Nous avons rencontré Breaking The Bank, l’un des piliers de la scène metal de Haute Saône aux côtés de groupes comme Membrane ou Insomnia. Ils ont 3 EPs au compteur et une actualité concert assez chargée. Cette interview est une occasion parfaite d’en découvrir un peu plus avant leur concert le 22 août au Hot Zone Fest à Bucey-les-Gy !
Pour nos lecteurs du webzine qui ne connaîtraient pas Breaking the Bank, pourriez-vous vous présenter ?
On est 5 trentenaires de Besançon / Vesoul, animés par l’amour du rock et du metal, de leurs plus vieux pionniers jusqu’aux récentes pointures, notamment prog et extrêmes.
Mathieu et Christophe, respectivement guitariste lead et bassiste, également aux chœurs, sont les fondateurs du groupe. Ensuite on a Djé au chant lead, Etienne à la guitare, et Tarzan à la batterie et aux chœurs / harmonies vocales.

Breaking the Bank est actif depuis plusieurs années (je me souviens vous avoir découverts à Echo System en 2015 !). Pourriez-vous partager une anecdote de concert, votre meilleur et/ou votre pire souvenir ?
Oui en effet le groupe connaît ses prémices en 2012 !
Pas d’horrible expérience jusque là, si ce n’est l’incontournable plan foireux des débuts type matos pourri, accueil déplorable et public absent! 😁
On peut quand même évoquer le festoche Buzon Fest dans le 71, qu’on salue! C’était vraiment cool, mais la température a chuté à 6°C alors qu’on était en septembre ! Impossible de jouer correctement malgré notre énergie, pas mal de double-croches ont dû être sacrifiées…
En date cool on pense direct à Echosystem l’année dernière, avec Horizon Waves et Holy Fallout : un super plateau 100% local qui a fait le plein ; on en a tiré de très belles vidéos et un EP live !
Quel serait votre concert de rêve, avec qui et où jouer ?
Waouh c’est difficile comme question vu les influences de chacun. Pour mettre tout le monde d’accord faudrait se tourner vers le passé et les classiques, pourquoi pas jouer en première partie de Metallica ou Iron Maiden sur une grosse scène ! Il y a encore du taf ! 😁
Votre troisième EP, « Unbreakable », est sorti l’année dernière sur toutes les plateformes. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Où a-t-il été enregistré ?
Quasiment tout a été enregistré au local d’Aim Rock sur Vesoul, où on répète depuis le tout début du groupe. On a fait nous-mêmes les prises guitare, basse et chant.
Maxime Voirol, notre sondier, ami et véritable soutien depuis plusieurs années, a sonorisé les prises batterie, mais aussi les nombreuses voix des potes (big up <3 ) que vous pouvez entendre sur les refrains de Trickledown Theory et Branding the Band.
Max a également assuré le mixage, et Thomas Borey, lui aussi un ancien de Devotion to Suffering, s’est occupé du mastering.
Pouvez-vous nous parler de la genèse des compositions ?
Pour les 2 premiers morceaux de l’EP, comme la plupart du temps, tout commence avec Mathieu qui nous pond un bon vieux GP5, comportant les guitares et une intention de jeu pour le bass/batt. Chacun fait ses retours, travaille et s’approprie le morceau.
Puis en répétition, on complète, on ajuste, on arrange ensemble. Dans le même temps, Djé apporte les mélodies au chant et les thématiques des paroles, tandis que Tarzan ajoute des idées de chœurs.
Oxidized Strings, qui clôture l’EP, est une exception : nous l’avons composée tous ensemble, à partir d’un 1er riff de Christophe.
Quels thèmes abordez-vous dans vos textes ?
Précisons tout d’abord que les textes sont disponibles à l’intérieur de la pochette de l’EP, on vous encourage à y jeter un œil ! 😉
On a pas mal de textes engagés sur ce qu’on observe de notre monde et qui nous touche : politique, conflits, injustices, même la santé mentale.
Trickle-Down Theory, en ouverture, critique la fameuse théorie du ruissellement. Elle est vantée par nombre de politiques et ultra-riches, depuis des années, avec pourtant le résultat qu’on connaît : l’explosion des inégalités.
Branding the Band met ensuite une certaine distance avec ce type de discours. C’est une critique mais aussi une auto-parodie, ne serait-ce qu’avec la déformation du nom du groupe dans le titre. On y pointe les paradoxes qu’entraînent nos modes de diffusion, mis en place par ce même système, qui nous permet de le critiquer.
Oxydized Strings, elle, pose le vrai sujet. Le pavé dans la mare qui va faire trembler toute la scène metal… Elle parle des cordes de gratte qu’il faut changer régulièrement pour ne pas niquer son son et ses doigts, bordel de Dieu !

Pourriez-vous également nous en dire plus sur la photo qui illustre la pochette ?
C’est une photo prise au fort de Bregille de Besançon, par Etienne (guitare), qui est amateur de photographie. Lui et Djé (chant) trouvaient qu’elle faisait grave Metal, il n’y avait qu’à traiter la couleur et ajouter une silhouette de guitariste. Djé, qui est graphiste, s’y est donc attelé.
Cet ensemble pose une identité qui colle bien à notre musique : dense et énergique, sombre mais aussi colorée.
La texture “brique” qui ressort de cette pochette nous a évoqué la solidité de notre groupe et sa longévité, d’où le titre de l’EP : UNBREAKABLE (supplément petit jeu de mot avec le nom du groupe, comme pour la plupart de nos EPs ;p ).
Quelle est votre vision de la scène metal (et rock) de notre belle région ?
Déjà on trouve qu’on est assez gâtés en termes de concerts et festoches rock et metal, proportionnellement à la densité de population.
Et la quantité et la qualité de bons groupes de Franche-Comté est assez hallucinante (exactement comme nos brasseries!).
Vous connaissez les noms et on va pas tous les citer mais impossible de ne pas évoquer :
– les grosses percées de Horskh, Alta Rossa et plus récemment HØLLS ;
– les kopins d’Horizon Waves, Holy Fallout, Insomnia et bien d’autres avec qui on a partagé des scènes carrément cool
– les nouveaux jeunes déjà trop talentueux pour nous, des ressortissants du conservatoire ou des super-groupes de vétérans…
Cette scène est riche, stimulante, enthousiasmante, bouillonnante.
Si vous aviez la possibilité d’améliorer une chose pour la culture Rock/Metal/Punk, qu’est-ce que ce serait?
Ce serait vraiment cool si les grosses radios pouvaient diffuser plus de morceaux rock et métal, et notamment en dehors des tubes qu’on connaît tous, pour réveiller les oreilles des gens et sortir de ce qu’on entend tout le temps. Comme on l’a dit, on a une a une belle scène de nouveautés foisonnantes mais invisibilisées en France, Rock is NOT dead ! Heureusement que certaines petites radios s’en donnent la peine. Force à eux.
Et au delà de la culture Rock et Metal, ce serait vraiment bien de permettre à tous les gamins d’avoir accès à de l’initiation, des cours de musique, d’essayer, de toucher des instruments et de jouer ensemble. Là encore, merci aux quelques profs, animateurs et assos de proposer ça <3
Le mot de la fin (libre expression)
Désolé pour la note un peu grave, mais la situation de la musique vivante se détériore gravement. Des petits cafés concerts aux festoches conséquents, les difficultés et fermetures s’accumulent dramatiquement.
Il est donc plus important que jamais de sortir et montrer son soutien aux acteurs de cette culture, dont vous faites partie Metal In Franche Comté, et on vous en remercie très chaleureusement <3
Allez voir des petits concerts, les événements autour de chez vous, suivez les groupes que vous aimez et communiquez-leur votre intérêt, soyez curieux, écoutez la musique faite avec le cœur, et bisous sur vous 😉
PS : retrouvez-nous le 22 août au Hot Zone à Bucey-les-Gy (70) et à Langres (52) le 28 août avec Cutting Corners ! ;D Retrouvez-nous aussi sur Facebook, Insta, Youtube, Deezer et toutes les autres plateformes musicales ! 🎵
Silvere MG pour Metal in Franche Comté