Plein Air (Montbouton – 90) – Samedi 1er juin 2019

MONTBOUT’D’SON, avec Algorythme, Grumpy O’Sheep, The Fre3 Bastards, Jäger Blaster, Insomnia

 

C’est un festival bien sympathique et prometteur que Metal in Franche-Comté va vous raconter aujourd’hui. Organisé le 1er juin dernier (oui, ok, on n’est pas en avance 😉 ) par l’association « MS90 », ce festival de musique rock, gratuit, nous offre sa 1ère édition sous ce nom, mais il s’agit en fait de la 4ème édition de ce qui s’appelait jusqu’alors la Fête de la Bière, ce qui explique en partie la bonne qualité de l’organisation ! 5 groupes étaient à l’honneur, dont 3 avaient gagné leur participation lors d’un Tremplin (avec votes du public) organisé en mars dernier au foyer Brassens grâce à la Maison du Peuple et à Beaucourt (un 6ème groupe ayant malheureusement dû annuler pour souci de santé de l’un des membres).

Sur un très chouette site campagnard baigné de soleil, en forme de cuvette, avec la grande scène en bas au fond, les premières minutes sont de suite réjouissantes, accueil très simple et sympathique, de nombreuses tables et bancs, tentes (trop ou pas assez ? on y reviendra plus tard), plusieurs foods trucks proposant des choix variés de repas, et une grande buvette (mais juste 1…) offrant pas moins de 4 sortes de bières artisanales (toutes au top !) qu’on pouvait acquérir via de jolis jetons en forme de capsules, bien pensés et conçus.

Arrivant juste à temps pour choper une bière rouge et me positionner devant la scène, les premières notes d’Algorythme, [le clan des baskets rouges (on est raccord avec ma bière)] démarrent. C’est un groupe belfortain de 4 musiciens, que je découvre, et qui délivre ses compositions dans un style pop-rock idéal pour bien commencer ce festival vers 18h30. Sur une très belle scène (j’ai beaucoup apprécié le fond de scène en semi-transparence qui laisse apparaître les arbres derrière et le coucher de soleil), ils nous proposent un set de belle qualité, avec des instrumentistes expérimentés, et ça tourne, devant un public qui commence à se densifier, bien attentif. Groupe à revoir avec plaisir, n’hésitez pas à aller les découvrir s’ils passent près de chez vous.

 

Le temps d’aller faire le choix du miam parmi tout ce qui était proposé (et ce n’était pas simple, mais tellement bien d’éviter le sandwich chipo pour une fois), de se trouver un ptit coin de table et de banc (à cette heure-là, il y avait encore un peu de place), et de patienter durant le changement de scène et zou, j’y retourne. Changement de style et d’univers, on plonge dans le folk irish celtique du duo Grumpy O’Sheep (Lu au violon et Boss à la guitare et au chant). L’ambiance est posée d’entrée, avec la déco fond de scène illustrant une vieille devanture bois typique, et la tête de mouton shawnesque sur le devant de la scène. Une méga énergie à eux deux, des titres enjoués acoustiques, enlevés, mélangeant le traditionnel au punk, ça donne un cocktail vivifiant et du tapage de pied quasi instinctif et immédiat. Et pourtant, la « fosse » reste encore bien peu remplie, ce qui n’est pas le cas des loiiiiintaiiiins mobiliers repas qui sont pris d’assaut. Tellement dommage qu’avec autant de personnes présentes sur le site, le public des concerts soit si peu compact. On va se dire que c’est encore l’heure où l’appétit prime et que ça s’arrangera avec la tombée de la nuit…

 

Un ptit tour ensuite auprès du stand de l’ami Cigare Broc Guitare (conception de cigare box à partir de matériel de récup’, boîtes métal, enjoliveurs, bouillotes, et autres boîtes de bouteilles d’alcool), où les musiciens, amateurs ou pro, viennent tester les instruments en démo. Toujours un grand plaisir de croiser ce passionné, que je vous conseille d’aller rencontrer si vous apercevez son stand ici ou là.

Cette fois, la nuit se prépare, et les Belfortains de The Fre3 Bastards s’apprêtent à fouler la scène à leur tour, emménant le festival vers sa partie plus rock énervé, et ça ne fait que commencer. Le trio a lui aussi de l’énergie à offrir, et ne s’en prive pas. Là encore, malgré leurs appels répétés, ils n’arrivent guère à faire approcher les « badauds » plus attirés par les stands gastro et liquido que par les décibels, manifestement. Là où certains se plaindront par la suite de manque de places assises, je prône personnellement plutôt de ne pas en rajouter, voire d’en ôter, ou au moins de resserrer la surface du site afin que tous ces festivaliers soient plus présents près de la scène. Je peux imaginer la certaine frustation que, je crois, tous les artistes ont du ressentir, de seulement distinguer au loin toutes ces personnes, alors qu’ils auraient pu remplir dignement le devant de scène. Ces 5 groupes généreux l’auraient tous bien mérités. Bref. Cela dit, les Bastards envoient du lourd comme à leur habitude, ce qui n’est pas le cas des façades son qui commencent à montrer leur limite, ce qui, là aussi, était dommage. Un volume un peu plus velu aurait été le bienvenu pour toute cette fin de soirée qui allait crescendo en nervosité.

 

La nuit est cette fois bien tombée, les lights font ce qu’elles peuvent, on stage et sur le vaste site et il est temps d’accueillir les Jäger Blaster. Un groupe qu’on ne présente plus non plus (si?), bien connu sur l’Aire Urbaine et plus loin encore. C’est la formation stoner de l’ami Jeff, qui troque son kilt ou son look bayou, pour une tenue plus adaptée au monde post-hardcore qui va déferler. Un set très prenant pour tous ceux qui se tenaient devant la scène (mais quid de ceux qui étaient à 50 mètres de là), fortement garni des excellents titres de l’album récemment sorti (« Introspecta », puissamment recommandé). Leur univers est sombre, torturé, tantôt lent et mélancolique, tantôt détonnant, extériorisant des lignes oscillant entre doom, hardcore et post stoner. Un vrai régal d’émotions pour qui sait en recevoir en pleine face !

 

Avec l’heure avancée et le déferlement de décibels (bien que timides en façade hein, ah je vous l’ai déjà dit, ptete… :-p ), le public se raréfie encore plus sur le tarmac. Ailleurs, je ne sais pas trop, mais il semble quand même le site se vide gentiment dans sa globalité. Mais Insomnia est encore au programme, même s’il est déjà bien 1h30. Let’s go pour cette dernière prestation du festival. Encore des potes sur scène, from Jussey (Haute-Patate!), qui délivrent du metalcore mélodique, à double chant et en français, suffisamment rare pour le signaler. Même s’ils sont peu nombreux, les résistants dans l’audience sont à fond et répondent aux six gaillards qui ne manquent pas d’énergie (mais de lights, un peu aussi…d’où des photos bien moches, sorry !). Pas le meilleur set que j’ai pu voir de leur part, mais il était bien tard pour tous les organismes encore debout ! Mais comme ils ne manquent pas de dates pour tout cet été, gageons que vous pourrez aller les revoir ou découvrir très vite dans les parages franc-comtois ou lorrains.

 

C’en est donc fini pour l’édition #1 du Montbout’d’Son, une belle réussite malgré quelques petites bricoles à arranger, et Metal in Franche-Comté sera heureux de revenir l’an prochain pour couvrir et profiter de ce bel évènement. Un petit arrangement sur l’agenda avec les collègues tout proches qui organisaient en même temps un festival du même style musical, gratos aussi, et ça serait parfait : on pourrait aller soutenir tout le monde et doubler le plaisir 😉 Et ptet le public dans la « fosse » aussi… :-p

Un grand merci aussi pour l’accueil et un grand bravo pour l’orga et le casting réussi sur scène.

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