, car on apprécie ces reprises de classiques metal dont le groupe s’est fait la spécialité.

Démarrage avec « Sad But True » de Metallica, puis quelques autres morceaux le temps de bien équilibrer la voix avec le reste de l’instrumentation. Quelques soucis de calage sur « For Whom The Bell Tolls » mais auxquels on ne prête grande attention tellement on prend du plaisir à l’écoute de leur répertoire varié, de « War For Territory » de Sepultura, à « Antisocial » de Trust

En guise d’intermèdes, le bassiste chanteur invitera le public à quelques « Pinky pêche »! Non, ce n’est pas un cocktail à la bière qu’il propose de nous offrir, mais bien une invictive à scander tous en choeur notre cri métal le plus puissant, et ceci à la gloire du Pinky bar. Excellente ambiance!

Le second groupe de la soirée est Dark Elder, dont c’était le 1er concert en public. Cela dit, ils ont dû répéter pas mal, car l’ensemble était assez bien calé.

Il s’agit là-aussi d’un groupe qui joue des reprises, mais un peu plus old-school. Quasi parité, avec une chanteuse et une bassiste, et 3 hommes pour les 2 guitares et la batterie.

De bons gros classiques : « Strong arm of the law » de Saxon, « TNT » et « If You Want Blood » d’AC-DC, « Flight Of Icarus » d‘Iron Maiden… Je ne vais pas me risquer à me déplacer (les places sont chères),et je passerai tout le set à côté de l’enceinte gauche.

Halloween oblige (?), le batteur jouera tout son set coiffé d’une perruque. Les autres musicos étaient beaucoup plus sages, mais tout aussi motivés et efficaces à propager de bonnes vibrations.

Au final, on passe un chouette moment, teinté d’un peu de timidité.

Le 3ème groupe sera  Insomnia, originaire de Haute-Saône, et créé en 2015. Plus de reprises, mais des créations originales pour ce groupe de metalcore. On pourrait s’interroger quand on voit que le groupe a griffoné sa playlist sur une boite à Pizza… Mais non, on a bien affaire à un groupe qui maîtrise sa partie ! Y compris côté luminaire où la bande a ajouté à la lumière rouge du Pinky un jeu de lumières changeantes et un stroboscope.

2 chanteurs : 1 pour le growling, et l’autre pour les parties claires. 2 guitaristes, 1 bassiste et 1 batteur. L’ensemble semble bien à l’étroit sur la scène du Pinky, mais ils réussissent tout de même à exprimer leur art et envoient grave du steak ! Le moment que j’ai particulièrement apprécié sera l’intro d’un des morceaux tout en legato… Un régal !

Merci Gigi du Pinky pour ce moment, et merci à Metal Project, Dark Elder et Insomnia.

Live report et crédit photos : Y.BRED

Les festivals de l’été sont passés. C’est l’automne. Il fait frais et le temps est humide… Alors que faire pour se redonner un petit coup de boost ? Et bien aller faire un tour à l’Atelier des Môles pour faire de nouvelles découvertes métal ! Ca tombe bien, l’association Ultim’Atome a réuni 3 groupes ce soir (j’en profite au passage pour remercier Mickey, membre de l’association, de m’avoir accrédité pour cette soirée).

C’est le groupe Oxymorya qui ouvre les hostilités. Composés d’anciens membres du groupe Arcadia, ils sont originaires de Dannemarie (Alsace), et distillent leur métal mélodique/symphonique (voire prog. par moment)  depuis 2018. Ils ont 1 album à leur actif,  « Save your mind », sorti en mai 2019.

Il n’y a pas beaucoup de monde dans la salle, et le public garde plutôt ses distances avec le front de scène. Surpris par un premier contact visuel ? Effectivement, les costumes des artistes sont la première chose que l’on remarque : Ambiance steam punk ! Puis ce sont les vindictes saturées de la chanteuse (Soizic en bustier noir) qui vous saisissent ! Avec sa complice (Aurélia en robe blanche), elles forment un duo vocal intéressant, alternant ou mixant chant clair/lyrique et chant saturé de façon assez équilibré (pour ma part, j’aurais préféré un réglage micro qui aurait rendu encore plus agressif et prenant la partie saturée). Le groupe se dit d’inspiration Epica, Nightwish, Delain, Sirenia… Effectivement il y a de cela, mais tant sur le plan visuel que musical, je dirais qu’il y a aussi de l’inspiration, ou tout du moins de la connotation, avec Therion.

L’ensemble marche plutôt bien, avec une bonne présence scénique des musicos (face à face, mains levés, etc.). Malgré tout l’énergie du groupe, le public sera resté globalement en retrait. Seuls les enfants de la famille des musiciens (dûment équipés de casque anti-bruits) se seront finalement risqués en front de scène.

C’est ensuite le groupe Obsidium qui vient faire la bagarre!

Attention, c’est bien au groupe originaire d’Epinal que je fais référence (et non au groupe homonyme suisse). Leur mixture, à eux c’est le modern death metal (euh… que je trouve quand même bien technique quand même). Ils ont commencé à la préparer en 2013, et ont donné naissance à un 1er album « Lesson of Hatred » en 2017. Influencés par The Black Dahlia Murder et Beyond Creation, ils balancent un death technique des plus efficace.  Mais moi, c’est à Allegaeon qu’ils me font penser, notamment par leur côté « on se prend pas au sérieux », en témoigneront les mimiques que  prendront plusieurs des musicos lors du set  (tirage de langue du guitariste Julian, regard exagérément froncé sur posture crabcore de leur autre guitariste Sylvain, …).

Leur chanteur Yan n’étant pas là, c’est Maxime Keller, ancien chanteur des Smash Hit Combo et actuel de No season,  qui a assuré l’intérim, et qui débitera un chant des plus énergiques. La foule se rapproche, et la chaleur  a monté d’un cran. Les titres s’enchaînent avec une exécution impeccable.

Un mystère demeurera pour moi. La bassiste a joué tout une partie du set avec un sous bock recouvrant une partie de ses micros. Pourquoi ? Se servirait elle aussi de son  superbe instrument (basse 6 cordes, multi-scale, qu’elle tabasse sans mediator) comme d’une table de bar de voyage ? Lui poser la question sera une motivation supplémentaire à revoir ce groupe au plus vite !

C’est finalement au tour de Dysmorphic d’entrer en scène pour clore cette soirée.

Leur impressionant chanteur, habillé d’une chemise en soie noire, nous annonce qu’ils viennent de Tours pour nous asséner leur death metal technique. Il rentre très vite dans le vif, et sa chemise ne restera pas sèche bien longtemps!

Dysmorphic officie depuis 2008, et ils sont en effet bien rôdés. A leur actifs, 1 EP : « Dysmorphic » et 2 albums : « A Notion of Causality » et « An Illusive Progress ». Leur jeu est précis, et les musiciens très concentrés sur leurs instruments (un poil trop peut-être, mais pas étonnant me direz vous, car bien sûr on parle de death technique).

C’est véloce, les guitares déversent à souhait, les compos sont élaborées…  Mais je peine à bien rentrer dedans. Au final, j’ai tout de même passé un bon moment, mais sans doutes il m’aurait fallu une première découverte autre qu’en live pour réellement apprécier leur prestation. Pas grave ! La curiosité est aiguisée maintenant, alors je ferai les choses à l’envers.

Live report et crédits photo : Y.BRED

Ce vendredi 25 et samedi 26 octobre s’est tenu la 7ème édition du Rock Your Brain Fest aux Tanzmatten à Sélestat en Alsace, organisé par  Zone 51 (que je tiens d’ailleurs à remercier au passage pour avoir bien voulu m’accréditer).

La vie des bénévoles n’est pas simple, et vie professionnelle oblige, je n’ai malheureusement pas pu couvrir la 1ère journée de ce festival. Je ne saurai donc pas vous gratifier de photos ou de description des prestations des Fallen Lillies, Black Rain, Kissin’ Dynamite, Destruction, Equilibrium, Ultra Vomit et Iron Bastards « The snake bite experience » qui ont agrémenté ce vendredi 25 octobre.

Déçu donc, mais c’est quand même plein d’entrain, que j’arrive à l’ouverture des portes ce samedi placé sous un pavillon sacrément Punk ! Rappel : Cette journée annonçait Sold Out ! Et effectivement il y avait du monde. Et aussi du beau monde ! Jugez plutôt.

Démarrage en douceur avec 22 Longs Riffs. Je dis en douceur, non pas à cause de la musique, mais parce que la salle n’était pas encore pleine au moment où ont retentis les premiers accords. L’acoustique en était même perturbée dans le sens où cela résonnait. Petit à petit, les festivaliers ont rejoint la salle et la température a monté, littéralement ! Mais pas encore au point de couper l’élan de la foule qui commençait à bien bouger.

Ce sont ensuite Les Ramoneurs de Menhirs qui ont poursuivi la chauffe. La salle a fini de se remplier sur leur set. Biniou et bombardes d’un côté, guitare de l’autre, l’ambiance était à son comble.

Le set était entrecoupé de nombreuses vindictes, tantôt anticapitalistes, tantôt anti FN, tantôt vantant l’usage de certaines substances naturelles dans un but récréatif, et rappelant souvent que l’avenir reposera sur nos enfants, dont 2 ont d’ailleurs la chance d’assister au concert à leurs côtés sur la scène.

La chaleur était à son paroxysme. Le bon moment pour prendre un peu le frais dehors et en profiter pour se restaurer. Ce n’est certainement pas le festival où l’on trouvera le plus de variétés, mais on notera que la bouffe était plutôt dans le ton de la région avec au menu des Flammekueche ou bien encore des Knack. Côté bière, de la Kro (auquel j’ai d’ailleurs trouvé un petit goût « bizarre », mais bon, passons), et d’autre plus racées à la buvette extérieure.

Repu et désoiffé, je me replonge dans la salle quelques minutes avant le prochain set. Il y fait toujours aussi chaud et moite. Les porteurs de lunettes ne pouvaient d’ailleurs éviter l’embuage quasi immédiat. Heureusement, point besoin de lunettes pour apprécier les riffs sauvages des Tagada Jones et la voix si particulière de son chanteur Nico. Très grosse énergie tout au long du set, avec notamment un Waner qui ne cessait de parcourir la scène de droite à gauche avec sa basse. Les meilleures y sont passées : « Vendredi 13 », « Je suis démocratie », et bien sûr « Mort aux cons » que le groupe a bien fait durer, et invitant à un pogo général plutôt bien suivi.

Puis c’est au tour de Ludwig Von 88 de prendre les rennes. Et là, je dois bien dire que l’on est redescendu en énergie. Le public m’a semblé bien moins enthousiaste. La déco et costumes du groupe, avec colliers à fleurs, genre « les bronzés », ainsi que leur première chanson »Oui-Oui », n’étaient selon moi pas suffisamment raccord avec les le ton donné par les groupes précédents.

La bonne humeur du groupe, et les gros ballons qu’ils ont lâchés dans la foule n’auront pas réussi à rallumer la ferveur de la foule.

Les Sheriff arrivent juste après. Ils connaissent leurs classiques et savent les balancer efficacement au public. Heureusement, car cela a redonné un bon coup de boost à la populace !

Regonflés en énergie, on ne voit pas le temps passer, emportés par leur bonhomie.

Enfin, le Bal des enragés fait son entrée. Sur une intro de Piaf (« La Foule »), Klodia – des Punish Yourself –  fait son entrée, en faisant virevolter ses éventails équipés de long foulards .

Puis c’est sur le « Salut à toi » des Béruriers Noirs que les autres membres de groups font tout à tour leur entrée.

C’est partie pour une farandole de reprises, couvrant plusieurs styles, parfaitement exécutées, et forcément suivies avec beaucoup de ferveur par le public. Le supergroupe a beaucoup tourné cette année, ils sont super bien calés, et prennent visiblement toujours du plaisir  à distiller toute leur rage et leur énergie au public. Pour ma part, ce sont les reprises de Metallica, « Master Of Puppets », Creeping Death » et « Whiplash » qui m’ont fait le plus vibrer… Le « Roots, Bloody Roots » des Sepultura était aussi un grand moment.

On s’amuse toujours aussi à retrouver les postures qui font un peu la marque de fabrique de chacun des groupes : Klodia avec sa meuleuse, Poun – des Black Bomb A –  qui hurle toute sa rage recroquevillé sur son micro et qui n’hésite pas à aller dans la foule pour encore plus la galvaniser, Shanka – des No One Is Innocent – qui porte sa guitare d’une main pour l’embrasser, … Que du bonheur ! Et.. Oh ? Il est déjà 2H30 ? C’est déjà fini ?

J’imagine que quelques furieux sont restés bien énervés avec l’idée de revoir le supergroupe dès le lendemain Chez Narcisse (dans les Vosges à 100 Km de là). Mais pour la majorité des autres, il ne restait plus qu’redescendre tout doucement en émotion, repu de cette formidable et intense journée.

Live report et crédits photo : Y.BRED