Samedi 20 juillet.

Landresse nous revoilà ! La guerre n’est pas terminée ! Une partie des guerriers est restée dormir sur place, plantant la tente ou garant le camping-car à coté du champ de bataille. Nous on a refait la route avec plaisir pour retrouver l’équipe de l’organisation de festival. On se sent bien chez vous : Partout, ce sont des sourires qui nous accueillent. Un vrai plaisir.

La 2e soirée commence avec KNUCKLE HEAD. Découverts lors de « Mon Baby Blues Festival » à l’automne dernier, je les attends avec plaisir. La batterie de Jock est installée sur l’avant gauche de la scène tandis que le micro de Jack patiente à droite. Son pied de micro est caractéristique, fait d’une grosse chaîne, ornée à son sommet d’un crâne de ce que je pense être un mouflon, avec ses grosses cornes spiralées et recourbées. Les 2 garçons proposent un set lourd et gras, qui mélange le blues, le rock, la country. On voyage à travers les paysages poussiéreux de l’ouest américain. On croit entendre dans le lointain les Harley vrombir. Non seulement ils ont des « gueules » comme on dit, mais ils ont aussi une présence forte sur scène. Jock ne s’est pas calmé depuis la dernière fois derrière sa batterie, cognant comme un fou… (je ne vois pas pourquoi il se serait calmé d’ailleurs ?!!:-) ) et Jack nous embarque au son de sa guitare et par sa voix profonde. Si vous les avez ratés, allez voir leur clip « Gazoline » extrait de leur dernier album. Un chef d’œuvre : Vous aurez compris ce que je peine à exprimer avec ces quelques mots.

Allez, retour sur la scène B. Aujourd’hui, c’est l’asso Mighty worms qui tient les manettes de la programmation. Cette association Bisontine travaille pour la promotion du Rock, et plus particulièrement de la scène locale, depuis 2003. Ce soir au programme, il y aura tour à tour SOUND OF DUST, LANDSLIDE, DAALE et THE MANIAX.

SOUND OF DUST ne sont eux aussi que 2 sur scène, un batteur et un guitariste. Au programme, quelque chose à mi-chemin ente le rock et le blues, mais un son plutôt efficace. Il n’y a pas grand monde devant la petite scène en ce début de soirée, et pourtant ils font ce qu’il faut pour l’animer, le guitariste descendant au milieu du public le temps d’un morceau. Pas facile de jouer de la guitare et tenir le micro pour chanter en même temps : C’est un fan qui proposera de servir de pied de micro temporaire tandis qu’un autre apportera une bière à l’artiste ! Ambiance vraiment sympa pour ce jeune combo dont je ne connais pas grand chose.

Pendant ce temps en backstage au pied de la grande scène, les membres de POGO CAR CRASH CONTROL s’échauffent ! Quelques mouvements histoire de se mettre en jambe au pied de l’escalier pour les uns, un fond de bière sur la nuque et les cheveux pour Lola, la bassiste, pour se rafraîchir les idées (si si ! Je l’ai vue !! Le houblon, ça doit être bon pour sa jolie chevelure blonde!), et hop ! C’est parti pour un nouveau set bourré d’énergie ! Ça doit être la 3e ou 4e fois que je les vois, et j’ai hâte ! Du bon punk qui envoie !! Ils commencent à avoir une certaine réputation. Leur passage au Hellfest entre autre n’y est sans doute pas pour rien. Les textes, écrits en français, traitent des thèmes actuels tels que le mal-être de la jeunesse actuelle. La musique qui les accompagne est cinglante et leur prestation sur scène décape du feu de dieu ! Et pourtant, ils savent aussi se poser entre deux titres explosifs où ils vomissent toute leur rage, tant par les mots, par le son que par leur jeu de scène. Débute alors une balade aux notes plus douces qui permet aussi au public de reprendre son souffle.

Du coté de la scène B, on pourra découvrir LANDSLIDE, jeune groupe de Indie Rock/Pop’90’s originaire de Besançon (25). C’est le 2e concert seulement ce soir pour ce groupe fraîchement formé : j’imagine le trac !… même si les musiciens sont issus de précédents autres groupes. Suivront un peu plus tard dans la soirée DAALE, trio originaire d’Épinal, qui se classe dans la catégorie Grunge/Rock/Noise, puis THE MANIAX. Eux tournent pas mal dans la région et plus loin. Il paraît qu’ils font du Crossover Rock’n roll ! Je ne sais pas bien ce que cela veut dire, mais en tout cas leur présence sur scène est indéniable. Même si Julian, le chanteur, a quitté sa canne et son chapeau, ils sont tous beaux avec leurs vêtements assortis à leurs jolis nœuds-papillons gris ! Ce coté Circassien, voire freakshow un peu désuet renforce l’image de ce groupe. Et musicalement, on s’évade aussi dans une sorte de fresque mêlant l’étrange et le fantastique au Rock’nroll.

En milieu de soirée, BLACK BOMB A accaparait la scène A. On ne présente plus ces parisiens qui écument les scènes depuis plus de 20 ans, balançant un punk Hardcore qui vous déchausse les molaires ! Spécialistes des Circle Pits et wall of death, ils n’ont pas dérogé aux habitudes, même si à la Guerre du Son, on a fait plus petit que devant des très grandes scènes… mais les fans ne pouvaient pas rater ça bien sûr ! Ça va de pair avec BBA ! L’énergie monstrueuse de ce groupe communiquée à son public et leur style musical font d’eux un groupe à part en France, sur la scène punk.

Allez, je redonne la main à Yannick pour présenter les 2 autres grands groupes de cette 2e soirée : OOMPH! et SHAARGHOT.

OOMPH! C’est un groupe allemand de musique industrielle. Ils chantent en anglais et en allemand. Le chanteur parle aussi quelques mots de français (j’y reviendrai plus tard). Bien qu’ils aient commencé à officier avant (et qu’ils ont même peut-être un peu inspirés) leurs compatriotes de Rammstein, ils sont bien moins connus. Je suis certain que beaucoup les découvraient ce soir.

C’est définitivement un très bon groupe de scène. Par les costumes d’une part : look un peu gothique pour le chanteur (et frontman) Dero, casque souple d’aviateur orné de balles pour le bassiste… Mais également par les différents postures que chacun prendra tout au long du concert, debout sur des piédestals, brandissant les guitares, etc. Et bien sûr par l’incroyable efficacité de leurs titres.

Une intro très martiale avec le titre « TRRR-FCKN-HTLR » (issu de leur dernier album « Ritual » sorti en 2019) qui fait énormément penser… ben à du Rammstein, tant dans la musique que dans le chant. S’enchaînent alors des titres tous plus entraînants les uns que les autres (« Träumst Du », « Jetzt Oder Nie », « Labyrinth », …) où le chanteur tend fréquemment son micro vers le public pour l’inviter à reprendre les refrains. A de multiples reprises, ce dernier se saisit de baguettes pour frapper un tom qu’il a à sa disposition au-devant de la scène.

A un moment du concert une partie du matériel audio s’est arrêté. Les claviers – dont les 2 guitaristes du groupe s’étaient d’ailleurs emparé -mettent plusieurs minutes à rebooter. Pour faire patienter Dero demande à la foule (en français) si ça va ? si ça plane ? puis il entonnera avec le public la fameuse chanson de Plastic Bertrand ! Il slamera d’ailleurs lui-même un peu plus tard sur la foule.

Un groupe définitivement à aller voir et revoir !

Arrive le dernier concert. Il s’agit d’un groupe qui mérite qu’on s’y attarde. Parce qu’ils font la clôture, et parce qu’ils ne sont pas (à tort) encore très connus. Alors profitons-en pour faire les présentations : SHAÂRGHOT. Groupe français, 1er EP (« Mad party ») sorti en 2013, qui distille un métal indus (pour faire simple) énergique, plutôt sombre, et avec des teintes assez martiales.

Shaârghot, ce n’est pas juste une musique efficace. C’est tout un univers qu’ils installent. Imaginez vous un futur proche, ambiance blade runner et cyber punk… Vous y êtes ! Le Shaârghot est le fruit d’une expérience ratée, vivant dans les bas-fonds de la ville, et constituant son armée de fidèles (ses « Shadows ») en les contaminant avec son propre sang. Allez jeter un œil sur leur dernier clip « Z//B » (éventuellement sur un célèbre Hub porno pour y voir la version non censurée) et vous saisirez bien l’ambiance.

Comment transposent t’ils cela sur scène ? Éclairage sombre que transpercent des lumières noires et vertes. Un écran de projection à l’arrière de la scène qui offrira tout au long du set une série d’images collant à l’ambiance survoltée (on y verra notamment des extraits de leur clip « Break your body » où une armée de mercenaires s’attaquent aux Shadows, scène filmée par moment comme dans un FPS, en vue subjective). Tous les musiciens sont recouverts de noir (c’est le parasite qui fait de Shaârghot le Shaârghot), portent des lunettes stylées cyberpunk ou des lentilles phosphorescentes. Le look du chanteur – hormis son chapeau melon orné du “Great Eye” – fait un peu penser à celui du héros de BD RanXerox. Shaârghot, le frontman, est déchaîné et parcourt toute la scène. Il va fréquemment à la rencontre du public pour les contaminer en les marquant sur le front de son parasite, déclenche un wall of death en se trouvant lui-même au point de rencontre des 2 vagues, utilise un bidon pour faire des percussions dessus en intro de leur titre « Azerty », puis le jette dans le public.

Une pause avec leur titre « Regrets » en toile de fond, le temps de mettre un masque en forme d’araignée et c’est reparti pour un tour. Le guitariste Brun’O Klose a équipé sa guitare d’une sorte de bougie fontaine produisant une pluie d’étincelles et de lasers, artifices auxquels il a plusieurs fois recours pendant le set. Le bassiste Clem-X, a un jeu et un style beaucoup plus posé, prenant à un moment le temps de s’allumer une cigarette. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas pour rien que son pied de micro est équipé d’un repose verre où trône fièrement un gobelet de bière. O.Hurt/U, le batteur, a un jeu très efficace, mais malheureusement un peu trop en retrait sur la scène.

Contrairement à d’autres de leurs prestations, il n’y avait pas Scarskin, sorte de souffre-douleur que le Shârghot aime habituellement à maltraiter à coup de clés à molettes ou batte de baseball. Il n’y avait pas non plus les Mantes, créatures montées sur échasses avec des lames de faux en guise de main (sans doute sont-elles restées au Hellfest où Shaârghot a retourné le public 1 mois plus tôt).

Pendant près d’une heure et demie le groupe nous en a mis plein les oreilles et les yeux , et a passé en revue la plupart des titres phares de leur 2 albums (« Vol.1 », et « Vol2 : The Advent of Shadows » sorti il y a tout juste quelques mois). A la fin du set que je n’ai pas vu passer, même impression qu’ils m’ont laissé au Hellfest : Beaucoup dans le public ne connaissaient pas, mais ont été conquis. Bienvenue à vous, « Shadows » !

Merci à Yannick et Franck de m’avoir prêté main forte pour la rédaction de ce report.
Ainsi s’achève la 15e édition de La Guerre du Son. Petit festival par la taille de son infrastructure, mais grand par la qualité de sa programmation, qui devient de plus en plus époustouflante d’année en année. On se prend à rêver sur le chemin du retour d’un Hellfest Comtois d’ici quelques années, là au milieu de cette campagne bucolique… Et pourquoi pas ? Eux aussi ont commencé tout petits à l’époque !

Crédits Photos : Franck Lamberthod, Yannick Bredent, Laurence AMIELH

 

Report par Malo et photos par David Blackheart (sauf 20 minutes de Chaos par Christian Pitot Photographie )

Après une soirée regroupant uniquement des groupes d’Amérique du nord, on attend ce soir des groupes principalement français.

On attaque cette seconde soirée avec 20 Minutes de Chaos, venus de Dijon pour servir un crust de bon cru. Le scream de la chanteuse est déchiré et bien complété par la voix du guitariste. Le groupe maitrise bien l’ambiance de leur musique et arrivent à faire monter les morceaux en intensité pour envoyer la sauce ensuite. Le public est ce soir bien plus sage que la veille et le groupe n’a pas l’air de faire l’unanimité, mais j’ai vraiment accroché. A garder à l’œil, un disque est prévu pour bientôt apparemment.

 

On reste dans l’esprit crust avec les strasbourgeois de Geraniüm. J’avais vraiment accroché lorsque je les avais vus aux PDZ un mois auparavant, je suis donc bien jouasse de les retrouver ici. Leur crust a un côté screamo vraiment épique et déploie une énergie remplie d’émotions. Les morceaux sont assez progressifs, partant de passages calmes qui prennent leur temps pour monter et exploser dans des blasts épiques. Malgré leur similitude, les trois screams se complètent bien et sont à vif. Le set rassemble une majorité de morceaux de leur dernier album. Bien que le public reste encore tranquille, le groupe arrive à déployer une ambiance assez captivante.

« 1 de 2 »

Encore un groupe que j’ai découvert aux PDZ il y a un mois : HØRDÜR. Le trio officie dans un grindcore rapide entrecoupé de passages mid-tempo avec des relents de death metal, et de nombreuses autres influences : powerviolence, crust, hardcore… Il y a à manger pour tout le monde et ça défouraille sec, mais cela ne suffit pas à réveiller le public du Outch! qui fait son difficile ce soir. Les morceaux sont très nombreux et variés et on passe un bon moment de violence musicale.

 

Deathrite ayant (encore) dû annuler sa visite cette année, ce sont les locaux de No Vale Nada qui se chargent du remplacement de dernière minute. Déjà présents l’année dernière, ils avaient joué en plein après-midi, ce qui n’était pas forcément à leur avantage. Leur post-hardcore très sombre et brut se prête beaucoup plus à la pénombre. La formation est assez originale : un batteur, un guitariste avec un son unique et un mec aux machines, qui hurle de manière aigue et screamo. Les breaks sont lourds et une atmosphère tendue se tisse tout au long du set, renforcée par l’absence de pauses et de communication avec le public. Venus présenter leur dernier album, le set est composé principalement de titres de celui-ci. Le coté noise et dissonant apporte un certain malaise plombant l’air de la salle, tranché par les mélodies de guitares. Parmi la dynamique du jeu light immersif, un spot fixe éclaire le guitariste tout le long du concert. Amateurs de Birds In Row et autres joyeusetés du genre, ruez-vous sur leurs sorties.

 

C’est ensuite la tête d’affiche de ce soir, qui a fait venir pas mal de monde : Black Bomb A, gros nom du hardcore français. Si ce n’est pas le genre de musique que je préfère sur CD, le live m’a bien convaincu. On a ici un gros hardcore à deux voix, un scream grave et un suraigu, du groove et un jeu de scène plein d’énergie. Le chanteur imberbe/aigu saute dans tous les sens, s’accroche au plafond et transmet pas mal d’énergie à tout le monde. Bon, il chante aussi des refrains mielleux aux relents de metalcore des années 2000, mais le reste de la prestation éclipse ces moments qui sonnent un peu comme une purge à mon oreille. Le public se déchaine enfin, enchainant circle pit et wall of death, l’un d’eux sur le son de sirènes de polices. L’ambiance est aux pogos, les chanteurs venant parfois se mêler au public. Un concert qui aura ravi le public qui aura rempli une bonne partie de la salle pour l’occasion.

 

Pour finir, quoi de mieux que le grindcore ? Le goregrind bien sûr ! Rectal Smegma, venus des Pays Bas, viennent pour donner un final en beauté au Outch! Un bon moment de rythmiques groovy et blasts crasseux, bête et méchant mais toujours marrant. Le chanteur, musculeux et torse nu, a une sacrée énergie et envoie du bois tout le long du set sans paraitre fatiguer. Le guitariste est un peu plus en retrait sur le coté de la scène mais la connivence avec le batteur fait que la musique à beau avoir l’air débile, c’est plutôt bien foutu et carré. Sur le dernier titre, un gars du public monte sur scène pour prendre le micro, sans savoir quoi faire avec. Le chanteur va s’accouder à l’ampli derrière et le regarde, l’intimant de se débrouiller seul dans sa connerie jusqu’à la fin du concert.

Au final, le Outch! aura été un super moment, tant l’orga et l’ambiance étaient géniales. La bouffe et les bières y sont bonnes, la programmation est excellente et les gens y sont sympa. Merci l’orga, qui a réussi à relancer le festival malgré la fréquentation faible l’année dernière, en gardant une qualité équivalente. A l’année prochaine du coup !


 

Agnostic Front + Black Bomb A + Hateful Three au Moloco le 4 novembre 2018
Ce soir pas de live reporter, juste Dorine notre photographe qui, comme d’habitude, nous régale avec ses photos qui vous font presque sentir la sueur dégagée sur scène !

• AGNOSTIC FRONT • [NY Hardcore]

Depuis le festival Impetus en 2010 et son concert à l’Atelier des Môles, la légende du hardcore new yorkais Agnostic Front n’était pas revenue dans le Pays de Montbéliard. Ce sera chose faite à l’automne avec un plateau d’exception réunissant la bande à Roger Miret et un groupe mythique de la scène métal française : Black Bomb A.
Agnostic Front, c’est plus de trente ans d’existence et 11 albums au compteur. Pionniers du mouvement punk-hardcore New-Yorkais, les vétérans du groupe n’ont rien perdu de leur rage contestataire.

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• BLACK BOMB A • [Metal]

Les inusables Black Bomb A arpentent les routes de France et d’Europe depuis plus de 20 ans afin de délivrer leur fricassée de punk, de hardcore, de metal aux petits oignons. Une musique moderne, efficace et sans compromis. Avec un nouvel album en poche, ils font leur grand retour (attendu) dans le Pays de Montbéliard pour ce dimanche après-midi automnal pas comme les autres au Moloco…

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• HATEFUL THREE • [Metal]

Pour ouvrir la soirée, place aux locaux de Hateful Three. Trop Thrash pour les Punks, et trop Punk pour les Thrashers, les Hateful Three envoient un Crossover à l’ancienne en provenance des bas-fonds de Montbéliard !