Bocksons Festival 2022 – 10 et 11 juin 2022 Valentigney (25)

Le printemps touche à sa fin et l’été pointe le bout de son nez, et après 2 ans de disette, c’est enfin le retour des festivals. Que ce fut long, mais que ce retour est bon, et le Bocksons de Valentigney revient avec une affiche alléchante pour 2 jours de retrouvailles musicales, des nouveautés, de la nostalgie, de la chaleur, des décibels mais surtout une foule à l’unisson.

Cette année, MIFC est présent avec Stéphanie et Franck pour vous rapporter les événements déroulés en ce vendredi 10 et samedi 11 juin 2022.

C’est parti…

Le Bocksons, c’est d’abord, de la bière et encore de la bière et ses artisans brasseurs locaux. Et oui, le Bocksons, c’était la « fête de la bière de Valentigney » aujourd’hui rebaptisée. Alors célébrons comme il se doit ce magnifique breuvage indissociable de tous les festivals pour notre plus grand plaisir, et c’est vers le brasseur « Back Porte » que mon choix se porte pour une première dégustation.

Premier groupe à se présenter à 18h30 précise sur la petite scène, The Maniax . Quatuor du Pays de Montbéliard (Audincourt plus précisément) adepte du Crossover Rock n’roll comme ils se qualifient (voir article paru dans MIFC ci-joint)

https://www.metal-franche-comte.info/semaine-la-guerre-du-son-the-maniax/

La foule n’est pas encore nombreuse pour ce premier set et l’ouverture d’un festival est toujours une mission difficile, mais progressivement nos quatre jeunes et « jeunette » font monter la température, les pieds tapotent le sol, les headbangers commencent à se manifester, les cris gorgés de bière se font entendre sur des mélanges de Rock n’roll, Rock à Billy, surf et trash.

Il est temps d’aller se préparer pour la grande scène et l’arrivée de Wattie BUCHAN, enfin The Exploited quoi !!!!!!

Et là, grand bond en arrière et retrouvaille avec l’un des groupes marquants des 80ies et du punk sur vitaminé à coup de trash et de hardcore. The Exploited, ou comment distinguer un style musical via une coupe de cheveux très caractéristique et qui deviendra le symbole de la musique punk et de toute la génération punk qui suivra.

Accompagné de Willie BUCHAN (batterie), Irish Bob (basse) et de Robbie DAVIDSON (arborant fièrement un « Punk’s not dead » sur sa guitare), Wattie BUCHAN, énergique à souhait, montre que cette musique simple reste l’une des plus efficaces dans le monde si hétérogène du rock. Les classiques du répertoire et les attaques acides des institutions politiques sont là, et la foule ne s’y trompe pas, et c’est dans la plus grande liesse que Wattie invite la foule à partager sur scène l’avant dernier morceau de leur set.

Superbe performance des exploités ce soir pour la première date du Bocksons 2022.

Je dois aller me restaurer après en avoir bien sué devant les keupons, Stéphanie prend le relais avec Johnny Mafia

Après les avoir découverts sur scène à La Vapeur de Dijon (21) en décembre 2018 (avec nos tRuckks partageant le plateau, s’il vous plaît !), et les avoir lamentablement loupés au Moloco en février dernier (mais chopé leur 3ème opus quand  même), j’avais vraiment hâte de les revoir, grandis et renforcés après des années de tournées, sur une scène, et de près. Alors certes, ils sont un peu plus âgés, les cheveux moins en vrac, mais ils sont loin d’être assagis, et c’est tant mieux ! Du garage punk détonnant de leurs débuts, ils lorgnent désormais vers un indie rock toujours étonnant, toujours survolté mais avec une légère touche pop dans les mélodies et les refrains hyper efficaces, dont le titre de leur 3ème album « Sentimental » illustre bien leur sensibilité immergée dans leurs riffs terribles et des murs de guitares. Jamais statiques sur scène, avec un jeu de scène débridé qui réjouit les photographes, les quatre petits gars de Sens (« Capitale du Mooonde ! ») présentent un show diablement réjouissant, totalement décomplexé et spontané, avec des titres largement piochés dans leur dernier album. On ne sait où regarder tellement ça remue partout sur scène, ils sont hyper expressifs et heureux ! Johnny Mafia fait partie de la Crème de la jeune scène punk rock française, foncez voir leurs lives intenses en tout confiance ! En tout cas, moi, j’ai kiffé ce set !

Il est 21h15, The Stranglers débarquent sur la grande scène. Adepte du Top 50 à mon plus jeune âge, ce combo britannique avait marqué le grand public par leur tube « Always the sun », leur plus gros succès en France. Groupe né en 1974, on peut dire que leur style musical est difficilement qualifiable tellement leurs influences sont diverses. Partagé entre le post punk, le rock, le rock électronique, la new wave, le pop rock en passant par le Rythm n’ blues, le groupe de Guildford (GB) délivre des albums tous autant différents les uns que les autres avec une prestation scénique de qualité. On a affaire à un groupe qui tourne depuis près de 50 ans, alors autant vous dire que le show est carré ce soir à Valentigney et c’est avec un vrai engouement que ceux-ci sont accueillis par leur auditoire ce soir au Bocksons.

22h45….. Place aux filles, Céline, Victoire, Cerise, Blandine et Laëza pour un show de feu, rempli de sensualité et d’originalité (merci pour le premier titre A Capella). Le Bocksons a donné rendez-vous ce soir aux Ladies Ballbreaker, combo féminin de Montpellier formé en 2012. La ligne directive du groupe et simple, comme la musique de leur mentor qu’est le groupe australien AC/DC. C’est simple, vous remplacez Brian, Angus, Malcolm (RIP), Cliff et Phill et la poupée gonflable de Whole Lotta Rosie par 5 nanas enragées et un « homme poupée gonflable » et vous avez un parfait mélange de musique rock, et d’humour plutôt gonflé (regardé bien sur les photos la prise en main de Céline sur la poupée gonflable…..), cela veut tout dire…., ce sont des filles qui en ont…..

 Tous les principaux titres d’AC/DC y passent et c’est toujours pour notre plus grand plaisir que d’entendre ces titres immortels de l’histoire du Rock.

Nous assistons à un déferlement scénique avec ce groupe à l’énergie communicative, merci MESDAMES.

23h30, tiens une revenante en terre Franc-Comtoise….. Et oui, encore une fille ce soir mise en avant. The Laura Cox Band, qui, si vous ne l’avez pas croisée au Baby Blues Festival de Montbéliard en 2017, alors peut-être la suivez-vous sur You Tube où elle diffuse depuis 2008 ses exploits à la guitare pour devenir aujourd’hui une figure majeure du rock dans l’hexagone. Animée par son style très Hard Blues, Laura COX c’est avant tout des riffs incisifs ponctués de solo de guitare dévastateurs, accompagnés par autre virtuose de la six cordes Mathieu ALBIAC. Déjà 2 albums au compteur, « Hard Blues Shot » en 2017 et « Burning Bright » en 2019, 50 millions de vue et près de 215 000 abonnés sur sa chaîne You Tube. Ce soir ce n’est pas Joe BONAMASSA qui te complimente, mais le public du Bocksons qui t’applaudit comme il se doit et qui en redemande….. Alors à bientôt pour une prochaine étape Franc-Comtoise.

Jour 2 à Valentigney, retour de la Steph, en solo cette fois, sur le magnifique site du Stade des Longines, avec la mission impromptue de vous rendre compte au mieux des 7 concerts attendus cette journée-là. C’est parti, à l’attaque !

Le soleil et la chaleur sont toujours au rendez-vous, surtout avec un début de concert dès 17h cette fois, mais nos chers stands de brasseurs et glaces (et fontaine à eau !) sont bel et bien présents et déjà accueillants. Je m’équipe, et rejoins le stand de Cigare Broc Guitare, bien placé à droite de la scène B. La subliment guitare créée pour l’occasion trône au milieu du stand, à côté des autres œuvres de Laurent, instruments à corde(s), stompboxes, bottlenecks, carillons et boucles d’oreilles..

A 17h, c’est parti pour le premier set sur la scène B ! En concert, la première place est rarement la plus prisée, et les Naked Faces qui attaquent ce jour 2 ont malheureusement confirmé ce fait. En pleine chaleur, et devant un public encore très clairsemé (mais il arrive petit à petit !), le groupe de rock, fondé depuis 1994 (quand même ! vous ne les faites pas 😊), dans les parages pas si éloignés, entame la journée, plein de motivation ! Quelques titres s’enchaînent avant qu’une panne électrique vienne interrompre brutalement leur chanson. Pas cool, mais ça arrive… on patiente un peu, ça laisse le temps au public de se rapprocher, de saluer les potes arrivés, et c’est reparti.. mais pas pour longtemps. 2ème coupure, et là, ça râle un peu, ça hue. J’en profite pour céder à la tentation d’une bonne glace (enfin, dès que le courant est remis en route) parce que oui, il fait chauuuud, puis le son se répand à nouveau sur le site. Les 5 Naked Faces délivrent leur blues rock, la voix féminine sublimant les titres, classiques mais efficaces ! Mais hélas, la 3ème coupure électrique ruine leur motivation (mais a probablement permis de comprendre enfin d’où venait le problème et de le résoudre une bonne fois pour toute ! ouf !). C’est donc sur un set écourté et bien frustrant que le groupe quitte la scène, bientôt foulée par un autre groupe régional, en plein essor…

A 18h15, ce n’est pas la plus grosse scène, mais la scène B de nouveau, que BIGGER foule ! Un set que j’attendais d’oreille ferme, après avoir fortement apprécié leur realase party à la Poudrière de Belfort fin mars. Leur (premier) album « Les Myosotis » est une vraie réussite, mais sa restitution sur scène prend une ampleur sensationnelle, avec des instruments totalement maîtrisés, en cohésion, voire en fusion, avec un chanteur (irlandais) charismatique et impressionnant de talent. En alternant des moments calmes avec des déchaînements de notes et d’énergie, les 5 de BIGGER emmènent leur public dans leur manoir baroque luxuriant, c’est intense, un vrai moment de partage avec le public vers qui Kevin s’approche et harangue à plusieurs reprises. Le public s’est densifié, et manifestement, a bien apprécié. Moi j’ai adoré être vampirisée par eux !

Sans transition, la scène A s’anime enfin et c’est pour un gros flashback vers les 90ies avec les rockers français de Blankass ! Le temps de sortir de l’effet post Bigger, on replonge assez gentiment dans leurs titres qui ont bercé la jeunesse ou l’adolescence de pas mal de monde dans l’audience, et ça fait plutôt plaisir de voir sur scène l’interprétation de ces chansons qu’on fredonne sans s’en rendre compte « La couleur des blés », « La Croisée », « Avec toi »… ou le plus récent « C’est quoi ton nom ? ». Quand il a chaud, le chanteur, Guillaume Ledoux, a besoin de jouer de l’accordéon, nous a-t-il révélé (vous le saviez ptete déjà !?), alors vu la température encore généreuse, on a eu droit à la démo ! Un concert plutôt bien sympathique, avec un public de fans bien actif et accueillant, qui augure une suite de soirée positive, et bien heureusement, sans plus aucun soucis techniques, ce qu’on aurait pu craindre, mais les équipes ont géré avec brio ! Well done, Gars de l’ombre !

Ayant pris le temps de reprendre des forces auprès d’un stand de miam asiatique (quel bonheur, cette assiette bento !! vite engloutie car en solo, c’est moins fun… mais fortement appréciée quand même) pendant le set de Blankass (oui parce que le hic, s’il y en a un, dans l’orga du Bocksons, c’est que la prog’ est tellement dense et tentante et qu’il n’y a aucun temps mort, il faut forcément se priver de scène pour aller manger ou chercher à boire, et ça, c’est un peu dommage…).. c’est reparti à l’assaut de la scène B, cette fois bien achalandée en spectateurs, et surtout, en fans nombreux des tigresses locales, les Fallen Lillies qu’on ne présente plus, vu le nombre de dates de concerts qu’elles enchaînent, dans le coin et bien plus loin encore ! Je réussis à me faufiler dans les premières lignes, et c’est parti pour leur show sur-vitaminé. Les 4 montbéliardes balancent leur rock direct, même si elles vont galérer une bonne partie du set pour finaliser au mieux leurs réglages de retour. Ça ne se voit presque pas :-p Bon, quand elles entament un titre différent, là, ça se voit, mais ça ne les perturbera pas pour autant. La plupart des titres de leur album « No Master for Lilly », sorti à l‘automne 2021 sont interprétés, ça se déchaîne sur scène comme dans la fosse. Bref, ça pulse, ça punch  ! Je me répète peut-être hein, mais on a quand même de sacrés bons groupes en Franche-Comté, et cette scène B nous l’aura prouvé au long de ces deux jours !

Il est 21h, et temps de découvrir ce qui se cache derrière Buzzcocks, parce que je ne n’en ai aucune idée et que j’ai volontairement fait l’impasse pour avoir un peu de surprises et découverte ce WE-là. Beh la vache (montbéliarde ou pas), ça dépote !  J’étais passée totalement à côté de ce groupe britannique de punk-rock-new wave très prolifique, mais je ne pourrai plus le dire. Sans connaître aucun titre de leur discographie, je suis totalement entrée dans leur univers live, une prestation assez dingue avec ces « vieux de la vieille » dont l’énergie est restée intacte (ou alors qu’est-ce que ça devait être à leurs débuts !!) et qui ont traversé avec classe les années et les esprits. Un Mojito à la main, ça ne gâche rien au spectacle, j’adore être surprise comme ça ! Congrats les gars ! Qu’elle est au top, quand même, cette prog’ !

Bon, ce n’est pas fini encore, un dernier groupe nous attend sur la scène B, The Rebel Assholes de retour en live. Là aussi, j’avoue avoir peu suivi la disco, mais les afficionados de longue date sont là, difficile d’aborder les premiers rangs (d’où le flou général qui suit). Eux aussi sont à fond dès le début, le quatuor de Montbéliard délivre toujours avec fougue son indie rock punk, malgré changement de line up en 2018, et fort de plus de 500 concerts sur Terre ! Ils ne tiennent pas en place, mais la scène B résiste bien malgré tous les assauts subis depuis la veille, et pompent ce qui reste d’énergie dans les corps des Bocksonniens toujours debout ! Hang on, il reste un dernier groupe à découvrir !

Pour clôturer le WE, ce n’est hélas pas No One is Innocent qui officie (big gros regret hein, that’s life..) mais le groupe Russkaja. Ce collectif multiethnique de Russian Turbo Polka Metal (oui, j’ai découvert ce style aussi !!) apportera toute sa générosité, délivrant un message d’espoir de part leur formation. Avec des musiciens issus de nombreux pays, Autriche, Allemagne, Italie, Russie et Ukraine notamment, vous imaginez bien le symbole, et le discours, déclamé en français, face aux évènements dramatiques déclenchés en février dernier, fût très émouvant. Leur show est fulgurant, généreux, on sent leur communion sur scène et la fusion des genres musicaux vaut le coup d’oreille ! Je ne suis pas allée au bout du set, mais je leur laisse la conclusion « WE STAND FOR LOVE, UNITY AND HUMANITY. THE BAND RUSSKAJA KEEPS REPRESENTING PEACE AND WE SAY STOP THE WAR IN UKRAINE! »

Merci encore à la Prod’ du Bocksons pour cette belle affiche, à la Com’ et Aymrick pour les accred’ et à l’année prochaine surtout…

Si vous voulez voir les vidéos prises durant ces 2 jours, vous pouvez cliquer et piocher ici : 

https://www.facebook.com/media/set/?vanity=StephV70&set=a.5950604964968954

Stéphanie et Franck pour Metal In Franche Comté