Mayhem + Mortiss @ Le Moloco - 11 05 2022

L’été se rapproche. Les jours se rallongent. Il est 20H, et pourtant, ce sont les ténèbres que l’on entrevoit. En effet, c’est un grand nom du black métal que l’on attend ce soir, j’ai nommé Mayhem. Leur tournée « Nothern Ritual 2020 » était programmée d’abord… ben en 2020 ! Et puis, en 2021 (pour les raisons que l’on connaît) … Et enfin pour de bon cette année (pour les mêmes raisons). 3 dates seulement sont prévues en France, la 1ère étant ce 11 mai au Moloco !

Comme à mon habitude, je vais étancher une première soif au comptoir. La chaleur de cette semaine (et de l’enfer se rapprochant) en sont des motivations supplémentaires. Je vois des amis métalleux que je n’avais pas croisé depuis qq temps, le photographe de Hard Force, et un autre suisse assez populaire sur Instagram et Facebook, le bassiste de Fractal Universe… Du beau monde ! Ben ouais, c’est une légende que l’on va voir ce soir !

Mortiis, alias Håvard Ellefsen entre en scène, affublé de son légendaire masque au nez crochu (façon goblin). Moins connu que Mayhem, mais quand même un des membres fondateur d’Emperor ! (Quand je vous dis que ce sont des légendes que l’on va voir ce soir). Le gars s’est détourné du black métal plus traditionnel pour embrasser des projets plus « ouverts » (je ne suis pas sûr que le terme soit bien choisi). Ainsi, il est attiré par les ambiances que créent la musique (donjons, médiévales, etc…), et a grand recours aux synthés. Son style de départ, Dark Ambient/Dungeon Synth, a ensuite évolué vers quelque chose de plus industriel

Mais aujourd’hui, c’était clairement ambiance Donjons et Dragons. Sympa, mais pas facile pour une salle de concert. On imagine écouter cela beaucoup plus dans son canapé ou en musique de fond d’une partie de jeu de rôle. Il joue seul le 1er tiers de son set, puis heureusement arrive son comparse aux percussions. Côté show, ça égaye un peu car Mortiis est figé derrière son clavier. Le batteur, debout, fait souvent tourner ses baguettes dans ses mains et fait de grands mouvements bien amples. J’ai bien l’impression que Mortiis n’a joué que les morceaux de son dernier album « Spirit Of Rebellion ». Dommage en mon sens, car il a des morceaux indus quand même bien sympa dans ses créations précédentes, « Parasite God », ou « Bleed Like You », pour ne citer qu’eux.

Mayhem !!!! Groupe légendaire de black métal norvégien, originaire d’Oslo, qui a débuté en 1984. Extrême, de par son style musical d’une part, mais aussi pour ses prestations scéniques connues pour être parfois « choquantes », genre (fausse ?) tête d’animaux empalés sur des poignards, etc. Suicide de son chanteur « Dead » en 1991, assassinat de son guitariste par un ancien membre du Burzum en 1993… Voilà ! Décor planté ! 6 albums studios à leur actif : Leur premier, « De Mysteriis Dom Sathanas », considéré comme cultissime, est sorti en 1994. Leur dernier, « Daemon », est sorti en 2019.

Hellhammer à la batterie arrive en premier, suivie de Ghul et Teloch aux guitares, Necrobutcher à la basse, et Attila au chant, habillé en robe/guenille à capuche. Ils attaquent avec « Falsified and Hated » de leur dernier album « Daemon » . C’est principalement leur dernier album qui est à l’honneur lors de cette 1ère partie de set.

Problème de son ? J’avais l’impression de n’entendre que la batterie et la basse… Mais la température monte, et la présence scénique d’Attila, avec son crucifix double inversé en os humains, en met plein les yeux. C’est un peu en jeu d’ombres et de lumières, car il y a de la fumée, et les plus gros spots lumineux se trouvent à droite et à gauche de la salle, derrière les guitaristes (qui sont donc principalement en contre-jour), ce qui semble parfaitement convenir à Teloch et Ghul qui en jouent bien. Le show est bien rôdé.

S’ensuit un break, où j’en profite pour changer de position dans la salle. Et bien, j’y ai trouvé le son bien meilleur (mais peut-être n’était-ce lié qu’à des réglages différents ?). Puis tous les musiciens reviennent encagoulés. Et là, c’est un retour aux sources avec essentiellement des morceaux de leur 1er album « De Mysteriis Dom Sathanas », comme « Freezing Moon », « Pagan Fears », ou encore « Life Eternal ». Ils enlèvent leur robes pour la 3ème et dernière partie de show, et poursuivent avec des titres de leur 1er EP avec « Deathcrush » (qui marqua le début d’un bon moshpit), puis « Chainsaw Gutsfuck », etc. Cette dernière partie était visuellement beaucoup moins enfumé, et l’ensemble de la scène beaucoup plus lumineuse, un peu comme pour marquer le point d’orgue d’une apocalypse.

C’était sombre ce soir au Moloco, mais le public aura été illuminé !

Live report et crédits photo : Y.BRED