Semaine du Impetus : Entretien avec Manu de Zeal & Ardor

MIFC a eu la chance d’interviewer en amont du Festival IMPETUS le leader du groupe ZEAL AND ARDOR qui joue Samedi au MOLOCO à Audincourt.

Zeal And Ardor est un peu OVNI tant dans son style, sur lequel on ne saurait coller une étiquette, que dans sa créativité complètement folle et une passion pour les hybridations vraiment improbables. Zeal and Ardor c’est de la black music, croisée avec du blues, du black-métal, de la noise… On adore et on est très impatient de voir ça en live…

L’interview s’est fait en ligne, avec Manuel, qui était en direct du bar qu’il gère avec un groupe d’amis à Bâle.

MIFC vous encourage à aller faire un tour dans ce lieu, le OFF Bar, où l’on y boit de bonne bière, et qui dispose d’un petit club dans lequel on peut aller voir des concerts de groupes indé très variés.

PARLONS DU GROUPE/MUSICIEN …… POUR COMMENCER.

Métal In FC (Stéphane) : D’abord, question triviale, mais nécessaire parfois, peux-tu nous rappeler le sens du nom du groupe.

Manuel : C’est la traduction en anglais de termes tirés d’un livre religieux allemand. Ça a donné Zeal and Ardor, j’ai trouvé ça drôle, puisqu’aujourd’hui quand certaines personnes cherchent ce nom dans Google, ils tombent sur le nom du groupe, ce qui peut paraître une forme d’ironie (rires).

MIFC : Ce qui surprend, c’est la variété des titres, tant dans leur style, que dans l’approche instrumentale (je parle de la variété des instruments utilisés). Comment se passe la composition d’un morceau.

 Manuel : Le premier élément vient souvent d’une création en analogique. L’idée première vient, et ensuite je construis le reste pour en faire un morceau. Parfois ça donne quelque chose et parfois non.

MIFC : Tu dois utiliser de nombreux logiciels de composition, ou travailles-tu plus souvent en réel ?

Manuel : Je travaille à partir d’une ligne de guitare, de piano voire de chant. Puis après je les enregistre souvent sur des logiciels Pro-Tools, qui permettent ensuite de modéliser le morceau, et de tricher un peu parfois (rires).

MIFC : D’où te vient donc cette passion de la musique, est-elle récente ?

Manuel : J’ai commencé à jouer à l’âge de 14 ans. A l’époque, je suis longtemps resté sans copine, ce qui m’a laissé du temps pour me consacrer à la guitare (rires). Et puis j’ai commencé à travailler seul, car, c’est plus facile pour moi de gérer le processus de composition dans ce cadre.

ALORS CE NOUVEL ALBUM…. ON EN SORT RAREMENT INDEMNE APRES UNE ECOUTE, TANT CE NOUVEL OPUS EST AUSSI DECONCERTANT QUE LE DERNIER « The Devil is fine ».

MIFC : Je discutais il y a quelques jours avec une amie qui considérait que l’opus précédent était juste « parfait, dans l’enchaînement des morceaux,… il s’écoute dans l’ordre et les morceaux s’enchaînent trop bien… »… Est-ce une démarche volontaire chez toi dans la composition ou le montage de la tracking-list ?

Manuel : Pour l’album précédent, je n’avais pas fait d’ordre particulier, les morceaux ont été composés puis assemblés sans trop y penser. Pour le dernier album, j’ai voulu composer afin qu’il présente différents moments et ambiances…

MIFC : C’est vrai que parfois, les morceaux s’enchaînent et on est surpris, passant de passages black-métal brutaux à un morceau qui suit, totalement en mode « instrumental électro »

Manuel : Oui, pour « Stranger Fruit », j’ai voulu construire un album en mode « listening and sitting » avec des morceaux aux styles variés les uns après les autres. Il y a des morceaux qui servent de « breaks pour les oreilles », avant de repartir de plus belle au morceau suivant…

MIFC : on retrouve des influences plus blues dans cet album que dans le précédent, plus emprunté à la black-music. Quelles seraient tes influences Blues, mais aussi celles tirées du Black Métal :

Manuel : Pour le Blues, j’aime écouter des vieux enregistrements, mais je m’en sers plus dans l’inspiration pure d’écriture. J’aime Howlin Wolf Blues, et des choses dans cette veine.

Côté Black-métal, je peux citer par exemple Darkthrone….

MIFC : Enfin, le fond, y-a-t-il des sujets plus présents, côté paroles, dans tes différents albums ?

Manuel : Je parle en général de l’oppression des peuples, des notions de départ ou encore de combats, en ce que cela concerne tous les peuples.

PASSONS A LA SCENE… ON VA VOUS VOIR TRES SOUVENT CET ETE SUR LES SCENES EUROPEENNES…

MIFC : On aura la chance de vous voir à Impetus ce w-e, juste après un passage au Printemps de Bourges… Comment se passe la préparation Live… ça doit être compliqué avec cette variété de titres et d’instruments.

Manuel : On bosse encore en ce moment afin de préparer le set définitif. On est 6 sur scène, batterie, basse, guitare, deux chœurs et moi avec une guitare aussi. Certains morceaux sont trop calmes à jouer en live, et puis les gens viennent pour écouter (et ont payé pour cela _ rires) de la musique Live, et pas des samplers avec moi tout seul sur scène… Côté set-list, on se concentrera d’abord sur des titres du nouvel album avec plusieurs morceaux de l’album précédent. Nos lives font en général 45 min en mode festival, mais on joue jusqu’à 1h30 quand on est en tête d’affiche ou dans des clubs.

MIFC : On vous verra sur scène à Impetus samedi – festival des musiques divergentes _ est-ce une définition qui colle bien à ta musique.

Manuel : Ah, c’est vrai, j’ignorais cette appellation. Oui, je crois que ça fait sens. C’est vrai que j’essaie que ma musique ne colle avec aucun style classique. Ce n’est en aucun une démarche volontaire de ma part de chercher à créer de la musique expressément OVNI. Je pense que c’est une chance surtout d’être reconnu en ces termes, et j’en suis très content.

MIFC : Où en êtes-vous côté tournée :

Manuel : On va faire environ 19 dates d’ici à l’automne, une vingtième va être annoncée bientôt qui aura lieu le 28 Décembre 2018, mais je ne peux encore rien dire.

MIFC : On aura la chance de vous voir ce w-e, mais aussi aux Eurockéennes de Belfort, au Festival ArcTengant (UK), dans de nombreux festivals divers européens, et aussi au fameux Hellfest 2018. Comment envisages-tu de jouer devant le public français.

Manuel : Notre premier concert en France était super, c’était à Paris en 1ère partie de Priapisme (un groupe de prog de haut niveau). On a aussi joué l’an dernier aux Transmusicales de Rennes ; on a été vraiment très bien accueilli, vraiment…. Pour les concerts français, eh bien, on n’a aucune idée de ce que ça donnera auprès des publics qu’on va rencontrer : on essaiera simplement de faire les meilleurs concerts possibles. On ne sait pas quelle sera la réaction des gens… peut-être qu’ils apprécieront ou seront déstabilisés.

MIFC : Rappelles-nous la date de sortie de l’album. Un morceau est déjà en ligne sur les sites de streaming.

Manuel : Stranger Fruit sortira le 8 Juin 2018.

MIFC souhaite donc tout le meilleur pour Z&A et son été bien chargé. On ne saurait que vous recommander d’aller voir le groupe en live, en tout cas, on peut s’attendre à une expérience qui se voudrait aussi déconcertante que l’écoute des albums de ce groupe inclassable.

RDV au Moloco ce samedi, et devant les scènes de Festivals cités plus haut, pour votre serviteur.

Propos recueillis par Stéphane

https://www.facebook.com/pg/zealandardor

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