En 5 années de webzine, aucune interview d’Abyssal Ascendant … comment expliquer cela ? Aucune idée, alors avec la sortie de ce nouvel album, il est temps de réparer l’erreur !

Alors commençons par du basique, une bio bien remplie avec quand, qui, pourquoi ???

Florent : le groupe nait fin 2012 sur mon initiative. J’avais joué dans plusieurs projets de death-metal, sans jamais trouver chaussure à mon pied, même si je m’éclatais. Le problème venait peut-être de moi, enfin c’est ce que je me suis dit. Avec Fanny, on s’est dit qu’on allait se faire ce petit projet tranquillement, sans pression, juste pour créer des chansons sur le-thème-que-tu-sais, qui nous a paru évident car : occulte, inépuisable, enrichi pendant un siècle par tout un tas d’artistes, qu’ils soient issus de la littérature, de la musique, du monde ludique, d’autres formes d’arts. Chacun y a apporté sa pierre, pourquoi pas nous ? Allez, se dit-on, on va écrire nos propres délires ! On va raconter des histoires sur les Limiers de Tindalos, on va faire un petit résumé sur Yog-Sothoth, raconter des guerres entre les armées du cosmos, faire un petit passage en Stygie ou encore parler des Prêtres-Ghoules de Mordiggian qui envoient leurs serviteurs creuser des souterrains entre les dimensions après s’être repus des restes de la chair faisandée des sacrifiés…Ben quoi ? Allez hop !

Techniquement, Fanny était pianiste, et elle a tenu à tester la basse. Nous étions sur batterie programmée. Et puis merde, y a tout le temps des soucis pour trouver un batteur, nous on veut juste se faire plaisir, alors on va commencer comme ça. Pour ma part j’étais déjà guitariste-chanteur depuis mes derniers projets, donc la question ne se posait pas. Deuxième guitare ? Boah, je la compose, je l’enregistre et on se repasse ça avec les battouzes, ça ira très bien. Format deux zikos, pas de prise de tête, peu d’humains à gérer, donc peu d’empêchements et de soucis potentiels. Et plus de liberté (on a quand même fait trois gigs avec cette formation).

J’aime énormément Nile et Bal-Sagoth. J’avais enfin envie de faire un death-metal qui comme chez ces groupes, est agrémenté de samples et de claviers épiques ! Pas juste pour dire qu’on en met, mais qui sont là au service de la musique et du concept dans leur ensemble. J’avoue, du point de vue de la guitare, avoir repris quelques riffs que j’avais joués dans mes anciens projets (qui n’ont jamais vraiment abouti) … Grosse bise à Dennis, Erwann, Mike, Bochon, de Social Order Sick…Alex, Tophe, Bubu et Dgé de Rising Purge, pour le coup… J’en profite hein !

Bon bref, est arrivée la composition du premier EP et sa sortie grâce à Seb « BLT909 » qui nous a enregistrés, mixés et masterisés. Petit home studio chez lui, pas de barre haute ni rien. Et je trouve aujourd’hui que c’est encore le truc qui sonne le plus dark et suintant que tout le reste qu’on a pu faire. Hé ouais.

Entre temps, JS, l’ange gardien des Caves à Dole (locaux de répétition), notre bienfaiteur à tous, nous a alertés d’une annonce d’un batteur cherchant un groupe de metal. S’il n’avait pas fait ça, et montré une vidéo de ce « Raùl » qui cherchait un groupe, je pense que ce ne se serait pas fait avec lui. Donc ce point-là est Historique je dirais. Merci encore à JS F. qui nous a tant aidés et apporté.

Donc, on contacte Raùl, il s’avérait que le mec était branché Cthulhu Mythos à fond, était ancien rôliste de l’Appel et autres, etc etc…On s’est dit, mais c’est quoi cet alignement cosmique de dingue ? On a la bénédiction des Grands Anciens là, ou quoi ? Raul était le batteur qu’il nous fallait.

Dolorem Records (label associatif de Tours, composé d’Alex et de Jérémy) sont arrivés dans notre vie en nous écrivant un mail. Je peux vous jurer que ma première réaction fut « non ». Ben parce qu’en fait on ne démarchait pas de labels, je n’en voulais pas. Et puis je me suis dit « c’est une asso, deux mecs passionnés qui ont eu un coup de cœur, on va être leur première vraie sortie, revois tes perspectives et ta façon de penser et réussis grâce/avec eux à partager ton projet aux fans de death metal ». Niveau label, tu connais la suite. Ils ont sorti le premier, Alex qui est désormais seul au label (tout seul le mec !) sort le second. Il n’a jamais rien lâché…Merci à lui.

Pour en revenir à Raùl, période pré-album, on a bossé comme ça jusqu’à ce qu’il nous quitte ; normal, quelque part. On faisait des concerts à peine défrayés…Et puis il fallait qu’il se lance dans d’autres trucs, d’autres projets et surtout qu’il ramène un peu de maille à la maison car il a une famille.

Par contre, il était là pour enregistrer l’album en 2015 : il ne nous a pas laissés dans la merde, et s’il n’était pas intervenu pour apprendre, et enregistrer tous les morceaux, ben ça aurait fait un album avec batte programmée à nouveau… A un moment donné t’aimerais bien que les instruments de ta formation soient joués pour de vrai quand tu fais de la zik alternative comme ça. La batte programmée, c’est bien pour s’entrainer, ou pour faire un gig mais en dernier recours, ou quand tu débutes. Mais si tu veux passer à des choses un peu plus sérieuses, c’est aussi bien d’avoir de l’organique, pour qu’il y ait cette fusion des énergies et un vrai Momentum musical, un happening réel que je qualifierais de « psycho-chimique » ou « socio-chimique », au-delà du son lui-même.

A partir de ce moment-là, Raul est revenu de temps en temps, un peu en filigrane, un peu en mode « session », on tâchait de le payer car c’était sa seule source de revenus (je parle de ses talents à la batterie, pas du groupe en particulier), puis il a choisi de se diriger vers diverses formations, notamment la MAI en 2019, ce qui nous a ôté tout espoir de faire le deuxième album avec lui. Cela dit, on le félicite car il s’en est tiré avec les lauriers, et on a déjà pu parler avec lui d’un éventuel retour au sein du groupe, peut-être moins appuyé qu’au départ. Quelle qu’en soit l’issue, on n’a rien à perdre, bien au contraire, avec lui. Voilà ce que je me dis, moi. Et puis Krzyzstof Klingbein a tapé un putain de super deuxième album et c’est la première fois qu’on fait un « vrai » truc avec un autre batteur. Aucun regret du coup.

Donc, premier album en 2015, toujours chez Sir BLT909, dans son home studio. Ce n’est pas un album dont j’affectionne particulièrement la prod. Mais elle reste honnête par rapport aux moyens non-professionnels déployés et je salue une fois de plus les heures et les nuits passées par Seb à mixer ça après nous avoir supportés chez lui.

En 2017, Lucien est arrivé. J’ai mis énormément de temps avant de (re)proposer à quelqu’un de venir jouer de la guitare dans le groupe. Le monde des guitaristes est vraiment compliqué, avec ses egos et ses syndromes de l’importance. Lucien venait quasiment à tous nos concerts, on a eu le plaisir de partager la scène à plusieurs reprises avec son groupe Fetal Massacre, et le death metal de Morbid Angel, de Nile, etc. était une passion en commun. Il avait le niveau, semblait être quelqu’un de droit et d’engagé, homme de principe, comme moi ! Et je ne me suis pas trompé. Abyssal Ascendant est devenu son groupe autant que le nôtre à partir du moment où il y a mis les pieds. Bon, nan en fait. J’ai mon « ego » de guitariste chanteur +++ je dirais que c’est toujours 0.0000000000000001 % de plus le mien (blague). Bref, il a apporté énormément en termes de composition et de style, et est pleinement impliqué depuis tout ce temps. Donc, il est toujours là. HAHAHAHAHAHA

Je pense que tu as presque toute l’histoire. Voici donc où on en est aujourd’hui. Tout ça + un deuxième album…

Voilà, maintenant qu’on se connait mieux ! Il est grand temps de parler du nouvel album qui sort encore une fois chez Dolorem Rec. Il aborde de nouveau les mythes des Grands Anciens, qui sont donc des entités du mythe de Cthulhu. Peux-tu nous parler un peu des paroles et nous faire un bref aparté sur la mythe de Cthulhu (pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les écrits de Lovecraft) ?

Fanny : Pour la faire courte, le mythe de Cthulhu représente tout l’univers créé par H.P Lovecraft et ses consorts (Derleth, Howard, Lumley, Belknap Long, Bloch et Clark Ashton Smith). Le noyau du mythe, ce sont les grands anciens, à savoir des entités cosmiques et inter-dimensionnelles tellement puissantes et incompréhensibles, tellement au-delà de nos conceptions que n’en avoir ne serait-ce qu’un aperçu peut provoquer la folie dans le faible esprit humain. C’est donc un background basé sur un ensemble d’écrits, qui s’est diversifié et enrichi au cours du temps, avec d’autres écrits, mais aussi des films, des jeux de rôle, des jeux vidéo, de la musique. Un parfait terreau pour y créer des histoires horrifiques et complètement dingues. On continue d’ailleurs à se documenter sur les moins connus parce que le moindre auteur a ce potentiel de proposer des thèmes vraiment intéressants, qu’il soit « petit », ou qu’il entre dans le panthéon de ceux cités précédemment.

En ce qui concerne les paroles, on voulait axer ce second opus sur les cultes. Donc plutôt sur le côté de ceux qui ont choisi de tenter d’obtenir quelque chose de ces entités par n’importe quel moyen, ou qui se retrouvent à interagir avec elles sans le vouloir. Partant de là, on a créé nos mini histoires pour chaque morceau, chacune en rapport avec un culte ou une entité du mythe. On a essayé de rendre tout ça vivant en y ajoutant quelques passages en r’lyehian, notamment pour les incantations.

9 morceaux pour 37 minutes, une habitude pour A.A. mais aussi pour le style que vous proposez. A savoir un Death Metal purement à l’ancienne, entre Death Américain et Death Suédois. Encore une fois, je trouve l’influence Morbid Angel comme étant celle qui ressort le plus. Qu’évoque pour toi ce groupe ?

Lucien : Deicide parle d’antichristianisme, Death de philosophie et d’âme humaine, Morbid Angel est FAIT pour parler d’occulte et d’horreur lovecraftienne. Tout y est rampant et bizarre, une musique adaptée pour aborder l’indicible.

Si je ne dis pas de bêtise, c’est votre première collaboration avec nos « voisins » du Disvlar Studio, et on peut dire que niveau son, ils vous ont concocté un sacré mélange de puissance et d’énergie sans pour autant vous aseptiser façon production death core post mes couilles (ouais désolé tout ça, je n’accroche pas) ? Satisfait du résultat ? un studio qui mérite encore plus de pub ?

Lucien : Le Disvlar travaille (travaillait ?) surtout avec des groupes crust grind des 4 coins de l’Europe, mais ça vaudrait le coup que beaucoup de groupes d’autre genres y viennent, on y est bien, l’ambiance est vraiment cool, c’est pro et on est en pleine cambrousse !! Le bol d’air frais qui fait du bien après 6h enfermés dans un stud’.

La suite demain !!!