Vendredi 22 mai 2026
Passagers du Zinc
Première date organisée par Echo of the Whale
Avec Indicible et Panoptycon
Le choix était pléthorique sur les terres comtoises pour les mélomanes de l’extrême ce vendredi de FIMU, de concert dégénéré à Courchaton et d’Apérock chez nos amis vésuliens. C’est donc principalement la curiosité (et la proximité, j’avoue) qui arbitrera pour moi.
En effet, Panoptycon, groupe dont j’apprécie la finesse et la légèreté (joke inside), vient de changer de chanteur. Plutôt sévère en la matière, voire convaincue que de nombreux groupes seraient bien meilleurs en version instrumentale, je suis animée par une inquiétude. La voix va-t-elle donner du corps aux textes, nous secouer les entrailles, ou… rayer nos tympans ?
Une autre motivation me déplace jusqu’à Besançon ce 22 mai : cette date est la première organisée par Echo of the Whale. A l’heure des annulations massives de fest et non des moindres, des difficultés pour les orga à rester à flot, il est plus que jamais essentiel de soutenir les initiatives de ce genre. Un tarif socle était proposé avec la liberté de donner davantage, formule intéressante pour inviter à aider sans discriminer.
Enfin, en discutant devant les portes du bar entre les deux sets, j’apprends que la fréquentation diminue (ici aussi !) depuis quelques temps. Résidant la plupart du temps dans un département qui ne compte plus qu’un seul café-concert réellement actif, je ne saurais jamais assez attirer l’attention sur la fragilité de la scène musicale et sur l’intérêt de garder la culture active dans notre région.
Je lutte donc contre la flemme et une organisation déplorable qui me conduira à manquer le début des concerts, pour venir soutenir l’underground local. Panoptycon est déjà en pleine action à mon arrivée. Les lights rouges ont envahi l’espace, mais la cave des PDZ n’a pas que la couleur des enfers, elle en a la température. L’atmosphère est lourde, presque autant que la frappe du batteur. Qui pour une fois n’aura fendu aucune cymbale, c’est à relever ! Le groupe ne laisse pas son public fondre, il remue la salle comme il se doit.

Panoptycon officie depuis six ans sur nos terres. Le groupe définit son style comme du Chaotic Black Metal, c’est-à-dire qu’il mâtine son BM de Chaotic Hardcore. L’ambiance et les textes s’inspirent de notre civilisation de la surveillance généralisée. Vous qui entrez dans leur univers, abandonnez ici toute espérance.
Fin du suspense… Et c’est une excellente surprise au chant, où on retrouve Lucien de Ritual, dont la voix permet au groupe de gagner encore en puissance. Baptême du feu validé ! Côté batterie, la frappe de Tamok est efficace, avec de bons breaks, il tape fort et juste. Du plaisir aussi du côté de la basse, instrument rarement estimé à sa juste valeur, ici bien lourde et bien mise en avant. Pour les amateurs de notes graves dont je suis, c’est un régal. Le son est dense, c’est un véritable rouleau compresseur, que des passages plus mélodiques allègent par moments, le temps de repartir sous de nouvelles déferlantes. Globalement un bon concert, donc. On regrettera toutefois quelques soucis techniques, avec notamment un gros larsen fort malvenu (mes oreilles en saignent encore).
Set list de Panoptycon :
Intro
Time is (h)our business
Humanity’s blindness
Rotten by the roots
Black mirror
Let Him burn
Heureux les ignorants
Inside the Panoptycon
The Collapsing
La montée sur scène d’Indicible fait monter la violence d’un cran. Ils définissent leur musique comme du Death violent et groovy, sans compromis, avec des textes bien gores. Arrivés d’Amiens pour en découdre, ils vont directement au cœur du sujet, sans préliminaires. C’est compact, brutal, massif ; le volume est poussé à fond du début à la fin, on a la tête dans un moteur d’avion ! Le public de coreux, convaincu, lance des pieds et des poings dans tous les sens. La salle est un sauna.
Perso, je reste sur ma faim. C’est indéniablement carré, mais il me manque quelque chose comme de l’épaisseur. Question de goût, probablement. J’aime davantage les musiques froides, sombres, malsaines. Ou alors plus techniques, prog. Force est quand même de reconnaître qu’Indicible offre une très belle prestation, qui valait le détour et aurait même mérité un public plus nombreux.
Une urgence familiale me fait quitter précipitamment le bar pendant leur prestation et sans avoir pu récupérer la set list du groupe. On me dit que c’était furieux jusqu’à la dernière note, ce que je n’ai aucune peine à croire. Si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez les retrouver sur Bandcamp.
En conclusion, Echo of the Wale a offert au public comtois une soirée très honorable. Cette première est une réussite. Une asso à suivre et à soutenir.
Sophie, pour Metal in Franche-Comté