HELLFEST 2022 Part 1

Année exceptionnelle à plus d’un titre pour le Hellfest. Après 2 ans d’édition reportée pour cause de Covid, le festival renoue enfin avec le public. Année anniversaire pour cette 15ème édition. Et surtout, le festival s’est déroulé sur 2 week-ends ! La première partie s’est tenue du 17 au 19 juin, puis la 2ème sur 4 jours du 23 au 26 juin. Quantité d’images, de concerts, et de moments forts à partager! On découpera donc ces lives reports suivant chacun des week-ends. Commençons ici donc par cette partie 1!

On sent beaucoup d’effervescence et d’excitation lors du trajet. Tout au long du voyage, au fur et à mesure qu’on se rapproche de la terre sainte, on croise de plus en plus de métalleux avec lesquels on communie le plus souvent avec un sourire et/ou quelques brefs échanges.

Ce week-end est celui de la canicule. On atteindra même les 40°C en pic. On transpire abondamment, et c’est surtout de l’eau qu’on boira tout au long du week-end, bien plus que de bière ou de muscadet.

Guidée par les préférences musicales de chacun, l’équipe (LOLA et Y.BRED), se séparera en 2. LOLA couvrira principalement les Mainstages et Y.BRED surtout les scènes ALTAR et TEMPLE. Le récit ci-dessous se fera donc avec un certain don d’ubiquité, et nous « fusionnerons » (en tout bien tout honneur), LOLA et Y.BRED, le temps de  rédiger ces quelques lignes comme une seule et même personne.

D’abord, un tour du site s’impose. Les habitués du Hellfest savent que chaque année révèle ses petits changements et améliorations. Gros changement pour se garer et pour désengorger la commune de Clisson, car le Hellfest a acheté 37 Hectares de terrain dans une commune avoisinante pour y garer 13 000 véhicules de festivaliers. Le 2ème plus grand parking de France (après Disneyland (certains y verront sans doute un signe  😉)). Puis navettes 24H/24 pour rallier le site. Perso, on n’a pas eu à garer notre voiture sur ce parking. On ne saura donc pas vous dire si ça tournait bien.

A l’entrée du site on voit qu’une tour télécom a été ajoutée. Et pas une petite ! Objectif d’améliorer la réception des téléphones des festivaliers, car vous le savez comme nous, ça a toujours tendance à saturer pendant les festoches. Mais le plus marquant est le goudronnage complet des scènes ALTAR ET TEMPLE. On sait que la minéralisation des sols au Hellfest répond à une remarque des festivaliers concernant la poussière, mais il faut avouer que nombre d’entre eux appréciaient également de pouvoir s’allonger et faire une petite sieste sur l’herbe à l’ombre de ces 2 immenses tentes. On s’apercevra sur le reste du festival que ces tentes restent des lieux propices aux petits dodos.

Bien sûr, des  changements de déco, notamment à l’entrée du Kingdom Of Muscadet, et la nouvelle et colossale statue de Lemmy !

La canicule étant annoncée, on remarquera l’ajout de plusieurs brumisateurs géants. Bien qu’appréciables et relativement efficaces (on sentait les gouttelettes d’eau jusqu’à environ 20 mètres), on aura quand même été témoin plus tard dans le week-end de rafraîchissement de la foule à la lance à incendie, tant devant les Mainstages qu’à l’entrée du site avec le support des pompiers !

JOUR 1

Voilà déjà 11 heures, et les 1ers concerts ! FROG LEAP et ses reprises métal de grands titres pops mettent l’ambiance. Ces derniers s’étaient en fait déjà échauffés la veille au soir au Metal corner. Accompagné d’une chanteuse et d’une mascotte lapin, le chanteur/guitariste fondateur Leo Moracchioli chauffe à blanc la foule sur les adaptations de gros titres tels que « Ghostbusters », « Dance Monkey », ou « Zombie ».

Et on commence tout doucement à cuire au soleil ! Mais quand on aime, on ne cuit pas ! (nouveau dicton!!). Alors on continue sous un soleil de plomb devant les Mainstages pour voir LAURA COX ! Elle qui s’est fait connaître du public grâce à sa chaîne Youtube a bien grandi. Il y a quelques années, elle avait enchanté le public de notre petite salle fétiche L’Atelier des Môles (Montbéliard – 25) avec son rock sudiste aux reflets de Blues et de Country. Aujourd’hui, elle ouvre le bal au Hellfest sur cette scène immense. Le public est déjà présent et Laura le mérite bien.

Changement de rythme. Les Brésiliens d’ EGO KILL TALENT sont eux aussi venus s’installer à la table des grands pour ce début d’après-midi. C’est plutôt Pop rock, avec des belles envolées qui titillent le Hard rock. En tout cas, en ce vendredi, ça vous met de bonne humeur pour attaquer ce marathon musical en douceur.

A 15 Heures, le soleil est maintenant écrasant ! Quel plaisir de trouver un peu d’ombre sous l’ALTAR. Mais c’est avant tout pour découvrir SETH. C’est un groupe bordelais qui distille un Black métal efficace. Fidèle aux codes du genre, on appréciera le charisme du chanteur à grands renforts d’accessoires provocants (tête de bouc, crâne humain, dagues, …)

S’enchaîneront sous les tentes ALTAR et TEMPLE quelques pointures qui vont bien nous remuer! Un NECROPHOBIC digne des standards du Black metal, mais avec un côté mélodique plus prononcé, un AT THE GATES, habitué du Hellfest, et qui fait toujours plaisir en piochant dans son album phare « Slaughter Of The Soul« , un ABBATH qu’on ne présente plus, un ROTTING CHRIST aussi au rendez-vous, et une très belle découverte, GATECREEPER, dans un Death très old school à la ENTOMBED.

Bon allez, vous êtes bien réveillés ?!? Du Punk rock sur la Mainstage ? La WARZONE, qu’il avait retournée en 2017, était-elle devenue trop petite pour Frank ? En tout cas il y a foule sur l’immense terre-plein de la grande scène ! Et le leader de sa bande de serpents à sonnette a bouffé du lion : ça fait tout juste 10 minutes qu’il a mis les pieds sur la scène, tous tatouages dehors, qu’il est déjà entrain de slamer, micro en main sur la foule en délire. FRANK AND THE RATTLESNAKES, c’est un Punk old school corrosif et sauvage !

OPETH était l’un des groupes les plus attendus de mon ami Jérémie pour qui c’était son premier Hellfest. Je ne connais pas trop ce groupe,  mais passionné et connaisseur comme je connais Jerem, j’y vais en toute confiance. Résultat des courses, une petite phrase qui m’échappe en fin de concert : « Mais pourquoi n’avoir jamais  écouté OPETH jusqu’à présent ???!!! ». Un vrai coup de cœur !  Ce groupe suédois est presque inclassable : D’un album à l ‘autre, et même d’une chanson à l’autre, il oscille entre Heavy metal, death metal, rock progressif, alternant chants clairs et gutturaux, séquences instrumentales douces et agressives.

Arrive OFFSPRING ! La machine à tubes californienne rappelle de bons souvenir de jeunesse. On a tous pogoté un jour ou l’autre sur un bon vieux « The Kids Aren’t Alright » en braillant « Woah-oh » avec les chœurs. C’est vif, c’est gai, c’est Punk-rock et c’est ça qu’c’est bon !

On retourne du côté de la TEMPLE histoire de changer un peu de registre. Ici, l’heure est au maquillage… mais vue la température ambiante, il a pris un aspect on ne peut plus dégoulinant ! PRIMORDIAL nous a déjà marqué lors d’un concert (lien ci-contre) en avril dernier au Grillen (Colmar). Ici et encore, une très bonne prestation des irlandais.

DEATH TO ALL!!! Ahhh !!! Quelle attente ! C’est par le groupe DEATH, précurseur voire quasi fondateur du death metal, que Y.BRED s’est mis au genre. Je n’ai eu qu’une seule fois l’occasion de les voir en concert, il y a fort longtemps, peu de temps avant le décès de son leader/frontman/fondateur et guitariste de génie Chuck Schuldiner. DEATH TO ALL est un tribute à DEATH, dont plusieurs musiciens (Gene « The Atomick Clock » Hoglan, Steve DiGiorgio, Bobby Koelble) ont fait partie du line-up du groupe original. Leur set-list a couvert tous les albums de Death. Un pure moment de bonheur!

Un tour en WARZONE pour se finir avec SUICIDAL TENDENCIES : Sortez vos surfs et vos skateboards, les californiens sont dans la place ! Précurseurs du Skate-punk (oui oui ! Ça existe!!), on les dit aussi pères du Crossover Thrash. Et avec ça, vous reprendrez bien un peu de heavy et funk metal aussi ma p’tite dame ? A la WARZONE, les idées suicidaires ne sont pas de mise : ça bouge à n’en plus finir et comme la tradition l’oblige, au bout d’une petite demi-heure de concert, pas loin d’une centaine de personnes ont rejoint le groupe sur scène dans une ambiance on ne peut plus festive. On a même vu un ou deux slamers traversant la scène à bout de bras !

Superbe 1ère journée, qui nous aura permis de renouer avec toutes les joies du Hellfest : Boire des coups avec des amis et/ou des inconnus, revoir des connaissances qu’on ne croise qu’une fois par an à cette occasion, s’en mettre plein les yeux, faire de nouvelles découvertes, mais aussi et bien sûr (re)voir des groupes qui ont une place particulière dans nos cœurs.

JOUR 2

Trop d’excès de la veille? Trop chaud (en tout cas, encore un peu plus que la veille)? Ou souhait de se ménager pour le reste du festival ? Un peu de tout cela refait attaquer cette journée plus mollement.

Éclectisme musical en marche pour ce samedi après-midi, oscillant entre Blues, Punk, Psyché, Viking metal et Hard rock.

Direction la VALLEY avec THE PICTUREBOOKS et leur Rock blues crasseux distillé par une guitare et une batterie. La voix, et le rythme sombre et envoûtant imposé par les percussions, nous mènent tout droit au cœur des vastes étendues américaines.

Changement d’univers en WARZONE ! Si le Punk a pointé sa crête sur les scènes françaises au milieu des années 70, c’est dans les années 80 / 90 que les groupes hexagonaux ont pris de l’ampleur sur la scène rock avec des incontournables comme la Mano Negra, Parabellum, Les Négresses vertes, Les Wampas, Ludwig von 88 ou autres Garçons bouchers. La scène underground continue de monter doucement mais sûrement. C’est ainsi que les années 90, 2000 et plus, dévoilent de nouveaux énervés qui égrainent leurs sons rageurs et leurs paroles engagées pour le plus grand plaisir des aficionados de la Warzone du Hellfest. Dans cette lignée, Tagada Jones, Les Sales Majestées, Uncommonmenfrommars laissent la place aujourd’hui aux parisiens de GUERILLA POUBELLE sur cette scène mythique.

EINHERJER et ses sons graves nous plongent dans le mystère du Viking metal. D’après la mythologie scandinave, Einherjer représente, pour un Viking tombé pendant le combat, une vie après la mort, où il va combattre au côté d’Odin contre les Géants lors de la fin du monde.

Puis un bon vieux LOUDBLAST pour rester dans le coup !

On re-passe ensuite à la VALLEYTHE VINTAGE CARAVAN nous embarquent dans leur Trigano pour visiter l’Islande au son d’un Rock psychédélique, blues, stoner tout droit venu des sixties.

Puis un retour bien brutal, avec  un HEAVEN SHALL BURN sur la Mainstage. Les allemands ont fait fort. Mise en scène de paysage de guerre. Sur la toile de fond, une image en noir et blanc d’un quartier en désolation avec en arrière-plan un champignon atomique. Et des hérissons tchèques sur le devant de la scène. Le chanteur Marcus Bischoff est hargneux à souhait. Un « Ubermacht » à vous déboiter les cervicales, énorme circle pit sur leur titre « Behind a Wall of silence », gros jets de flammes et serpentins sur leur titre final « Endzeit ». La machine de guerre était en marche !

Les joyeux drilles d’ALESTORM et leur canard géant tranchent après tout cela. Mais c’est aussi cela la magie du Hellfest. De nombreux styles s’y côtoient, et tout le monde y trouve son compte.

Un peu lassé du glam de STEEL PANTHER et de leurs prestations connues pour ramener sur scène des femmes topless (ce qui j’en suis sûr, rameute, ou tout du moins est fait pour rameuter, une partie de fan base masculine), je préfère aller tâter du bon vieux Thrash de FLOTSAM & JETSAM. Pas déçu. Très efficace, et un son assez précis pour une scène qu’on trouve régulièrement « brouillonne » avec trop de basses et percussions.

On reprend la route direction la WARZONE où le set de THE TOY DOLLS va débuter. Eux, ce sont les vieux de la vieille de la place ! Pantalons à carreaux écossais, vestes rouges, cravates trop courtes, cheveux et lunettes verts, oranges, bleus, rouges, jaunes, et Doc Marteens à lacets rouges : nous voilà replongés dans l’univers Punk de la grande époque, avec en prime un grain de folie et une dose de bonne humeur communicative distribuée à la volée par ces énergumènes.

On fera l’impasse sur ENSIFERUM car on a encore de frais souvenirs de leur représentation au MOLOCO il y a quelques mois. Et oui, rappelez-vous (lien ci-contre pour ancien report).

Les brésiliens de SEPULTURA font salle comble ! Le public déborde allègrement de la tente. Il n’y a plus aucun Cavalera dans la formation, mais le groupe ressort pas mal de ses anciens hits, comme « Arise« , « Refuse/Resist« , « Propaganda« , « Ratamahatta« , « Roots Bloody Roots« , et ça fait mouche ! Dommage en revanche qu’une bonne partie du set les lumières étaient trop tamisées, ne laissant deviner que les ombres des artistes.

Allez ! L’heure est venue de retourner aux Mainstages, et d’y rester quelques temps ! La soirée ne fait qu’y commencer! Les nouveaux rois de la Tournée d’Adieu (avec SCORPIONS !) sont annoncés : DEEP PURPLE. On ne les présente plus évitement, ils font partie des meubles. Leur jeu de scène semble mou après un passage à la WARZONE, mais disons que ça repose ! Et avec leurs 130 millions de disques vendus à travers le monde depuis le début des années 70, ils n’ont plus rien à prouver. Pionniers du genre hard rock avec LED ZEPPELIN, ils sont et resteront l’un des fleuron du genre.

Et c’est maintenant l’heure de GHOST.

On ne polémiquera pas ici sur ce groupe, mais on sait qu’il est assez clivant (encore plus depuis leur dernier opus), le groupe étant taxé d’être de moins en moins métal ou même rock. Le public de ce soir était-il composé de plus de curieux ? Peut-être bien, car en mon sens, les festivaliers reprenaient beaucoup moins en chœur leurs grands classiques.

Mais concernant leur show de ce soir, on ne peut pas dire qu’il n’était pas bien en place. On passe un très bon moment. Le charisme du chanteur/frontman y est pour beaucoup. A comparer à leur prestation au Hellfest 2016, les décors sont plus riches et plus jolis, mais on n’atteindra pas la même « intensité » de show. Les « sœurs du péché » refont une apparition, mais il n’y aura pas eu de chœur avec les enfants clissonnais cette-fois-ci. N’ayant plus de voix, Tobias Forge se verra contraint d’écourter le set avant les 3 derniers titres prévus dans leur set-list.

Et on finira avec AIBOURNE  ! (bien que LOLA les ai déjà vus 3 fois sur scène ces dernières années, elle attendait avec impatience cette 4ème occasion). Il est 1h du matin, la fatigue, à courir depuis deux jours d’une scène à l’autre harnachée de 6 ou 7 kg de matériel, devrait se faire sentir… et pourtant je suis comme une puce branchée sur le 220 volts ! Le show des Australiens commence sous un ciel très menaçant. Ils décrivent eux-même leur musique comme « un enchaînement de pur rock’n’roll qui sent le caoutchouc brûlé, l’essence renversée et les pistons brûlants. Ça te frappe directement dans les os. »

Le public massé contre la crash barrière ne manquerait pour rien au monde les riffs de folie de Joël O’Keeffe à la guitare. La pluie s’invitera en cours de set mais aucune importance : descendu de scène et juché sur les épaules d’un gros costaud de la sécurité, le voilà bientôt comme à son habitude à jouer comme un fou et exploser ses traditionnelles canettes de bière, arrosant le public dans un feu d’artifice houblonné. Le set dure un peu plus d’une heure, 1 heure de folie avant que toute la pression retombe d’un coup : Il est grand temps d’aller dormir un peu !

JOUR 3

On a perdu une dizaine de degrés après la pluie de la nuit. Ça fait du bien ! Plus pêchu que la veille, on attaque en fureur à 11H40 avec DYSCARNATE. Bonne découverte de ce groupe anglais de Death metal. On se note qu’il faudra approfondir par une écoute  au casque de leurs albums, car la qualité du son ne nous aura pas permis de pleinement apprécier.

On va alors tâter un set plus festif en Mainstage avec le Crossover Rock des autrichiens de KONTRUST. Sans être très fan de leur discographie, ils ont quand même quelques titres (« Dance« , « The Butterfly Defect« , « Hey DJ ! », …) qui sont bien entraînants. Alors sur un concentré (leur set dure 30 minutes), on n’a pas le temps de s’ennuyer. Et 3 semaines plus tard, vous avez pu les voir à La Guerre Du Son !!:

On reste sur la Mainstage, et  en guise d’apéropetit-dej’, on s’offre ce vieux groupe français des années 80, séparé en 86, et qui renaît de ses cendres en 2019 (je ne m’étends pas sur le line-up un peu perturbé…). On parle de SORTILEGE.  C’est un Heavy metal propre, mais sans vraiment de signature musicale je trouve. Les paroles des chansons sont en français, ce qui n’est pas très courant dans ce domaine.

S’en suit une autre bonne découverte de Death Core avec les anglais d’ INGESTED.

Un autre genre encore, jusque là non cité dans l’éventail des groupes écoutés cette année, c’est le Metal gothique atmosphérique. La belle Italienne du groupe LACUNA COIL nous offre une prestation à la hauteur de l’attente que sa venue a suscitée depuis des années. Alternant chant lourd et clair, les dignes héritiers de PARADISE LOST manient aussi bien la double pédale que les lignes de guitare mélodieuses. Un plaisir pour les oreilles.

Un petit tour par REGARDE LES HOMMES TOMBER histoire de se mettre tranquillou le moral à zéro : il y a un monde fou pour la grand messe apocalyptique des Nantais sous la TEMPLE !

Je rejoins rapidement la plantureuse Dorothée Pesch, dite DORO. Avec sa voix rageuse, chaude et vibrante, elle est, outre-Rhin, une véritable reine du Heavy metal.

Un détour à la VALLEY pour découvrir l’OVNI du jour, à savoir les TWIN TEMPLE. Du doo wop satanique, dont la scénographie flirte avec les 60’s. Le « Hail Satan » que le groupe fait scander par la foule en début de show  en aura perturbé certain (et amusé la plupart). On a du mal à savoir si c’est du satanisme « bon enfant » au service du show et/ou de la provocation, ou une religion assumée. Les interviews du groupe nous ont laissé perplexe à ce sujet… On les sent plus satanistes par anticonformisme et rejet de certaines valeurs contemporaines plus que par un réel désir de chaos et glorification du Mal… Mais, c’est un autre débat. On notera juste qu’on n’a pas l’habitude de voir les codes du satanisme mis en musique de cette façon.

Les frustrés du concert annulé de JINJER prévus à La Rodia le 8 avril 2021 peuvent enfin se régaler de la prestation des ukrainiens. Le Metalcore porté haut et fort avec une performance toujours saisissante de la chanteuse qui passe allégrement du chant clair au chant saturé.

Cinq décennies passées à écrire des pages inoubliables de l’histoire du Hard-rock, ça se fête dignement ! La tournée anniversaire de MICHAEL SCHENKER passe par le Hellfest. De SCORPIONS à MSG en passant par UFO, il aura fait vibrer plus d’une guitare en V et plus d’une génération. Bonnet inexorablement vissé sur le crâne et sourire aux lèvres lui aussi indétrônable, ce virtuose de la 6 cordes continue encore et encore à enchaîner les riffs et les rythmes explosifs.

Les très énergiques japonais de MAXIMUM THE HORMONE (que certains connaissent peut-être car ils sont les interprètes du générique du manga Death note) vont réussir leur effet sur la Mainstage.

Le Metalcore se porte bien également à la WARZONE avec WHILE SHE SLEEPS. L’ambiance est fabuleuse avec une énergie de malade. Slams et circle pits à profusion.

DEVIN TOWNSEND, c’est une sorte d’extra-terrestre à l’imagination débordante et au visage élastique. Il a passé près de 20 années de sa carrière musicale à créer, composer, imaginer, prenant chaque fois des virages à 90° pour des projets et des albums concepts totalement hors du commun. Il combine différents genres pour donner naissance à une musique Heavy metal éclectique, novatrice, surprenante. L’expérience musicale est d’autant plus forte en concert : on passe des riffs enragés aux envolées musicales planantes. Une bulle se crée alors et tout devient flou et fou. Ce sera le 3e coup de cœur du week-end de LOLA. C’est son fils Nicolas, qui lui aura ouvert les portes de ce monde hors du temps. Ce soir au Hellfest, c’est avec un immense plaisir qu’elle partage ce moment musical à ses cotés.

KILLING JOKE clôturera la soirée de LOLA et son week-end en terres Clissonaises.

Petit aparté (mais qui vous intéressera on espère) sur les coulisses du festival. Vous croiserez plusieurs catégories de photographes sur le site. Pour faire simple, 3 :

  1. Ceux qui ont full accès aux pits et backstages (ce qui leur fait gagner du temps, n’ayant pas à faire la queue ou à fendre la foule pour pouvoir rallier une scène juste après avoir pris des clichés d’une autre).
  2. Ceux qui ont accès aux pits le temps d’une chanson (sauf refus de groupes qui ne veulent aucunes photos), mais qui pourront cependant profiter d’une priorité sur d’autres photographes pour l’accès aux pits des mainstages. Certains artistes n’autoriseront que les photographes détenteurs de ces pass « prioritaires ». D’autres groupes ne font pas de différence, et cette priorité n’impacte donc que l’ordre de passage des photographes.
  3. La dernière catégorie, la plus grosse, bénéficie des mêmes accès que la catégorie précédente, mais donc sans accès prioritaire aux mainstages.

Vos humbles serviteurs de Metal In Franche-Comté font partie de cette 3ème catégorie. Ne nous en voulez donc pas si nous ne pouvons parfois vous offrir des clichés de grosses têtes d’affiche. Là, on vous prépare déjà à la frustration en ce qui concerne METALLICA, mais aussi GOJIRA dont on vous parle de suite.

GOJIRA en clôture ! Non seulement de la Mainstage, mais aussi du week-end ! Ce n’est que mérité ! Et ça me fait toujours mal qu’un groupe pareil, soit bien plus reconnu à l’étranger qu’en France (je parle du rapport qu’ont les médias classiques avec le métal). On démarre avec le très efficace « Born For One Thing » de leur dernier opus « Fortitude« , qui a eu un super accueil de la presse et du public. C’est cet album qui va alimenter une très grosse partie de leur set-list de ce soir. Mais on aura bien sûr les incontournables , »Stranded » et « Silvera » .

Ils sont impeccables de maîtrise de bout en bout, ce qui n’est pas étonnant quand on sait combien ils aiment bosser la technique.

Comparé à d’anciennes prestations, on sent un gros apport côté lumières. Tant les spots derrière les musiciens que sur le haut de la scène, et bien sûr les écrans en backdrop, utilisé pour des noir et blancs, monochromes, effets d’éclairs, ou carrément pour diffuser les images du clip « Another World« . La pyrotechnie était également au rendez-vous, calés sur les riffs les plus bourrins !

Indéniablement l’un des concerts le plus intense du week-end !

Setlist : »‘Born For One Thing« , « Space Time », « Backbone », « Stranded », « Flying Whales », « The Cell », « Love / Remembrance », « Hold On », « Grind », « Silvera », « Another World », « L’Enfant Sauvage », « The Chant », « The Gift Of Guilt », « New Found », « Amazonia ».

Une 3ème journée marquée donc par une température nettement plus supportable, et quelques belles découvertes (comme on en fait toujours au Hellfest) et des têtes d’affiche dans l’ensemble toujours irréprochables. Et toujours beaucoup de fun avec les festivaliers eux-mêmes. Vous êtes beaux, ne changez rien !

Il est maintenant l’heure de reprendre des forces, et de gérer convenablement l’entre-deux pour ceux qui remettent ça pour le Hellfest 2022 Part 2 qui débutera le jeudi suivant. Les autres repartiront heureux de ce grand renouement avec le festival.

Live report et crédits photo : LOLA et Y.BRED