Halloween Rock Party 2018 au Moloco

Moloco (Audincourt-25) – Mercredi 31 octobre 2018

Halloween Rock Party 2018, aec JC Satàn, The Devils, La Pietà & Blindness

Traditionnellement fin octobre, la fête d’Halloween nous apporte bonbons et monstres en tout genre. Au Mocolo, elle apporte aussi du gros son et des créatures étranges et réjouissantes, y compris sur scène… C’était ma seconde Halloween Rock Party dans l’antre, et d’emblée dans la salle, le ton de la soirée est donné : l’équipe Square Concept en charge de la décoration a fait un boulot de dingue. Point de Jack’O Lantern, mais des nuées de fantômes, de voilages, de pendus, et autres bestioles de la nuit se baladent parmi les cercueils et corbeaux en fond de scène. Le public n’est pas en reste, nombre de zombies, défigurés, sorcières et sans-visage s’y faufilent.

Le premier groupe à monter sur scène est Blindess. Ce duo de frangins vésuliens, en basse-batterie, assène un punk hardcore décomplexé, du noise rock direct dans ta face qui promet une soirée forte en décibels et en uppercuts auditifs. Qui a dit que les cimetières devaient rester silencieux… Environ 2 mois et demi après leur dernier concert à la Guerre du Son (Landresse-25), ça a bossé dur, ça se voit et ça s’entend. Leur set de 30 mn est devenu une vrai boule d’énergie compacte, et pourtant bien carrée (et ouaiiis, amis mathématiciens, ça peut exister !). La salle, pourtant déjà bien pleine, n’a pas encore lancé les hostilités à coup d’épaules, mais ne perd pas une miette de la prestation des 2 frères.

Pour le deuxième acte, place à La Pietà et sa croix brisée en led, et à la découverte en ce qui me concerne, aucune idée de ce qui m’attend,,. Ce sont 2 Batmen qui occupent la scène, l’un derrière ses machines et batterie électronique, l’autre à la guitare, et une frêle silhouette masquée les rejoint. Bon alors, frêle, c’est purement descriptif, car la gaillarde a du tempérament, et on oublie vite cet adjectif, elle incarne tout le contraire. Sur des beats très électro, survoltés par des distorsions rockpunk, elle ne tarde pas à balancer sa rage, par ses textes incisifs, parfois longs, mais c’est qu’elle a beaucoup à dire !, enfin, à hurler, à dénoncer, à avouer…Se qualifiant elle-même de « la moins féministe de la terre », elle appelle même le public de monstres à l’insulter, en vain… Elle termine son set de bitch punkrap par un bain de foule, incitant à une chorale et ronde improvisée autour d’elle sur son titre-phare rudement efficace , « La Moyenne » (en écoute notamment sur la compil des Inouïs du Printemps de Bourges 2018). Comme elle aime à le dire, elle n’était « pas là pour plaire, mais pour déranger », et les oreilles les plus chastes ont pu être heurtées, au vu de certains échanges de regards ou sourires gênés ! Pari gagné !!

A la mi-temps, après quelques déambulations parmi les zombies de la soirée (le stand de maquillage ne semble pas désemplir!), on se prépare à rattaquer, enfin plutôt à se faire ré-attaquer, par les 2 autres groupes programmés. Là encore, j’y vais à l’aveugle, mais entre Devil et Satan, je ne m’attends pas à des berceuses poétiques… Commençons par The Devils !

Au vu de la batterie installée tout en bord de scène, où trône le Pape François hilare (oui oui, lui-même, mais je ne décrirai pas d’où il sort, matez vous-mêmes si vous l’osez), on se dit qu’elle aura toute son importance dans le set. Le show des 2 italiens,, lunettes de soleil sur le nez, est bien rôdé et probablement souvent répété, mais fait diablement effet quand on le découvre pour la première fois…Le guitariste, tout en rouflaquettes et pantalon de cuir apporte un méga cierge allumé, tandis que la batteuse, tout en résilles, cuissardes rouges, mini combi en latex et voile de nonne vissé sur la tête apporte un cierge bien moins religieux… Le godemiché noir (et énoOOorme !) ventousé sur la batterie, le déferlement peut commencer. Ca envoie sévère, comme on dit, ça tabasse, à deux voix et avec une complicité évidente. Cette fois, ça remue sec dans la fosse, et Gianni fait plusieurs descentes pour se mêler au public qui virevolte et remue la tête à s’en démonter quelques cervicales. Après quelques vautrades par terre, il rejoint Erica, imperturbable et increvable sur scène, et fait monter plusieurs spectateurs. Avant qu’on ait eu le temps de trouver un exorciste, the Devils mettent fin à leur set de trashrock diabolique, mais tellement réjouissant, raaaaaaAAA ! Si l’enfer ressemble à ça, ça va aller, ça va, ça va aller…(private joke de Furieuse).

Il est alors temps d’accueillir JC Satàn, Belzébuth et Lucifer n’étant pas dispo ce soir-là… Les 5 Bordelais et Turinoise proposent un rock aux accents de medieval doom (enfin, c’est comme ça qu’ils disent) et c’est sacrément efficace. Un maelström fourmillant de sons, de rythmiques, de mélodies, de chants et d’incantations, qui pourrait être la parfaite bande son de l’Apocalypse qui  attend sournoisement de nous exploser à la tronche.

Mais je vous rassure, on sort de cette soirée bien vivants et survitaminés, il est bon parfois de côtoyer l’enfer et la mort, il faut juste reculer à temps !

Un grand merci au Moloco, à la team déco/maquillage et aux créatures sur scène pour cette monstrueuse soirée acidulée, bourrée d’énergies musicales !

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