Pestifer - Expanding Oblivion
Nom du groupe

Pestifer

Album

Expanding Oblivion

Label

XenoKorp

Date de sortie

2020

LA NOTE
8.5/10

Pestifer voit le jour en 2004 du coté de Liège. Il leur a fallu deux années (2006) pour sortir leur premier projet (EP) « Pestifer ». Alliant le Death Metal Technique, Metal Progressif et le Death Metal, le combo belge flirte par moments avec le Thrash. Troisième album après « Age Of Disgrace » et « Reachning the Void », « Explanding Oblivion » promet de dépoter avec son atmosphère « Science-Fiction ».

L’album débute avec « Remedy » qui nous fait entrer dans le vif du sujet avec des blasts, de la technique et des cassures rythmiques, le tout avec un semblant Thrash Technique qui me fait penser à Atheist. Au bout de ces six premières minutes, Pestifer met tout le monde d’accord en montrant l’étendue de son panel sonore, en jonglant avec différentes ambiances sans failles.

Les mélodies sont en parfaite adéquation avec l’atmosphère science-fiction affichée, en plus d’enrichir une musique déjà profonde et dense. Pestifer réussit à construire son propre univers, malgré des influences perceptibles. La basse est bien entendu de rigueur et on l’entend bien claquer tout au long de l’album. Quand tout cela se retrouve sur de gros blasts bien rapides et des riffs techniques, on peut de suite penser à Obscura, mais Pestifer produit globalement des sonorités « old school ». La production confirme quelque peu cette impression avec un son relativement sec et des guitares assez grésillantes, loin des groupes surproduits au son aseptisé.

Le chant balance entre le growl et un chant plus hurlé, là encore bien fidèle à la tradition des anciens de la scène Death ou Thrash Technique. Si les membres de Pestifer maîtrisent bien leurs classiques notamment dans le titre « Grey Hosts », on plonge dans leur univers, un univers assez froid aux ambiances à la fois spatiales et hostiles. On arrive à ressentir le vide intersidéral tout en étant observé.

L’entame du titre « Expanding Oblivion » se fait avec un piano qui n’adoucit pas l’ambiance, mais la rend terrifiante ! Tout le morceau est limite inquiétant avec ces riffs rampants et ces mélodies et arpèges complètement dissonants et froids. On reproche souvent aux groupes techniques d’être stériles et de ne proposer que de la démonstration. Pestifer en est le contraire car il crée un univers et développe des ambiances prenantes et évocatrices, tout en vous en mettant plein la vue techniquement.

Tout aussi dense qu’il est, « Expanding Oblivion » passe relativement bien, l’association de la mélodie, de la technicité et de la brutalité est assez bien dosée pour que l’on se plonge rapidement dans cet univers froid et sombre.

Un troisième opus dans la droite lignée de ses prédécesseurs et qui montre une fois de plus l’étendue du spectre sonore que couvre ce groupe. Beaucoup disent que la scène Death Technique tourne en rond, je leur dirais bien d’aller écouter « Expanding Oblivion » ils m’en diront des nouvelles.

Tracklist d’Expanding Oblivion

01. The Remedy
02. Ominous Wanderers
03. Silent Spheres
04. Disembodied
05. Swallower of Worlds
06. Fractal Sentinels
07. Grey Hosts
08. Lone Entity
09. Omniscient
10. Ultimate Confusions
11. Expanding Oblivion

Les membres de Pestifer
Couverture Iron Flesh - Forged Faith Bleeding
Nom du groupe

Iron Flesh

Album

Forged Faith Bleeding

Label

Epictural Productions

Date de sortie

2019

LA NOTE
7.5/10

Iron Flesh, projet solo de Julien Helwin voit le jour en 2017. Helwin, qui s’essaie dans cet album au chant et à la guitare, est loin d’être un novice si on se base sur ses différentes collaborations déjà bien fournies (Malevolentia, Otargos, Dawn Chaos, Mithras, Withdrawn, etc.).

Pour les concerts, il a été rejoint depuis par Sébastien, Sylver et Guilhem qui sont des musiciens talentueux et passés entre autres par The Great Old Ones, Fate of Fallacy, Black Storm ou Heboïdophrenie. Il n’en reste pas moins que Julien reste celui qui « gère tout » dans le groupe, à savoir la composition et les textes. Après la sortie de « Worship The Necrogod – 2017 » et « Scourge of Demonic Incantations – 2018 », le leader d’Iron Flesh continue ses créations à un rythme très soutenu, puisque son premier album Forged Faith Bleeding sort durant le mois de mai 2019.

Neuf morceaux sont au menu de ce nouvel opus, dans un style Death Old School avec une production assez crue qui laisse entrevoir tous les instruments en les laissant s’exprimer librement.

Dès l’ouverture, une entrée en matière assez qualitative avec les effrénés « Invade, Conquer & Dominate » et « Ripping The Sacral » qui enchaînent les punchs à bout portant, avec un jeu rapide et en continu. Cette « violence » est ralentie par de cours passages synonymes d’accalmie avant une nouvelle tempête qui nous arrive de front et qui nous déboussole. Le ton général de l’album est donné avec du bon Death !

Iron Flesh n’a pas l’intention de lever le pied après ce premier titre. Rapidité, explosivité seront de mise la plupart du temps, mais pas uniquement ! En effet, histoire de ne pas sombrer dans une certaine monotonie qui aurait été préjudiciable, le bordelais a accentué la lourdeur ainsi que la lenteur sur certains morceaux, dont le premier exemple est le sombre et morbide « Malignant Kingdom ». Ce titre est empreint d’atmosphères qui frôlent le Doom avec un tempo bridé durant quasiment toute sa durée, le tout renforcé par une noirceur encore plus exacerbée et suffocante avec quelques explosions à la fin qui viennent rappeler que le combo mise principalement sur le matraquage intensif. Il faut noter que ce titre maîtrise très bien les deux extrémités.

La structure de la galette est assez intéressante car on arrive à ressentir une certaine homogénéité de bout en bout, à l’instar de « Harbringer Of Desolation » qui a repris le même schéma, tout en y ajoutant quelques subtilités. Un départ avec quelques riffs à la fois angéliques et obscurs, et une suite où il n’y aura pas d’accélération, sans forcément tomber dans la redondance. Mis à part la batterie qui arrive à injecter un réel dynamisme, il faudra saluer le travail fait sur les guitares qui ont créé une harmonie.

Vous l’aurez compris, Julien prend le risque plutôt payant de combiner la rapidité et la rugosité de son Death avec de nombreuses baisses de rythme. Les lignes directives sont gardées, car Iron Flesh sait envoyer la purée au bon moment, à l’instar de « To The Land Of Darkness » et « Deep Shadow » aux débuts surprenants.

Tout en voulant se diversifier, le multi-instrumentiste n’en n’oublie pas ses fondamentaux et a l’audace d’oser de nouvelles expérimentations et de sortir de son terrain de jeu favori, plutôt que de miser sur la redondance et la linéarité.

Sous ses différents aspects cet album est plus subtil et appliqué qu’il n’y paraît, Helwin frappe un très grand coup en réussissant brillamment son pari osé ! Les titres, la pochette qui au passage est superbe, sont bel et bien à la hauteur de l’expérience et du vécu musical de Julien Helwin.

Tracklist de Forged Faith Bleeding 

01. Invade, Conquer & Dominate
02. Malignant Kingdom
03. Ripping The Sacral
04. Harbringer Of Desolation
05. Celestial Disciple’s Incarnation
06. Stench Of Morbid Perversion
07. Red Sky Aeon
08. To The Land Of Darkness & Deep Shadow
09. Where Universe Collide

Les membres d'Iron Flesh
Monolithe - Okta Khora
Nom du groupe

Monolithe

Album

Okta khora

Label

LEs acteurs de l’ombre

Date de sortie

2019

LA NOTE
8/10

Monolithe est un projet assez atypique car il est composé d’un seul membre qui, lors de la réalisation et de l’enregistrement de ses albums, s’associe à plusieurs musiciens. Une spécificité qui fait l’originalité de ce groupe comparé aux autres groupes de Doom. Monolithe est mené par son fondateur, l’ancien d’Anthemon, à savoir Sylvain Bégot. Après 7 albums et 3 EP, le groupe continue sur sa lancée en nous offrant un nouvel opus « Okta Khora ».

Il faut savoir que l’album a fuité sur internet en novembre dernier et cela a permis par la force des choses d’accélérer la sortie officielle au 11 novembre 2019. « Okta Khora » est composé de huit morceaux dont certains plus courts (4’04) en termes de format, mais le chiffre 8 est l’élément central de cet opus, car les morceaux les plus longs font exactement 8 minutes et 8 secondes, Sylvain Bégot et ses compagnons voulant aller jusqu’au bout de leur concept. C’est en cela que consiste la personnalité artistique de Monolithe, la distinguant des nombreux groupes européens de Doom Metal Mélodique.

Musicalement, le combo parisien s’écarte un peu plus du Funeral Doom de ses débuts pour favoriser de douces mélodies aux résonances progressives. Les nombreux passages instrumentaux sont souvent froids comme l’espace comme « Okta Khora (part. 1) », par moment chaotiques comme « Ignite The Heavens (part. 1) », voire hypnotiques comme « Ignite The Heavens (part. 2) ».

Comparé à une œuvre de « space opera », Monolithe n’hésite pas à intégrer des instruments comme le saxophone ou d’autres instruments comme la flûte ou le violoncelle pour mieux exposer, voire dessiner ses histoires de science-fiction entre les différents peuples de l’univers faisant face au danger extra-terrestre.

Si les growls de Rémi Brochard peuvent paraître presque secondaires, associés aux différents chœurs de chant clair, la voix est considérée en fin de compte comme un instrument à part au sein de Monolithe, servant à bon escient la montée en puissance musicale de son Doom Metal assez mélodieux.

Nos amis parisiens vont plus loin dans leur voyage musical avec « Okta Khora » comparé à l’opus « Nebula Septem » et signent avec cet album un nouveau travail assez intéressant à la sauce « Space Opera » qu’il faut écouter d’une seule traite pour bien le savourer.

Leur originalité et leur génie en matière de compos en font peut-être l’un des combos français les plus intéressants en matière de Doom et musique progressive. Pour ceux que cette musique arrive à toucher, je vous recommande vivement de vous pencher sur cet album.

Tracklist de Okta Khora

1. Okta Khora (Part 1)
2. Onset of the Eighth Cycle 
3. Dissonant Occurrence 
4. Ignite the Heavens (Part 1) 
5. Ignite the Heavens (Part 2) 
6. The Great Debacle
7. Disrupted Firmament
8. Okta Khora (Part 2)

Les membres de Monolithe

Comme beaucoup, quand j’entends parler d’Azziard, je pense à des Black Metalleux en chemise avec des médailles militaires. Mais ce groupe a beaucoup évolué depuis l’album « 1916 ». Cela s’expliquerait facilement par de nombreux changements de personnels et une évolution logique dans une carrière commencée en 2001

Ce nouvel opus sort donc fin d’année 2017 sur Malpermesita Rec avec un son tout droit sorti du Vamacara Studio (plus besoin de présenter le studio qui rivalise avec les plus gros du genre en Europe). Un son qui permet d’apprécier la musique des groupes a sa juste valeur. J’en ai fini avec les cirages de pompes (sincères car je n’ai rien à y gagner).

On parlait d’évolution tout à l’heure. Elle est déjà musicale. La brutalité de « Vesanie » est toujours présente mais on note de plus en plus de passages mélodiques. Le groupe n’hésite pas à poser quelques solos comme sur « Archetype » – morceau où Julien Truchan apporte sa voix si particulière.

Musicalement on est souvent dans le Black Metal mais la richesse des influences du groupe est assez énorme. On peut y trouver du Death, du Thrash avec quelques pointes de Doom !

Cela donne un savant mélange brutal, torturé et qui plus est, hurlé dans un Français compréhensible. Finalement Azziard a su continuer ce que faisait Seth à l’époque de « The Excellence » tout en y rajoutant la folie d’un Shinning.

En fait je me suis très souvent fait la remarque que « Metempsychose » est un album très proche de ce que peut faire Behemoth.

Pour ce qui est du concept, là aussi, le groupe a affiné ses propos. Déjà sur « Vesanie », la réflexion s’articulait sur la psychologie, les maladies mentales, Azziard traitait du retour d’un soldat de la première guerre dans la vie de tous les jours, rongé par ce qu’il avait vécu. C’est surement après avoir passé du temps à travailler sur les psychoses que A.S.A  a choisi d’utiliser l’œuvre de Carl Gustav Jung pour ce nouvel album. Pas surprenant aussi de retrouver Julien Truchan sur un album aussi thématique, le chanteur de Benighted étant plutôt calé sur le sujet.

Conclusion toute simple, mon désespoir sur la scène Black Metal Française vient définitivement de prendre fin ! Après une période où je trouvais tout ce qui sortait mou du genou et surtout sans aucune âme, Azziard me confirme le retour de la Scène Française !

1. Premier Jour
2. L’Enfer
3. L’Anachorète, Dies
4. Ascension
5. Le Meurtre du Héros
6. Second Jour
7. Archétype
8. Unus Mundus
9. Psyché
10. Le Sacrifice
Total running time: 52:03 (CD)

https://www.facebook.com/azziard

www.malpermesita.com

Savage Annihilation, disons qu’avec un nom comme ça, nous sommes prévenus, il n’y aura pas de place ici pour la musique d’ascendeur. Pourtant après une intro en chant féminin tout en douceur, on se ferait presque avoir. Mais le groupe est malin, c’était pour mieux nous asséner son Death Metal à l’ancienne dans la gueule la seconde d’après.

Après un premier album en 2012, les Français (membres aussi de Brennkelt dans un autre registre) reviennent avec « Quand s’abaisse la croix du Blasphème ». La particularité du groupe, oser le chant en Français sur du Death Metal !! Et sans aucun doute, c’est une sacrée bonne idée ! Car le chant de David se marie à merveille avec le Death Metal, à tendance brutal.

Avec un son bien à l’ancienne (mais de bonne qualité, Le Studio Vamacara arrive vraiment à s’adapter à tous les styles), Savage Annihiliation restitue l’ambiance morbide du Death Metal que des Morbid Angel et autres Immolation ont créé. Des riffs gras, des breaks, une voix d’outre tombe. Alors, on peut largement reproché au groupe de ne pas avoir trop quitté le sillage des groupes pré cités mais comme pour le Black Metal, à quoi bon vouloir toujours innové et dénaturé un style !

Franchement, écoutez le titre « Organe après Organe » !! tout y est pour le fan de Death Metal ! Même le petit solo ! Et surtout, ici le coté antireligion est bien présent !!

Alors, si vous en avez marre de faire tourner « Covenant » ou « Dawn of Possesion », jetez vous sur ce cd produit par Xenokorp !

2. Par-delà les dunes de cadavres
3. Quand s’abaisse la croix du blasphème
4. Organe après organe
5. Hyrreit
6. Le tombeau de l’atrocité
7. When the Slayer Bangs His Head (uniquement sur la version vinyl)

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Mes petits Strasbourgeois préférés sont de retour avec un 2 ème album. Iron Bastards avait marqué les esprits avec « Boogie Woogie Violence », sortie en 2015, un très bon premier jet qui montrait déjà les capacités des Bastards à balancer du riff Rock’n’Roll.

Retour donc en 2016 (ouais une chronique vachement d’actu donc) pour « Fast And Dangerous », qui commence sur les chapeaux de roue  avec un titre éponyme ! Si l’influence Motorhead (la voix de David reste très proche) est toujours présente, on sent que le groupe a fortement affiné son style.

Et dès le deuxième morceau, on s’envole vers un Rock’n’Roll encore une fois proche d’un « Another Perfect Day ». Pas facile de faire une chronique de l’oeuvre des Bastards sans parler de Lemmy car son ombre plane toujours.

« Rock ‘O Clock » et « The Princess & the Frog » ont une touche plus 70, laissant plané des influences plus Hendrix par moment lorgnant vers The Sweet tout en gardant le Speed Metal de Motorhead

« The Wise Man » donne l’occasion de souffler avec des solos très blues, un rythme plus calme qui permet d’apprécier les qualités musicales du trio.

Mais on ne souffle pas longtemps car « Out of Control » reprends aussi vite que les titres précédents ! Avec Iron Bastards on est là pour bouger, aucune doute. Ce titre, malgré sa vitesse, m’a fait penser à du Elvis. Preuve que les Strasbourgeois font avant tout du Rock’n’Roll

« Sarcasm » n’est pas le titre qui m’a vraiment boté sur l’album, allez savoir pourquoi car les breaks sont bons, les solos aussi mais je n’ai rien ressenti

Alors que « Born on The Wrong Side » a lui montrer une nouvelle facette du groupe, un petit passage à l’Harmonica que n’aurait pas renier notre Dieu et qui s’est fortement bien intégré dans le morceau.

Arrive un double morceau qui commence par « Ballbreaker Number One » qui est assez dans la veine du reste de l’album alors que « The Snake is the Sky » montre presque des influences plus heavy la Maiden, des riffs à la AC/DC

Putain c’est passé vite !! trop vite peut être mais bon déjà 38 min de Rock’n’Roll c’est un bon timing et pour finir, voici que déboule mon titre préféré « Vintage Riders » avec un refrain à gueuler avec une bière à la main ! Encore un Solo de l’autre David du groupe tout bonnement orgasmique, j’ai fait du air guitar devant le pc sur ce titre !

Alors oui, l’ombre de Motorhead plane toujours, mais elle commence à laisser sa place à un groupe unique en France, de part sa qualité musicale, sa capacité à tourner (putain une tournée des pubs anglais, faut avoir des couilles) alors franchement il est grand temps pour vous d’aller écouter cet album, et celui d’avant ! Et qui sait, peut être les verra t on sur nos terres cette année.

https://www.facebook.com/ironbastardsrocknroll/

https://hellprod.bandcamp.com/album/fast-dangero

01.Fast & Dangerous

02.The Code Is Red

03.Rock ‘O Clock

04.The Princess & The Frog

05.Out Of Control

06.The Wise Man

07.Born On The Worn Side

08.Sarcasm

09.Ballbreaker Number One

10.The Snake Is The Sky

11.Vintage Riders

Chez FDA Records (Allemagne)

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