On s’éloigne fortement de la région, mais ça fait un petit moment que je surveille ces petits (euh grand … ils sont rugbymen je voudrais pas me faire aplatir) Gascons ! Avec la sortie du nouvel album, j’ai enfin l’occasion de leur parler de la région et de son histoire !

1/ Difficile de commencer une interview sans une courte mais précise biographie, d’autant plus que nos compatriotes francs comtois ne vous connaissent certainement pas, alors quand ? qui ? mais pourquoi ???

 Baptiste : Bon, je vais faire un « copier-coller » éhonté de notre biographie officielle mais comme on nous la demande à chaque fois, ça m’évite de galérer à tout retaper sur le clavier avec mes gros doigts de viticulteur (rires)

« Boisson Divine est le projet musical de deux amis d’enfance, qui se sont rencontrés sur les bancs du collège, dans un petit village rural de la Gascogne Armagnacaise nommé Riscle. Leur style est un mélange un peu improbable de tout ce que les musiciens affectionnent :

Une base Heavy/Power Metal, l’énergie du Punk-Rock, les instruments traditionnels de leur région, la polyphonie pyrénéenne et tout cela, chanté majoritairement en langue Gasconne. Au fil des années, sans rien préméditer, ils réalisent qu’ils ont accumulé assez de compositions pour pouvoir sortir un album. Ils s’attèlent donc à la tâche et en 2013, sort leur premier album « Enradigats », Contre toute attente -et surtout la leur- le succès critique est au rendez-vous et les chroniques élogieuses se multiplient.

C’est alors que les demandes de concerts affluent. Ne pouvant pas se produire en live, par manque de musiciens, le groupe va progressivement remédier à ce problème. En deux ans le duo va devenir sextet. Ils commencent à faire leurs premières armes, en local, dans le milieu Occitanophone -très friand de leur démarche linguistique- sans toutefois jamais jouer devant un public typé Metal. Petit à petit le côté scénique prend de plus en plus d’ampleur dans la vie du groupe.

Leur deuxième album « Volentat » sort début 2016, plus mature et plus recherché, cela marquera un tournant et permettra au groupe d’enfin jouer dans le milieu Metal dans toute la France , en Belgique et au Japon, pour de très jolis festivals (Ragnard Rock, Cernunnos, Sama’Rock, Trolls et légendes, Paris Metal France Festival, Pagan metal horde…).

Jouant sur plusieurs tableaux et armés d’une motivation sans faille, ils sortiront leur troisième opus « La Halha » le 27 mai 2020. Un album encore plus adulte, personnel, avec un large panel d’influences et une richesse musicale encore plus étendue tout en restant fidèle à leurs racines, leur côté accrocheur et entraînant. »

2/ Nous voilà maintenant bien plus au courant, on peut largement se pencher sur ce 3ème album qui sort en ce mois de mai, et au vu du titre, je me pose la question, pourquoi ne pas l’avoir sorti pour le solstice d’été ?

La Halha (prononcé la Haille, avec le H sonore), c’est le grand brasier, feu de solstice, issu d’une tradition multi-séculaire, toujours perpétuée aujourd’hui sous sa forme Chrétienne (Halha de Nadau, Huec de la Sent Joan).

Et bien, nous avions prévu de sortir l’album le 21 décembre 2019 pour le solstice d’hiver car ça aurait eu beaucoup de gueule, mais bon on a pris trop de retard et on a été quelque peu ambitieux en annonçant cette date de sortie. On ne pensait pas le sortir aussi tard au début mais c’est vrai, tu as raison, quitte à être bien à la bourre et branleurs on aurait pu attendre le solstice d’après (rires) Mais bon, les gens ont trepigné assez longtemps, ce suspense insoutenable devait finir et vite !

3/Votre album m’a vraiment poussé à beaucoup fouiller le net pour comprendre chaque morceau, j’en parle beaucoup dans la chronique, mais si tu peux revenir sur quelques titres que j’ai eu plus de mal à comprendre

« Suu camin estelat » : Elle parle des gens de chez nous qui sont partis, nombreux, aux Amériques, pour chercher une vie meilleure, participer à la ruée vers l’or ou tout recommencer à zéro. Elle est inspirée du poème « Enlòc de casa » du béarnais Michel Peyresaubes. Musicalement, c’est bien un banjo que l’on entend au début (pour revenir sur ta chronique), je sais que vous avez toujours le doute, vu les instruments peu communs que l’on utilise mais là c’est bien du banjo 6 cordes que l’on joue sur l’intro et le solo. Un banjo de tricheur selon les puristes du bluegrass, une escroquerie intégrale car un banjo : c’est 4 ou 5 cordes selon le forum « extreme banjo for extreme people »

« la sicolana » : Bon, tout est parti d’une connerie. Une sicoulane, c’est un petit lézard. Quand les chats font des cures de lézards l’été, ils maigrissent beaucoup et on dit qu’ils ont attrapé la sicoulane, comme une maladie. Du coup, on a détourné le terme pour désigner des personnes extrêmement maigres qui n’arrivent jamais à grossir. La chanson parle d’un pèc (un fou, un huluberlu) du village à qui il arrive misère sur misère de par sa condition physique. Bon ce n’est clairement pas le texte le plus intelligent que l’on ait pu proposer mais il faut savoir rester créatif, même dans la connerie (rires).

« un darrèr cop » : C’est une poésie qui parle de fin de cycles. Chacun se fera sa propre interprétation, je ne souhaite pas imposer un sens précis aux gens. Ah que ça fait artiste mystérieux et conceptuel de dire ça. Tout ça pour masquer le fait que j’ai écris n’importe quoi, n’importe comment (rires). Non, je plaisante évidemment, c’est une très jolie balade.

4 /Les autres morceaux sont vraiment ancrés dans l’histoire Gasconne et j’ai pris plaisir à découvrir l’histoire de Bernadotte par exemple que j’avais survolé il y a fort longtemps. Pareil pour le chevalier de Xaintrailles. On découvre une Gascogne guerrière, fière de ses traditions, par moment berceau du monde avec la Dame de Brassempouy (un morceau de votre précédent album). Qui s’occupe des paroles dans le groupe et comment se fait le choix d’aborder tel ou tel histoire ?

Déjà, merci à toi de d’être intéressé à nos paroles et d’avoir creusé. Plus de gens devraient prendre exemple sur toi (rires). Nous sommes plusieurs à écrire les paroles, les thèmes viennent naturellement, nous abordons ceux qui nous plaisent vraiment. Cet album est très axé histoire et mythologie. S’il est vrai que Stille Volk -par exemple- a bien exploité le côté mythologique il est toujours intéressant de se replonger dans ces vieux mythes qui ont bien plus à dire qu’une lecture simple ne pourrait le laisser présager. Chaque mythologie est une déformation de celles qui l’ont précédée, et si l’on remonte le fil on se rend compte par analogie, que ces récits – même s’ils sont adaptés de façon locale – peuvent nous avoir été transmis depuis l’aube de l’humanité, par des civilisations disparues ou très éloignées de nous. Ces mythes qui ont trait aux événements primordiaux d’ordre cosmologique sont en quelque sorte la mémoire de l’humanité et peuvent contenir des interrogations essentielles : qui sommes nous ? d’où venons nous ?pourquoi sommes nous là ?…

Côté historique, c’est un boulevard qui s’offre à nous puisque (quasiment) aucun projet musical contemporain ne traite de l’histoire de la Gascogne. Nous adorons ces thèmes bien entendu mais c’est aussi pour nous l’occasion, au fil des albums, de participer à l’écriture du « roman national Gascon », qui n’existe tout simplement pas. Nous ne nous sentons pas investis d’une mission particulière, mais si nous pouvons redonner la mémoire et les clefs de leur histoire aux Gascons, c’est toujours ça de pris. Il y a beaucoup de travail à effectuer de ce côté là car l’histoire que l’on nous inculque à l’école de la  république est celle de la France et au final ne nous concerne que très peu. De plus elle est souvent fausse, et partisanne.

Personnellement je me souviens que mes notes en histoire au lycée ont commencé à décliner quand je me suis vraiment intéressée à celle-ci (rires). Notre histoire ce n’est pas Hugues Capet, Clovis, les mérovingiens ou les Gaulois. Notre histoire, c’est Bernadotte, Gaston Fébus, les Ducs d’Aquitaine, les Vascons…

Un peuple sans passé et sans mémoire n’a pas d’avenir. Il nous faut nous réapproprier les nôtres. 

5/Malgré le sérieux évoqué plus haut, vous savez aussi décompresser avec des titres plus légers, le premier de l’album en est la preuve même si le vegan que je suis ne s’y retrouve pas trop … mais alors vraiment pas, ne vous inquiétez pas, on se retrouvera facilement sur la boisson par contre, « Quin braguèr » fut d’ailleurs sûrement un clip bien épique à réaliser. Pour ce nouvel album nous n’avons eu que des vidéos avec les paroles, un clip est-il prévu ? sur quel titre ?

Le fait que tu ait pu profiter du premier titre malgré tes convictions montre une belle ouverture d’esprit (rires). Après, ça parle d’élever et de tuer un cochon par an -de manière absolument artisanale-  pour nourrir une famille entière. Voilà qui est bien éloigné des méthodes industrielles que vous avez raison de dénoncer. Mais n’en parlons pas plus.

Oui, le clip de Quin Braguèr à été très épique à réaliser. C’était une soirée pour fêter mon départ pour vinifier quatre mois en Nouvelle Zélande, donc on a tout lâché cette nuit là (rires). C’était facile à faire, ça ne nous a rien coûté et on s’est vraiment bien amusés…enfin, heureusement que les images sont là pour nous le rappeler rires)

Il y aura un clip pour la chanson Libertat, plus sérieux car le troisième album est celui de la maturité, c’est un cliché bien connu mais qui a ses fondements. L’intégralité de l’album sera aussi disponible sur notre chaîne youtube, en version lyric vidéo. Sous titrages en Anglais et Français, sur le modèle de ce que l’on a réalisé jusqu’à maintenant. On accorde un point d’honneur à ces traductions car personnellement j’ai beaucoup appris du Gascon via la musique. C’est un excellent média pour apprendre ou renforcer ses compétences dans une langue.

 

6/les influences sont multiples et c’est toi Baptiste qui l’a évoqué dans une autre interview, contrairement à certaines chroniques que j’ai pu lire parfois, je ne vous vois pas du tout dans les cases qu’on a pu vous attribuer, rien de pagan, de folk et autres trip à la sauce troll. La base de votre musique est belle et bien Rock avec de grosses orientations heavy ! Me trouves tu fou si je trouve que votre style peut se rapprocher de ce que faisait Matmatah à ses débuts ?

Et bien honnêtement, à part le titre « Lambé and dro », je ne connais absolument pas Matmatah. Je ne saurais juger donc de ta folie (rires). Notre musique et un savant mélange entre des groupes comme Iron Maiden, Los de L’Ouzom, Helloween, Nadau, Edguy, Sum 41…sur le papier c’est incohérent mais en écoutant l’album cela devient plus probant. Mélanger des éléments aussi variés sans que se soit indigeste est comparable au travail d’un vinificateur aiguisé ou d’un brasseur aventureux. Mais tout cela coule de source, très naturellement pour nous.

7/Pour vous avoir vu jouer en live au feu Ragnard rock Festival (rends les runes ragnar), il faut avoir de la merde dans les yeux pour ne pas se rendre compte qu’il vous faut peu de temps pour faire rentrer le public dans votre univers, moi le premier, il m’a fallu 2 titres pour bouger et remuer (et pourtant je n’avais pas trop bu), êtes-vous des accros des concerts ? D’ailleurs qu’avez-vous pensé de votre tournée au Japon ? Un petit mot aussi sur le gâchis Ragnard rock.

Et bien c’est vrai que les gens nous font souvent la réflexion suivante après les concerts « on voit vraiment que vous êtes un groupe de scène et que votre musique est taillée pour ça ». C’est très gratifiant car c’est totalement faux (rires). Quand nous avons sorti le premier album nous n’avions jamais joué en concert et nous n’avions même pas pensé à la suite. C’est parce que les organisateurs nous ont fait des propositions et que nous en avions marre de les refuser que nous avons commencé à véritablement faire des concerts sous notre forme actuelle en 2015. On ne connaissait vraiment rien à la scène au début et cela se voyait dans le regard atterré des premiers techniciens sonores qui ont eu le malheur de croiser notre route aux débuts (rires). Mais rapidement, on a trouvé l’alchimie et la sauce à commencé à prendre. Il est vrai que nous ne sommes pas des machines de technique et nos représentations comprennent leur lot de tempos étirables, solos mixolydiens involontaires, jets de baguettes pendant les breaks…mais le gens sont très conciliants avec nous et viennent chercher autre chose qu’une prestation ultra carrée. On leur donne ce que l’on sait faire de mieux : de la spontanéité, une grosse énergie, de la bonne humeur. Nous ne faisons qu’entre 10 et 15 concerts par an mais nous nous choisissons les bons. Le pragmatisme Gascon !

Concernant le Japon, c’était fantastique tu te doutes. C’était la première fois que l’on quittait le territoire national et quelle expérience inoubliable ce fut! Une organisation millimétrée, des gens d’une gentillesse extraordinaire, un public très dévoué. A peine arrivés à Tokyo, on nous offrait des cadeaux et on signait des CD sans avoir joué la moindre note. Lors du concert, des personnes au premier rang chantaient les paroles en Gascon phonétique, ça fait quelque chose, crois moi! A la fin de la première journée on était déjà sur notre petit nuage. Un autre monde quoi.

Le reste a été du même acabit et on a mis du temps à atterrir une fois rentrés de cet improbable périple.

Je te conseille ces deux vidéos qui retranscrivent bien l’ambiance de la tournée.

https://www.youtube.com/watch?v=KDt_L_KdXc8&t=18s https://www.youtube.com/watch?v=QAOnCb9XMw4&t=1042s

Concernant le Ragnard Rock : C’était la première fois qu’on sortait de chez nous, qu’on jouait devant un public Metal, qu’on côtoyait les groupes en haut du pavé, qu’on jouait devant autant de monde…Bref, un sacré dépucelage scénique. En tout et pour tout, on avait du donner moins de dix concerts ensemble. C’était quasiment un coup de bluff. On a foiré deux fois notre introduction (notre sonneur qui n’a pas entamé le bon morceau ahah) et on a blagué en faisant croire au public que c’était des problèmes techniques…ce qu’ils ont tous cru sans sourciller étant donné que la sono avait sauté plusieurs fois la veille. Le concert à été fantastique et après notre prestation fort appréciée, il ne va pas sans dire que le reste du festival fut quelque peu ethylé pour nous, même si dans ce domaine, de sérieux clients venus d’Europe de l’est nous ont donné du fil à retordre. Notre batteur en fera les frais, subissant une PLS acromio-claviculaire.

Mais, cette deuxième édition du festival fut malheureusement la dernière et Ragnard ne rendit jamais les runes…Un total gâchis car le festival était génial et les gens étaient vraiment très attachés à lui malgré les bourdes d’organisation. Cela c’est tristement fini sur une enculerie générale. Les fans l’ont encore en travers, leur déception étant aussi grande que le plaisir qu’ils y avaient pris les années d’avant.

En tous cas nous en avons bien profité, en gardons un excellent souvenir, on a touché notre cachet (rires) et c’est à partir de là que les choses se sont accélérés pour nous.

8/L’album va bientôt sortir chez Brennus, allez vous le défendre en live, même si on est bien d’accord que pour le moment la situation est bloquée ?

Nous n’avions pas prévu beaucoup de concerts pour des raisons professionnelles, car nous avons beaucoup d’échéances importantes personnellement en dehors de la musique cette année. Mais bon là, autant dire qu’on va très probablement faire une année blanche ! On essaiera de se faire une bonne petite année 2021, niveau concert, pour rattraper tout ça !

9/Pour le touriste que je suis, que me conseillerais tu si je viens par chez toi ? j’avoue, je suis venu pas loin mais je suis resté dans le pays basque. En passant, où a été prise la photo de promo ?

Et bien je te conseille de venir chez moi, au « Gîte du domaine Piron » qui va bientôt ré-ouvrir, sur ma propriété viticole à Riscle (32400). Tu seras en bonne position pour aller visiter les vignobles de côtes de Gascogne, Madiran, SaintMont, Armagnac, goûter tous nos excellents produits régionaux et visiter nos vieilles bastides (Termes d’Armagnac, Larresingle…). Les Pyrénées et l’Atlantique sont à une heure et demi à peine. Et surtout tu auras la primeur de voir notre salle de répétition et notre « studio d’enregistrement ». Après niveau nourriture, c’est très riche mais ça va être compliqué de te faire goûter les spécialités, vu ton régime alimentaire. Notre gastronomie est basée sur le canard…mais bon il y a aussi de très bons maraîchers dans le coin ! On peut trouver de quoi faire.

La photo promo a été prise à la croix de Béliou (représentée sur la pochette, tombe de Milharis selon la légende) à la fin de la randonnée menant à celle ci (vous verrez cela dans le clip).

10/Même si nous sommes loin, saches que notre blason comporte lui aussi un lion, un simple hasard ? pour la charcuterie, on est pas mal non plus … et pour l’alcool je n’en parle même pas ! donc je pense qu’il serait bon que vous veniez vous perdre dans nos montagnes ! En tout cas merci de vos réponses et à’t dabàn (j’ai bon ?)

Presque : En Dabàn ! Cela nous ferait très plaisir de venir découvrir votre coin et vos montagnes, même si c’est joué d’avance : ça ne vaudra pas les Pyrénées (rires). On va essayer de caler tout cela ensemble pour l’année prochaine du coup ! Merci à toi pour l’entretien et la chronique et j’espère que l’on pourra rencontrer les lecteurs de Metal Franche Comté en chair et en os l’année prochaine !

Adixatz e dincà las purmèras valents !

Voir la chronique

BOISSON DIVINE – La Halha

 

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On commence toujours nos interviews par une bonne présentation, histoire de savoir à qui on a à faire ! Alors qui êtes vous ? (ou tu si t’es tout seul pour répondre)

Tout part d’une bande de potes réunis autour d’une passion commune, familiers de festivals et autres concerts métal. C’est donc naturellement qu’est née l’envie d’organiser un événement convivial fondé sur notre propre expérience, à domicile.

Un festival à Mouthe qui s’appelle le MaMouthe, franchement je suis surpris que personne n’ait eu l’idée avant ! Alors qui a eu cette idée ?

Les bases étant posées, après moult tergiversations animées, le nom du MaMouthe s’est imposé. Une référence à un animal puissant s’épanouissant dans le froid, quoi de plus approprié à Mouthe ? La fameuse petite Sibérie.

Donc un festival, un de plus me dirait-on, mais qui a lieu en hiver, là on est un peu plus original ! Qu’avez-vous prévu pour réchauffer l’ambiance (pour ce qui est du réchauffement climatique, j’ai bien quelques idées à citer), bière locale ? qu’est ce qu’on mange ? végé ?

Pour cette première édition, nous jouons également les cartes du terroir et de la proximité. Terroir : nous aurons principalement au menu des tartines de raclette (que les végétariens pourront demander sans jambon si nécessaire).

Pour la bière c’est une artisanale des Alpes (Aix les Bains), La bière des Cimes

D’ailleurs, tiens, soyons fou, mais après tout en tant qu’habitant de la région qu’on appelle quand même la petite sibérie, trouves-tu aussi que le changement climatique est en train de vous atteindre ?

Bien entendu, jouer la carte du froid alors que le réchauffement climatique se fait de plus en plus ressentir, pourra sembler hasardeux à certains. Mais ne nous égarons pas ! Le but final est de partager ou de faire découvrir ce genre d’ambiance bonne enfant. Convivialité est le maître mot.

Une affiche presque locale, entre Heavy Metal et musique locale, qu’est ce qui vous aidé dans vos choix pour trouver les groupes de cette première édition ?

Proximité : nos choix se sont arrêtés sur des groupes essentiellement locaux, dans l’esprit de Metal in Franche-Comté. A noter également que nous n’avons pas lésiné sur la qualité de la sonorisation.

Bon courage pour votre première date !

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Nasty, je connais ton parcours… mais il est intéressant que nos lecteurs sachent ce qui t’amène dans notre webzine. Qu’est-ce qui te pousse à multiplier les projets ?
J’ai toujours voulu établir des ponts entre la musique, la littérature, le cinéma et la bande-dessinée. De ces divers mediums, je puise mes influences. Bien sûr, au début, quand j’ai fondé mes premiers groupes, il n’était principalement question que de musique, même si j’ai toujours été un gros lecteur et un fan de cinéma… mais la première étape était celle de jouer des concerts, d’essayer de partir en tournée et d’enregistrer des disques avec mes groupes. Puis, au fil du temps, tout est entré en collision, tout s’est interconnecté. J’ai écrit dans des fanzines – ceux que je publiais, puis dans d’autres titres par la suite, édités et publiés par d’autres -, j’ai publié quelques livres, j’ai bossé pour la presse culturelle (je pige encore pour le magazine New Noise), j’ai animé des podcasts, organisé des concerts, mis en place un ciné-club, tout en continuant à jouer dans des groupes (une quinzaine au total en vingt ans de « carrière »), à sortir des disques tous les ans et à être sur la route pour en faire la promotion. Ca fait vingt ans que j’ai sorti mon premier disque, et depuis, j’ai joué sur environ 25 albums (sans compter les EP, les splits, les compilations, etc.), et j’ai dû faire environ 1 200 concerts en France et dans le reste de l’Europe. C’est un tout. Chaque facette de mes activités se nourrit d’une autre facette. Et, au fil des années, j’ai davantage creusé le sillon de la presse, de l’édition et plus globalement de « l’écrit ».

Tu mentionnes des livres, et comme je t’en ai pris un récemment, on va parler de celui-là… car il parle d’un totem que les métalleux connaissent bien : le premier T-shirt de groupe acheté. Ce livre lui rend hommage et ce sont des acteurs du milieu musical et/ou du fanzinat qui en parlent. Qu’est-ce qui t’a poussé à lui consacrer un livre ?
Le postulat du livre se base sur un thème très simple, qui donne de la matière à des récits attachants et nostalgiques : la fameuse « toute première fois ». Cela peut être le premier concert, le premier disque acheté, la première petite copine, le premier tatouage, la première fois que l’on expérimente une drogue, et bien d’autres idées de ce genre… j’ai trouvé que le premier T-shirt de groupe acheté pouvait drainer son lot d’anecdotes sympathiques et qu’il reflétait une époque révolue : quand les T-shirts étaient très durs à se procurer et qu’il fallait parfois se contenter de ce qu’on trouvait, selon un contexte personnel précis pas toujours favorable à l’achat de ce genre de chose. Une tranche de vie, faite de souvenirs et d’anecdotes. Une évocation du passé basée sur des bornes culturelles générationnelles que l’on a tous plus ou moins connues ou partagées, pour peu que l’on ait à peu près le même âge. Vingt cinq auteurs pour vingt cinq textes, un bel échantillon de plumes intéressantes dans le milieu musical et culturel alternatif français. Chacun racontant sa propre histoire liée à son premier T-shirt de groupes achetés. Des auteurs, des journalistes, des musiciens, des illustrateurs, des fanzineux et bien d’autres se penchent le sujet, avec ce que ça implique derrière… un bond dans le passé vertigineux et la sensation que le monde a énormément changé ! Je précise que les auteurs sont issus de plusieurs générations, certains ayant acheté leur T-shirt dans les  années 70, d’autres dans les années 80 et 90. Et effectivement, il y est souvent question de groupes affiliés au genre hard rock, thrash, death et plus globalement metal… même s’il y a aussi pas mal de groupe punk et « grunge » qui sont représentés. Le livre a très bien fonctionné, et a bénéficié d’une belle revue de presse sur les medias culturels français à l’échelle nationale.  Il est aujourd’hui épuisé.

Et qu’est-ce qui t’a amené à co-écrire un livre sur la scène thrash/death française ?
Je suis de la génération qui a vu exploser les courants thrash et death à la fin des années 80 et au début des années 90. J’ai été bercé par tous les groupes qui sont à l’origine de ces styles. Forcément, ça a eu un impact énorme sur moi. J’adorais le speed metal, le thrash, le crossover et le death metal… la musique, l’imagerie, le côté radical tout en étant ultra bon esprit, le pont qu’il y avait entre ces styles et le cinéma d’horreur/gore, les comics américains, les auteurs du genre Stephen King/Lovecraft/Clive Barker/Matheson, etc., ainsi que les vieilles BD d’horreur et de science-fiction. Le thrash et le death metal étaient liés au trip vidéo-club, aux premiers jeux de rôles, et à tout cet univers fantasmagorique qui nous faisait chavirer, mes potes et moi. Il y avait également un petit lien avec ces scènes et le punk et le hardcore, c’était une vision radicale et extrême en complète réaction envers le hard-rock de base, que même les mecs issus de la vieille garde heavy metal et classic rock/hard rock ne comprenaient pas et n’aimaient pas. C’est vraiment tout ça que j’appréciais dans ces styles. Et on en revient à ce fameux « contexte », qui est tellement important pour moi, et qui fait que de nos jours, là tout de suite maintenant, ces genres ont vraiment perdu de leur superbe et de leur signification… c’est toute une période qui n’existe plus, tu ne peux tout simplement pas retrouver cette saveur avec des groupes qui font la même chose presque quarante ans après la guerre, mais sans cette sacro-sainte substantifique moëlle.
Aucun livre sur le sujet n’existait en France. Les scènes thrash et death originelles américaines, anglaises et suédoises ont été archivées dans plusieurs très bons livres… on a voulu (avec Jérémie Grima, qui a co-écrit le livre avec moi) tout simplement faire la même chose avec la scène française, qui a bien sûr eu beaucoup moins d’impact que certaines autres scènes à l’international, mais qui a quand même eu un effet non négligeable sur les ados de ma génération. Et surtout, elle a essuyé les plâtres pour les groupes français des générations suivantes, qui eux s’imposeraient un peu plus facilement en dehors de nos frontières (Gojira, etc.) … on a donc procédé suivant le principe de l’histoire orale, c’est-à-dire que ce sont les acteurs de l’époque qui racontent leurs propres histoires/trajectoires, en nous ramenant à cette époque. On a donc fait un gros travail de recherche et d’interviews des groupes de l’époque, – petits et gros -, mais aussi des journalistes, des fanzineux, des illustrateurs, des organisateurs de concerts, etc. A l’arrivée, Enjoy the Violence est un pavé de 400 pages, bourré d’entretiens et de centaines de visuels, affiches, flyers, pochettes de disques, photos d’époque, un travail étalé sur 4 ans a été nécessaire pour arriver à bout de ce chantier. Il y a déjà eu trois tirages (depuis sa sortie en mars 2018), le livre est aujourd’hui épuisé… mais il va être réédité durant le premier trimestre 2020.

Attaquons ton activité musicale plus que remplie !!  En préparant les questions, j’essayais de trouver quel était ton groupe principal mais je ne suis pas vraiment sûr… j’hésite entre PrisonLife et Demon Vendetta ? Partons de ces deux là, que représentent ces deux groupes pour toi tant musicalement, que moralement ? Et profites-en pour nous parler de tes différents projets…
Je ne mets pas de priorités sur tel ou tel groupe. Il n’y a pas d’échelle de valeur entre mes différentes activités musicales (et même entre mes autres activités, car tout est lié). Tous les groupes dans lesquels j’ai joué – une bonne quinzaine en un peu plus de vingt ans – ont eu la même importance.  Certains ont eu plus de « succès » que d’autres, ont été un peu plus exposés, ont sorti plus de disques, ont fait plus de concerts, ont connu plus d’expériences et d’aventures que d’autres, mais tous, au départ, sont approchés avec la même volonté de faire les choses correctement et surtout comme je l’entends. Même si ce n’était pas forcément dans les mêmes styles, ou que je jouais de la guitare ou de la basse. Les deux groupes que tu cites sont ceux dans lesquels je joue actuellement… mais comme je l’ai dit, je joue sur pas loin de vingt-cinq albums, et j’ai commencé à tourner il y a une grosse  vingtaine d’années. Certains me connaissent donc à travers tels disques ou tels groupes, et ne savent même pas forcément que j’ai joué dans d’autres groupes ou que j’ai une plusieurs « vies » musicales. J’ai joué dans Second Rate (guitare), un groupe qui a plutôt bien fonctionné à la fin des années 90 et au début des années 2000 (punk rock mélodique/indé), ensuite j’ai joué dans Hawaii Samurai (basse), puis Lost Cowboy Heroes (guitare), puis Hellbats (basse), puis The Last Brigade (un groupe de Nîmes, à la basse), ensuite j’ai collaboré avec des groupes étrangers, Dumbell (un groupe américain, de Detroit) et Simon Chansaw (un Australien, vivant au Brésil) puis j’ai fondé d’autres groupes, comme The Black Zombie Procession (thrash crossover/horror core), Demon Vendetta (surf music/horror core), Cab Driver Stories (indie rock/power pop) et très récemment PrisonLife (hardcore metal), et il y en a eu quelques autres. A chaque fois c’est une histoire à part entière, avec des disques à la clé et des tournées, des collaborations avec différents labels, etc., souvent dans des « scènes » plus ou moins différentes.
Pour ce qui est de Demon Vendetta, le groupe existe depuis 8 ans et a sorti 3 albums (ainsi qu’un split LP et un 45T), le dernier album vient de sortir (fin septembre 2019) et on sera sur la route en janvier pour un tournée française de 15 dates environ. Ça sera la toute dernière tournée. Pour PrisonLife, c’est mon groupe le plus récent, formé il y a deux ans seulement… et c’est le seul groupe « local » dans lequel je joue, car on est tous de Besançon… concernant les autres groupes, je joue souvent avec des musiciens qui ne sont pas basés dans la région. Pour Demon Vendetta, par exemple, le batteur vit  côté de Genève et le bassiste circule entre Paris et Lyon.
Je n’ai pas de « projets »… ce terme qui a remplacé ces dernières années  le mot « groupe ». Je joue dans des « groupes ».  Un groupe, c’est une aventure humaine, avec un début et une fin, des disques et des tournées, avec tout ce que cela comporte comme difficultés et sensations – bonnes ou mauvaises – pour arriver à mettre sur pied ce que l’on a en tête, tant musicalement que dans l’organisation du groupe en question.
Pour rester dans le domaine musical de mes activités, je suis en ce moment même en studio pour finir de mixer mon premier album solo, constitué uniquement de reprises de morceaux importants pour moi, des trucs que j’écoutais dans les années 80 et 90.

Et bien parlons justement de ce dernier groupe et des groupes qui t’ont influencé ? Quand sortira-t-il ? Sur un label ?
Alors, ce n’est pas forcément des groupes qui m’ont (musicalement) influencé (quoique… il y a forcément des traces indélébiles dans mon univers musical ici et là), mais plutôt des groupes avec lesquels j’entretiens une longue histoire, depuis longtemps, que j’ai beaucoup écoutés à des périodes données et qui sont liés à certains évènements dans ma vie, et sur lesquels j’ai énormément de souvenirs. J’ai mis de côté les musiques plus extrêmes (metal sous toutes ses formes, hardcore, etc.) pour privilégier l’aspect plus « rock » et « song writing », voire punk rock, pour une histoire de cohérence… j’ai toujours eu des goûts éclectiques, j’écoutais du thrash, du crossover et du death metal fin 80 et début 90, mais j’écoutais aussi d’autres choses, plus rock et plus pop… je pouvais sans problème passer d’Entombed à Echo and the Bunnymen et de Sadus aux Smiths.
Ce disque de reprises sera accompagné d’un petit livre d’une soixantaine de pages dans lequel il y aura un texte par morceau, qui remettra en contexte les choses qui me lient aux chansons choisies.  Le disque sortira sous le nom Nasty S’ and the Ghost Chasers, et il est plus que probable que son titre soit Waiting for the Last Gasp of my Generation. Ca sortira en 2020, probablement avant l’été, sur le label Disgracelands Records, qu’un pote a monté spécialement pour sortir ce disque.

Tu as participé au documentaire de l’ami Jean Phi, « Les Disparus de la Photo », tu y abordes la musique, le DIY, etc. ; Qu’est-ce qui t’a motivé à venir en parler dans un reportage, es-tu d’accord avec son idée que le rock est mort ?
Jean Phi’ a contacté les personnes de son entourage proche ou lointain, qu’il connaît depuis plus d’une vingtaine d’années, pour faire une sorte de bilan, d’état des lieux sur la culture punk/hard core et « rock » au sens large du terme, au niveau local mais pas que… ces cultures qui nous ont nous tous influencés, fascinés, façonnés et impactés depuis nos années adolescentes, à divers degrés. Je ne pense pas que le postulat du documentaire soit aussi simpliste que : « le rock est mort ». Puisqu’il y a encore quantité – trop, même- de groupes de rock et affilié en activité. Ce qui est mort, et définitivement enterré, c’est plutôt ce que représentait cette culture pour notre génération (les quadragénaires/quinquagénaires, pour schématiser). La place et le rôle du metal, des divers genres de rock, du punk et du hardcore ont considérablement changé/muté au fil des années,  pour devenir petit à petit, à force de récupération et de sur-médiatisation, des genres avec un peu moins de substances qu’avant, c’est évident. Tout est très « normé » dorénavant. On vit à une époque où le metal n’a plus rien d’extrême ; les plus grands festivals mainstream ont des programmations ciblées autour de ce genre, on peut entendre du metal dans des pubs pour des voitures, dans des jeux vidéo, dans des séries et des films, en faisant ses courses dans des magasins, etc. Les codes du metal ont complètement été digérés et vulgarisés avec le temps, et même complètement acceptés ou tolérés par les gens qui n’en écoutent même pas! Le rock, le punk et le hardcore ont également eux aussi une place totalement différente maintenant dans les sphères culturelles populaires, par rapport à celle que ces genres occupaient initialement quand ils ont explosé à la face du monde… ce sont des styles qui ont été récupérés et dilués par (et dans) notre société carnassière. Il s’agissait au départ d’une musique en réaction complète contre la « norme » musicale et culturelle, elle était offensive, naïve, frontale, brute, jouée par des mômes pour des mômes, contre les adultes et leur monde de merde. Tous ces genres/styles sont désormais devenus des musiques (ou hobbies) de vieux pour les vieux ! Il suffit de voir l’âge moyen des têtes d’affiches de gros festivals (tous les musiciens ont quasiment tous entre  40 ans et 65 ans !) ainsi que l’âge moyen du public. C’est plutôt effarant. Donc oui, le rock ainsi que ses subdivisions, sont  des styles vieillissants… et, forcément, mourant et agonisant tranquillement. Il faudrait bien être de mauvaise foi, ou complètement à côté de la plaque, pour affirmer le contraire. Désormais, des chefs d’entreprises écoutent ces genres de musique, ainsi que des banquiers, des flics, des cadres d’entreprises corporate, des assureurs, des militaires, des bons pères de familles, des gendres idéaux, etc. Le propos initial s’est complètement volatilisé ! Un gamin peut parler de metal ou de punk avec son père !! Ca n’a plus de sens. C’était normalement un bruit, une explosion, un crachat de pure rébellion/contestation ! Pas un style de zique à écouter en famille, haha ! Tu peux maintenant acheter un T-shirt Mayhem pour ton gosse de 5 ans et un string de Madball pour ta copine ! Et j’exagère à peine ! Il y a même des chanteuses de télé crochet qui viennent pousser un petit growl devant la caméra entre deux reprises de Goldman ou Britney Spears! Flippant. Ca n’a plus aucun sens. Des groupes de death brutal technique remplissent des SMAC ! Bientôt, il y aura une série dont le sujet portera sur le true black metal sur Netflix !! Que s’est-il passé ? Ces genres ont été acceptés, tout bêtement. Bizarre, quand on pense d’où ça vient… ces styles, de traverses, étaient des cris primaires d’ados, refusant la société morne et repoussante de leurs parents. C’est juste devenu un divertissement pour quadras et quinquas ! La façon dont les groupes se forment, répètent, jouent, enregistrent et vendent leur musique n’a plus rien à voir avec le contexte de l’époque.
Le  documentaire de Jean Phi, dans les grandes lignes, met l’accent sur tout ça. Et je précise -pour ceux qui voudraient me traiter de « nostalgique » et/ou de « passéiste » que la plupart des intervenants de son documentaire, moi y compris, sont encore des gens actifs dans ces sphères, des musiciens, des organisateurs de concerts, des mecs qui gèrent des labels, etc., bref des gens qui sont encore sur le terrain, qui connaissent le problème et s’y confrontent chaque jour. Des gens « vivants » qui œuvrent pour une culture « mourante ». Donc je le répète : ce n’est pas le rock, le metal, le punk/hardcore qui sont morts, mais bel et bien ce qu’ils représentaient il y a 30 ou 40 ans, quand ceux qui en étaient à l’origine (je parle des cultures alternatives, pas des origines du rock and roll) le faisait pour des raisons totalement différentes… l’esprit et les envies qu’il y avait derrière ne sont plus du tout les mêmes aujourd’hui. Le vieillissement de ces scènes était inéluctable. C’est l’ordre normal et naturel des choses. Encore faudrait-il être réaliste, et l’accepter. Ca ne veut d’ailleurs pas forcément dire qu’il n’y a plus de groupes intéressants, ça c’est un autre sujet… mais tout a énormément changé, c’est irréfutable. Ce documentaire est une compilation de témoignages lucides qui vont dans ce sens.

Rebondissons sur ce que tu viens de nous dire : quels groupes actuels trouves-tu intéressants et, surtout, pourquoi (musique, idées, image) ?
Question délicate, à laquelle je serais tenté de répondre : très peu. Pour différentes raisons. Déjà, je n’écoute pas de musique sur un ordinateur, ni sur un téléphone d’ailleurs. Je n’utilise pas Spotify/Deezer et autres, et je n’ai jamais téléchargé un disque de ma vie… j’ai des centaines et des centaines de CD’s, de vinyles et de K7’s, et je ne ressens pas le besoin de découvrir dix nouveaux groupes par semaine. J’ai été très curieux durant mes années formatrices, à fouiller et gratter dans tous les sens, tout ce sur quoi je pouvais mettre la main… ça s’est calmé en vieillissant. Cependant, j’achète encore des disques toutes les semaines, à 99% des disques d’occasions, donc souvent des trucs qui sont sortis il y a quelques années… pour des raisons économiques déjà (pour le prix d’un disque neuf je peux en avoir trois ou quatre d’occasion!), mais aussi parce que j’aime creuser et rechercher des disques de groupes que j’ai écoutés il y a quelques années, me faire l’intégrale de leurs discographies, essayer des trucs que j’avais négligés à l’époque,  découvrir dans quoi les musiciens de ces groupes ont joué ensuite (ou même avant !), et plus globalement faire le tour de plusieurs « scènes » et plusieurs styles, en creusant à fond. Pour ce qui est du rock – de la musique à guitares pour synthétiser -, disons le clairement : tout a été fait. Si je veux écouter du metal, j’écoute du death, du thrash et du crossover de la grande époque (fin 80/début 90), il y a des centaines de groupes, et beaucoup d’excellents albums oubliés et mésestimés… je ne suis pas intéressé par les groupes revivalistes qui singent à l’identique ces styles, qui font du « neo » old school, du retro thrash ou des copies carbones de death à l’ancienne. Autant écouter les groupes qui ont joué un rôle important durant la période où le genre a explosé, que ce soit les plus « gros » groupes ou les plus obscurs. Idem pour les autres genres musicaux. J’écoute aussi beaucoup de hardcore (c’est peut-être d’ailleurs dans ce style que je tolère le plus les courants revivalistes), mais aussi du pur rock and roll, du rockabilly, du psychobilly, de la pop anglaise des années 80/90, des groupes indés/grunge/alternatifs des années 90, du punk rock, mais aussi de l’indus des années 80/90, du hip hop (jusqu’à la fin des années 90, ensuite le style, tout comme le metal, a évolué d’une manière qui ne me satisfait pas)… j’écoute aussi un peu de jazz, de la surf music, quelques trucs français (Bashung, par exemple, parmi tant d’autres), etc. Si je ne me contentais que d’un seul style – comme pas mal de gens – j’aurais davantage de temps à consacrer aux nouveautés… mais en écoutant beaucoup de choses, et en essayant de comprendre d’où vient chaque style, dans un élan « complétiste », ça laisse peu de place pour les groupes modernes… lesquels, il faut bien le reconnaître, se contentent à 95% de dupliquer des recettes qui ont déjà fait leur preuves, mais sans la fraîcheur (forcément, avec trente ans de retard, voire plus !) ni l’esprit inhérent aux origines des styles singés. Et je m’intéresse également énormément au cinéma, à la littérature et à la bande-dessinée… c’est aussi très chronophage ! Je suis encore comblé par tout ce que j’écoute,  et j’ai vraiment la sensation que  le puits des découvertes est sans fond… et on peut « découvrir » uniquement des vieilleries, aucun problème. La découverte n’est pas forcément liée à la « nouveauté ». L’actualité, le monde qui tourne trop vite, l’air du temps : ça n’a pas prise sur moi.
Et, de temps en temps, je me lance quelques petits challenges : par exemple cette semaine, lors d’un trip rangement dans mon appartement,  j’ai décidé de réécouter TOUTES mes cassettes, les unes après les autres, sans faire l’impasse sur une seule… sachant que j’en ai plusieurs centaines… des cassettes que j’ai, pour certaines, depuis plus de 30 ans… ça me replonge dans le mood d’une époque, et ça me permet de redécouvrir et de revalider –pour le meilleur et pour le pire- des albums qui ont été importants pour moi à une époque ou une autre. Je trouve ça vachement plus stimulant, fun et sain que de se faire une play-list à l’aveuglette sur Spotify. Mais ce n’est que mon avis.

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Premier concert ce samedi à Guyans Durnes !

Au programme

Assigned Fate + The Maniax + Out(rage)

1/Qui sont les frappadingues qui sont à l’origine d’une telle association et pourquoi vouloir nous souiller avec des musiques saturées ??
Les Sapins Metaliks, c’est au départ David, président de l’asso, élevé au son de Johnny Hallyday et Mike Brant. À l’adolescence, il découvre Iron Maiden, Slayer, Sepultura… et comme il n’a aucun don pour la musique, il se tourne vers le headbanging. Passionné de tout ce qui fait le genre rock, il entraîne Amel en concert et autres festoches et réussit à la convaincre de l’épouser et en option de devenir secrétaire de l’asso. Nico, le trésorier, c’est la bonne rencontre, le copain toujours prêt à partir faire un pogo avec sa chemise à fleurs et à nous porter sur un slam. On a choisi ce type de musique parce que c’est celle qui nous plaît et parce que ça fait râler Michel Drucker. Plus sérieusement, on aime son énergie et sa diversité.

2/Maintenant qu’on sait qui et pourquoi, il nous manque le lieu, pourquoi à cette endroit précisément ?
Charbonnières-les-Sapins? Parce que c’est l’endroit sur Terre sur lequel on a atterri. Et pour le 9 novembre, Guyans-Durnes, parce que c’était la seule salle dispo à cette date.

3/Vous organisez votre premier concert le 9 novembre, parlons ensemble de cette date. Pourquoi ces groupes en particulier ?
On suit depuis quelques temps Assigned Fate et The Maniax. Tout aussi différent qu’impressionnant. On adore! Et on a voulu proposer pour cette première soirée plusieurs styles. Pour Out(rage), ce sont les premiers à nous avoir sollicités et après avoir écouté leur EP, on a voulu leur faire une place.

4/A quoi doit on s’attendre ce samedi ? des animations, des stands , de la bouffe vegan ?
Pas d’animation sinon les trois concerts et les stands des groupes. Buvette et restauration seront sur place avec une proposition de sandwich végétarien. L’asso a pour objectif de faire bouger le commerce local du coup la majorité de ce qui sera proposé sera issu du circuit court.
Pour le sandwich on peut le qualifier de vegan aussi je pense : pain/houmous/chou chinois et poivrons.

5/Je sais, c’est le premier mais au fond de vous, vous êtes déjà dans le prochain ! des idées de groupes ?
Des tas ! On a reçu beaucoup de sollicitations et puis on a nos propres envies. Mais pour le moment on se concentre sur la soirée du 9 novembre. Mais si on pouvait avoir Trollfest et Tagada Jones, ce serait énorme!

6/Et sinon pour la bière, on boira quoi ?
De la Clan! Une superbe bière qui nous vient de Dammartin-les-Templiers. Vous pourrez la gouter et regoûter (avec modération) tout en tapant la discute avec Nicolas, son brasseur.
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My Sweet Tyranny sort son premier album, il nous fallait aller poser quelques questions aux Audincourtois (j’adore écrire ce mot, sont ils tous courtois à Audincourt ?). Et après cette interview, direction leur bandcamp ou leur site pour écouter ce CD !!

1/My sweet tyranny ? pourquoi un tel nom ? qui est le doux tyran du groupe ? Et surtout qui êtes vous, d’où venez vous ?

Le nom My Sweet Tyranny illustre plutôt bien notre démarche artistique qui se veut autant visuelle qu’auditive. Nos textes et compositions se veulent très contrastés, comme des tableaux en clair-obscur par exemple. Notre punchline, d’ailleurs, dit que notre musique c’est de la peinture qui s’écoute, du rock qui se contemple.

Nous devons tout les 4 être de doux tyrans à notre manière mais jamais en même temps, ce qui est important pour l’équilibre du groupe.

Géographiquement, nous venons tous du nord Franche-Comté. Musicalement, c’est beaucoup plus contrasté. Jérôme (bassiste), notre doyen est un pur rockeur et musicien depuis des décennies. Il affectionne également beaucoup la musique française (Aubert, Gainsbourg…) Dylan (batteur), en complément, est le plus jeune du groupe et a un univers d’influence plus vaste, plus actuel. Laurent (guitariste) puise dans le rock, le métal mais aussi la musique de film et un peu l’electro. Nico (Chanteur guitariste) : je suis le plus tardivement arrivé dans la musique (moins de 10 ans). Je viens des arts visuels (depuis le jour ou j’ai su tenir un crayon). Pour moi, les arts visuel et musical sont intimement liés et difficilement dissociables. Je pense que ça se ressent dans notre musique.

2/ depuis 2015, le groupe a su gagner les faveurs du public par le biais de concours et tremplin (RTL2, Music Wood), est ce que ces victoires vous ont ouvert des portes ?

Pas vraiment. De manière sporadique pour le tremplin RTL2 car nous avons pu donner un concert au casino de Blotzheim dans le cadre du contrat « mes scènes d’Alsace » que nous avons remporté.

3/Après une démo en 2015, voilà enfin votre premier album qui sort finalement en autoproduction, pouvez vous nous parler un peu de la construction de « DBCW » ?

DBCW se veut avant tout être un album et non une succession de chansons. La chronologie de ses 48 minutes est beaucoup réfléchie. Chaque chanson y a sa place. 6 de ces chansons ont d’abord été composées par Laurent et moi même (avant l’arrivée des 2 autres). Les parties de basse et de batterie ont bien entendu été re-composées par Jérôme et Dylan. Pour les autres chansons, c’est une écriture à 4 du début à la fin. Ces chansons sont d’ailleurs les plus rock de l’album.

4/Comme je l’ai noté dans la chronique, le son de cet album est vraiment de qualité. Parlez nous un peu de ce studio ?

Nous avons enregistré au Indie Ear studio. Matthieu est quelqu’un de super pour cela car c’est avant tout un musicien qui n’hésite pas à donner son avis. Plusieurs modifications ont d’ailleurs été apportées pendant les enregistrements et le mix. Le mastering, quant à lui, à été fait par Stéphane Kroug (Electric room à Lausanne) afin d’avoir une oreille neuve sur le projet. Le mix était déjà très bon et le mastering a pu mettre en évidence encore mieux chaque instrument, chaque voix, chaque sample. Enfin, la version CD est encore meilleure car nous avons choisi le pressage plutôt que la duplication et cela se ressent nettement à l’écoute.

5/Maintenant que l’album est là, il va falloir le défendre sur scène ! Quelle date s’annonce pour My Sweet Tyranny ?

Pour l’instant, nous nous produirons à la Brasserie La Cude à Hyémondans le 11 octobre prochain. C’est le premier concert de notre tournée (DBCW tour) qui se construit actuellement. Cette date est importante pour nous car il s’agit de notre « maison ». Nous y sommes toujours bien accueillis et connus de tous. Je suis moi même membre actif (réalisateur des lives du festival qui a lieu chaque année en juillet) de l’association Hiboux & le chien blanc (association en charge de la programmation de le brasserie).

Plusieurs dates se dessinent pour la suite dans la région avec notamment un concert à La quincaillerie (Blamont) et à la Loge (Plaimbois du miroir) cet hiver. Nous tournerons également sur les planches de France 3 Besançon fin janvier. D’autres dates arrivent…

6/Petit questionnaire

si vous deviez citer …

Un groupe : On y coupera pas étant donné qu’on nous fait quasi systématiquement remarquer nos influences « Floydesques » ce qui n’est pas si surprenant que ça vu que 2 d’entre nous (Jérôme et Lurent) sont fans de Pink Floyd.

Un.e artiste : Rembrandt, pour les raisons évoquées plus tôt (c’est moi qui parle là 😉 ) et plus particulièrement le chef d’oeuvre Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée.

Un alcool : Pas original mais très pratique en répète : la bière et particulièrement l’IPA de la brasserie Ste Cru (Colmar) dont nous raffolons tout les 4.

Une ville : Audincourt ! Je veux ! C’est là que nous répétons tous les mardis soirs et quelques jeudis en plus de temps en temps.

7/Parlons de la région, des groupes à nous conseiller ?

Beaucoup trop ! Ma liste ne pourra pas être exhaustive.

1 – Ineps’Id qui nous ont fait l’honneur de faire notre 1ère partie le soir de notre release et qui envoie un rock mi stoner mi alternatif avec une voix bourrée de testostérone.

2 – Karakoroum (Belfort) qui a un univers musical extraordinaire entre pop, rock electro et musique du monde.

3 – Gwenn qui propose un rap fusion très efficace et énergique sur scène.

 

Merci pour vos réponses et à bientôt sur la route 

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Le Swamp Fest revient pour une deuxième édition, et ce pour notre plus grand plaisir !

Et on termine cette semaine (oui je sais on est jeudi mais demain c’est le festival !) avec un ovni (ou insecte) musical, les Cannibal Mosquitos !! Je pense mon ptit chouchou du week end !

1/ Tous les festivaliers ne vous connaissent peut être pas, pouvez-vous svp présenter le groupe ? D’où venez-vous, les origines du groupe, ses membres, etc. ?

Nous sommes Cannibal Mosquitos, nous habitons autour de Bourg de Péage dans la Drôme, proche de Valence. Le groupe est né en 2010, nous avons 3 albums, deux 45 tours, et des figurations dans quelques nombreuses compilations. Les membres sont Pat Mosquitos à la basse, Airwesh Mosquitos à la batterie et El Cannibal à la guitare et aux diverses machines.

Nous venons tous du punk hard core, nous sommes anciens membre de ISP (1994-2014) et bien d’autres groupes…

 

2/ Comment définiriez-vous votre musique et/ou quelles sont vos influences majeures ?

Notre musique est du surf rock and roll soupoudré de twist ! Notre son est un mix entre la surf musique et le rock garage.

Nos influences vons de Dick Dale, The Cramps, the Mummies, et bien d’autres musique autres que la surf musique pour d’inspirer. Ca peut peut aller du punk au blues ou du métal…

 

3/ Quand vous serez dans la foule des festivaliers, quel(s) groupe(s) allez-vous regarder ?

 

Je pense qu’on va essayer d’en regarder un maximum, il y a beaucoup de super groupe ce soir la ! On va profiter pleinement du festival !

Nous avons déjà joué avec l’excellent Reverent Beat Man, On adore le clip de One Rusty Band « Cat suicide blues »…

 

4/ Racontez nous une anecdote avec le groupe lors d’un concert, festival, enregistrement studio ou autre ?

Y en a pleins (rires…), El Cannibal qui oublie ses deux guitares dans un festival Belge ! Des personnes qui nous rejoingnent au stand de merch, et qui nous disent, (une fois démasqué et avoir enlevé la combinaison), ah non, c ‘était pas vous, vous êtes des rigolos ! Vous pouvez aller chercher les vrai CannibalMoquitos s’il vous plait ? C’est celle notre préféré!

5/ Quelle est votre actualité du moment et/ou vos projets des mois à venir (CD, clip, concert, etc.) ?

Nous Sommes toujours en tournée pour notre troisième Album « Vroom Vroom » , Nous serons en concert tous les weekends de septembre, nous partons en tournée au Brésil du 14 novembre au 24 novembre, et puis on va se consacrer à composer et sortir notre quatrième album en 2020 !

6/ Un petit mot pour les festivaliers et/ou les organisateurs ?

Pour les festivaliers on est prêt à twister et faire les cons avec vous ! On espère qu’on passera un bon moment !

Pour les organisateurs, on en connait un grand nombre ! Ce sont des potes ! On se connait depuis un bon bout de temps ! C’est une immense joie pour nous, non seulement de passer une soirée ensemble mais aussi qu’ils nous ait programmé ! Ça va être une belle fête c’est clair !

7/ Si vous deviez citer ?

un concert marquant : Ouah ! La liste est trop longue ! La claque de l’année 2019 pour Pat et moi (El Cannibal), c’est le concert de Laibach à Lyon ! On ne s’y attendait pas ! On pourrait t’en parler des heures, mais je dois avouer que ça a été une tuerie !

 

une belle rencontre artistique : Pareil il y en a beaucoup, c’est dur ! Slim Jim Phantom (au hasard)…

 

une pochette d’album : Ministry l’album « Filth Pig » !

 

« le/les » morceau(x) que vous écoutez en boucle  : the Mummies « The Fly »

 

votre première idole musicale : (El Cannibal a répondu en premier) Jean Michel Jarre

 

8/ Quel sera votre merch disponible sur place (t-shirt, CD, etc) ? Et pouvez-vous nous communiquer un autre moyen d’acquérir votre merch pour nos lecteurs qui ne seront pas présent au festival ?

 

Le second album « Surfin Love party » en lp vinyle, le troisème « Vroom Vroom » en vinyle et k7, t-shirt bien sur !

Membres du groupe
El Cannibal mosquitos : Guitar, machine & stupids vocals,
Pat Mosquitos : Bass & Stupid Vocals
Air Wesh Mosquitos : Rythm special Surf Groove

 

 

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