On commence la grosse journée du samedi assez tôt. Les pieds souffrent déjà, il fait un cagnard violent. 

On commence par Shaârghot, Groupe français de metal indus (pour faire simple). Inspiration à la Rammstein et à la Punish Yourself, avec un chanteur particulièrement charismatique. Des compos précises aux sonorités assez riche, le groupe n’est pas en reste le côté visuel, style cyber-punk, agrémenté de lasers ou fusées d’artifice montées sur guitares, ou autres « Mantis », sorte de créatures montées sur échasses et équipées de faux en guise de mains. Terriblement efficace ! Beaucoup sont venus, de sûr,  par curiosité, et sont repartis conquis ! Le public a vraiment bien suivi !

On reste dans le metal indus avec les allemands de Cypecore. Ambiance post apocalyptique avec ses musiciens tous grimés en sorte de cyborg futuristes. Mais derrière les costumes, c’est un combo très puissant, à gros renforts de double pédales, qui distille un metal au beat entraînant. Une chouette découverte.

On se dirige Mainstage, revisitant la musique un peu kitch de FM, revival total des années 80 qui aurait pu faire une BO de Retour vers le Futur. Avant la venue de Whitechapel, on croise une partie de la team Necronomi’con (convention geek annuelle de Belfort). 

Whitechapel arrive sur scène, scénographie simpliste, un backdrop. Le groupe ne fait pourtant pas dans la dentelle. Trois guitares, un batteur en mode démonstration de breaks. Les tubes de leur nouel album “The Valley” sont plutôt au début du set, sans oublier leur hit “The Saw is the Law”. Le public headbang gentiment sous un soleil écrasant. Bémol notable, le chanteur a une voix puissante, mais _ sous mixée _ qui manque de définition, syndrome de la main posée autour de la grille ?

Retour sur le death technique d’Allegaeon. Une petit déception pour ce dernier (que je suis content d’avoir découvert il y a un peu plus d’un an).. Non pas qu’ils aient mal joués, mais plutôt que j’ai trouvé le set trop technique avec les musiciens peut-être trop concentrés sur leur jeu, alors que je leur préfère certains titres  tout aussi précis, mais beaucoup plus brutaux (écouter à l’occasion les titres « Behold (God I am)» ou « Twelve » de leur album Formshifter pour vous rendre compte).

Au même moment joue The Fever 333. Connaissant les titres _ lâchés au compte-goutte pendant plusieurs mois, et suivant le groupe sur les plateformes de streaming, on avait très peur des effets du dernier album. Les premiers titres en mode rap-métal méchant, ont mués progressivement vers des titres beaucoup plus easy-listening néo-rap-métal, on a un peu peur. Un MC + un Batteur/Samples + Une guitare : on se dit que la Mainstage est peut-être (trop) grande. Eh bien QUE NENNI. Une grosse prestation va nous amener à avoir tort. Un MC fou qui court partout, saute dans le public, glisse sur 4 mètres sur scène, un batteur qui saut depuis son tabouret, lance ses cymbales _ pied compris _ saute depuis les sides-retours… Un bon gros déjanté, à aller revoir en live. 

Punish Yourself, comme à son habitude haut en couleurs. Quel plaisir de retrouver Klodia et sa meuleuse. Énergie de fou !

On va vers la Valley voir Cave In (Indie Rock). Groupe mythique des années 2000 qui a fait son retour en grande pompe avec un super album à peine sorti en intégralité 15 jours avant le Hellfest. Comme des dingues on se plante devant la scène pour retrouver un groupe compacté volontairement sur scène qui prend beaucoup de temps à des réglages entre les morceaux mais qui nous gratifie d’un gros son ! Le groupe jouera majoritairement du dernier opus, mais fera plaisir aux fans avec des titres légendaires de sa disco issus de A Perfect Picth Black (2004) comme Ataraxia ou encore The World Is On Your Way. Cela dit, le show, simpliste et assez froid, nous offre une petite déception, manquant d’un public emmené et d’un groupe plus lâché. 

Retour a du metal indus avec Combichrist et ses 2 batteurs. 1 jouant de profil, et l’autre debout avec une batterie plus minimaliste. Le jeu des batteurs est captivant, avec nombre de lancés (et rattrapage) de baguettes. Excellent show.

La Valley, de nouveau, accueille un groupe poids lourd du post-metal-atmosphérique : The Ocean. Groupe qui se qualifie de collectif, encore une fois, les 8 musiciens sur scène ne sont peut-être pas ceux de l’album actuel Phanerozoic qui succède à Pelagial (avec qui le collectif a tourné mondialement pendant 5 ans). On sait que les shows de The Ocean sont calibrés, ciselés, précis. L’ambiance change par rapport à Cave In : très attendus, il y a beaucoup de monde pour un gros show lights, grosse place aux derniers album, mais on entend le fameux “Firmament” en 3. C’est très sombre, rouge dans les lumières, agrémentés de grand Pars blancs puissants. 

Soirée bloquée sur place, on attend avec impatience le passage du groupe japonais Envy. Véritables légendes du post-rock-hardcore-screamo, ce groupe a inspiré de nombreux confrères qui évoquent fréquemment le travail. Pas grand monde 10 minutes avant, puis un raz-de-marée de public s’installe autour de nous avant de lancer une énorme clameur à l’arrivée du groupe sur scène. Les trois premiers morceaux sont magistraux, très syncopés, avec de grandes envolées de guitares. Une vraie ferveur s’empare du public, il se passe quelque chose, l’atmosphère est très calme, mais en même temps très intense.

Ça joue grave, 3 guitares, dont celui, à jardin, qui saute partout. Le chanteur lui, semble possédé, lançant ses bras vers le ciel, comme s’il racontait des histoires, envoûtés par ses propres paroles. Les morceaux s’enchaînent, commençant souvent doucement par des arpèges ou des grandes réverbs, passages calmes, minimalistes pour ensuite tourner à des gros passages screamo violents. L’émotion est palpable, les morceaux nous tranchent en 2, ou nous hérissent les poils. On citera en vrac A Warm Room, Footsteps in the distance, Dawn and gase. Devant nous, un mec est bouleversé, à côté un autre chiale littéralement. Le groupe finit sa prestation sur un morceau progressif qui se termine en déflagration sonore monumentale, en lumières aveuglantes, avec des guitares qui montent en puissance et volume/larsens pour se couper brutalement à l’ampli. Il s’est vraiment passé un truc : on a tous pris une énorme tarte, voire c’est LA tarte du festival pour moi (stef).

Besoin d’une pause, on file à l’espace Presse, on y croise les gens du Syndrome qui viennent de jouer sur le Metal Corner. 

C’est sur Cradle Of Filth que je clôture cette soirée (Yannick), avec des musiciens qui prennent de multiples poses pour le plus grand plaisir du public (et des photographes). Cela dit, je trouve peu d’énergie distillée. Concert en demi-teinte donc.

On retourne encore à la Valley _ scène du jour _ pour assister à la démonstration Cult Of Luna en mode double batterie avec un gros show lights. On file voir la fin de Kiss, quand même, pour assister à un show démesuré fait de paillettes, de solos, et de rappels qui n’en finissent plus. 

La soirée se clôture, pour nous, par Architects et un show très propret avec un Sam Carter en costume. L’album Holy Hell est forcément mis en avant. Le Décor est épuré, très blanc, un gros son malgré un manque de définition sur les grattes. 

Une journée avec des airs de montagnes russes, entre petites déceptions, belles découvertes et grosse tarte, mais ça, on l’aura lu plus haut. Il ne reste plus qu’une journée, on est déjà nostalgiques.