En ces temps rudes, ne serait-ce qu’au niveau du climat, c’est emmitoufflée dans mon polaire que je vous propose de vous (re)plonger dans le WE des 6 & 7 septembre dernier, au bayou de Thise. Il est plus que temps, hein, oui je sais, et ça nous fera du bien ! Swampons de nouveau !!!

En cette seconde édition du Swamp Fest, Metal in Franche-Comté a eu l’honneur d’être invité par la chouette association Heavy Gators, y a tenu avec joie son stand et a pu participer à ces 2 jours de concerts. Avec 15 groupes au programme (contre déjà 12 l’an dernier !), 6 le vendredi, 9 le samedi, on savait qu’on allait être gâtés en décibels, d’autant que les styles musicaux étaient très cohérents (ouais, j’avoue, je ne suis pas fan du tout des festoches hétéroclites où il faut se farcir certains sets douloureux pour bénéficier de ceux qu’on attend…), nous emmenant sur toutes les branches du Rock’nRoll, du Blues au Stoner, punk surf, psychobilly et autre country touch…cohérent mais pas lassant ni lisse ! Je dirais même franchement parmi les meilleures prog’ que j’ai pu vivre cette année, et ptete même depuis plusieurs années. Je vais tenter de vous résumer tout ça…

Commençons par le vendredi 6 ! Arrivés à la mi-journée sur le site de l’aérodrome de Thise (une vaste plaine, plantée de quelques hangars typiques, et un immense parking), Jérôme et moi sommes chaleureusement accueillis et hop, on s’installe gentiment alors que les derniers préparatifs s’activent tout autour par une équipe de bénévoles motivée et bien cooool. Autour de nous, d’autres stands prennent forme : on retrouve notamment avec immense plaisir l’ami Laurent, alias Cigar Broc Guitare, le transformeur de tout en cigar box guitares dingues, et qui sooooonnent ! ; un stand de douceurs vegan qui nous a régalé lors des ptits creux ; des vendeurs de vinyls et d’objets rock; et j’en passe… Et tout le monde est heureux d’être là, un vrai plaisir partagé.

Vers 18h30, c’est sur scène que les hostilités commencent, et c’est le serial gig performer Fat Jeff qui s’y colle ! Qui mieux que lui pouvait donner le ton musical de ce festival à la sauce US ? Artiste local hyper actif sur toutes les scènes, festoches, caf’conc’, inlassablement il se donne toujours à 100 % en faisant vibrer tous ses guitares et cigar box guit’ (dont la plupart créées par Cigare Broc, qui en plus, en offre généreusement 2 à gagner par tombola), cadencées à la grosse caisse. Un set hyper bien mené, issu de son premier album que je recommande chaudement et grassement !L’heureux public déjà présent est dans le bain et sait à quoi s’attendre ensuite !

Enfin, pas tout à fait, car le duo qui se présente alors sur scène est plutôt atypique : venu de Suisse, One Rusty Band est constitué par un chanteur-guitariste (jusque là, normal) et par une performeuse de claquettes-percus bondissante, souriante, pleine d’énergie et de rythme (et là, c’est pas courant) ! Un spectacle incroyable, bien calé et surtout, plein de bonheur, leur complicité se sent et les sourires se propagent bien vite sur les visages autour. Greg, le one-man-band, empoigne guitare, ou, lui aussi, cigar-box guitare incroyable à base de radiateur, grosse caisse, caisse claire, ou encore harmonica, tandis que Léa, la tap danseuse acrobate illustre parfaitement le rythme, en utilisant même une wash board de temps en temps, quand elle ne fait pas le poirier… Un set de Dirty Blues Rock Tap’n Roll sautillant, bien gras mais bien gai ! Epatant, hâte de pouvoir les revoir, vraiment !

On vogue ensuite vers un Rythm’n Blues Rock, (plus « traditionnel et classique », si on compare avec ce qu’on vient de découvrir), avec le quatuor albigeois, looké bien class’ , The Money Makers. Un chanteur au piano, un guitariste, un batteur et un contrebassiste, et ça envoie du rock’n roll, en faisant le grand écart entre du Jump Blues, du Early Rock’n’Roll, voire du Swing . Du « ouuuh yeeaah » bien chaloupé, avec une reprise de Fat Domino glissée parmi le set, encore du son bien réjouissant et là aussi, un vrai plaisir visible sur la scène qui commence à se baigner de lumières, le soleil se couchant sagement (lui…). Devant la scène, la foule commence à bien se masser.

Surtout que le phénomène qui suit est parmi les « têtes d’affiche »…Voici donc l’heure de Reverend Beat-Man, lui aussi venu de Suisse, en solo, pour nous délivrer un set de son Blues Trash Rock’n Sauvage…Avec son fort accent suisse allemand, il propulse des paroles aux sons étranges, en one-man band encore, parfois carrément flippant, tout comme son crâne fumant littéralement sous les lights. J’avoue que là, perso, j’ai été un peu déboussolée, ahahah…Heureusement que j’étais bien protégée (notamment par ma capuche, (mais pas que !) parce que oui, ça flotte…arff). Mais c’est vraiment à voir, si vous n’avez pas peur du (space) blues trash achhhh so !

Le temps de se remettre de toutes ces émotions, et de retrouver ses repères dans le site désormais plongé dans la nuit qui a pris une toute nouvelle allure sous les lumières, et zou, il est déjà temps de rejoindre l’immense scène encadrée par les têtes d’alligators illuminées… Bayouuuuu !

Il nous reste deux groupes à découvrir pour cette première soirée, alors on y va gaiement et humidement, mais c’est pas graaaave !

Place au White Rattlesnake, deux jeunes gaillards savoyards, vachement énergiques, en mode batterie-guitare qui se répondent et s’additionnent, formant un Heavy Blues Rock bien goudronné ! Des titres nerveux, des reprises à leur sauce (« Oups I fucked it again… »), et même un Wall of Death sorti de derrière le bayou et sous les gouttes, et ils finissent carrément en slibards.. Un set bien dingue, mais tout comme l’ont été, à leur façon, tous les prédécesseurs.

Et vous vous en doutez, le dernier groupe à se produire sur scène ne ramènera ni calme ni sérénité, ce n’est absolument pas prévu chez les Heavy Gators, faut du mordant et de la carapace 😀

Alors plus rien ne nous étonne quand arrivent les Cannibal Mosquitos sur la scène swampesque. Où trône une batterie encadrée de 3 écrans cathodiques de télévision, avec des courses de voitures, des hot-rods, de vieilles séries (Shériff fais moi peur et ses cascades mythiques !)…. Trois créatures en salopettes orange vif, des casques avec des yeux hublots surdimensionnés, un bec pointu de moustique XXL, et pas de micro, car Cannibal Mosquitos, c’est de la Punk Surf Music purement instrumentale, dopée au sang plein de stéroïdes et autres hormones survoltées, renforcée par des samples farfelus et bien drôles parfois…On termine cette journée comme on l’a démarrée, avec un set inoubliable. Même si sur l’affiche du programme, on pouvait s’interroger sur le peu de noms de groupes « connus » (personnellement, je n’en connaissais que 3 sur les 15), je peux vous garantir, et je n’en avais au départ aucun doute, qu’on peut avoir totale confiance dans les choix musicaux des Heavy Gators, capables de dégotter, une fois de plus, pour la seconde édition, un panel exceptionnel de talents. Merci les gars pour ces découvertes ! Reste 9 groupes pour le lendemain.. ouais… c’est jouable 😀 Le temps de (revivre et ) vous rédiger tout ça, et je reviens vous raconter ce qu’on a vécu… Ce sont des dingues ces gars-là, et on aime les tellement !

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