Nom du groupe
Creature
Style
Black Death Sympho
Label
Album
Ex cathedra
Date de sortie
Juin 2020
Pays
France
LA NOTE
8/10
Si cet album peut convenir aux fans de projets échafaudés comme Way to End (c’est la Fnac qui l’a dit), c’est qu’on est déjà sur du sérieux. D’après le blog Invisible Oranges, Creature est l’une des entités musicales émergentes les plus prometteuses de ce siècle, déjà attendue pour une ascension fulgurante. Autant vous dire que ce troisième opus du breton Raphaël Fournier (composition, enregistrement, mixage) s’avère soignée.
 
L’intro d’album est « Fugue en Sol Mineur« , annonciatrice de la richesse à suivre. Après quelques motifs dramatiques de synthés et de guitare, la machine démarre avec une batterie puissante, non sans un ensemble harmonique cohérent. Les orchestrations, bien dosées sans jamais entacher quelque clarté que ce soit, constituent une réelle plu-value en faveur de l’aspect grandiose propre au groupe. Les mélodies de flutes de Maria Grigoryeva et les interventions de trompette se laissent rapidement apprécier.
 
On pouvait attendre sur la francophonie au vu de l’énigmatique setlist, et celle ci n’a clairement pas manqué. Elle contribue notablement à l’aspect caractéristique (sinon original selon les habitudes d’écoute) du chant, et a pu m’évoquer « Carnaval des Ombres » de Whisper Of Ba’al. Mais par rapport à ce dernier titre, on se situe sur un registre grawl plus profond et typé death, pour lequel la clarté d’élocution est à saluer. Cela étant, certains phrasés et placements syllabiques peuvent sembler à rallonge ou peu naturels par rapport à l’instrumentation. Concernant les backing vocals, ils replissent admirablement leur fonction de chants clairs venant compléter les orchestrations.
 
Progressif black ou death finalement ? Les deux je dirais, certains aspects du black étant sans difficulté restitués comme peuvent l’évoquer de nombreux blasts beat ou certains passages plus screamés. Ce carrefour entre musiques extrêmes et inspirations classiques n’empêche pas un certain groove (en transition dans « Zn5mi » comme ailleurs).
« L’odyssée Hyperpropulsée » est également un bel exemple de diversité en termes d’influences black, death mélodique (sinon symphonique), et prog. Sur ce dernier aspect, les structures sont très variées et changeantes : on ne s’ennuie jamais.
Quoi évoquer de plus pour ce qui suit ? Du bon échafaudage rythmique dans « Involution – Expectations » et « Neo Habilis« , une intro mélancolique à la Summoning pour « Note anticosmique« , une contribution vocale efficace d’Alexis Bertrand sur « Le Roi Zogue« , des changements de tonalité qui fonctionnent, des textes fournis, des riffs guitares sophistiqués.
Un beat electro sur passage parlé vient surprendre en enrichir l’ensemble déjà bien conséquent sur « Atlantis« , preuve que Creature n’a pas peur d’utiliser quelque outil que ce soit pour étoffer son propos.
 
Après la somptueuse conclusion qu’est « Éthernellement« , on ne tergiverse pas longtemps pour reconnaitre tout le travail accompli sur cet album dépassant les soixante minutes. En somme, une bonne dose de variabilité instrumentale, de constructions changeantes, de chant obscur éloquent et, ne l’oublions pas, de trompette.

Sur la vague black-death sympho donc, Ex Cathedra trône !

Composition, enregistrement, mix : Raphaël Fournier
Flûte : Perrine Neulet
Chant : Alexis Bertrand sur le Roi Zogue
Violon : Maria Grigoryeva sur Ethernellement