Nom du groupe

Swarmageddon

Album

inhuman

Label

autoprod

Date de sortie

3 octobre 2020

LA NOTE
8.6/10

Notre région regorge de groupes de Death Metal, c’est indéniable. Et presque toutes les branches du Metal de la mort sont représentées : du Death à l’ancienne des Ignis Fatuus, au Death Occulte des Abyssal Ascendant, en passant par le Death ultra technique de L.U.I.A (à vous de trouver à quoi correspondent ces initiales), et j’en passe… Mais surtout, maintenant, nous avons Swarmageddon qui, après un premier EP plutôt bien réalisé, nous arrive pendant cette période de merde avec un album qui met le niveau un cran plus haut.

 

De nouveau enregistré au Psyrus Studio, avec un son en totale adéquation avec le style musical des Bisontins, Swarmageddon a su prendre en compte les remarques et mettre en avant ses points forts.

 

Le premier point fort : Marion et son chant.

Le growl c’est bien, mais savoir l’utiliser pour créer de la mélodie, c’est encore mieux. De plus sa voix claire s’est encore améliorée et on la retrouve sur de nombreux morceaux, comme sur la fin de « Death Traps » où elle a des petits airs de Amy Lee (et j’assume pleinement de citer Evanescence groupe qui a trop souvent été classé dans la pop).

Mais résumer ce nouvel album uniquement sur le chant, ce serait bien trop simpliste.

 

Car, deuxième point fort de Swarmageddon : ce groupe a un univers musical bien à lui, entre bande son d’un film apocalyptique et fresque épique.

 

Troisième point fort à noter : l’utilisation assez neutre des samples et des mélodies au piano est une marque de fabrique du groupe, agrémentés de solos bien entendu.

 

« The Fall » est finalement le morceau qui résume un peu tout ce que je viens de dire : un mélange subtil de violence et de mélodie.

 

Essayons néanmoins de trouver un peu de négatif. Et ce n’est pas si facile ! Sincèrement, en tant qu’auditeur, je me serais passé de l’outro mais le groupe dirait, je pense, qu’elle a sa place dans l’ambiance générale.

 

Résumons donc tout cela. « Inhuman » est un très bon album de Death Mélodique. J’insiste sur les mélodies car elles sont la force de Swarmageddon, qu’elles soient créées par la voix, les guitares ou le piano. Il arrive à combiner les éléments originels du Death avec, bien sûr, les influences et le son de son époque.

Marion Volle : VOCALS
Guillaume Schappacher : GUITAR
Ludovic Boiteux : BASS
Thibaud Szadel : DRUMS

Samedi 6 octobre, on a eu du choix à Montbéliard. Outre The Inspector Cluzo au Moloco, Ultim’atom nous a préparé une soirée axée death à l’Atelier des Môles. Et bien que le Moloco ait fait salle comble, les Môles étaient loin d’être vides.

Au menu, les darons du death-grind de Sublime Cadaveric Decomposition, le death progressif des nancéens Fractal Universe et les bisontins Swarmageddon, qui font ce soir la release party de leur premier EP.

Les photos de ce soir sont gracieusement offertes par Vilpictures dont vous pouvez voir le travail ici (avec Fractal Universe par exemple), malheureusement il a du s’eclipser pour SCD, donc si vous avez des photos, faites nous les suivre on les partagera !

La plupart du public est arrivé assez tôt, c’est donc devant une bonne poignée de personnes que commence le premier groupe Swarmageddon A l’extinction des lumières, on a l’œil attiré par la scène où se placent les musiciens, de dos. Après une petite mélodie de piano, on attaque avec un death mélo plutôt moderne, notamment au niveau du son, qui est particulièrement bon au vu de l’âge du groupe. La set est ici entièrement composée des morceaux de l’EP, qui s’avèrent être entrainants et recherchés. Sur la base melodeath fin 90, avec parfois des samples à la Dark Tranquility, et un passage rythmique plutôt djent bien sympa sur un des morceaux. Le scream est très propre, on comprend même les paroles. Le groupe est très stable, les moreaux s’enchainent, avec pour seul bémol un problème de son sur la basse au début, qui est vite réglé. Niveau visuel, back drop et panneaux latéraux style planètes de l’espace sont de mise, et un bloc lumineux où brille le logo du groupe est placé entre les retours. Tous sont à l’aise sur scène et on l’air ravis d’être là, le jeu de scène est dynamique. Le bloc est une bonne idée, permettant à mettre en valeur les guitaristes autant que la bassiste ou la chanteuse, sans pour autant trop être utilisé. Le jeu light est de bonne qualité, et le sera tout au long de la soirée. Somme toute c’est une bonne découverte, un groupe local solide sur scène, à suivre de près.

Pour enchainer dans cette soirée, Fractal Universe investit la scène. Plutôt actifs sur scène l’année passée, les gaillards sont rodés et s’apprêtent à tourner en Europe de l’est en octobre et novembre. Dans le public, pas mal de monde a l’air d’être venu pour les voir, et c’est un accueil chaleureux qu’ils reçoivent. Distillant un death progressif plutôt atmosphérique, les morceaux sont assez éclectiques au niveau des influences. On passe souvent d’un death technique plutôt bourrin à des passages rythmiques atmosphériques tendant vers le jazz. Les moments d’utilisation de la voix claire évoquent fortement le chant de Gojira, et ceux plus calmes où le scream laisse place aux chuchotis ajoutent une cassure intéressante à la musique. Le groupe utilise quelques samples, avec même un solo de saxophone. J’ai eu du mal à accrocher au début de la set, en partie à cause du son de guitare, aujourd’hui plutôt crunch qui dénote avec les passages tech death purs, et qui diffère pas mal du son studio. Mais rapidement, je me laisse conquérir par la qualité des compositions et le niveau technique des musiciens. La fin du set me laisse un bon souvenir, plus épique et plus violente. Coté mise en scène, des machines à fumées projettent deux colonnes encadrant le chanteur.

Pour terminer, les parisiens de Sublime Cadaveric Decomposition, écumant la scène grind depuis plus de vingt ans. Pas de bassiste ce soir, c’est donc à trois qu’ils jouent, la scène parait alors vidée. Enchainant les morceaux dans la bonne humeur, l’ambiance s’est bien réchauffée. Derrière ses futs, le charismatique batteur invective le public et fait office de frontman pour les transitions. Côté musique on reste dans du death/grind old school, bien gras comme on l’aime. Le growl est sympa et plutôt varié, et le jeu du guitariste se suffit largement à combler l’absence de bassiste. Le public est bien remonté et on se bouscule devant la scène. Bien content de me remuer, la soirée est réussie tire sur sa fin et il est temps de partir.

Merci à Ultim’atom, à l’Atelier des Môles et aux groupes pour cette soirée de qualité, et à bientôt pour la prochaine.

SWARMAGEDDON
An Infinite Landscape
octobre 2018
autoprod

La note
OUCHHHH 87%

Créé il y a seulement 3 ans par Marion (chant), Swarmageddon est actif depuis novembre 2016. Avec un line up bien rempli (2 guitares, basse, batterie et chant), le groupe a déjà donné quelques concerts dont un sur notre fête de la musique à Besançon, sur la scène du Titty Twister. Un concert qui m’a permis de comprendre que nous avions un nouveau venu sur la scène qu’il allait falloir surveillé !

Et ma surveillance n’aura pas été trop longue car le premier EP déboule déjà ! 7 titres, rien que ça ! là où d’autres groupes font l’erreur de pondre 3 ou 4 titres, Swarm (m’en voulait pas c’est long à écrire) mets la quantité et surtout la qualité !!

Le Ep s’ouvre sur un instru de 2.30 min, avec de nombreux samples, des sons venus de l’espace, des chœurs presque dans un style symphonique. Une intro pour se mettre en jambe mais pas trop en rapport avec la suite du CD.

Le second morceau, « The Last Escape » est lui très représentatif  du style de Swarm, à savoir un Death mélodique avec de lourdes influences scandinaves (je l’avais déjà fait remarqué dans l’interview) mais Dark Tranquility (premiers albums surtout) me revient dans la tête, les solos y sont pour beaucoup ! Malgré tout, on ne peut résumer Swarm à ce seul groupe. Car ils ont su insuffler d’autres horizons à leur musique, plus aériens si je puis dire !

« Flying Monkeys », qui je pense aborde le sujet des singes envoyés dans l’espace, se montre plus heavy mais bizarrement passe moins bien, peut être me rappelle t il plus Arch Enemy.

« Survival of the prey » est sans conteste mon préféré, est ce à cause du clavier au son 8 bit, très jeu vidéo des années 90 ou ces blasts qui provoqueront de bons pogos samedi pour la release party. Tout ça pour dire que plus le ep avance, plus Swarm trouve son style, entre Death Melodique et ambiance SY-FY.

Et ce n’est pas « Infinite Landscape » qui va contredire ce propos. Les ambiances sont encore plus marquées.

Enfin « The One above all » vient encore confirmé la puissance, la brutalité que Swarm peut provoquer, telle un faucon millénium au passage en hyper espace, petite private joke pour annoncer l’outro.

Bref, Swarm propose là un premier ep réussi, prouvant qu’il peut vite aller au delà des influences citées.

Résumons, un son énorme (Psyrus Studio), un chant maitrisé et des compos originales, on a notre CD du mois !

SWARMAGEDDON

C’est un passage obligé, une véritable institution même ! La présentation ! Qui êtes-vous, d’où venez-vous ?

Swarmageddon : Le groupe se compose de Marion (chant), Guillaume « Schap » et Adrien (guitares), Pauline (basse) et Thibaud (batterie). Nous venons tous de Besançon, excepté Pauline qui habite à Mulhouse. Tu connais peut-être déjà Schap qui a fondé le groupe Mehtnakriss il y a une dizaine d’années à Besançon. Pauline, quant à elle, tient aussi la basse dans deux autres groupes : Dawohl et Bloody Rabbeat.

MIFC : Voilà, maintenant qu’on se connait, il est temps d’évoquer un peu ce qu’est Swarmageddon. Déjà le nom, d’où vient-il ? Et qui en est à l’origine ?

Swarmageddon est la contraction de « Swarm » qui veut dire essaim ou nuée en anglais, et « Armageddon ». Pour nous, cela fait référence à la culture SF dont nous sommes fans, notamment à Starship Troopers, Starcraft… Imagine une nuée d’insectes géants extra-terrestres qui envahirait la Terre. C’est cette image qui sert de background à notre musique. Et c’est Adrien qui a eu l’idée de ce nom de groupe.

MIFC : Pour préparer votre interview, je n’avais que le titre de la compilation « The Battle of Metal Vol 5 », en effet votre EP va sortir la semaine prochaine. Pouvez-vous nous parler de ce premier CD ? Sa composition, son enregistrement, un label ?

Swarmageddon : Au départ, nous avions imaginé sortir l’EP en digital, en sortant chaque titre au fur et à mesure sur le net. Mais finalement face aux demandes de pas mal de personnes, nous avons fait le choix d’en sortir une version physique. Nous avons enregistré cet EP au Psyrus Studio fin 2017 et début 2018. Tous les titres ont été composés par Schap au cours de ces deux dernières années, à l’exception de « Survival of The Prey », qui a aussi été composée par Adrien. Pour le moment, nous n’avons pas de label.

 

MIFC : En parlant de cette compilation, je n’ai pu m’empêcher de noter pas mal d’influences, tant musicales que vocales, toutes ou presque dans la scène death mélodique suédoise. Une question me brûle les lèvres : vous êtes de la famille des Dark Tranquillity ? Passons sur la blague nulle et arrêtons-nous sur cette influence, importante pour vous ou pas ?

Swarmageddon : Schap a écouté du death mélo suédois pendant des années et était, entre autres, un grand fan de Dark Tranquillity. Cela se ressent donc dans notre musique. Pourtant, nous dirions que ce n’est pas l’influence principale de notre musique. On écoute tous du metal plus moderne, qui peut aller de Periphery à Fallujah, en passant par Infant Annihilator. Swarmageddon est donc un mélange de toutes ces influences qui n’ont parfois rien à voir entre elles.

 

MIFC : Même si vous êtes nouveaux dans cette scène, je pense que vous avez déjà un avis sur son état de santé ? Des groupes avec lesquels des liens se sont créés ?

Swarmageddon : Nous sommes tous d’accord pour dire que la scène metal en général se porte plutôt bien et trouve un souffle nouveau grâce à Internet. La scène française semble bien aller elle aussi et tend à se professionnaliser de plus en plus (avec beaucoup de groupes avec de bonnes productions, des jeux de scène travaillés, etc.). En parlant des liens que nous avons pu créer avec d’autres groupes, on peut citer Dust in Mind (c’est d’ailleurs Damien le chanteur-guitariste qui nous a enregistrés), Fractal Universe qui nous a invité sur notre première scène, Obsidium, Toward The Throne, In Arkadia, White Butchery…

MIFC : Alors autant je n’ai pas encore écouté votre EP mais je vous ai vu en live ! Et c’est une prestation qui m’a marqué ! Tant musicalement que visuellement. Vous étiez présents, la bassiste ne tient pas en place et la chanteuse sait déjà se mettre le public dans la poche !

Swarmageddon, groupe taillé pour le live ? Swarmageddon : Le public se déplace pour voir un show alors nous essayons de faire ce qu’il faut pour le satisfaire ! En tout cas, nous prenons nous-même beaucoup de plaisir à jouer dès que nous en avons l’occasion.

MIFC : D’ailleurs des dates à nous communiquer ? Swarmageddon : Nous jouerons à l’Atelier des Môles de Montbéliard le 6 octobre prochain pour notre release party en compagnie de Fractal Universe et Sublime Cadaveric Decomposition, et le 26 octobre à l’Artiste à Golbey avec Obsidium et Protogonos.

MIFC : Et finalement que peut-on souhaiter à Swarmageddon ? Swarmageddon : Que l’on puisse trouver notre public, faire beaucoup de scènes, et que cela dure le plus longtemps possible !