Rencontre avec Vincent ILHE, directeur de la Poudrière de Belfort, avec qui nous avons évoqué l’actu des salles de concerts juste avant ce reconfinement (Octobre 2020)

6 questions en forme d’échange avec Vincent – Interview réalisé le 21 Octobre 2020.

Vincent nous a reçu juste avant le (re)confinement, lors d’un rdv dans la Poudrière. Nous avons souhaité, avec MIFC, le rencontrer pour faire le point et connaître leur ressenti face au confinement, ainsi que d’essayer de deviner ce que pourrait être « la suite » de cette année de programmation bien spéciale pour l(‘une d)es scènes locales.

Salut Vincent. Merci de nous recevoir. On attaque de suite : alors comment ça s’est passé pour vous le confinement ?

On a repris mi-Mai, avant, on faisait 1 visio par semaine avec toute l’équipe. On a évidemment tout décalé la prog à Juin, car il était important pour nous de ne pas perdre le lien avec le public. On a aussi profité de cette temporalité pour penser des projets innovants et futurs : des concerts de salon, les projets de rentrée, les protocoles, la gestion des pratiques amateurs.

Niveau programmation, on a évidemment privilégié le « Hors les murs » de Juillet à Septembre.

… avec un beau succès de ce qu’on en a vu.

Oui, l’accueil a été très positif, puis ça a fait du bien à toute l’équipe de retravailler sur des projets. On a eu de belles réussites comme le projet avec Silly boy blue qui a permis de créer/relancer nos partenariats (avec le Moloco mais pas que…), de faire de l’accompagnement sur de la  création !

Et actuellement, quelles sont vos actualités, vos difficultés, les informations « d’en haut » ?

On a clairement senti le vent tourner. Je te dirais qu’on savait vers où on allait y’a 3 semaines. Aujourd’hui, je ne peux plus te le dire. Ce qui a été très dur surtout c’est le silence du Gouvernement, dont on a eu ZERO feuille de route pendant de longues semaines.
On a donc réouvert mi-octobre avec une jauge tout petite (40 personnes assises, groupes attablés, pas de service au bar).

[NDLR : Vincent a évoqué tous les projets prévus jusqu’en Décembre dont les concerts de Twin Soul, Laetitia Sherif, la co-prod Moloco avec Oiseau Tempête, les formations, entièrement annulés depuis comme vous vous en doutez]

Et donc, quoi de prévu pour vous à la suite ?

On a pas de plan précis, vu le contexte. Le CNM (centre national de la musique) a débloqué des budgets pour soutenir les salles, notamment une aide à la compensation de billetterie pour les concerts qui seraient organisés avec des jauges limitées. Le CNM verse une aide mécanique en fonction des budgets (négatifs) constatés sur chaque concert.

Comment envisages-tu l’année et surtout l’été à venir ?

Je pense qu’il faut qu’on évite de s’interdire de faire des choses à l’avenir. Nous préférerons toujours moins de concerts, plutôt que plus de concert. Ce n’est pas notre travail [SIC] : nous faisons de la diffusion, de l’aide à la création, du soutien aux pratiques amateurs.
Je préfère le discours du FIMU ou des Eurockéennes qui restent positifs malgré tout. Dire qu’il n’y aura plus rien, ce sont de mauvais signaux, pour le public, les tutelles, le Ministère.

La situation est complexe pour nous : être (trop) réalistes et s’interdire de verser dans les prophéties auto-réalisatrices.

Une position bien délicate pour vous donc. Un dernier mot pour les lecteurs de MIFC ?

Je dirais qu’il faut soutenir toutes les initiatives. Je sais les gens suffisamment responsables pour respecter les protocoles, venir profiter des concerts _ mêmes masqués. On s’auto-nourrit en faisant cela.

Pour le public, je ne peux que souhaiter le retour des concerts debout au plus vite.

 

Merci de ton temps, et à bientôt.

Athabas se livrent à nous.

Suite à leur changement de nom et au vu de la sortie de l’album « Undertaker » prévue début 2021, nous avons eu le privilège d’interviewer des membres du groupe Athabas (il y avait Silvère le bassiste, Fa le chanteur et Sébastien le guitariste).

C’est donc dans une ambiance conviviale et humoristique qu’ils ont acceptés de répondre à nos questions.

L’année 2020 a été semée d’embûche avec la crise sanitaire, est-ce que les confinements vous ont mis en retard pour la sortie de l’album ?

– Pas plus que ça, on a vraiment eu de la chance car on avait fini de pré-enregistrer quasiment tout l’album environ 1 semaine avant le premier confinement.

Fa a juste dû retourner au studio en Mai pour enregistrer les dernières parties de chant.

Et on prépare notre prochain album, on travail chacun de son côté pendant ce deuxième confinement mais on a une musique qui est prête et une autre qui est en cours.

Vous êtes vraiment actif en ce moment mais ça n’a pas toujours été le cas n’est-ce pas ?

– Non c’est vrai, en fait on a eu un peu de mal à trouver notre « line up » comme on dit, il y a eu beaucoup de turn-over à la batterie, (Seb) : à un moment donné on était carrément en duo avec Fa.

Mais depuis 2018 c’est bon, même si on est quatre caractères forts, on partage nos idées et on arrive à se mettre d’accord car on a tous les quatre la même passion.

Comment décrieriez-vous votre genre musical ?

– On essaie de faire quelque chose qui jongle entre le Heavy et le Doom mais sans vraiment être à l’extrême de ces genres, même si on a une orientation un peu plus Doom. Notre nouvel album devrait plaire à un maximum de personnes car nous l’avons travaillé pour qu’il ait de bons refrains qu’on garde en tête et avec des riffs qui envoient du lourd !

On en vient à la question du changement de nom, pourquoi « Athabas » ? Qu’est-ce que ça signifie ?

– Tout d’abord, on voulait changer de nom car The charles ingalls n’allait plus avec les musiques que nous préparions, plus on avançait dans la création de l’album et plus on se disait qu’il fallait changer de nom. En préparant le clip de « Undertaker », on a écrit The charles ingalls sur une croix et c’est là qu’on s’est dit qu’il était temps de le faire.

On voulait un nom qui sonne bien et qui aille avec notre musique, on est donc parti de Athabascae, qui signifie « bison des bois » en Latin et on a retiré la dernière syllabe car on trouvait que Athabas ça sonnait mieux.

Et justement en parlant de « Undertaker », cette chanson a eu le droit à un très beau clip qui est vraiment bien réalisé que ce soit pour le scénario, la production ou même vos jeux d’acteurs. Est-ce que s’était une bonne expérience ou avez-vous rencontré des difficultés ?

– Le tournage a été très long (près de 13h), donc à la fin de la journée on était tous crevés. Heureusement, le projet avait été bien préparé en amont, tout était prévu dans le script, on s’avait où on allait car on avait bien organisé le tournage mais je pense qu’on avait une bonne étoile car tout s’est vraiment bien passé.

On a juste voulu laisser de la liberté à Rémy de HastroProd pour qu’il puisse y mettre de sa patte car c’est un professionnel qui a l’habitude des tournages mais on a quand même bien respecté notre script de départ.

– (Silvère) : Ah si ! Il y a truc qui s’est pas passé comme prévu, Niotte Prod nous avait donné l’idée de bruler des sculptures alors j’avais ramené une espèce de pétrole, du Kerdane mais ça ne voulait pas bruler, alors on a trouvé une autre solution en se fabriquant une torche et on a pu y mettre le feu, dans la poudrière du Fort du Lomont d’ailleurs ! On avait vérifié auparavant qu’il ne restait pas de poudre et s’était bon. – Petite anecdote : Fa s’est brulé le pouce et on le voit dans le clip ! C’est quand il allume la lanterne, ça avait un peu de mal à prendre alors le feu lui a brulé le pouce.

Donc si ça s’est bien passé et que ça vous a plu, on peut imaginer que d’autres chansons vont bénéficier d’un clip ?

– Oui en effet on est en train d’en discuter tous ensemble car il y a une musique qui se prêterai bien à un clip et on a quelques idées mais le problème est toujours le même : La pêpette ! Pas d’argent : pas de clip et pas de concert : pas d’argent. Alors on garde ça de coté en attendant que la situation évolue.

Quel est votre objectif actuellement ?

– On aimerait reprendre les concerts mais comme dit avant : c’est compliqué, on prépare la sortie de notre nouvel album et on attend que tout soit prêt et qu’on est bien reçu les CD avant de les mettre en vente car on veut s’assurer car ça correspond bien à ce qu’on veut.

– Et toutefois si un label nous contacterai ça nous aiderais beaucoup parce que ça nous donnerai de la visibilité, les labels ont un grand réseau et c’est ce qu’il nous manque pour nous faire connaitre. On a vraiment mis le cœur à l’ouvrage pour cet album et il a même été masterisé par Orgone studio qui ont entre autre masterisé Ghost.

Avez-vous des passions externes au métal et à la musique ?

– Silvère : Je suis vraiment à 100% dans la musique mais j’aime bien aussi tout ce qui est électronique, informatique et je fabrique des pédales d’effets.

– Fa : C’est un peu prêt pareil, ma passion c’est ma musique mais je fais de la moto alors ça fait du bien de s’évader un peu, le temps d’une balade.

– Seb : Ben moi le groupe c’est ma passion mais j’aime beaucoup mon métier, je dessine des BD, je fais de la peinture et du coup c’est moi qui ai peint la pochette de notre prochain album.

Auriez-vous une petite anecdote à me divulguer sur votre groupe ?

– Eh bien figure toi que la chanson « Undertaker » à faillit ne jamais exister !

En fait Dennys (le batteur) ne se sentait pas à l’aise avec cette musique, il est plutôt habitué à du Iron Maiden et autres groupes de Heavy Metal et là ça changeait un peu trop de son registre selon lui. Mais nous on y croyait vraiment tous à cette chanson ! Alors on lui a un peu forcé la main et quand on l’a enregistrée pour la première et qu’on lui a fait écouter il nous a dit : « Ah ouais … On a bien fait de la faire en fait ! ».

Dernières infos pour la fin ?

– On remercie vraiment tous ceux qui ont travaillé avec nous, Cube Studio n’a pas été cité mais ils nous ont vraiment beaucoup aidé, c’est vraiment un super studio. Si on enregistre un autre album on retournera chez eux sans hésiter, ils apparaissent même dans deux chansons, une avec du clavier et l’autre où il a un chœur.

– Et on est aussi très fier d’avoir pu nous financer seul, grâce aux concerts et à la vente de goodies et de ne rien devoir à personne d’autres que nos fans.

Lien Facebook du groupe : https://www.facebook.com/athabas.woodoom

Les interviews à la maison

Avec le confinement, il est difficile de rencontrer les groupes, alors du coup, ce sont les musiciens qui nous accueillent chez eux !

Dans leur salle de répét, dans leur salon, leur WC …

Après Sarcasme en septembre, voici celle d’octobre qui sort un peu en retard (à cause du confinement …) !

Parlons artwork, c’est Daniele Lupidi (bassiste d’Hateful) qui l’a réalisé (comme le précédent album d’ailleurs), est ce lui aussi un grand érudit du mythe de Cthulhu ou est ce toi qui l’oriente sur ce que tu voudrais ?

Fanny : Clairement, il connait ses classiques ! Pour cette pochette, on lui laissé une totale liberté de choix sur la thématique, les couleurs, le design. On lui a envoyé les paroles ainsi que le pré-mix des morceaux et c’est lui qui a décidé sur quoi s’orienter. J’imagine que tu as reconnu de quelle song il s’est inspiré !

Pas mal d’orchestration sur ce CD, qui en est le responsable ? ou la ? Des influences de ce coté là ?

Flo : c’est moi qui m’occupe de ces trucs-là. J’ai toujours adoré la musique de film, de jeu vidéo, etc.

Mes influences principales sont : Poledouris, Vangelis, Silvestri…

Je bosse ça à la maison avec des instruments VST. Je teste des trucs au clavier et puis ensuite je programme par-dessus le projet qu’on a entamé avec Lucien.

Alors donc ça sort chez Dolorem Rec, petit qui devient grand label qui vous fait la total (cd et vinyl), parle nous de votre collaboration qui semble être sur de bonnes bases. Est-ce que l’envie d’aller sur une grosse structure genre Metalblade ou Century ne t’a jamais tenté ?

Fanny : Franchement c’est top de travailler avec Alex de Dolorem. On peut parler de tout, il est ouvert à la discussion sur n’importe quel sujet, et surtout, le plus important à nos yeux, il nous laisse une totale liberté artistique et il nous offre un soutien sans failles. Je pense pouvoir parler au nom de tout le monde pour dire que les grosses structures, c’est pas notre truc… Déjà qu’à la base on ne pensait même pas démarcher de label du tout !

Et sinon, qu’est ce qui tourne en ce moment sur les platines des membres de A.A. ?

Fanny : Je passe une grosse partie de ma vie à écouter du Dark Ambient, donc ce sont les playlist du label CryoChamber qui tournent en boucle et qui contiennent des perles comme Atrium Carceri, Inade ou encore ProtoU J

Lucien : Gorgasm, Cynic, Devin townsend, Nile, the faceless etc

Sur cet album ce n’est pas Raùl qui a posé les parties de batterie (un projet à la même période il me semble), mais est ce lui jouera en live (quand on pourra enfin !!) ?

Fanny : Effectivement, nous avons travaillé sur cet album avec Krzysztof Klingbein, un batteur basé en Pologne, qui a fait du boulot fantastique ! Raùl était occupé au MAI toute l’année et il a fini dans les 5 premiers de sa promo, donc gros respect à lui. On espère un jour reprendre les lives ouais… et le jour où on les reprendra, il est fort possible que vous revoyez El Toro sur scène !

Partons sur 2 questions par trop en rapport avec l’album !

On ne peut pas ne pas parler (on peut ?) de la situation actuelle, entre virus et tentative d’anesthésie générale sur les populations … qu’en penses tu ?

Lucien : Ben ça joue en Suisse, en Belgique, à peu près partout en Europe, sauf en France. Ce qui est dommage, c’est que c’est impossible pour le moment d’aller jouer là-bas, vu que les frontières sont bien resserrées. En gros soit tu joues devant 15 personnes assises serrées comme des sardines, soit t’es pote avec De Villiers…

Et j’aurai bien dit « qu’en aurait pensé Lovecraft ? » mais je t’avoue que j’ai toujours eu du mal avec le personnage (et un peu ses écrits même si comme beaucoup de gosses, j’ai joué aux jeux de rôles). J’ai bien conscience que c’est un auteur d’une période compliquée – les guerres mondiales, la montée des fascismes-  mais son antisémitisme est assez rédhibitoire. Peut on séparer l’homme de l’œuvre (ça fait très Polansky ça) ?

Fanny : Je pense que c’est un produit de son époque, comme pas mal d’autres… Je doute fort qu’il aurait eu ce genre d’idées s’il était né il y a 30 ans. Après, je ne voue pas une amitié particulière à l’auteur lui-même, pour ma part ce qui m’intéresse c’est uniquement la profondeur et la variété de l’univers qu’il a créé. Question difficile que de savoir si on peut séparer l’homme de l’œuvre… Je pense qu’à partir d’un certain moment l’œuvre se détache de son créateur et devient une entité propre, une espèce de truc qui appartient à l’inconscient collectif et qu’on peut justement récupérer et modeler comme on le veut et qui n’a plus forcément grand-chose à voir avec son auteur. C’est comme ça que je vois l’immensité de la thématique du mythe. (Ouais donc du coup, la réponse serait oui dans ce cas précis)

Florent : Je suis un gros fan de la musique de RATM. Est-ce que je suis communiste, staliniste, etc. ? Non. Peut-être que ça ne leur plairait pas, mais à partir du moment où tu vends tes disques, tu acceptes de ne pas avoir le contrôle sur l’humanité. Sinon, ben tu vas jusqu’au bout et tu ne le fais pas. HPL a tenu des propos antisémites et racisants, voire racistes, personne ne peut le nier. Et pour répondre à la question, bien sûr qu’on sépare l’homme de l’œuvre. Sinon, cela aurait été ta première question et on en serait peut-être restés là… Pour moi, on pense ce qu’on veut, on dit ce qu’on veut, mais on ne fait pas ce qu’on veut. Tant que tu n’agis pas, ne force pas, et ne fais pas chier les autres, ou que tu ne vas pas dans une direction par laquelle tu pourrais le faire, ton opinion seule ne me fait aucun mal. Je n’y adhère pas, mais je la laisse de côté. Sinon, je n’aurais aucun ami, aucun dialogue avec qui que ce soit, si l’on s’en tenait juste à ça. HPL avait un avis d’ignare sur les autres humains qu’il a pu croiser parce qu’il reniait jusqu’à l’espèce humaine elle-même. Deux trois trucs dans sa bio expliqueraient pourquoi…Mais effectivement : idéologiquement et socialement il était clairement inapte, et débile au sens clinique. Ce mec était apparemment enfermé chez lui le plus clair du temps. Ceci étant dit, il n’a jamais fait campagne, ni asservi qui que ce soit, ni pendu qui que ce soit, à notre connaissance. Il n’a certainement jamais financé quoi que ce soit non plus, compte tenu de la pauvreté dans laquelle il vivait. Du coup, ben ça ne touche finalement personne d’autre que lui-même dans sa dignité. Donc il pouvait bien penser ce qu’il veut, je m’en cogne. J’y trouverais un problème qu’on glorifie et qu’on surenchérisse aujourd’hui sur ce qu’il a pu dire, ou même qu’on se serve de lui comme image d’une quelconque suprématie (non, en fait si c’est celle des Grands Anciens et des horreurs cosmique, je suis OK). Si je pouvais retourner dans le passé et aller changer sa façon de penser, je n’en ferais rien ! Qui serais-je pour faire ça… ?

Voilà je te laisse le mot de la fin !!

Fanny : Déjà, merci beaucoup à toi pour ces questions et merci pour ton soutien !! Pour continuer dans les mercis, on voudrait remercier encore une fois tous les gens qui ont contribué de près ou de loin à cet album (la liste est dans le livret hahaha) ainsi que tous ceux qui prennent le temps d’écouter notre musique, la partager et l’apprécier. Continuez à faire vivre les groupes locaux !!

En 5 années de webzine, aucune interview d’Abyssal Ascendant … comment expliquer cela ? Aucune idée, alors avec la sortie de ce nouvel album, il est temps de réparer l’erreur !

Alors commençons par du basique, une bio bien remplie avec quand, qui, pourquoi ???

Florent : le groupe nait fin 2012 sur mon initiative. J’avais joué dans plusieurs projets de death-metal, sans jamais trouver chaussure à mon pied, même si je m’éclatais. Le problème venait peut-être de moi, enfin c’est ce que je me suis dit. Avec Fanny, on s’est dit qu’on allait se faire ce petit projet tranquillement, sans pression, juste pour créer des chansons sur le-thème-que-tu-sais, qui nous a paru évident car : occulte, inépuisable, enrichi pendant un siècle par tout un tas d’artistes, qu’ils soient issus de la littérature, de la musique, du monde ludique, d’autres formes d’arts. Chacun y a apporté sa pierre, pourquoi pas nous ? Allez, se dit-on, on va écrire nos propres délires ! On va raconter des histoires sur les Limiers de Tindalos, on va faire un petit résumé sur Yog-Sothoth, raconter des guerres entre les armées du cosmos, faire un petit passage en Stygie ou encore parler des Prêtres-Ghoules de Mordiggian qui envoient leurs serviteurs creuser des souterrains entre les dimensions après s’être repus des restes de la chair faisandée des sacrifiés…Ben quoi ? Allez hop !

Techniquement, Fanny était pianiste, et elle a tenu à tester la basse. Nous étions sur batterie programmée. Et puis merde, y a tout le temps des soucis pour trouver un batteur, nous on veut juste se faire plaisir, alors on va commencer comme ça. Pour ma part j’étais déjà guitariste-chanteur depuis mes derniers projets, donc la question ne se posait pas. Deuxième guitare ? Boah, je la compose, je l’enregistre et on se repasse ça avec les battouzes, ça ira très bien. Format deux zikos, pas de prise de tête, peu d’humains à gérer, donc peu d’empêchements et de soucis potentiels. Et plus de liberté (on a quand même fait trois gigs avec cette formation).

J’aime énormément Nile et Bal-Sagoth. J’avais enfin envie de faire un death-metal qui comme chez ces groupes, est agrémenté de samples et de claviers épiques ! Pas juste pour dire qu’on en met, mais qui sont là au service de la musique et du concept dans leur ensemble. J’avoue, du point de vue de la guitare, avoir repris quelques riffs que j’avais joués dans mes anciens projets (qui n’ont jamais vraiment abouti) … Grosse bise à Dennis, Erwann, Mike, Bochon, de Social Order Sick…Alex, Tophe, Bubu et Dgé de Rising Purge, pour le coup… J’en profite hein !

Bon bref, est arrivée la composition du premier EP et sa sortie grâce à Seb « BLT909 » qui nous a enregistrés, mixés et masterisés. Petit home studio chez lui, pas de barre haute ni rien. Et je trouve aujourd’hui que c’est encore le truc qui sonne le plus dark et suintant que tout le reste qu’on a pu faire. Hé ouais.

Entre temps, JS, l’ange gardien des Caves à Dole (locaux de répétition), notre bienfaiteur à tous, nous a alertés d’une annonce d’un batteur cherchant un groupe de metal. S’il n’avait pas fait ça, et montré une vidéo de ce « Raùl » qui cherchait un groupe, je pense que ce ne se serait pas fait avec lui. Donc ce point-là est Historique je dirais. Merci encore à JS F. qui nous a tant aidés et apporté.

Donc, on contacte Raùl, il s’avérait que le mec était branché Cthulhu Mythos à fond, était ancien rôliste de l’Appel et autres, etc etc…On s’est dit, mais c’est quoi cet alignement cosmique de dingue ? On a la bénédiction des Grands Anciens là, ou quoi ? Raul était le batteur qu’il nous fallait.

Dolorem Records (label associatif de Tours, composé d’Alex et de Jérémy) sont arrivés dans notre vie en nous écrivant un mail. Je peux vous jurer que ma première réaction fut « non ». Ben parce qu’en fait on ne démarchait pas de labels, je n’en voulais pas. Et puis je me suis dit « c’est une asso, deux mecs passionnés qui ont eu un coup de cœur, on va être leur première vraie sortie, revois tes perspectives et ta façon de penser et réussis grâce/avec eux à partager ton projet aux fans de death metal ». Niveau label, tu connais la suite. Ils ont sorti le premier, Alex qui est désormais seul au label (tout seul le mec !) sort le second. Il n’a jamais rien lâché…Merci à lui.

Pour en revenir à Raùl, période pré-album, on a bossé comme ça jusqu’à ce qu’il nous quitte ; normal, quelque part. On faisait des concerts à peine défrayés…Et puis il fallait qu’il se lance dans d’autres trucs, d’autres projets et surtout qu’il ramène un peu de maille à la maison car il a une famille.

Par contre, il était là pour enregistrer l’album en 2015 : il ne nous a pas laissés dans la merde, et s’il n’était pas intervenu pour apprendre, et enregistrer tous les morceaux, ben ça aurait fait un album avec batte programmée à nouveau… A un moment donné t’aimerais bien que les instruments de ta formation soient joués pour de vrai quand tu fais de la zik alternative comme ça. La batte programmée, c’est bien pour s’entrainer, ou pour faire un gig mais en dernier recours, ou quand tu débutes. Mais si tu veux passer à des choses un peu plus sérieuses, c’est aussi bien d’avoir de l’organique, pour qu’il y ait cette fusion des énergies et un vrai Momentum musical, un happening réel que je qualifierais de « psycho-chimique » ou « socio-chimique », au-delà du son lui-même.

A partir de ce moment-là, Raul est revenu de temps en temps, un peu en filigrane, un peu en mode « session », on tâchait de le payer car c’était sa seule source de revenus (je parle de ses talents à la batterie, pas du groupe en particulier), puis il a choisi de se diriger vers diverses formations, notamment la MAI en 2019, ce qui nous a ôté tout espoir de faire le deuxième album avec lui. Cela dit, on le félicite car il s’en est tiré avec les lauriers, et on a déjà pu parler avec lui d’un éventuel retour au sein du groupe, peut-être moins appuyé qu’au départ. Quelle qu’en soit l’issue, on n’a rien à perdre, bien au contraire, avec lui. Voilà ce que je me dis, moi. Et puis Krzyzstof Klingbein a tapé un putain de super deuxième album et c’est la première fois qu’on fait un « vrai » truc avec un autre batteur. Aucun regret du coup.

Donc, premier album en 2015, toujours chez Sir BLT909, dans son home studio. Ce n’est pas un album dont j’affectionne particulièrement la prod. Mais elle reste honnête par rapport aux moyens non-professionnels déployés et je salue une fois de plus les heures et les nuits passées par Seb à mixer ça après nous avoir supportés chez lui.

En 2017, Lucien est arrivé. J’ai mis énormément de temps avant de (re)proposer à quelqu’un de venir jouer de la guitare dans le groupe. Le monde des guitaristes est vraiment compliqué, avec ses egos et ses syndromes de l’importance. Lucien venait quasiment à tous nos concerts, on a eu le plaisir de partager la scène à plusieurs reprises avec son groupe Fetal Massacre, et le death metal de Morbid Angel, de Nile, etc. était une passion en commun. Il avait le niveau, semblait être quelqu’un de droit et d’engagé, homme de principe, comme moi ! Et je ne me suis pas trompé. Abyssal Ascendant est devenu son groupe autant que le nôtre à partir du moment où il y a mis les pieds. Bon, nan en fait. J’ai mon « ego » de guitariste chanteur +++ je dirais que c’est toujours 0.0000000000000001 % de plus le mien (blague). Bref, il a apporté énormément en termes de composition et de style, et est pleinement impliqué depuis tout ce temps. Donc, il est toujours là. HAHAHAHAHAHA

Je pense que tu as presque toute l’histoire. Voici donc où on en est aujourd’hui. Tout ça + un deuxième album…

Voilà, maintenant qu’on se connait mieux ! Il est grand temps de parler du nouvel album qui sort encore une fois chez Dolorem Rec. Il aborde de nouveau les mythes des Grands Anciens, qui sont donc des entités du mythe de Cthulhu. Peux-tu nous parler un peu des paroles et nous faire un bref aparté sur la mythe de Cthulhu (pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les écrits de Lovecraft) ?

Fanny : Pour la faire courte, le mythe de Cthulhu représente tout l’univers créé par H.P Lovecraft et ses consorts (Derleth, Howard, Lumley, Belknap Long, Bloch et Clark Ashton Smith). Le noyau du mythe, ce sont les grands anciens, à savoir des entités cosmiques et inter-dimensionnelles tellement puissantes et incompréhensibles, tellement au-delà de nos conceptions que n’en avoir ne serait-ce qu’un aperçu peut provoquer la folie dans le faible esprit humain. C’est donc un background basé sur un ensemble d’écrits, qui s’est diversifié et enrichi au cours du temps, avec d’autres écrits, mais aussi des films, des jeux de rôle, des jeux vidéo, de la musique. Un parfait terreau pour y créer des histoires horrifiques et complètement dingues. On continue d’ailleurs à se documenter sur les moins connus parce que le moindre auteur a ce potentiel de proposer des thèmes vraiment intéressants, qu’il soit « petit », ou qu’il entre dans le panthéon de ceux cités précédemment.

En ce qui concerne les paroles, on voulait axer ce second opus sur les cultes. Donc plutôt sur le côté de ceux qui ont choisi de tenter d’obtenir quelque chose de ces entités par n’importe quel moyen, ou qui se retrouvent à interagir avec elles sans le vouloir. Partant de là, on a créé nos mini histoires pour chaque morceau, chacune en rapport avec un culte ou une entité du mythe. On a essayé de rendre tout ça vivant en y ajoutant quelques passages en r’lyehian, notamment pour les incantations.

9 morceaux pour 37 minutes, une habitude pour A.A. mais aussi pour le style que vous proposez. A savoir un Death Metal purement à l’ancienne, entre Death Américain et Death Suédois. Encore une fois, je trouve l’influence Morbid Angel comme étant celle qui ressort le plus. Qu’évoque pour toi ce groupe ?

Lucien : Deicide parle d’antichristianisme, Death de philosophie et d’âme humaine, Morbid Angel est FAIT pour parler d’occulte et d’horreur lovecraftienne. Tout y est rampant et bizarre, une musique adaptée pour aborder l’indicible.

Si je ne dis pas de bêtise, c’est votre première collaboration avec nos « voisins » du Disvlar Studio, et on peut dire que niveau son, ils vous ont concocté un sacré mélange de puissance et d’énergie sans pour autant vous aseptiser façon production death core post mes couilles (ouais désolé tout ça, je n’accroche pas) ? Satisfait du résultat ? un studio qui mérite encore plus de pub ?

Lucien : Le Disvlar travaille (travaillait ?) surtout avec des groupes crust grind des 4 coins de l’Europe, mais ça vaudrait le coup que beaucoup de groupes d’autre genres y viennent, on y est bien, l’ambiance est vraiment cool, c’est pro et on est en pleine cambrousse !! Le bol d’air frais qui fait du bien après 6h enfermés dans un stud’.

La suite demain !!!

J’ai rencontré le groupe SARCASME dans leur local de répétition à Montbéliard (25), à quelques jours seulement pour eux de monter sur la scène du Moloco à Audincourt (25).
Ils sont plein de vie et ont des projets plein la tête ces 4 jeunes garçons ! Ecoutez !

Interview du groupe SARCASME par Lola, pour METAL IN FRANCHE COMTE