Princesses Leya, et Arka'n Asrafokor @ La souris Verte, le 13 10 2022

Je franchis ce soir les frontières de Bourgogne Franche-Comté pour aller faire un tour dans le Grand-Est. Faut pas être chauvin ! Il y a aussi tout plein de bonnes choses à voir et à entendre ailleurs que dans notre magnifique région Bourgogne-Franche-Comté, à commencer par chez nos voisins, mains néanmoins amis, des Vosges. J’arrive donc en cette soirée d’automne à La Souris Verte, emblématique salle de musiques actuelles d’Epinal, chef-lieu du département susmentionné.
Il fait déjà nuit (Putain ! Dans 2 semaines on va reculer d’une heure, alors ça ne va pas s’arranger !). Le temps est humide, mais mon cœur a chaud, car l’ambiance sera chaleureuse ce soir. Au menu, les trublions de PRINCESSES LEYA qui vont bien me faire marrer j’en suis sûr, et ARKA’N ASRAFOKOR avec son métal fusion empreint de sonorités africaines. Pour l’un comme pour l’autre, ce ne sont pas des shows qu’on a l’habitude d’entendre ni de voir, mais qui j’en suis certain valent le déplacement.

J’entre dans la salle. Je procède à quelques réglages de l’appareil photo en attendant l’arrivée des PRINCESSES LEYA qui vont assurer la 1ère partie. A vue d’œil, il doit y avoir entre 70 et 80 personnes.
Pour ceux qui ne connaissent pas, on pourrait qualifier PRINCESSES LEYA de groupe parodique. Le groupe s’est créé en 2018, composé de Dedo, Schoumsky, Cleo Bigontina et Xavier Gauduel.
Comme beaucoup j’imagine, j’ai entendu parler des PRINCESSES LEYA lors de leur participation au Warm-up Hellfest 2019. Leur univers est très orienté pop culture, jeu de rôle, cinéma… On y trouve des références aux grand classiques des années 80, comme Dirty Dancing, et des choses beaucoup plus récentes, voire corrosives, comme la référence à la série South Park grâce à la voix française d’Eric Cartman et sa fameuse réplique « Je vous emmerde et je rentre à ma maison ». Leur 1er album, « L’Histoire Sans Fond » est sorti en mars 2021.

Groupe parodique donc, mais à la différence d’un ULTRA VOMIT, ce ne sont pas que des titres parodiques entrecoupés de quelques intermèdes loufoques qui ne seraient là que pour annoncer le titre à venir. Non! C’est une véritable comédie musicale où sketchs et répliques font le show, tout autant que les chansons elles-mêmes. Côté musical, il y a plusieurs influences et références, mais toutes très populaires, et variées. Ainsi, on aura droit à « Balls, Balls, Balls » reprise de « Boys, Boys, Boys » de SABRINA, mais avec une sauce RAMMSTEIN, un « Makeba » que JAIN pourrait bien leur envier, « La Vieillesse » qui aurait très bien pu avoir été écrite par GEORGES BRASSENS.

PRINCESSES LEYA aura été un moment très coloré, dans ses textes, mais aussi dans sa mise en scène, avec des paillettes (notamment sur la superbe guitare MAESTRIA de Schoumsky), de l’action (quand par exemple Dedo plonge dans la foule depuis la scène), et de l’amour (avec un émouvant Wall of « Love » du public) …

Le temps de préparation du groupe suivant aura été assez court. J’ai été particulièrement bluffé par les balances. Le régisseur demandait juste une note sur la guitare. « C’est bon, on est à niveau ». Un coup à la grosse caisse. « C’est bon, on est à niveau » … Comprenez que les balances et tests avaient été faits plus tôt dans la journée. On ne remettait là les potas qu’aux endroit prédéfinis. Mais ce fut quand même très court, et très efficace, car le son des ARKA’N ASRAFOKOR aura été très clair et très bien dosé.

Djembé, congas, shekéré et doubles cloches sur la gauche de la scène… On sait qu’on va avoir des percus aux sonorités inhabituelles pour nos oreilles de métalleux lambdas. Enceinte Orange posée sur un de ses côtés (?), guitare 7 cordes et basse 6 cordes… Ce sont là quelques indices d’une musique qui peut être bien violente, vous savez, du genre où on marque le rythme avec un son bien grave. Le chanteur principal est pieds nus, à la BENIGHTED… (Bon, là, je ne suis pas sûr que ce soit forcément gage de groupe violent).
Les togolais attaquent leur set devant un public déjà malheureusement très clairsemé. Je pense qu’il n’y avait pas plus d’une cinquantaine de personnes.

ARKA’N ASRAFOKOR a définitivement son son bien à lui. On y trouve de nombreuses alternances de chant clair et growlé, mais aussi son clair et saturé à la guitare, des passages rapés, de nombreux changement de rythmes, et avec une profonde inspiration africaine dans tout cela. Soyons franc, c’est quelque peu déroutant. En effet, à la différence d’un SOULFLY ou d’un SEPULTURA (version « Roots »), ce n’est pas du métal qu’avec des touches ou des rythmes tribaux… L’inspiration traditionnelle est ici beaucoup plus ancrée dans les titres, tant dans les sonorités que dans la composition et les arrangements. Les percus prennent plusieurs fois l’ascendant sur les instruments à cordes. Alors ça déstabilise un peu le public… qui d’ailleurs partira tout au long du set. D’environ 50 personnes au départ, on finira aux alentours d’une petite trentaine. Le groupe n’aura pas trouvé son public ce soir-là.

C’est bien dommage, car leur musique est très riche, et fait également preuve d’une très bonne technicité. Le leader, Rock Ahavi, fait remarquablement sonner sa guitare (la seule du groupe). Sweeeping, tapping… Sa palette technique est impressionnante. Le reste de la bande, c’est un chanteur (style rapé le plus souvent), un bassiste, 2 musiciens aux percus (1 batterie, et 1 autre set avec djembé, congas et doubles cloches). Je suis personnellement toujours impressionné par les percussionnistes qui chantent, alors je ne manque pas l’occasion de le mentionner quand j’en vois. Ici, c’est tout une parte des backings vocals qui étaient superbement assuré par un des 2 musicos derrière ses congas.
Ecoutez leur titre « Tears of the Dead » et vous aurez un très bon aperçu. Début en tempête trash, puis les percus reviennent seul à la fin d’un accord bien saturé… et 40 secondes plus tard, on retombe dans des sonorités Death metal, et on part à fond avec un solo qui va dans les cieux, pouvant faire penser au « Sépulturien » Andreas Kisser à l’époque de l’album « Desperate Cry ».

Je ne saurai trop vous conseiller que de les découvrir, mais en vous y préparant quelque peu avant. En y allant trop en mode curieux, vos chakras risquent de na pas être assez ouverts pour permettre une écoute active et enrichissante.

Live report et crédits photo : Y.BRED