Que ça nous a manqué !!! (Une fois le pass sanitaire scanné) On retrouve enfin un peu de NON distanciation sociale, on écoute de la musique DEBOUT, on POGOTE, on SLAME, on BOIT des bières… Ce samedi 21 août, le festival des SAPINS BARBUS était le lieu idéal pour retrouver les plaisirs (oubliés ?) du bon festival rock et métal ! On a dû se donner le mot, car le festival se faisait à guichets fermés !!!

Pour aller aux SAPINS BARBUS, j’ai pris la route bucolique (pas de nationale, que des départementales). Et là, déjà on se régale en se plongeant au fur et à mesure dans la campagne vosgienne baignée par un beau soleil d’été. Arrivé sur le site du festival, clairière de la Bruche à Dommartin-lès-Remiremont à 16 Heures, les portes sont ouvertes depuis peu, et ce sont surtout des bénévoles que je croise. Il y en a 120 cette année, tous très souriants et joviaux, certains déjà très concentrés.

Le site est implanté en cercle, entouré de sapins à l’horizon. La scène, les bars, la restauration et le merch se trouvent sur le périmètre. A l’intérieur du cercle on va trouver de la déco et plusieurs chapiteaux dont on soulignera l’esthétique réussis (architecture en poutre de bois (sapins ?)), idéal pour se poser (ou se protéger des intempéries). Les jetons sont en forme de médiator en bois. Tout est raccord. L’environnement est top.

Tout est paré pour que 2 600 festivaliers fassent la bagarre, la méga-chouille, ou tout simplement profitent de cette énorme soirée pour cette septième édition présentée comme étant la dernière (nb : pour des raisons autres que la crise sanitaire). Alors on s’est lâché !

Le temps de boire un coup, le site se remplit au fur et à mesure, et il est déjà 18H. BOTTOMZ UP ouvre le bal ! C’est un groupe d’Epinal, qui a 4 ans d’existence. Déjà rompus à la scène, ils s’apprêtent à sortir leur 1er EP dans quelques semaines intitulé « Afterwork », dont ils nous ont d’ailleurs brillamment servi le titre éponyme lors de leur set. Ils délivrent un rock bien énergique. Les riffs sont entrainants, le batteur est très appliqué et concentré, le front man monte souvent sur les estrades faits maison à l’effigie du groupe pour pouvoir encore mieux propulser son énergie au public. Ils vont même se payer le luxe de lancer le premier wall of death de la journée. Nous voilà bien réveillés et bien dedans !

Il n’y a qu’une seule scène, mais les enchaînements entre groupes sont (et seront) très rapides. Après le set de BOTTOMZ UP (il était 19 heures), on se dit que c’est l’heure de l’apéro. Mais à peine la 1ère gorgée de houblon avalé, que les Lillois de BLACK RIVER SONS entrent en scène. C’est un groupe de rock sudiste, formé en 2016, avec un EP à leur actif, « Run Like Hell », et un album, « Poison Stuff ». Mais ne vous y trompez pas, c’est une formation très pro et très propre dans leur style. Ouais ! Bluffé ! On est vraiment transportés. Guitares chaudes, très bonne voix, chaleureuses, et qui sait embarquer son public. Ils ont aussi relevé la délicate mission de faire participer le public aux chants sur 2 voix séparées : les femmes devant suivre le guitariste et chanteur principal, et les hommes l’autre guitariste. Un très bon moment.

Ce sont ensuite LES BREDELERS qui attaquent, tout droit venue de Strasbourg. Fondé en 2005, ils ont 5 albums à leur actif, le dernier ,« Dodekopf », est sorti en 2018. Look un peu glamrock pour le guitariste (impression que j’ai eu sans doute à cause de la couleur très pétante de sa guitare et du foulard qu’il portait à la ceinture), mais c’est bien du rock qu’ils nous servent, et du rock très efficace, avec notamment une très bonne ligne mélodique à la guitare, qui n’hésite pas à partir dans des solos et les aiguës. L’attitude du guitariste fait une grosse part du show. Il se démène, grimace à souhait quand il bende ses cordes, observe plusieurs postures de guitar hero… Une prestation qu’on se régale à voir et écouter.

Arrivent les NO ONE IS INNOCENT ! Kemar, Shanka, Popy, Bertrand et Gaël sont toujours aussi engagés et enragés ! Le groupe a fini de galvaniser une foule déjà bien remontée. Comme la dernière fois que je les ai vus (à la GUERRE DU SON à Landresse en 2019), je trouve pour ma part que leur show n’est pas assez éclairé. Le côté « ombres chinoises » et jeux de lumière donnent un certain cachet, mais c’est quand même sympa de pouvoir bien observer les artistes. Leur set est super rodé, les classiques sont au rendez-vous, comme « « La Peau », « Silencio », et bien sûr leur dernier album, «Frankenstein » (sorti en 2018) n’était pas en reste avec par exemple « La Gloire du Marché ».

A force de bouger de façon survoltée, et de sauter comme Kemar sait si bien le faire, les No One ont-ils réveillé les dieux de l’orage ? C’est malheureusement à ce moment qu’il a commencé à pleuvoir sur le site sans discontinuer. Heureusement, pas à trop fort torrent, rendant l’attente du prochain concert supportable, même si cette météo a fatalement eu raison de plusieurs festivaliers.

C’est OPIUM DU PEUPLE qui rentre pour clôturer. Ces derniers bénéficieront d’une foule plus clairsemée, car la pluie ne s’est pas arrêtée, mais aussi parce que tout le monde n’apprécie pas le métal parodique. Entre jeux de scènes et blagues de transitions (oui, c’est aussi du théâtre auquel on assiste avec OPIUM DU PEUPLE, (voire du cabaret par moment)), le groupe nous balance de bonnes reprises sympathiques et énergiques : « Requiem pour un con» de Gainsbourg avec une base rythmique très appuyée par le duo féminin tambourinant lourdement sur leur toms, solo de batterie avec un blast triple grosse caisse 😂, leur titre « Punkrockollection » (d’après le « Rockollection » de Laurent Voulzy) avec la reprise du riff de SlayerRaining blood »… On se marre bien, mais ça sonne bien aussi.

Fin du set d’OPIUM DU PEUPLE, fin du festival, et fin des SAPINS BARBUS.  Comme dit plus haut, il s’agissait de leur ultime édition. Leur président Jérôme MILLOTTE et le staff montent sur scène pour communier une dernière fois avec le public. On vous aime les SAPINS BARBUS ! Merci à vous et aux artistes pour cette superbe soirée.

Live report et crédits photo : Y.BRED