Rencontre avec Vincent ILHE, directeur de la Poudrière de Belfort, avec qui nous avons évoqué l’actu des salles de concerts juste avant ce reconfinement (Octobre 2020)

6 questions en forme d’échange avec Vincent – Interview réalisé le 21 Octobre 2020.

Vincent nous a reçu juste avant le (re)confinement, lors d’un rdv dans la Poudrière. Nous avons souhaité, avec MIFC, le rencontrer pour faire le point et connaître leur ressenti face au confinement, ainsi que d’essayer de deviner ce que pourrait être « la suite » de cette année de programmation bien spéciale pour l(‘une d)es scènes locales.

Salut Vincent. Merci de nous recevoir. On attaque de suite : alors comment ça s’est passé pour vous le confinement ?

On a repris mi-Mai, avant, on faisait 1 visio par semaine avec toute l’équipe. On a évidemment tout décalé la prog à Juin, car il était important pour nous de ne pas perdre le lien avec le public. On a aussi profité de cette temporalité pour penser des projets innovants et futurs : des concerts de salon, les projets de rentrée, les protocoles, la gestion des pratiques amateurs.

Niveau programmation, on a évidemment privilégié le « Hors les murs » de Juillet à Septembre.

… avec un beau succès de ce qu’on en a vu.

Oui, l’accueil a été très positif, puis ça a fait du bien à toute l’équipe de retravailler sur des projets. On a eu de belles réussites comme le projet avec Silly boy blue qui a permis de créer/relancer nos partenariats (avec le Moloco mais pas que…), de faire de l’accompagnement sur de la  création !

Et actuellement, quelles sont vos actualités, vos difficultés, les informations « d’en haut » ?

On a clairement senti le vent tourner. Je te dirais qu’on savait vers où on allait y’a 3 semaines. Aujourd’hui, je ne peux plus te le dire. Ce qui a été très dur surtout c’est le silence du Gouvernement, dont on a eu ZERO feuille de route pendant de longues semaines.
On a donc réouvert mi-octobre avec une jauge tout petite (40 personnes assises, groupes attablés, pas de service au bar).

[NDLR : Vincent a évoqué tous les projets prévus jusqu’en Décembre dont les concerts de Twin Soul, Laetitia Sherif, la co-prod Moloco avec Oiseau Tempête, les formations, entièrement annulés depuis comme vous vous en doutez]

Et donc, quoi de prévu pour vous à la suite ?

On a pas de plan précis, vu le contexte. Le CNM (centre national de la musique) a débloqué des budgets pour soutenir les salles, notamment une aide à la compensation de billetterie pour les concerts qui seraient organisés avec des jauges limitées. Le CNM verse une aide mécanique en fonction des budgets (négatifs) constatés sur chaque concert.

Comment envisages-tu l’année et surtout l’été à venir ?

Je pense qu’il faut qu’on évite de s’interdire de faire des choses à l’avenir. Nous préférerons toujours moins de concerts, plutôt que plus de concert. Ce n’est pas notre travail [SIC] : nous faisons de la diffusion, de l’aide à la création, du soutien aux pratiques amateurs.
Je préfère le discours du FIMU ou des Eurockéennes qui restent positifs malgré tout. Dire qu’il n’y aura plus rien, ce sont de mauvais signaux, pour le public, les tutelles, le Ministère.

La situation est complexe pour nous : être (trop) réalistes et s’interdire de verser dans les prophéties auto-réalisatrices.

Une position bien délicate pour vous donc. Un dernier mot pour les lecteurs de MIFC ?

Je dirais qu’il faut soutenir toutes les initiatives. Je sais les gens suffisamment responsables pour respecter les protocoles, venir profiter des concerts _ mêmes masqués. On s’auto-nourrit en faisant cela.

Pour le public, je ne peux que souhaiter le retour des concerts debout au plus vite.

 

Merci de ton temps, et à bientôt.

Nom du groupe

OVTENOIR

Album

FIELDS OF FIRE

Label

CONSoULING SOUNDS RECORDS

Date de sortie

23 OCtobre 2020

LA NOTE
8/10

Un « Phantom » post-apocalypse-confinement du fond des bois

A la première écoute du 7 titres de Ovtrenoir, on est saisi par l’atmosphère qui se dégage de cette galette.

Une envie d’écouter ces morceaux très fort, histoire de se faire écraser par leur climax doom-mid-tempo. Je ne peux résister à l’envie de préciser que Ovtrenoir me rappelle doucement des groupes comme The Ocean, Isis _ evidemment, avec une pointe de feu_Hollow Corp. Et j’espère ne froisser personne quand je pense à Joe Duplantier de Gojira pour la voix.

Il y a quelque chose d’imparable, de submergeant dans la musique d’Ovtrenoir, d’où l’idée d’écouter aux écouteurs, en balade de forêt, nuit couchant, température glaciale, la solitude du confinement venant parachever le sentiment qui se dégage (pour moi) de ce disque.

Mais d’où sort cette prod’ si bien léchée ?

Formé en 2013, on retrouve dans le groupe 4 zikos, dont des anciens de The Great Divide (dont je suis ultra fan au passage).

Un premier EP en 2016, un rapide single en 2018, puis sort ce « Fields of Fire ».

Bon, ils ont poussé le détail jusqu’à aller enregistré chez l’illustre Francis CASTE du Studio St Marthe (Regarde les hommes tomber, Bukowsky, Hangman’s Chair, The Great Divide [sic]…).

Forcément, le tout sonne quand même grave, la composition aussi, le tout en restant presque un trop cohérent avec le reste de la disco du groupe niveau sonorités. On a envie d’un peu de mid-high-tempo à des moments.

On a clairement envie d’aller couper des arbres morts un soir de post-apocalypse. Les visuels sont beaux, l’atmosphère sombre transpire du graphisme d’ensemble.

C’est, dans le style, un exercice globalement très réussi.

Line-up du groupe :

  • WILLIAM LACALMONTIE : Guitar, Vocals
  • DEHN SORA : Guitar, Drones, Theremin, Back vocals
  • JULIEN TAUBREGEAS : Drums
  • ANGELINE SEGUELAS : Bass, Back vocals

Le groupe vient de sortir KELO en Juillet 2020.

Originaires de Besançon, le groupe officie dans un style instrumental.

C’est un excellent remède contre les dimanche froids et pluvieux comme celui-ci (27/08/2020).

On avait déjà eu un aperçu de Crossed Moon en session live sur leur chaîne Youtube (dont ils pourraient compléter les infos) il y a environ un an. Cela dit, contexte bien respecté pour le cadre de tournage du-dit clip : bien vu Messieurs 🙂

ALORS CE NOUVEL EP ???

Fidèles à leurs premiers sons, le groupe propose ici un condensé de post-rock qui pourra ravir les fans de Caspian, This Will Destroy You, à grand renforts de delay à la gratte x10000.

Le groupe a enregistré au Studio le Cube, habitué des groupes de la Région, et sort un produit de très bonne facture.

Under Old Trees est aussi au catalogue de Archi Records, label régional qui compte dans ses rangs des artistes comme Zerolex, ou encore Ici Dix Sept. Archi Records propose d’ailleurs actuellement un appel à contribution sur Hello Asso : si vous voulez soutenir les labels locaux c’est ici.

La prod’ est vraiment cool, c’est fin et en même temps couillu et massif en même temps. Vraiment cette galette sonne vraiment bien.

Citadel est un bon morceau pour une intro. C’est planant, atmo, puis si on ajouter du chant ça pourrait même donner un morceau de post-punk phrasé. Les autres morceaux s’enchaînent de manière cohérente.

La fin de l’EP arrive et on a rien vu passer. Un bon moment donc en leur compagnie.

On ne peut que recommander maintenant de voir ce groupe LIVE, quand on le pourra, en se disant qu’on prendra des grandes claques atmosphériques pour de vrai.

Stéphane.

LA NOTE
8/10
Nom du groupe

DUALITY

Album

ELEMENT (EP)

Label

Autoprod

Date de sortie
15 Mai 2020
 

Kezako, Duality ? Oui, un titre de Slipknot…mais encore…

C’est un quintet de Paris

Qui affiche un style entre metalcore-djent

Ses influences : Textures; Tesseract

Ce à quoi je pense quand j’écoute : dans l’ensemble, je pense à définir, ça fait 1h30 que je cherche le son auquel je pense… Dans la voix et mélodies, je pense à The Ocean, dans le côté Djent et riffs cisellés, un tout petit fond de Periphery.

Des stakhanovistes de la prod’

Ce qu’on peut dire, c’est que ça chôme pas ches Duality.
Depuis 2016, c’est un paquet de prod’ qui sont sortis, et ça fait du job ! Entre EP, clips, album, singles… Il sort quelque chose tous les 6 mois. C’est plutôt bien produit dans l’ensemble : clips, sons, visuels, c’est bien travaillé.

Je reste un peu sur ma faim dans le pack Promo qu’on a reçu niveau infos sur le groupe, mais ça va..! Y’a Internet pour le reste.

Alors et cet EP : « ELEMENTS » ?

Bah ça arrive : le 15 Mai 2020, le groupe sort un nouveau 5 titres qui rassemble tous les singles du groupe dont le plus ancien Buried remonte à 2018.

En warm-up, Duality a déjà sorti le clip du 5ème morceau de l’EP « Solace » sur sa chaîne Youtube (lien juste en bas) le 10 Avril 2020.

C’est cohérent avec le reste de la discographie du groupe.

Le titre à écouter : Solace

Les trucs cool : la production (voix, guitares), le gros travail de composition avec 300 riffs par morceau, la belle utilisation des grattes, les outils de com’ publics du groupe, les 30 premières secondes de Fluffy cloud vraiment méchantes.

Les trucs moins cool : les structures multiples qui nous perdent un peu, le gros blast beat dans Ship juste avant un passage calme …en mode WTF (mais c’est un clin d’oeil).

 

Il n’en reste pas moins que c’est du taf, bien executé, ça joue très bien, Duality a le souci de bien faire et du détail. Cela mériterait une nouvelle production.. dans 6 mois ? Attention, ils en sont capables 🙂

 

ELEMENTS (EP) :

  1. In the sun
  2. Ship
  3. Buried
  4. Fluffy cloud
  5. Solace

MON TOP 10

Bienvenue dans la playlist du confinement concoctée en fonction de ce que j’écoute et ai écouté ces derniers mois.

Peut-être que vous connaissez certains groupes, d’autres moins.

Bonne écoute à toutes et à tous, et surtout, prenez soin de vous !

Knocked Loose

C’est LE groupe à écouter en ce moment. Un nouvel album est sorti il y a peu. Vu au Hellfest 2018, une belle surprise de la Warzone.
Du gros metal-hardcore qui tâche. Une bonne dose de mid-tempo beat-down mosh hardcore. Après ça, tu sors de ta bagnole et t’as plus peur de rien.

The Acacia Strain

Découverts en 2010 avec l’album Wormwood, que je vous conseille, TAS c’est aussi une bonne déferlante de méchant métal-core.

Le Covid a amené le report de leur date suisse prévue au Kiff à Aarau (CH).

Great American Ghost

Du metalcore plutôt classique. Pour ce groupe, je vous conseille leur album Hatred Stems from the Seed.

 

 

Johnny Booth

Un style intéressant pour Johnny Booth. Avec un côté complètement cinglé dans la composition et le chant. C’est très énergique et plutôt réussi.

Make Them Suffer

Alors, là on arrive au max de ma tolérance sur le métal-core-qui tire sur l’émo. Voix féminine, grosses mélodies, mais des passages vraiment méchant qui méritent qu’on s’arrête sur ce groupe.

J’aimerais les voir en Live, pour contrôler ce que je vous dis. Je les ai loupé lors de leur dernière tournée européenne.

Pressure Cracks

Un peu à la manière de Johnny Booth, PC officie dans un style plus Métal-Punk-Core (à mes oreilles).

Leurs deux derniers EP, dont le tout récent « This is called survival » sont plutôt sympas à écouter et très bien produits.

 

Rough Hands (RIP)

Dommage que ce groupe ait splité, il y a à peu près 6 mois. La voix de leur chanteur rend leur Hardcore-Metal très agressif.

C’est ce titre Choke qui m’a fait m’intéresser à ce groupe. Je vous conseille aussi leur EP « Moral Terror » plus travaillé et plus noisy.

Touché Amoré

Bon, forcément, impossible de ne pas parler de ce groupe. On s’éloigne du Metalcore pour aller plus sur du Post-Punk-Hardcore.

Au premier abord, la voix de J. Bolm, c’est chelou (même sa voix normale). C’est aujourd’hui, un des groupes phrares et une référence du genre. Je vous mets un vieux titre, joué live et culte. Faut voir ce groupe en concert, rien que pour l’engouement et la folie des gens qui connaissent les paroles par coeur.

Envy (Jap)

Après la claque MO-NU-MEN-TAL-EUH qu’Envy a mis à toute la foule du Hellfest 2019, impossible là aussi de ne pas le mettre dans cette Playlist.

Déflagration de son, noisy, post-punk. Leur dernier album The Fallen Crimson (2020) est encore une belle démonstration de leur talent.

Gouge Away

On finit avec la petit découverte post-punk d’il y a qq semaines : Gouge Away. Repérés en 2016 par J. Bolm de Touché Amoré avec leur album « Dies« , c’est un peu les petits protégés de TA (tour support, signature sur le label de J. Bolm etc..)

Ici, ça sent bon les relents de Nirvana, et j’aime beaucoup cette voix féminine.

Un retour sur le tard dans cette salle de Solothurn (Soleure) dans laquelle on avait pas remis les pieds depuis un concert d’un certain groupe nommé… Everytime I Die. A l’époque, le groupe s’était retrouvé au milieu de All Shall Perish et autre groupes de DeathCore… ils étaient un peu perdus.

VEIN – Entrée (plat… dessert dégoulinant)

Vraiment, les salles suisses sont chouettes, ça a de la gueule, du style, on se croirait investir de l’Urbex réhabilité, mais juste pas assez pour garder le côté Grunge. Bon, un mardi, les concerts commencent tôt (18h30), on loupe le début de Vein. Une bière, un tour au merch, et hop, direction le pit.

Le set durera 40′, donc on va voir 3 morceaux et ce sera finit. Dommage, vraiment, car VEIN est vraiment agressif à l’écoute. La prestation live est plutôt bruitiste, le son est putride, ça casse un peu les pattes, et l’ambiance dans le pit s’en ressent, ça mosh mollement.

ETID : les papas sont de sortie

On se place mieux pour voir ETID, après le loupé du Hellfest 2018 (concert instrumental ==> départ du chanteur la veille car accident de son fils). Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils se rattrapent bien : un best of de tous les tubes du groupe passent.
La part belle est faite à des albums comme Low Teens, ou encore New Junk Aesthetic , et même The Big Dirty. Une set-list de festival en gros. Le public est sage sauf sur qq morceaux, mais le son est là, ça pose des gros riffs comme dans un canapé.
Vraiment c’est un bon concert qui dure 45 minutes, l’ambiance est bonne, le merch’ est pas cher, le merchman arrangeant car il prend la carte (les € sont de – en – acceptés en suisse sur les stands merch).

WSS : fan base et grosses guitares.

Bon après, un long changement de plateau, arrivent les gars de While she Sleeps. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les suisses aiment le métal-émo-core.
Dès le premier riff, la salle s’éclaire et la foule est compactée comme jamais. Les gens chantent les paroles, on a droit à 2 walls of death après 12 minutes : une grosse fan base.
On voit aussi que la salle est bien plus remplie qu’en début de soirée. Les morceaux sont efficaces, assez simples, le light show est travaillé, le son est propre. Un bon concert US ! Et les gens vont kiffer jusqu’à la fin du set.

On se sauvera vite à la fin, car il reste 1h15 de route, supportable, mais bon, on est mardi hein. En sortant, on nous donnera un fly du prochain concert de The Black Dahlia Murder : on aime ou pas, y’a de la prog metal au large en suisse quand même, les veinards.