Nom du groupe

Boissin divine

Album

La Halha

Label

Brennus Music

Date de sortie

mai 2020

LA NOTE
9.3/10

Les Gascons de Boisson Divine sortent leur 3ème album. Que de chemin parcouru depuis « Enradigats », tant musicalement qu’au niveau Km, car le groupe a carrément accompagné Ensiferum sur 3 dates au Japon où parait il l’accueil fut très bon (private joke car on dit souvent que leurs chansons sonnent comme des génériques de Manga).

Je les ai découvert lors du Ragnardrock Festival (rends les runes Ragnard), Baptiste en premier quand il a accompagné Himinbjorg sur la première édition du festival et l’année suivante avec le reste du groupe. Avant cela les seuls gascons que je connaissais c’était The Inspector Cluzo.

Ce nouvel album, dont le nom signifie, le Grand brasier, est le feu qui marque le solstice, la version pré chrétienne des feux de la Saint Jean.

Faisons un peu le tour en passant titre par titre

  1. Lo pèla pòrc : Commence très fort avec un rythme plutôt Punk Rock, on découvre que Baptiste a encore amélioré son chant, limpide, enjoué et entrainant, et il est souvent rejoint par le reste de la bande. Les instruments Folk sont présents, toujours bien intégré, pas juste balancé pour faire genre. Bonne entrée en matière. Mon véganisme ne me pousse pas trop à vous traduire le titre, vous comprendrez aisément de quoi il parle …
  2. Novempopulania : Deuxième single de l’album, il est le morceau qui montre les influences (nombreuses) heavy du groupe, gros riffs guerriers, refrain à reprendre en chœur dans la bataille. Pour la traduction, il signifie « la terre des neufs peuples », ancienne province de l’empire Romain où Basques et Gascons étaient réunis.
  3. Suu camin estelat : « Sur le chemin étoilé, je m’en irai chercher le droit de recommencer », traduire les paroles est vraiment une bonne idée, car ce sont de purs bijoux de poésie, d’histoire. Ce voyage sur un bateau nous mène vers des styles toujours aussi Heavy, de bon solos, un banjo (peut être un autre nom d’instruments mais le son est quasiment identique)
  4. Xivalièr de Sentralha : Jean Poton de Xaintrailles, gentilhomme de Gascogne, est parti guerroyer avec la Pucelle, et ce morceau qui relate sa vie est de loin mon préféré, un rythme effréné, un refrain vengeur « pas de paix, pas de trèpas ». Ce fut aussi un compagnon de combat de La Hire (Étienne de Vignolles), que vous avez tous eu un jour sa représentation en main, oui oui le valet de cœur 
  5. Rei de Suèda (Sveriges Kung) : un morceau plus calme, c’est assez courant et normal dans un album qui fait presque une heure. Avec ce titre on fait un bon en avant dans l’histoire de la Gascogne, pour atterrir à l’époque de Napoléon dont Bernadotte fut l’un des maréchaux avant de devenir roi de Suède, un parcours exceptionnel pour un simple soldat. L’histoire est vraiment intéressante, mais le morceau ne me convint pas.
  6. La Sicolana : D’un petit lézard (c’est la traduction originel du mot), on passe au gars chétif du village à qui il arrive toujours des tuiles, chez nous on dirait le « Beuillot », un morceau néanmoins bien Heavy, pas trop en rapport avec le personnage finalement.
  7. Abelion : « La croix de Béliou » qui indiquerait le tombeau de Milharis (a qui Stille Volk a presque dédié sont dernier album) orne la pochette du CD. Les 2 guitares s’y font encore plus mélodiques
  8. Un darrèr còp : « Une dernière fois », une chanson plus légère, a chanté le soir, au coin d’un feu. Elle se siffle très bien aussi ! Mais elle vaut aussi le détour pour ses combats épiques entre les 2 guitares, très Helloween ou Maiden tout ça.
  9. Libertat : bon là même sans avoir fait Gascon deuxième langue, tu devrais trouver !! Ces petits breaks pour mettre en avant le chant, et ces putains de refrain encore !! C’est vraiment l’argument que j’utiliserai pour vendre cet album !
  10. Milharis : Car il faut bien que cela se finisse, Boisson Divine clot cet album en parlant lui aussi du Pâtre Milharis. Ce berger  de 909 (999 ?) ans est lié aux mythes d’origines des Pyrénées et évoque l’arrivée de la première neige sur la montagne qui symbolise sans doute le début de la christianisation et donc la fin du paganisme. (Cf interview de Stille Volk). Le morceau dur 10 min (faut au moins ça pour un mec qui aurait eu entre 909 et 999 ans), il reprends finalement toutes les influences du groupe, allant du Heavy à la musique plus atmosphèrique, utilisant des solos épiques qui vous font dresser les poils, bref un beau panel d’émotions.

Et quand on termine une chronique pareille, on cherche bien un truc à redire, une petite broutille pour que cela ne soit pas qu’un plaidoyer de compliments … et parfois on ne trouve rien. Cet album peut plaire à tout le monde, du fan de Heavy à l’adepte des pogos durant un concert de n’importe quel groupe de Folk Metal en passant par le fan de Rock du genre Matmatah (j’assume pleinement la comparaison tant ce groupe savait manier les styles dont l’albuma « la ouache » raisonne encore et encore chez moi)

Line-up :
Baptiste Labenne (Chant, guitare) Adrian Gilles (Batterie, chant) Ayla Bona (Flabuta, vielle à roue, chant) Pierre Delaporte (Boha, accordéon, chant) Luca Quitadamo (Guitare) Florent Gilles-Waters (Basse)

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