Nom du groupe

Waking the Sleeping bear

Album

P*orno future

Label

autoprod

Date de sortie

juin 2021

LA NOTE
9/10

Les ours ont fini leur hibernation, période durant laquelle ils se sont mis à créer leur premier album. Il leur a fallu quelques années pour donner une suite à « Jungle Urbaine » sorti en 2018. Bon il est vrai que la COVID n’a pas été un allié des groupes, impossible de se retrouver, impossible de tourner, il valait donc mieux profiter de ce temps pour peaufiner ces 14 titres !!

Un vrai marathon Néo Metal avec un son au poil venant du Kaktus studio (Champagnole). Vu le style, il fallait de la puissance, et ça l’ingé son l’a bien compris.

Comment parler des influences de WTSB ? Elles sont tellement nombreuses qu’il faudrait une chronique sacrément longue ! Si il y en a une qu’il faut mettre en avant, c’est bien celle de la scène Metal Française, mais pas n’importe laquelle, celle qui chante en français. Car le point fort de P*rno Future, ce sont les paroles, audibles, engagées (Plus rien à perdre, Delenda …). Un chant rap souvent, crié par moment avec un débit rythmé, rapide et acéré.

On retrouve donc plusieurs styles de Metal, parfois indus/electro avec l’apport de samples, on part par moment dans des rythmes tribaux avec l’ajout d’une troupe de marteleurs de fûts (des heures) ! On est aussi surpris d’entendre un accordéon (soldat du sommeil, hommage à soldat louis ??) ou bien encore des sonorités orientales  (Caryocinèse). Autre surprise, le chœur qu’on retrouve plusieurs fois dans l’album mais dont la prestation sur « catastase » est juste magique.

Bien entendu, la force de WTSB est de pouvoir fusionner Rap et Metal avec autant de facilité ! La maitrise de ce chant et du groove qui va avec  les classes dans le top 10 des groupes proposant ce genre de musique.

Maintenant que le groupe possède un album de qualité et que la situation semble aller vers le mieux, il va falloir partir sur les routes car c’est bien sur scène que WTSB montre qu’il est déjà un groupe qui a de l’avenir (une petite écoute de « Pogo Culture » vous donnera une idée de ce que le groupe imagine dans la fosse).  Mon morceau préféré, « Plus rien à perdre » titre au combien d’actualité.

WTSB is : Simon Bellot, Arthur Galtier, Edwin Blanc, Adrien Pate

Cela fait maintenant 7 mois qu’Athabas nous a époustouflé avec le clip de la chanson « Undertaker », qui avait été tourné au fort du Lomont. Du 100% local !

Undertaker est donc le second album du groupe Athabas (anciennement The Charles Ingalls). 

Ils reviennent aujourd’hui avec encore plus de puissance en nous offrant cette petite pépite, composée de 7 titres, pour une durée totale de 38 minutes.

Les amoureux des années 90 (même ceux qui, comme moi, y sont nés) vont être dingues de cet album, qui contient des chansons Heavy Metal rappelant Accept, Motorhead ou encore Maiden, par moments.

Les sonorités sont old school et l’album est un peu conçu en ce sens. Il y a des chansons avec de gros riffs pleins de disto, mais également une ballade et des solos de schredding incroyables ! Exactement ce qu’on pouvait entendre il y a quelques dizaines d’années !

Mais ce que je trouve fabuleux, c’est qu’ils arrivent à moderniser le genre. À l’heure où l’électronique est omniprésente, Athabas arrive à nous présenter du Heavy Metal qui respire la nouveauté.On sent que la production est de 2020/2021 car il y a une qualité énorme dans l’enregistrement et le mastering : le son est net, les transitions sont précises et les musiques sont claires, contrairement à ce que l’on pouvait entendre dans les albums enregistrés dans les années 80.

Pour parler un peu plus des musiques, les univers vont du calme et stoner avec « Sin city » jusqu’à une chanson un peu plus spirituelle comme « Wolfwitch », en passant par du très lourd avec « Skulls n’ Dust ».

J’aimerais justement approfondir un peu plus « Skulls n’ Dust » parce que j’adore cette chanson !

La façon dont le refrain est amené est juste mortelle : la voix est seule et elle commence le refrain. La guitare débarque quelques secondes après avec son riff saisissant, puis la symphonie du métal opère avec le reste des instruments.

Il y a aussi un passage où la basse et la batterie jouent ensemble, et je trouve que ça donne un instant parfait pour souffler un peu avant de reprendre le headbanging !

Il y a également un passage de chant guttural propre à cette chanson.

Et un solo qui met le feu.

Vous l’avez compris, il faut écouter ce titre !

Et on n’est pas au bout de nos surprises : un clip est en préparation pour une des chansons de l’album ! Nous avons hâte de voir quelle a été l’heureuse élue et surtout, le résultat !

Sortie officielle le 06 Juin 2021

Précommande possible sur Bandcamp : https://athabas.bandcamp.com/

Facebook : https://www.facebook.com/athabas.woodoom/

Pestifer - Expanding Oblivion
Nom du groupe

Pestifer

Album

Expanding Oblivion

Label

XenoKorp

Date de sortie

2020

LA NOTE
8.5/10

Pestifer voit le jour en 2004 du coté de Liège. Il leur a fallu deux années (2006) pour sortir leur premier projet (EP) « Pestifer ». Alliant le Death Metal Technique, Metal Progressif et le Death Metal, le combo belge flirte par moments avec le Thrash. Troisième album après « Age Of Disgrace » et « Reachning the Void », « Explanding Oblivion » promet de dépoter avec son atmosphère « Science-Fiction ».

L’album débute avec « Remedy » qui nous fait entrer dans le vif du sujet avec des blasts, de la technique et des cassures rythmiques, le tout avec un semblant Thrash Technique qui me fait penser à Atheist. Au bout de ces six premières minutes, Pestifer met tout le monde d’accord en montrant l’étendue de son panel sonore, en jonglant avec différentes ambiances sans failles.

Les mélodies sont en parfaite adéquation avec l’atmosphère science-fiction affichée, en plus d’enrichir une musique déjà profonde et dense. Pestifer réussit à construire son propre univers, malgré des influences perceptibles. La basse est bien entendu de rigueur et on l’entend bien claquer tout au long de l’album. Quand tout cela se retrouve sur de gros blasts bien rapides et des riffs techniques, on peut de suite penser à Obscura, mais Pestifer produit globalement des sonorités « old school ». La production confirme quelque peu cette impression avec un son relativement sec et des guitares assez grésillantes, loin des groupes surproduits au son aseptisé.

Le chant balance entre le growl et un chant plus hurlé, là encore bien fidèle à la tradition des anciens de la scène Death ou Thrash Technique. Si les membres de Pestifer maîtrisent bien leurs classiques notamment dans le titre « Grey Hosts », on plonge dans leur univers, un univers assez froid aux ambiances à la fois spatiales et hostiles. On arrive à ressentir le vide intersidéral tout en étant observé.

L’entame du titre « Expanding Oblivion » se fait avec un piano qui n’adoucit pas l’ambiance, mais la rend terrifiante ! Tout le morceau est limite inquiétant avec ces riffs rampants et ces mélodies et arpèges complètement dissonants et froids. On reproche souvent aux groupes techniques d’être stériles et de ne proposer que de la démonstration. Pestifer en est le contraire car il crée un univers et développe des ambiances prenantes et évocatrices, tout en vous en mettant plein la vue techniquement.

Tout aussi dense qu’il est, « Expanding Oblivion » passe relativement bien, l’association de la mélodie, de la technicité et de la brutalité est assez bien dosée pour que l’on se plonge rapidement dans cet univers froid et sombre.

Un troisième opus dans la droite lignée de ses prédécesseurs et qui montre une fois de plus l’étendue du spectre sonore que couvre ce groupe. Beaucoup disent que la scène Death Technique tourne en rond, je leur dirais bien d’aller écouter « Expanding Oblivion » ils m’en diront des nouvelles.

Tracklist d’Expanding Oblivion

01. The Remedy
02. Ominous Wanderers
03. Silent Spheres
04. Disembodied
05. Swallower of Worlds
06. Fractal Sentinels
07. Grey Hosts
08. Lone Entity
09. Omniscient
10. Ultimate Confusions
11. Expanding Oblivion

Les membres de Pestifer
Couverture Iron Flesh - Forged Faith Bleeding
Nom du groupe

Iron Flesh

Album

Forged Faith Bleeding

Label

Epictural Productions

Date de sortie

2019

LA NOTE
7.5/10

Iron Flesh, projet solo de Julien Helwin voit le jour en 2017. Helwin, qui s’essaie dans cet album au chant et à la guitare, est loin d’être un novice si on se base sur ses différentes collaborations déjà bien fournies (Malevolentia, Otargos, Dawn Chaos, Mithras, Withdrawn, etc.).

Pour les concerts, il a été rejoint depuis par Sébastien, Sylver et Guilhem qui sont des musiciens talentueux et passés entre autres par The Great Old Ones, Fate of Fallacy, Black Storm ou Heboïdophrenie. Il n’en reste pas moins que Julien reste celui qui « gère tout » dans le groupe, à savoir la composition et les textes. Après la sortie de « Worship The Necrogod – 2017 » et « Scourge of Demonic Incantations – 2018 », le leader d’Iron Flesh continue ses créations à un rythme très soutenu, puisque son premier album Forged Faith Bleeding sort durant le mois de mai 2019.

Neuf morceaux sont au menu de ce nouvel opus, dans un style Death Old School avec une production assez crue qui laisse entrevoir tous les instruments en les laissant s’exprimer librement.

Dès l’ouverture, une entrée en matière assez qualitative avec les effrénés « Invade, Conquer & Dominate » et « Ripping The Sacral » qui enchaînent les punchs à bout portant, avec un jeu rapide et en continu. Cette « violence » est ralentie par de cours passages synonymes d’accalmie avant une nouvelle tempête qui nous arrive de front et qui nous déboussole. Le ton général de l’album est donné avec du bon Death !

Iron Flesh n’a pas l’intention de lever le pied après ce premier titre. Rapidité, explosivité seront de mise la plupart du temps, mais pas uniquement ! En effet, histoire de ne pas sombrer dans une certaine monotonie qui aurait été préjudiciable, le bordelais a accentué la lourdeur ainsi que la lenteur sur certains morceaux, dont le premier exemple est le sombre et morbide « Malignant Kingdom ». Ce titre est empreint d’atmosphères qui frôlent le Doom avec un tempo bridé durant quasiment toute sa durée, le tout renforcé par une noirceur encore plus exacerbée et suffocante avec quelques explosions à la fin qui viennent rappeler que le combo mise principalement sur le matraquage intensif. Il faut noter que ce titre maîtrise très bien les deux extrémités.

La structure de la galette est assez intéressante car on arrive à ressentir une certaine homogénéité de bout en bout, à l’instar de « Harbringer Of Desolation » qui a repris le même schéma, tout en y ajoutant quelques subtilités. Un départ avec quelques riffs à la fois angéliques et obscurs, et une suite où il n’y aura pas d’accélération, sans forcément tomber dans la redondance. Mis à part la batterie qui arrive à injecter un réel dynamisme, il faudra saluer le travail fait sur les guitares qui ont créé une harmonie.

Vous l’aurez compris, Julien prend le risque plutôt payant de combiner la rapidité et la rugosité de son Death avec de nombreuses baisses de rythme. Les lignes directives sont gardées, car Iron Flesh sait envoyer la purée au bon moment, à l’instar de « To The Land Of Darkness » et « Deep Shadow » aux débuts surprenants.

Tout en voulant se diversifier, le multi-instrumentiste n’en n’oublie pas ses fondamentaux et a l’audace d’oser de nouvelles expérimentations et de sortir de son terrain de jeu favori, plutôt que de miser sur la redondance et la linéarité.

Sous ses différents aspects cet album est plus subtil et appliqué qu’il n’y paraît, Helwin frappe un très grand coup en réussissant brillamment son pari osé ! Les titres, la pochette qui au passage est superbe, sont bel et bien à la hauteur de l’expérience et du vécu musical de Julien Helwin.

Tracklist de Forged Faith Bleeding 

01. Invade, Conquer & Dominate
02. Malignant Kingdom
03. Ripping The Sacral
04. Harbringer Of Desolation
05. Celestial Disciple’s Incarnation
06. Stench Of Morbid Perversion
07. Red Sky Aeon
08. To The Land Of Darkness & Deep Shadow
09. Where Universe Collide

Les membres d'Iron Flesh
Monolithe - Okta Khora
Nom du groupe

Monolithe

Album

Okta khora

Label

LEs acteurs de l’ombre

Date de sortie

2019

LA NOTE
8/10

Monolithe est un projet assez atypique car il est composé d’un seul membre qui, lors de la réalisation et de l’enregistrement de ses albums, s’associe à plusieurs musiciens. Une spécificité qui fait l’originalité de ce groupe comparé aux autres groupes de Doom. Monolithe est mené par son fondateur, l’ancien d’Anthemon, à savoir Sylvain Bégot. Après 7 albums et 3 EP, le groupe continue sur sa lancée en nous offrant un nouvel opus « Okta Khora ».

Il faut savoir que l’album a fuité sur internet en novembre dernier et cela a permis par la force des choses d’accélérer la sortie officielle au 11 novembre 2019. « Okta Khora » est composé de huit morceaux dont certains plus courts (4’04) en termes de format, mais le chiffre 8 est l’élément central de cet opus, car les morceaux les plus longs font exactement 8 minutes et 8 secondes, Sylvain Bégot et ses compagnons voulant aller jusqu’au bout de leur concept. C’est en cela que consiste la personnalité artistique de Monolithe, la distinguant des nombreux groupes européens de Doom Metal Mélodique.

Musicalement, le combo parisien s’écarte un peu plus du Funeral Doom de ses débuts pour favoriser de douces mélodies aux résonances progressives. Les nombreux passages instrumentaux sont souvent froids comme l’espace comme « Okta Khora (part. 1) », par moment chaotiques comme « Ignite The Heavens (part. 1) », voire hypnotiques comme « Ignite The Heavens (part. 2) ».

Comparé à une œuvre de « space opera », Monolithe n’hésite pas à intégrer des instruments comme le saxophone ou d’autres instruments comme la flûte ou le violoncelle pour mieux exposer, voire dessiner ses histoires de science-fiction entre les différents peuples de l’univers faisant face au danger extra-terrestre.

Si les growls de Rémi Brochard peuvent paraître presque secondaires, associés aux différents chœurs de chant clair, la voix est considérée en fin de compte comme un instrument à part au sein de Monolithe, servant à bon escient la montée en puissance musicale de son Doom Metal assez mélodieux.

Nos amis parisiens vont plus loin dans leur voyage musical avec « Okta Khora » comparé à l’opus « Nebula Septem » et signent avec cet album un nouveau travail assez intéressant à la sauce « Space Opera » qu’il faut écouter d’une seule traite pour bien le savourer.

Leur originalité et leur génie en matière de compos en font peut-être l’un des combos français les plus intéressants en matière de Doom et musique progressive. Pour ceux que cette musique arrive à toucher, je vous recommande vivement de vous pencher sur cet album.

Tracklist de Okta Khora

1. Okta Khora (Part 1)
2. Onset of the Eighth Cycle 
3. Dissonant Occurrence 
4. Ignite the Heavens (Part 1) 
5. Ignite the Heavens (Part 2) 
6. The Great Debacle
7. Disrupted Firmament
8. Okta Khora (Part 2)

Les membres de Monolithe

Comme beaucoup, quand j’entends parler d’Azziard, je pense à des Black Metalleux en chemise avec des médailles militaires. Mais ce groupe a beaucoup évolué depuis l’album « 1916 ». Cela s’expliquerait facilement par de nombreux changements de personnels et une évolution logique dans une carrière commencée en 2001

Ce nouvel opus sort donc fin d’année 2017 sur Malpermesita Rec avec un son tout droit sorti du Vamacara Studio (plus besoin de présenter le studio qui rivalise avec les plus gros du genre en Europe). Un son qui permet d’apprécier la musique des groupes a sa juste valeur. J’en ai fini avec les cirages de pompes (sincères car je n’ai rien à y gagner).

On parlait d’évolution tout à l’heure. Elle est déjà musicale. La brutalité de « Vesanie » est toujours présente mais on note de plus en plus de passages mélodiques. Le groupe n’hésite pas à poser quelques solos comme sur « Archetype » – morceau où Julien Truchan apporte sa voix si particulière.

Musicalement on est souvent dans le Black Metal mais la richesse des influences du groupe est assez énorme. On peut y trouver du Death, du Thrash avec quelques pointes de Doom !

Cela donne un savant mélange brutal, torturé et qui plus est, hurlé dans un Français compréhensible. Finalement Azziard a su continuer ce que faisait Seth à l’époque de « The Excellence » tout en y rajoutant la folie d’un Shinning.

En fait je me suis très souvent fait la remarque que « Metempsychose » est un album très proche de ce que peut faire Behemoth.

Pour ce qui est du concept, là aussi, le groupe a affiné ses propos. Déjà sur « Vesanie », la réflexion s’articulait sur la psychologie, les maladies mentales, Azziard traitait du retour d’un soldat de la première guerre dans la vie de tous les jours, rongé par ce qu’il avait vécu. C’est surement après avoir passé du temps à travailler sur les psychoses que A.S.A  a choisi d’utiliser l’œuvre de Carl Gustav Jung pour ce nouvel album. Pas surprenant aussi de retrouver Julien Truchan sur un album aussi thématique, le chanteur de Benighted étant plutôt calé sur le sujet.

Conclusion toute simple, mon désespoir sur la scène Black Metal Française vient définitivement de prendre fin ! Après une période où je trouvais tout ce qui sortait mou du genou et surtout sans aucune âme, Azziard me confirme le retour de la Scène Française !

1. Premier Jour
2. L’Enfer
3. L’Anachorète, Dies
4. Ascension
5. Le Meurtre du Héros
6. Second Jour
7. Archétype
8. Unus Mundus
9. Psyché
10. Le Sacrifice
Total running time: 52:03 (CD)

https://www.facebook.com/azziard

www.malpermesita.com