Pour une fois, nous allons nous éloigner (très légèrement) de la Franche Comté afin de rencontrer le groupe Deifele qui vient tout juste de sortir leur première demo. Un grand merci à eux d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.
Pour nos amis du webzine qui ne connaîtraient pas Deifele, pouvez-vous vous présenter ?
Nous sommes un groupe alsacien de Black Death Metal. On est situé dans la région de Mulhouse On s’est formé courant 2023, ce projet a pas mal évolué en trois ans c’est pour ça qu’on a sorti notre demo seulement en 2026.
On est 5 dans le groupe: Crasse le chanteur, Smegma le batteur, Tevildo le guitariste lead, Sator le guitariste rythmique, Malfaisant le bassiste

Vous venez de sortir une demo 4 titres sur YouTube qui est dispo en tape édition limitée via le label ruralia records, pouvez-vous nous en dire plus ?
Plus précisément le label c’est les créations clandestines qui est hébergé par Ruralia. Les créations clandestines ce sont des éditions limitées, pour notre cas au format cassette audio. https://www.ruralia-musiques.fr/product-page/deifele-deifele-demo-tape
Où a-t-elle été enregistrée ?
Enregistrée par nos soins dans notre local de répétition avec les moyens amateurs dont on dispose surtout pour la prise son de la batterie. On a ensuite mixé chez nous au format numérique.
Pouvez-vous revenir sur la genèse des compositions ?
Depuis que Deifele est créé on a mis en place quelques compositions, on a sélectionné les 4 dernières pour la démo qui correspondait mieux a l’orientation qu’on voulait donner au projet.
Quels sont les thèmes abordés dans vos textes ?
La chanson d’ouverture, « Les enfants des ténèbres » traite de la folie et la violence comme issue contre la foi. Au départ on s’est inspiré du documentaire du même nom « The children of Darkness » Les troubles mentaux comme tu le sais c’est un thème qui n’est pas rare dans la scène metal. A force d’écriture on a réorienté cette fureur mentale sur le rejet du religieux
La chanson « Possédé » bascule dans le mystique en se plaçant dans le regard d’un possédé face à ses bourreaux prédicateurs. C’est une manière de cracher un peu de « joies » sur le fait religieux dans un contexte plus occulte.
Pour « Caverne » là c’est un pur defouloir de haine, de violence, de mépris contre l’humanité. C’est un dérivé du mythe de l’emergence primordiale dans une vision, non pas de donner la vie, mais de l’éradiquer.
La dernière chanson de la Demo s’appelle « NN » et c’est l’histoire d’un résistant emprisonné au Konzentrationslager Natzweiler-Struthof. En Alsace tu ne peux pas ignorer l’existence du seul camp de concentration sur le sol Français. Les prisonniers politiques hostiles a l’Allemagne, comme l’étaient les résistants, étaient ciblés par le décret Nacht und Nebel de 1941 et au camp de Natzweiler-Struthof ils étaient même marqués sur leur vêtements pour être identifiés. Ce titre est un hommage aux vies perdues dans ce camp.
On est un groupe Alsacien, on a choisi un nom Alsacien, comme tu l’imagines on a vocation à parler de la région et de son histoire très mouvementée sans censure.
Pouvez-vous également nous en dire plus sur la photo qui illustre la pochette ?
La photo de la pochette c’est la chapelle Saint-Nicolas au pied du mont saint-odile. Symboliquement on a associé cette photo à une citation de Goethe « Là où il y a beaucoup de lumière, l’ombre est plus noire. » qui illustre que le bien et le mal sont indissociables. On a inversé la photo pour que cette église soit orientée vers la gauche, ce qui au sens biblique s’éloigne de la lumière.

Pour faire suite à cette demo, avez vous un projet d’album ?
On a déjà pas mal de compositions en stock et on est en train d’en mettre en place pour enregistrer a nouveau. On a pas encore défini le format. On est partagé entre la facilité d’une démo / ep qui permet de faire des sorties plus rapprochées avec une sélection de chansons plus sévères et un format long qui nous prendrait beaucoup plus de temps mais permettrait de sortir un support plus conventionnel.
Quelle est votre vision de la scène metal de votre région ?
On a une vision très Black Metal de la scène, et forcément c’est un univers de niche qui ne compte pas foule. Ce qui est certain c’est que les groupes éphémères ou one man band sont beaucoup trop nombreux et que la scène locale n’est pas foisonnante. En Alsace je ne vois que de rares groupes de black metal qui montent sur scene OST, Gangrän, Hierarch et Nocturnal.
Évidemment l’Alsace nous paraît un peu sous dotée en groupe de Black Metal en comparaison aux voisins Allemagne et Suisse mais dans d’autres styles il y a eu des groupes majeurs comme Inhumate sur Strasbourg, Mercyless sur Mulhouse. On a un public qui est actif, et l’association Headbang notamment fait un travail exceptionnel pour fédérer la scène. C’est une chance de les avoir. L’Alsace a trois villes importantes avec des salles de concert de tailles variées, et sa position attire un public frontalier. C’est un atout majeur pour développer la scène.
Si vous aviez la possibilité d’améliorer UNE chose pour la culture Rock/Metal/Punk, qu’est-ce que ce serait ?
Le public vieillit sur la scène metal notamment. La pratique d’un instrument de musique se ringardise. Si on arrive pas à susciter des vocations à la prochaine génération la scène ferme boutique. Il faut aider à la création de groupe et valoriser la scène
Le mot de la fin (libre expression)
Venez en Alsace hurler sous les projecteurs et soyez indécents.
Retrouvez Deifele en concert le 12 Septembre 2026 au mythique Pinky Bar de Nommay !!!
