Retour sur le Festival Sur un Malentendu organisé par AIM’ROCK où nous avons eu l’occasion de découvrir l’univers du groupe franc comtois BYSSHE. Théo (Basse) et Quentin (Guitare / Chant) ont accepté de répondre à nos questions.
Bonjour BYSSHE , comment allez vous ?
Théo : ça va bien merci. Très content de ce concert, l’ambiance était super et cette salle est vraiment bien. Et très content de pouvoir discuter ensemble.
Pour nos ami·es du webzine qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous vous présenter ?
Quentin : Nous sommes Bysshe (Les Fourgs,FR) , groupe de Rock psychédélique aux multiples influences. Nous trouvons nos inspirations autant dans la musique (60s-70s, mais pas seulement) que dans l’art, la philosophie et la poésie. À ce propos, Bysshe est le deuxième prénom du poète romantique anglais Percy Bysshe Shelley, un exilé sulfureux, philosophe, essayiste, linguiste : un mec totalement givré et génial, anticonformiste jusqu’au bout et engagé dans toutes sortes de luttes politiques. Nous essayons de lui rendre un humble hommage en marchant sur ses traces.

BYSSHE existe depuis 2015 et a beaucoup tourné sur scène avec de nombreux concerts ; pouvez-vous partager une anecdote de concert ? (ou votre meilleur et/ou votre pire souvenir ?)
Théo : C’est vrai qu’en 10 ans, on a fait quelques dates (rires). Du coup, on a vraiment connu tous les types de date, des belles scènes comme des bars. On a ouvert la Paille en 2019 et c’est vrai que c’est un super souvenir, les conditions étaient tellement folles, et à l’inverse, on a déjà joué à Paris devant 4 personnes ou encore partagé les loges avec des serpents. Enfin, il y a des anecdotes. (rires) Mais ce concert à Echo system vient prendre une place importante dans nos bons souvenirs.
J’ai noté que le groupe s’était agrandi avec l’arrivée d’un deuxième guitariste que j’ai découvert ce soir au festival «Sur un malentendu » à Echo System et qui a assuré avec brio ce concert ! Pouvez vous nous en dire plus ?
Quentin : On trouvait qu’il nous manquait un peu de pêche sur scène et beaucoup de morceaux ont deux parties de guitare sur les disques. On connaît Jo depuis des années, et on a joué ensemble dans plusieurs autres projets. Il était également avec nous lorsque nous avons créé Bysshe. C’est un super guitariste avec une vrai personnalité musicale. Une évidence.

En 2024, vous avez sorti votre troisième album « la Sibylle sur le sable » avec une esthétique qui vous est propre et qui vous suit depuis le début. Il a été enregistré, mixé et masterisé par Paul Pourchet avec qui vous collaborez depuis toujours et qui a encore fait un travail exceptionnel !
Pouvez-vous nous parler de la genèse de vos compositions, des thèmes abordés et de vos influences ?
Quentin : Les morceaux naissent dans ma tête, laborieusement, lentement, d’abord la musique, que j’enregistre instrument par instrument, puis les textes. Ils parlent beaucoup du temps passé, développent des paysages oniriques, des métaphores ou des références littéraires. La Sibylle, par exemple, s’inspire d’une phrase qu’une jeune fille m’avait soufflée dans la cour du collège alors que j’avais 12 ans.
Comment s’est passée la collaboration avec Paul ?
Théo : Paul est un belle personne, très professionnel, il nous a suivis sur nos trois albums, il a vu notre évolution, on a vu la sienne, il est toujours de bon conseil et comprend bien nos attentes. Nos enregistrements se font à la maison, c’est toujours d’excellent moment avec Paul, pour nous, il fait partie du groupe. On ne se voit pas enregistrer autrement qu’avec Paul.

Avez des projets à venir ? Un concert important ? Un nouveau clip ?
Théo : On va pas se mentir, le marché des concerts est devenu très compliqué après covid, l’année 2026 risque d’être plutôt sèche en termes de concert, même si c’est notre objectif premier. On a pour projet de travailler sur des morceaux joués et filmés live, un peu dans l’idée des lives KEXP.
Quel regard portez-vous sur la scène Rock & Metal en Franche-Comté ? (médiatisation, lieux, accueil, accompagnement par les salles)
Théo : Pour nous, ce n’est pas évident, on vient des Fourgs à côté de Pontarlier et ça nous ferme beaucoup de portes. On a l’impression qu’on est sur un milieu un peu « sectaire », si tu ne connais pas la bonne personne ou que tu n’es pas originaire de la bonne ville, les opportunités sont fermées ou plus compliquées. Tu as beau avoir une bio correcte (Rock&folk, Rolling Stone France, Pavillon 666 etc), ce n’est pas ça qui va t’aider. On a déjà essayé de se faire accompagner et de faire des résidences, mais on a toujours des réponses négatives ou pas de réponses. J’ai l’impression que c’est général en France.
Niveau médiatisation, je trouve qu’il y a du bon travail de fait. Les webzines ont bien compris la manière de travailler. Des médias comme le vôtre permettent de mettre en avant les artistes locaux et de voir que ça bouge bien sur la région et c’est vraiment cool.
Si vous aviez la possibilité d’améliorer UNE chose pour la culture Rock/Metal/Punk, qu’est ce que ce serait ?
Théo : Je ne sais pas trop, un retour dans les années 70. (rires).
Le Rock/Métal/Punk est un style de musique qui s’écoute, mais aussi qui s’apprécie en live. Un peu plus de scène locale dans certains endroits serait peut-être bien pour permettre aux jeunes groupes émergents de se produire. J’ai l’impression que la plupart des personnes sont réticentes à faire des découvertes, surtout dans le rock.
Le mot de la fin (libre expression)
Théo et Quentin : merci beaucoup pour cette interview.
On est toujours en recherche de dates pour 2026, si vous avez envie de nous voir jouer c’est avec plaisir.
On espère se revoir très bientôt sur une scène en BFC. Encore merci.