Le Colibri Nécrophile ou la découverte d'un label atypique

« Le Colibri Nécrophile »… Derrière ce nom énigmatique se cache un Netlabel basé à Dole en Franche Comté. En façade, une esthétique expérimentale et chaotique,  à l’intérieur, une approche anticonformisme flirtant avec le dadaïsme.  

Aujourd’hui, nous nous  écartons de l’univers metal pour nous intéresser à ce qu’on pourrait qualifier d’OMNI (Objet Musical Non Identifié).

Enfin, c’est peut être un raccourci rapide,  car si on enlève la premiere couche de peinture, les liens avec  le metal moderne sont pourtant là. De cette approche expérimentale est né le mouvement metal industriel prôné par des groupes comme Ministry, Nine Inch Nails et tant d’autres.  

Ce mouvement a connu  son apogée dans les années 1990 et a très fortement contribué à la couleur et au son du metal actuel. En 1995, l’album Demanufacture a marqué le basculement entre le son old-school et le son moderne, normalisant l’utilisation de batterie « déshumanisée » dans les standards de production metal que l’on connait aujourd’hui. Un point de vue parfaitement expliqué par le mythique Tom G. Warrior (Hellhammer, Celtic Frost, Triptykon).  

Pour en revenir à notre Oiseau mouche , le label est actif depuis 1997 et propose un panel incroyable d’oeuvres musicales que les plus curieux pourront découvrir sur https://archive.org/details/le-colibri-necrophile?&sort=-date&page=3  (mais encore une fois pourquoi diable ne pas faire comme les autres !!!) 

Dans cette époque où tout va trop vite et où la musique est ultra formatée, transformée en un simple produit commercial qui ne rapporte plus rien aux groupes (mais enrichit les multinationales du streaming), pourquoi ne pas prendre 55 minutes pour ralentir et par exemple écouter la collaboration entre Ed End  & Ouranoise. https://ouranoise.bandcamp.com/track/darkness-is-knocking-at-my-door-by-ouranoise-and-ed-end 

Cette écoute vous fera voyager dans une époque où il n’était pas possible de skipper les morceaux et où on écoutait et réécoutait  les albums plusieurs fois pour comprendre leur valeur artistique.  

Cette collaboration est totalement hypnotique et j’ai même l’impression d’y trouver des références à « Rocket USA » du mythique Alan Vega ; le chant est exploité comme un instrument laissant les paroles passer au second plan.

Si je m’en réfère au descriptif qui fera travailler votre cortex pour en trouver la substantifique moelle ( en tous cas cela risque de demander peu plus d’efforts que de partager une publication Facebook) , cette collaboration est une improvisation qui se définit un comme « Mantra Wave »;  je trouve que cela résume parfaitement cet album « Darkness Is Knocking At My Door » 

En plus de la partie musicale, des videos sont disponibles sur une page YouTube https://www.youtube.com/user/Yoshiwaku . Là encore, c’est une démarche artistique proche du cinéma expérimental  et  du cinéma surréaliste. Ce sont des genres qui peuvent rebuter à la première approche mais qui révèlent une richesse artistique incroyable ; un simple exemple avec la video William S. Burroughs – « Thee Electronic Revolution » – Wild Worm Web – 

 

William S Burroughs est simplement une figure incontournable de la « Beat Generation », mentor de Al Jourgensen (Leader de Ministry) , dont une des oeuvres majeures, « le festin nu », à été adapté à l’écran par David Cronenberg.

 

Je vais terminer cette article atypique avec le lient vers www.horsnorme.org et une définition de l’esprit du Netlabel The Necrophile Hummingbird

« Définition de la MuZiK Hors Norme :

En dehors de la norme, musique inclassable, dont l’originalité (ou le synthétisme) rend le classement dans un style impossible, la seule dénomination pertinente étant le nom du groupe ou du projet.

Il serait facile de prendre le hors norme pour un style de nature paradoxal, pourtant la vision la plus juste est celle d’une autre dimension possédant ses propres styles.

C’est aussi l’aboutisement de la démarche de tracer son propre chemin et d’oeuvrer à l’aggrandissement du champ de focalisation musicale. »