Par moment je me sens comme un vieux médecin qu’on appelle quand c’est la galère et qu’on trouve plus de jeunes pour faire le taf ! Et comme eux, je dis oui sans réfléchir.
Bon faut pas me forcer beaucoup et de toute façon, je venais.
Bein oui une date avec Seth, c’est inratable. On peut déjà remercier Ultim’atome d’avoir proposer cette belle affiche, mixant groupe local et tête d’affiche.
A vu de nez, une centaine de personnes a fait le déplacement ce samedi à l’Atelier des Môles.
Et c’est Kymris qui a la lourde tache de réveiller le public. Je n’avais pas revu les Francs comtois depuis les sapins Metaliks. Et on peut dire qu’il y a eu du changement. Les tenues de scènes se sont enrichies, tout comme la mise en scène. Ce look de moine a le mérite de changer des capuches façon Post Black. Et musicalement, les titres sont mieux maitrisés, les enchainements aussi. Mais la grande nouveauté c’est Silvere à la basse (Corosteler, Defraktor, Athabas, …) qui amène un groove plus Metal à l’ancienne que son prédécesseur. Et ça donne des morceaux plus agressifs. Les parties Black Metal sont du coup plus hargneuses, le batteur ayant bien progressé sur les blast. Coté titres, c’est bien sur le premier album qui est mis en avant, mention spéciale pour le dernier titre « Truzna » qui glorifie notre bonne absinthe, véritable hommage musical à Korpiklaani.
Les bretons ont Belenos, les gascons Moisson Livide, les picards Galibot (je ne vais pas faire toutes les régions, vous avez compris le principe).
Enchainement et changement d’ambiance avec Toward the Throne.
Vu il y a quelques années aux Sapins Metaliks, je les avais déjà trouvé très professionnel , avec un set de qualité.
La scénographie de ce soir (bougies, images éclairés, …) donne le ton. Ce sera sombre.
Le groupe propose toujours un Blackened Death Metal, un style très carré et qui ne laisse pas indifférent l’admirateur de Black Metal que je suis. On lorgne par moment vers Der Weg Einer Freiheit ou bien encore Enslaved. Mais malgré tout, je ne peux m’empêcher d’avoir cette impression de répétition dans les morceaux. Il me serait impossible de citer un titre en particulier sans tricher en regardant la setlist. Techniquement bon mais sans ce petit truc en plus (merci Artus, impossible d’écrire ça sans penser au film). Je rajouterai néanmoins que la prestation du chanteur / bassiste était vraiment habitée, un vrai frontman comme on aime en voir.
Allez, on ne va pas se mentir, j’ai bien sur pris ma place car Seth aux Môles, je me devais d’y être.
Ma relation avec ce groupe remonte à l’album les Blessures de l’Ame en 1998, à l’époque on mange surtout du Black Scandinave. Malgré tout quelques groupes Français sortent du lot (Lord, Blut Aus Nord, Osculum Infame) dont Seth qui enchainera avec 3 albums avant de se séparer en 2006 à mon plus grand désespoir …
Néanmoins, le Phenix renait de ses cendres en 2013 et sort de nouveau 3 albums.
Ce qui différencie Seth des autres groupes de l’époque c’est le choix de la langue Française (Anoxeria Nervosa suivra quelques temps après) et des paroles extrêmement travaillées qui vont toucher mon cœur d’ado.
Allez retournons aux Môles … pour redécouvrir Seth, vu il y a bien 25 ans et revu au Hellfest en 2013. Je découvre enfin Saint Vincent en live et même si je reste un grand fan de la période avec Vicomte Vampyr Arkames (Diablation), il est totalement à sa place à ce poste, haranguant la foule, déclamant ses paroles comme un prêtre afin de nous convertir au Metal Noir.
Coté titre, sans surprise, ce sont les 2 derniers albums qui sont joués (Insurrection, Metal Noir, la Morsure du Christ, …) avec bien sur un passage des Blessures de l’Ame (Hymne au vampire Acte 1). Un regret, ne pas avoir entendu Die Weihe (L’excellence) en live, l’un des meilleurs titres après leur premier album. Depuis le retour des textes en Français, aucun morceau en anglais n’est joué en live, et ça c’est un peu dommage car il y a quelques pépites qui mériteraient d’être dépoussiérée.
Le passage avec la nonne est accessoire, dispensable je dirai même.
En tout cas, une belle soirée concoctée par Ultim’Atome qui aurait mérité un public plus nombreux. Sans être alarmiste, de plus en plus d’organisations alertent sur des préventes en berne mais les raisons sont nombreuses et ne sont pas toutes à mettre sur le dos des participants. Trop de dates, parfois qui se chevauchent, toujours les mêmes affiches. Des festivals qui ne proposent que les groupes à la mode sans aucune prise de risque.
Je me fais vieux, aucun doute et je commence à ne plus comprendre cette scène que j’ai tant adoré, vénéré (trop ?).