On l’a tous croisé au moins une fois ici ou là, en spectateur, sur scène. Valentin Pelletier fait partie de ces musiciens aussi humbles qu’impressionnants. Nous avons pris le temps de discuter avec lui avant le concert de The Maniax à Pontarlier.
Salut Valentin, merci de répondre à cette interview pour Metal In Franche Comté. Peux-tu te présenter ?
Valentin : Je m’appelle Valentin comme tu l’as dit. J’ai 35 ans et je suis bassiste dans plusieurs formations. Mes groupes principaux sont Fractal Universe, The Maniax et Winter Madness.
Qu’est-ce qui t’as motivé à faire de la basse ?
Valentin : Je me suis intéressé à la basse à l’âge de 13 ou 14 ans lorsque j’ai découvert le groupe Primus, le jeu de Les Claypool est bien mis en avant au sein de cette formation. Je me suis dit que c’était trop bien et que ça sonnait. Ça change des guitaristes avec le cliché du mec sur la plage qui ramène des femmes. Je voulais faire du gros son sans que ce soit un truc de lover. C’est pourquoi je me suis mis à la basse.

Tes principales influences ?
Valentin : J’aime beaucoup Tool et le jeu de basse de ce groupe. Il y a aussi tout ce que j’écoute, à savoir Gojira, Tesseract et Leprous. Les groupes metal de ce genre.
Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours à la MAI (Music Academy International) ?
Valentin : Je l’ai fait en 2013/2014. Il y avait plusieurs rentrées à l’époque. J’avais commencé en avril et nous étions seulement deux bassistes. On a des cours avec tous les musiciens et aussi de manière séparée. Ça m’a permis de progresser énormément pendant une année. On avait tous des ateliers thématiques. J’ai essayé de tout faire. Pour le jazz, je me suis fait virer par un prof pas cool et très élitiste. Quand il m’a vu arriver avec mes cheveux et mes grands manteaux noirs il disait que ses cours n’étaient pas destinés aux metalleux qui ne comprenaient rien et qui manquaient d’ouverture d’esprit. Je lui ai dit que ça m’intéressait mais il maintenait que nous étions trop fermés. Devant ce manque de tolérance je lui ai dit que ses cours se feraient sans moi. Pour le reste tout s’est très bien passé, je n’ai eu que des bonnes notes.
C’est bien d’évoquer ça car on en parle très peu. C’est une école prestigieuse. Tu as beaucoup travaillé pour arriver à ce niveau. Combien de temps joues-tu chaque jour, quelle est ta méthode de travail pour conserver et augmenter ton niveau ?
Valentin : J’ai la chance d’être professeur de guitare et de basse. Techniquement je bosse avec mes élèves. Certains enseignants donnent des partitions et ne jouent pas, je trouve ça nul. Je joue avec mes élèves et donc pratique l’instrument. Sinon avant de partir au travail ou le soir en rentrant je me pose devant l’ordi et joue des morceaux qui me plaisent ou des titres de mes groupes. Ça me permet, au moins, de maintenir le niveau et essayer de progresser petit à petit.

Quel matériel utilises-tu ? Es-tu endorsé ?
Valentin : J’ai beaucoup de basses Ibanez, en concert j’utilise surtout une BTB705, il y aussi un luthier Valentin Novo qui m’a fait une basse pendant le Covid, je l’utilise pas mal également. Sinon en tête d’ampli j’ai une Darkglass et une Markbass ainsi que des pédales Darkglass. Je ne suis pas endorsé, ça aurait dû se faire par Ibanez et Earnie Ball mais ça ne s’est pas concrétisé. Ibanez Europe était partant, Ibanez France n’a jamais répondu. C’était un peu le cirque.
On va parler de tes groupes. Winter Madness est-il destiné à rester un projet studio ?
Valentin : De base non, on devait faire des concerts. Le chanteur guitariste est en Angleterre, il est guide touristique là bas. Clément, le batteur, tourne beaucoup avec Obscura et quand il n’est pas avec eux il est dans Fractal Universe. Ça prend, donc, beaucoup de temps. On verra par la suite si ça se décante.
Winter Madness est un groupe de black metal reprenant l’héritage du style dans les années 90. Peux-tu présenter The Maniax et Fractal Universe ?
Valentin : The Maniax est un groupe de rock / metal de Franche Comté avec lequel on a sorti un EP, un album et un single récemment. Un autre single devrait paraître en fin d’année. Concernant Fractal Universe on est sur du death metal progressif avec un EP et quatre albums. On a fait plusieurs tournées Européennes et mondiales.
Tu nous as dit qu’avec The Maniax vous alliez ressortir un single en fin d’année. Quelle est l’actualité pour ces projets ?
Valentin : Avec The Maniax on bosse beaucoup, on compose énormément. Pour Fractal Universe, la moitie du groupe est en tournée avec Obscura (Clément à la batterie et Vince à la guitare), ça ralentit un peu les choses mais on essaye de trouver des dates pour 2027, cette année c’est compliqué. On compose aussi le cinquième album, il y a encore du travail à faire.
Oui et le dernier album est sorti il y a à peine un an. Obscura est en tournée en Asie actuellement d’ailleurs. On va parler de ton expérience. Les dates les plus marquantes ?
Valentin : La plus marquante c’est le Hellfest en 2022. On jouait à l’Altar à 12h15 et il pleuvait. Beaucoup de gens sont venus nous voir et c’était blindé de monde. Il y avait peut-être 15 000 personnes devant nous. On est arrivé sur scène, tout le monde s’occupait de notre matos pas besoin d’intervenir ce qui est très rare car on a l’habitude de tout faire. Aucun problème technique, c’était un super concert. Sinon le MetalDays en Slovénie, un dimanche soir, la veille de l’ouverture officielle du festival. C’était le off en gros, la scène était bien même si ce n’était pas la main stage. On nous avait dit que ce serait bien de le faire même s’il n y aurait pas grand monde, ça ferait de la pub.
Surtout à ce moment là, Fractal Universe commençait à décoller.
Valentin : Oui et au final on a joué devant 4000 personnes, tout le monde était là, il faisait beau. On jouait devant des tyrannosaures, des gens en maillot de bain (rires).

Avec qui aimerais-tu partager l’affiche ?
Valentin : Avec Fractal, ce serait Gojira. Ce serait génial, d’autant plus qu’on avait fait une résidence avec Christian de ce groupe. Avec The Maniax ce serait Royal Blood, je ne sais pas si tu connais.
Oui, un peu. Tes dernières claques en live et en albums ?
Valentin :En live ma dernière grosse claque c’est Tesseract à Mulhouse, c’était vraiment propre. En album il y a Angine de Poitrine dont on parle beaucoup depuis deux trois mois. Ça a explosé sur mon Facebook, tout le monde en parlait et ça m’a beaucoup plu !
Si tu as quelque chose à ajouter c’est maintenant.
Valentin : Merci Seb d’être toujours là (rires).
Merci d’avoir répondu et bon concert.
Valentin : Merci !
