GAULHAMMER ! Si vous êtes un fan de metal extreme et originaire de franche comté alors vous connaissez certainement cette association ! Nous avons eu la chance de rencontrer Mathieu, un passionné au service de l’underground depuis pas mal d’années !!!
Salut Mathieu, pour nos ami·es du webzine qui ne connaîtraient pas Gaulhammer, est-ce que tu peux nous présenter l’association et ses objectifs ?
L’association a pris forme très tôt dans ma vie. L’idée est née lorsque j’avais dix-huit ans, avec mon ancien collègue d’association, à la suite de l’arrêt de l’association Bestial Expérience À cette époque, la Haute-Saône accueillait très peu de concerts de metal extrême. Nous avons alors ressenti le besoin de nous investir afin de proposer nous-mêmes des événements sur le territoire. Nous ne savions pas réellement dans quoi nous nous engagions, mais nous avons choisi d’avancer sans hésiter. Démarrer avec l’organisation d’une soirée réunissant huit groupes n’était probablement pas la décision la plus raisonnable, mais l’enthousiasme et l’envie étaient bien présents. Nous rêvions notamment d’inviter des groupes tels que Phazm, Malleus Maleficarum ou Svartcrown, parmi d’autres. L’objectif principal était de faire découvrir et de diffuser la musique que nous apprécions dans le département, de rencontrer des personnes partageant les mêmes passions, de créer des liens, mais surtout de vivre des soirées marquantes et de construire des souvenirs durables. L’idée de créer un label n’est apparue que plus tard, comme une évolution naturelle de cet engagement initial.

Gaulhammer existe depuis 2008 et a vu passer pas mal de groupes sur scène avec de nombreux concerts ; Peux tu -nous partager une (ou plusieurs) anecdote de concert ? (ton meilleur et/ou ton pire souvenir ?)
Comme dans toute association, les meilleures anecdotes naissent souvent lors des afters. Ces moments ont d’ailleurs été l’une des raisons de la création de l’association… mais cela relève du secret défense. Viennent ensuite les aléas inhérents à l’organisation. Un groupe qui arrive une heure avant son concert. Un autre qui annule la veille. Un ingénieur du son immobilisé deux jours avant un événement. Un musicien plongé dans le coma avant même de monter sur scène. Une lourde perte financière sur un événement. Les situations de ce genre ont été nombreuses. Mais aucune n’a jamais été insurmontable. Et jamais un obstacle ne nous a fait penser qu’il fallait arrêter.
Gaulhammer a fait une pause pendant plusieurs années avant de remettre le couvert l’année dernière avec deux dates. Pourquoi cette pause, et quelle a été ta motivation pour réactiver l’association?
Effectivement, une pause a été faite pendant plusieurs années pour des raisons personnelles. Je traversais alors une période où j’avais besoin de plus de liberté dans ma vie. Il y avait également un manque de moyens, ainsi qu’un manque de personnes pour m’épauler. Mon collègue ne pouvait plus poursuivre l’aventure, pris par ses propres obligations personnelles. Par ailleurs, la création de mon entreprise mobilisait une grande partie de mon temps et de mon énergie. Malgré tout, l’envie est toujours restée présente. Puis, j’ai recroisé la route de quelqu’un qui m’a donné l’élan nécessaire pour me relancer. Elle m’a rejoint naturellement dans ce projet, qui est devenu ensuite une association composée de cinq personnes, cinq amis de longue date. Aujourd’hui, je suis comblé de faire partie d’une équipe formidable. Chacun y apporte ses compétences, son engagement et sa manière de soutenir la scène, selon ses capacités et ses convictions. Cette complémentarité fait toute la richesse de notre collectif.
Deux concerts sont prévus dans les prochaines semaines a quoi devons nous nous attendre ?
Les deux prochaines dates au Simpson’s Pub sont très importantes pour l’association. Le patron est un personnage à part entière, et le lieu correspond exactement à ce que j’espère retrouver lorsque je vais à un concert. La date avec Öxxö Xööx et Déhà est particulière : c’est la première fois depuis 2008 que nous acceptons de faire partie d’une tournée. Habituellement, nous préférons créer nos propres dates afin de rassembler le plus de monde possible autour de nos événements. Cependant, je connais les musiciens. Öxxö Xööx (Ndlr : un groupe avec des membres qui on fait partie de Igorrr) a déjà joué en 2016 à l’Echo System avec Gaulhammer, et ce fut un moment incroyable. Déhà est quant à lui une personne profondément investie et dévouée à la scène (Ndlr : sa biographie sur metal-archives est totalement impressionnante avec entre autre Dropdead Chaos, Wolvennest…) Il nous était donc impossible de refuser. Vous pourrez les voir le 13 février. Concernant la date du 7 mars, venez nombreux également. Dyonisiaque, Gũrù et Kymris : c’est un rendez-vous à ne pas manquer.


Ndlr : Dyonisiaque est un groupe de Doom que nous avons eu en interview (avec des membres de Proudhon, Solstitium, Supertzar) après le succès de leur précédent album (nommé à plusieurs reprises dans les top albums), ils reviennent avec un nouvel album qui va sans doute faire grand bruit. Nous avons également eu Kymris en interview il y a quelques années, ils viendront défendre leur album « Mythes Et Légendes De La Comté », savant mélange de Pagan, Death & Black Metal. Ǥứŕū (originaire de Bretagne) et son Doom/black aux saveurs multiples saura ravir les fans de Shining, Primordial ou encore Urfaust.
Avez d’autres projets à venir avec l’association ?
Des événements, encore et toujours. Une date de fin d’année se profile à nouveau avec Echo System. L’association nous renouvelle sa confiance en nous permettant d’organiser, une fois encore à leurs côtés, une date exclusivement dédiée au black metal. Notre dernier événement dans leurs murs demeure, à nos yeux, un moment marquant. Il l’a été tout particulièrement grâce à l’hommage rendu à notre ami Renard, lorsque Omegaeternum a interprété une reprise de Nehemah — un instant chargé d’émotion et de mémoire. L’année 2027 s’annonce différente. Toutefois, nous choisissons de ne dévoiler aucune information pour le moment.
Quel regard porte-tu sur la scène Rock & Metal en Franche-Comté ? (médiatisation, lieux, accueil, accompagnement par les salles)
la scène est aujourd’hui très présente dans le metal extrême, et plus largement dans les musiques alternatives, particulièrement ces dernières années. De nouveaux acteurs ont émergé, tandis que d’autres sont installés depuis longtemps, notamment dans la scène rock. Il me semble toutefois qu’il est devenu plus difficile de mobiliser le public. Les raisons sont multiples et parfois difficiles à identifier, mais cela fait partie intégrante du fonctionnement de la scène et de son évolution. J’ai également le sentiment que la scène a perdu toute une génération, sans doute pour des raisons qui m’échappent en partie. Une période de transition s’est installée, durant laquelle le lien entre les artistes, les lieux et le public s’est fragilisé.
Cependant, on observe aujourd’hui un retour des plus jeunes, ce qui est particulièrement réjouissant. Voir apparaître de nouveaux visages lors des événements est un signe encourageant : la scène continue de se renouveler et de vivre, autrement, mais avec une énergie bien réelle.
Si tu avais la possibilité d’améliorer UNE chose pour la culture Rock/Metal/Punk, qu’est ce que ce serait ?
Ce n’est pas une question d’améliorer la scène personnellement, mais plutôt de retrouver ces concerts où l’on pouvait voir des amateurs de death, de black, de grind, ou d’autres styles encore, réunis lors d’un concert de doom, simplement pour le plaisir de se retrouver ensemble. Ces moments n’étaient pas dictés par les étiquettes ou les appartenances à une scène précise, mais par l’envie de partager la musique, l’atmosphère et une passion commune. Peu importaient les styles ou les différences : l’essentiel résidait dans la rencontre, l’échange et le sentiment d’appartenir à une même communauté.
Le mot de la fin (libre expression)
Only in Satan we trust. Others must pay.