Gorgon est de retour, et on en parle avec Chris !

Pas facile de commencer une interview d’un groupe qui a commencé à jouer alors qu’à cette époque j’écoutais nirvana et je jouais encore au Lego (euh, merde je fais encore ces 2 choses là …), pas facile de mettre des mots sur un état d’esprit qui est né dans le rejet des religions et qui a engendré un courant musical unique, pas facile enfin de ne pas sombrer dans le mode « c’était mieux avant » que je vais ma foi, par moment, utiliser. C’était un peu l’idée de départ pour réaliser cette interview de Chris du groupe Gorgon (celui de 1991, pas l’autre …)

Alors Chris, il va falloir repartir dans le passé, se replonger dans le début des années 90 pour nous expliquer la genèse de Gorgon. Comment, alors que la mode est au Thrash et au Death, as-tu plongé dans un style aussi extrême que le Black Metal ?

J’ai découvert le black par Venom qui un soir avait eut l’honneur d’apparaitre dans une émission anglaise de Metal que l’on captait ici dans le Sud et qui était diffusé par TMC, la chaine monégasque qui émet localement. Sauf erreur il s’agissait du titre « Bloodlust ». J’avais bien aimé et, alors au collège, un gars de ma classe m’avait prêté leur album « Calm before the storm » qu’il possédait en cassette. Par la suite je me suis mis à découvrir leur discographie antérieure et les groupes évoluant dans leur créneau (Bathory, Bulldozer, Celtic Frost, Sarcofago, Hellhammer…). J’achetais parfois des disques uniquement en me basant sur la pochette du moment qu’il y avait un aspect occulte, satanique. J’ai parfois eu des surprises avec par exemple le 1er Deicide ou le 1er Dark Throne achetés dès leur sortie, qui était du death mais sans pouvoir écouter avant, je ne pouvais savoir. Aussi quand je me suis mis à jouer de la guitare en 1989 ou 1990, c’est vers le black que je me suis tourné naturellement car c’est ce que je voulais faire. Par la suite j’ai aidé quelques fanzines en faisant des interviews de Beherit, Burzum, Impaled Nazarene, ….. et j’ai organisé un concert dans la ville de Cannes début 1991 avec Samaël (avant qu’ils ne sortent leur 1er album) et Shud (Thrash-death d’Avignon). Ce soir-là j’ai rencontré Patricia (ex-batteuse de Witches) qui quelques mois plus tard a répondu une annonce que j’avais posé chez un disquaire local. On a fait un essai en duo dans le local où elle répétait et comme elle connaissait une bassiste, elle l’a invité à nous rejoindre par la suite et ainsi le line-up original du groupe s’est formé.

1er concert / 1992

A cette époque, Gorgon n’hésite pas à utiliser des claviers (ce qui à l’époque ne pose de problème à personne, ce n’est que plus tard qu’on reprochera à des groupes d’utiliser cet instrument), qui permettent de créer des ambiances uniques, pourquoi ne les retrouve t-on pas sur ce nouvel album ?

Je n’en ai pas vu l’utilité aussi comme j’estime que cet instrument doit être au service des morceaux et non un instrument « obligatoire », aucun titre n’en bénéficie. Il y a bien des chœurs sur un passage mais cela a été fait autrement, pas au moyen d’un clavier. Ce n’est pas un rejet de l’instrument, il y en aura peut-être sur un futur album, mais sur les compositions du dernier ce n’est pas le cas c’est vrai.

Donc 1991, c’est la naissance d’Emperor, d’Osmose productions, le mouvement Black Metal n’en est qu’à ses balbutiements et toi, tu créées finalement le premier groupe de Black Metal français. Comment réagissent les autres musiciens avec qui tu gravitais à cette période ?

Je connaissais très peu de personnes à l’époque, la plupart des musiciens des groupes locaux étaient sur Nice, moi sur Antibes j’étais dans mon coin. Patricia fréquentait Alex d’Agressor qui était également de ma localité mais on ne se voyait pas pour autant. La bassiste fréquentait un gars qui était chanteur dans un groupe de thrash et vivait avec lui à prés d’une heure d’ici, aussi là c’est pareil, je n’y mettais pas les pieds. En résumé, c’était le thrash plus que le death qui dominait par ici et on n’évoluait pas dans le même monde même si il n’y avait pas de barrières particulières.

Toulon / 1995

La scène Black Française s’est finalement développée quelques années après, presque exclusivement dans le sud (hormis un groupe comme Antaeus sur Paris) ou tout du moins en province avec des labels comme Drakkar, Adipocere, …mais finalement tu n’as jamais été trop proche d’un Mutiilation ou d’un Blessed in Sin ? Peux tu nous parler des relations que tu avais avec la scène de l’époque ?

Sur Paris Osculum Infame étaient parmi les précurseurs et on a correspondu un bon moment tout comme avec Erebe qui était vers la capitale il me semble. Pour moi Antaeus est arrivé bien plus tard vers la fin des années 90 avec leur première demo même si ils ont peut-être été formé avant. Mutiilation de Montpellier était après nous le 2e groupe black français que je connaissais puis Maleficum Orgia de Marseille a suivi peu après. J’ai bien correspondu avec Willy puis cela s’est arrêté sans animosité, avec le temps c’est tout. Sinon il est vrai que dans le Sud d’autres formations sont apparues comme Blessed in sin sur Toulon, Necromantic sur Nice… Mes relations étaient bonnes selon moi avec la scène international que ce soit avec les zines ou les groupes avec qui j’ai écrit un bout de temps comme Necromantia, Zemial, Samaël, Impaled Nazarene, Bestial Summoning, Archgoat, Funeral Winds, Ungod….ou plus épisodiquement comme In The Woods ou Cradle Of Filth qui m’avait contacté pour échanger nos demos. En France c’est vrai j’avais moins de contacts avec les groupes, hormis ceux cités au-dessus même si il m’arrivait de voir les gars de BIS par exemple lors de concerts généralement organisés par Decibels Storm sur Marseille ou La Seyne. Niveau distributeurs oui Osmose, Drakkar, Adipocere et même Holy Records ont contribué à répandre le black, certains en signant des artistes, d’autres en les ayant sur leurs listes. Il y avait aussi d’autres distributeurs beaucoup plus modestes, mais tout aussi méritant au vu de leurs moyens, mais que l’Histoire n’a pas retenu, en vrac Impure Creations Records, Sonic Wall, Black Circle distribution, Black and Dark Mansion, Between Death and Life…. Il ne faut pas non plus oublier les radios et les mecs qui faisaient des compils cassettes ou des zines, nos relations, généralement éphémères, se sont toujours bien passées.

Tu as raison pour Osculum Infame que j’avais bien zappé. Et pour les activistes dont tu parles, que l’histoire n’a pas retenu, je peux te dire que Greg du Black Circle, Lord Puke et sa compil Morbid Tunes ont eu un influence sur ce que je me mettais dans les oreilles !

De 1995 à 2000 tu as sorti 4 albums, un rythme vraiment soutenu pour un projet presque solo (car tu composes tout si je ne dis pas de bétise) et après 2000, plus rien. Les problèmes de musiciens sont l’une des raisons, mais je pense que ce n’est pas la seule, peux-tu nous éclairer.

 En fait non, le 2e guitariste du groupe a apporté de nombreuses idées sur le 2e et 3e album qui sans sa présence ne seraient pas du tout pareil. Sur « The Jackal Pact », le 3e donc, il n’y a que 2 morceaux uniquement de moi, 10 écris avec sa collaboration et 1 intégral par lui, ce qui est une bonne contribution de sa part. Néanmoins, oui le 1er et 4e album sont uniquement de mon fait. Après ce dernier album effectivement, on a eu un nouveau batteur (et nouveau local) et cela n’a pas fonctionné avec une séparation en janvier 2002. La lassitude s‘est installée, devoir rechercher des musiciens, repartir à zéro, aussi le groupe a été mis en stand-by sans pour autant splitter. Par la suite j’ai déménagé en Bretagne pendant plusieurs années et même si j’ai continué à aller aux concerts, ou bien participé à l’élaboration du split CD avec O.T.A.L., l’idée de relancer la machine ne se faisait pas jour. Il aura fallu attendre fin 2017 pour que cela se concrétise.

avec Count Nosferatu / 1997

2000, c’est mon arrivée dans la scène Black Metal Française, premier groupe, fanzine papier et tape trading, pour moi c’est une révélation ! je ne connaissais que les groupes norvégiens et ne juraient que par eux et je découvre qu’il existe une scène « B », qui regorge de groupes au style tous différents de Epic à Godkiller, de Bael à Count Nosferatu. C’est une véritable plongée dans l’extrême, une addiction est née. Et comme tu le cites dans une interview, le leader d’O.T.A.L disait « on ne faisait pas du Black, on était le Black », c’est exactement ce que je ressentais à l’époque, quitte à parfois dépasser les limites car l’extrême appelle souvent le sang, la souffrance et la mort. Te retrouves tu dans ces mots ?

Oui tout à fait, j’aime bien ta trilogie finale même si le terme addiction cité plus haut a bien aussi sa place. Le black metal dans les années 90, outre la manière de vivre et de penser, c’était aussi des actes.

Et après des années de silence, Gorgon revient petit à petit, avec des rééditions, un split avec O.T.A.L pour arriver à 2019 et  ce nouvel album. Comment après tant d’année se remet on à l’écriture d’un album sans perdre cette foi que tu avais à tes débuts ?

Les rééditions dont tu parles ont joué un rôle majeur car elles ont engendré de l’enthousiasme de la part de personnes qui m’ont contacté alors que l’idée de remettre le couvert trottinait déjà dans ma tête. En juillet 2017 j’ai revu, lors d’un concert d’Absu, le batteur présent sur les 3 premiers albums et il m’a dit qu’il comptait se remettre à la batterie dans quelques mois. J’ai pris ses coordonnées et je l’ai contacté dès le lendemain mais à ce jour, je n’ai jamais reçu de réponse, ni revu à aucun concert, aussi la belle option initiale de repartir avec lui sous peu n’a pas pu voir le jour. Du temps s’est écoulé et fin 2017 j’ai décidé de faire un mini CD 5 titres par facilité. Moins de titres à écrire, si j’en étais encore capable, moins de titres à répéter avec un batteur dont je me doutais qu’il serait du coup de session et moins de temps à passer en studio sur le plan financier. J’en ai parlé au boss de Goetie Exhumation qui nous a toujours soutenu et j’ai reçu quelques propositions par la suite dont la principale me demandait, sans aucune surprise, un album plutôt qu’un 5 titres, qui se vends moins bien pour un coût de pressage similaire. Finalement Osmose m’a aussi fait une proposition dont j’ai accepté les clauses et la signature du contrat a suivi.

Au sujet de la foi que tu mentionnes, ça a été un élément crucial aussi qui me retenait, étais-je capable de pondre des choses suffisamment intéressantes pour les sortir sous le nom Gorgon ou alors mes nouvelles compos seraient-elles hors-sujet et ne justifiait pas un retour du groupe ? Une fois l’idée validé, un autre élément important est aussi apparu : le fait que j’ai réservé le studio d’enregistrement en décembre 2017 pour une entrée le 1er juin 2018. J’avais moins de 6 mois pour pondre 11 nouveaux titres (comme tous les albums du groupe) et laisser ainsi le temps au batteur de travailler ses parties de son côté, m’étant décidé à faire les guitares et la basse tout seul. Aussi j’ai vraiment beaucoup joué durant ce court laps de temps, partant d’une feuille blanche, pour trouver des parties que je validais et conservais pour mettre en place de nouveaux titres et petit a petit les idées sont arrivées. En parallèle j’écrivais les textes que je voulais dans l’esprit du black tel que je le conçois. J’ai pensé aussi un moment donné à reprendre un ancien morceau de manière à m’ôter la composition d’un nouveau titre mais j’ai préféré faire appel à Hreidmarr en lui demandant de me créer l’intro de l’album, me retirant ainsi une piste à écrire tout en ayant le plaisir de l’avoir sur le disque. Il s’est fait aider par Jon (BMH) et m’ont fourni une introduction à cet album telle que je la voulais mais telle que je ne l’aurais jamais conçu, aussi la surprise fut à la hauteur. Dernier élément enfin, la voix. Serait-elle telle que je la voulais ? Il aurait été facile de la trafiquer en studio ou de dire que ma voix avait changé au fil du temps et que je ne pouvais en 2018 avoir un timbre de voix comme je l’avais dans les années 90, surtout que j’avais arrêté le chant black depuis la mise en silence du groupe. Même chose du coup, je l’ai travaillé quand je pouvais durant ces quelques mois, et au final elle a répondu présente pour l’enregistrement.

avec Opera IX / 1994

Pendant ces années d’éloignement, la scène a largement évolué, passant d’une période de true Black à un Black souvent technique, très éloigné parfois des origines, intégrant toute sorte d’influence. Une évolution quasi commerciale du style a eu lieu sans qu’on puisse stopper la machine, même si en France aucun groupe n’a vécu de sa musique. Que penses-tu de ce glissement commercial ?

Sans être consterné pour autant, disons qu’il y a « des choses » qui me dérangent. Post Black, Black Atmosphérique, Depressive Black metal,…..qu’est-ce que c’est que tout ca ? On fait du black ou en fait pas. Bon d’accord certain ferait mieux de ne pas en faire, mais à quoi servent toutes ces appellations ? Un groupe qui fait du thrash n’utilise pas d’ajout à son style pour exister. Sodom est différent de Tankard qui est différent de Slayer et il n’y a pas de problème. Tout en étant dans le même style chacun fait son truc. Marduk est différent de Beherit et aucun des deux ne ressemblent à Ophtalamia ou Necromantia mais tous font du black sans avoir à ajouter de terme pour se faire remarquer ou pour suivre une tendance. Le fait que certains groupes soient plus technique que d’autre dans leurs compos, c’est un choix, cela ne me dérange pas si ce n’est pas un concours de technicité au final. C’est même normal, certains musiciens étant meilleurs que d’autres, on peut comprendre qu’ils désirent apporter des parties plus complexes dans leur musique. Dans les années 90 cet aspect technique ne comptait pas, seule la pureté du style était importante, l’intégrité primait.

L’aspect commercial enfin c’est encore autre chose. Il m’arrive de chercher de nouveaux groupes que je ne connais pas sur internet de manière à soutenir de nouveaux artistes et à augmenter mes connaissances, je laisse une chance à toute le monde sans arrière-pensée de nationalité ou de popularité. Il y a peu, je tombe sur un groupe qui n’a encore rien sorti mais dont la page internet était ornée de photos des membres maquillées la nuit et tout ce qui va avec. Bien sûr photos traditionnelles vu 10000 fois sans aucune originalité. Ca pour moi c’est l’aspect commercial, il faut le paraitre avant le contenu. Peut-être que leur musique sera bonne à mes oreilles, mais bon, commencer par faire de la musique est quand même la base si l’on prétend être dans un groupe. Cette primauté de l’image a tué « le truc ». Tu trouveras plein de belles pochettes de disques, plein de photos de gars ultra maquillés et cloutés mais derrière tout ca quand tu jettes un oreille, c’est du entendu des centaines de fois. Ca fait vendre ces beaux visuels mais c’est tout. Tu as une belle villa sur un ile, elle a de la valeur. Tu as 20 villas autour ensuite qui arrivent, la villa initiale perds un peu de sa valeur car il y a la concurrence mais l’ensemble est bien beau quand même, varié. Après tu as des immeubles qui se construisent par dizaine et qui trouvent preneur puis ensuite la périphérie avec ses bas-fonds. C’est ca le black, il y a eut de belles choses et puis des dizaines, des centaines d’autres et la qualité s’est dégradée, la pureté initiale a quasiment disparue et quand tu as une belle villa qui essaie d’émerger elle est noyée dans la masse.

Cette interview en mode c’était mieux avant touche à sa fin, on a bien remonté le temps et il faut maintenant penser à l’avenir, quels sont tes espérances pour ce style et pour la carrière de Gorgon ?

Le style en soit va perdurer avec des formations « classiques » tout à fait honorables et surement encore plus de prétendus groupes hybrides qui vont ressayés de s’approprier ce qui leur plait dans le black tout en rejetant certains critères et vont pondre des oeuvres batardes. Je ne prône pas un style figé qui n’évolue pas, le style est suffisamment vaste pour que tout le monde s’exprime selon son esprit créatif mais il doit avoir néanmoins des éléments essentiels et des limites qui, hors de ce cadre, le dénature et font que ce n’est plus du black. En ce qui concerne le groupe, dans l’immédiat Osmose Productions va ressortir nos deux premiers albums en CD et vinyle plus notre unique demo, elle uniquement en CD. L’ensemble a été remasterisé et possède un nouvel artwork dans l’esprit de celui d’origine. Par la suite il semble que l’on va essayer de se produire en concerts dans quelques mois, on est pas encore prêt mais un line-up pour la configuration « live » est en train de se mettre en place. La composition de nouveaux titres a aussi débuté, aussi un nouvel enregistrement devrait succéder à « The Veil Of Darkness », ce qui est bien motivant pour moi.

Ca ne te fait pas chier qu’un groupe est pris le nom de Gorgon en France pendant ton « absence » ?

Quand en 1995 un groupe japonais s’est fait appelé Gorgon, sans la possibilité de savoir que l’on existait depuis quelques années, il faut remettre dans le contexte, internet n’existant pas, on ne pouvait lui en vouloir. Mais quand en 2015 il me semble, un groupe de notre pays qui évolue dans un style de metal extrême s’approprie un nom de groupe dont ils connaissaient l’existence (info confirmée par un des membres), c’est du n’importe quoi. Selon eux ils ont pris ce nom car on n’existait plus en 2015. Tu vois un groupe américain de metal extrême se nommait Slayer en 2020 sous prétexte que le Slayer actuel que l’on connait n’existe plus ? C’est grotesque. Qu’un groupe de techno ou d’un pays qui n’a pas facilement accès à internet et du coup ne peut se renseigner si le patronyme est déjà pris utilise ce nom, encore ça pourrait passer car on n’évolue pas dans le même créneau ou le manque de connaissance les ferait prendre ce choix, mais un groupe du même pays dans une même « famille » musical qui connait notre existence, non ce n’est pas pardonnable. Il y a plein de groupes qui n’existaient plus en 2015, Les Beatles, The Police, Genesis, il ne viendrait l’idée à personne de reprendre leur nom pour autant. Un peu de créativité quand on fait un tel choix….

Chris / 2018

Et depuis quelques années, on voit les groupes revenir à leur style de départ, des petits nouveaux se replonger dans le Black des anciens et des anciens toujours là comme toi, Antaeus et presque tous les groupes de la même époque (Samaël, Impaled Nazene, …). Comment vois tu l’évolution des groupes que tu soutenais à l’époque ?

C’est vrai que de nombreux groupes avec qui je correspondais sont toujours là, ceux cités plus haut mais aussi Opera IX, Goatpenis, Mortuary Drape, ou même Sepulchral qui officie dans le death…. La plupart n’ont pas changé musicalement mais certains ont pris des voies différentes tel Samaël, Zemial ou Sinoath. Je respecte leur choix même si je ne me retrouve plus dans leur musique. Si l’occasion se présente j’irais les voir en concert, aucun doute la-dessus, de manière à juger live, mais leurs productions récentes ne m’attirent pas. Je ne suis pas réfractaire au changement de style, quand Bathory avait sorti « Hammerheart » cela avait été une surprise mais au final j’avais accroché. Il en est de même avec le « Cold Lake » de Celtic Frost que j’aime bien là où je n’ai pas apprécié leur dernier « Monotheist » ni ce que fait Tryptikon. Même chose pour Bulldozer avec son thrash ou Impaled Nazarene par exemple que j’ai vu plusieurs fois en concert, ce n’est pas l’image que je veux garder d’eux aussi je n’écoute pas leurs productions récentes. Venom c’est pareil. En fait, j’écoute une fois par internet pour leur laisser une chance, mais cela ne va pas au-delà. Le problème vient peut-être aussi de ca, le fait d’écouter du virtuel. Avant je les avais sur un support physique et quand tu avais dépensé 90 francs dans un de leur LP, tu l’écoutais plusieurs fois et souvent tu finissais par l’apprécier. Mais de nombreuses déceptions sont arrivées aussi suite à des achats, je pense à Sarcofago, Katatonia dont le 1er album m’avait vraiment déçu par rapport à leur demo, tout comme Bathory avec « Requiem » ou « Octagon » ce n’était pas terrible non plus. J’aime souvent les premiers enregistrements et après je décroche. J’aime énormément le premier 4 titres de Dark Funeral par exemple mais rien de ce qu’ils ont fait ensuite. Ce n’est pas mauvais, c’est juste que ce n’est pas pour moi.

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On a osé approcher les tRuckks

Ils m’énervent ces jeunes, pleins d’entrain, toujours heureux, ils jouent dans des gros festivals (les Eurock quoi !!) et ils n’ont même pas 18 ans, je pourrais être leur père  ! Moi à leur âge … euh je faisais du Black Metal cradingue dans mon garage tout en buvant des kros … bref ça on s’en fout ! Donc là les Vésuliens sortent un nouvel Ep, il fallait donc que cette fois on en apprenne un peu plus que la dernière fois !

1/Alors mes ptits loups, qui êtes-vous mais surtout d’où vient ce nom de groupe bordel !!
Alors, on est des Vésuliens de 18 ans, passionnés de camions, donc ce choix de nom n’était qu’évident. Non sérieusement, nous sommes en guerre contre eux. Cyprien étant grand fan de skate, Leny a proposé « trucks » il y’a de ça, 4 ans, nous, naïfs, avons validé. Découvrant les joies d’internet et du référencement, on s’est rendu compte que les seuls groupes qui nous faisaient de la concurrence étaient « Renault trucks », ou encore les fameux  « Food trucks ». On a donc pris la grosse décision de rajouter UN SEUL K.
Voilà le mystère enfin résolu. Depuis ce temps on se rassure en se cherchant des excuses, mais il  faut se rendre à la raison, les camions vaincront.

2/On peut dire que depuis le Lac en Zik, un sacré chemin a été parcouru, pensiez-vous que votre musique allait plaire autant ?

Nous avons toujours misé sur le mauvais goût ambiant!

3/Et voilà que déboule un EP … 8 titres (pas loin du Lp), avec un son énorme et une progression technique sur tous les points, parlez-nous de ce CD.

En octobre 2018 nous avons enregistré tous les morceaux au magnifique Black Box Studio à proximité d’Angers. Le but était d’avoir le son le plus brut possible, en enregistrant tout live et en analogique.   Nous sommes super satisfaits du taf de Peter, ce studio est génial pour ce type de session et pas que!

Nous voilà avec 6 titres complets et deux interludes qu’on s’est bien amusé à créer là-bas. Nous voulions plus de contenu sur les nouveaux morceaux, essayer d’étoffer tant musicalement qu’au niveau des paroles.
Nous avons pris initialement la décision de le faire sans label,  c’est donc grâce à Mighty Worms et la Région que nous avons pu assumer tous les frais le concernant! 

Deux mois après, les Lysistrata (que l’on embrasse), toujours un tour dans leur sac, ont créé Grabuge Record et proposé de le sortir en K7! On prépare donc deux fiesta pour le sortir : Le samedi 16 février à Paris au Supersonic & à l’Antonnoir de Besançon le 1er mars où l’on espère voir un maximum de Loubards. 

 4/Lors de notre dernier entretien, on a appris certaines choses, en plus de la recette du boudin, c’est votre admiration pour Metz ? Qu’est-ce que représente ce groupe pour vous ?

Metz c’est un peu comme un super bon boudin, depuis tout petit on n’ose pas goûter, mais dès la première bouchée c’est la folie. Metz est notre plus grosse influence, verdict après avoir joué avec eux : encore plus puissant en live qu’en studio. 

© 2019 Lukas Guidet

5/Vous avez participé à des festivals (du Lac en Zik aux Eurock), quels souvenirs gardez-vous  de ces dates ? Quel fut le plus marquant ?

Les Eurocks ont été un énorme moment, beaucoup de personnes se sont déplacées, c’était un joyeux bordel. Le souvenir le plus marquant actuellement reste « les Bars en trans » à Rennes, pour l’after.. et une halte à Sens sur le trajet pour suivre une préparation physique avec coach Vincent et la team Mafia.
Sur les dernières dates (depuis les Eurocks), nous tournons avec notre ami de toujours : Guillaume (ingé son de talent, qui bosse sur le Lac en Zik et sur des milliers d’autres concerts). La venue de ce grand malade rajoute un goût particulier à chaque date! 

6/Qui dit Sortie d’un cd, dit dates pour le promouvoir, où va-t-on croiser les tRuckks ?
Dans la région : L’Antonnoir le 1er Mars, à la Poudrière de Belfort le 14 mars, à Echo System le 30 Mars avec les Pogo Car Crash Control et deux-trois festivals bien sympa qui devraient bientôt être annoncés.
Et sinon nous avons aussi des super dates transpatatiques comme : le Brise Glace à Annecy le 23/02 , à Evreux le 10/05 avec Tagada Jones, ou encore à Toulouse au Metronum pour la semaine du Rock le 28/03. 

7/Quels sont les objectifs du groupe pour les années à venir, encore plus de concerts, plus de professionnalisation ?
Nous avons un objectif commun qui ne cesse de se réaliser: faire un feat avec Amadou et Mariam, Tike Boss et Philippe Katerine ( c’est en discussion avec notre agent).

8/Parlons Haute Saône, pouvez-vous me parler des groupes du coin ?
Y’en a tellement, mais nos gros kiffs de cette année sont : PAUWELS et La Bite et le Couteau!
On a rencontré Pauwels lors d’un plateau pour le festival Microsiphon, la plus grosse claque live depuis Lysistrata (vu un an plus tôt). On espère très vite rejouer avec eux, en attendant il faut écouter en boucle ! 
Parlons de ces ogres Saônois de La Bite et le Couteau : ils ont sorti un super 4 titres « Machine gun Bacon » en septembre si je ne dis pas de connerie. Dernièrement on a fondé un groupe à 7 membres vésuliens  pour un projet live : « Objectif Ruine » qui devrait paraître sur youtube d’ici 1 mois!  L’histoire d’une après-midi dans une grange à Osselle ( futur siège Social du FMI), où nous avons joué un morceau live créé en deux repets, surprise ! Eux aussi, des supers gars.

Membres du groupe
Cyprien Hernandez
Lény Boussakhane
Hugo Philippe
Martin Mesnier

Ville d’origine : VESOUL
 

Maison de disque : Grabuge Rec

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Membrane, sous toutes ces coutures

Mine de rien cela fait depuis les années 2000 que Membrane écume les salles de concerts et sort de façon régulière des cds. Alors à l’occasion de la sortie de « Burn your bridges », il fallait qu’on leur pose quelques questions !

C’est une tradition (moisie comme toutes les traditions), mais chez nous on aime bien commencer par une petite bio, qui ? quand ? quoi ? mais pourquoaa ???

Ok, alors ça risque d’être un peu long parce que le groupe s’est formé il y a bien longtemps, a sorti pas mal de disques, fait pas mal de concerts et a connu différents line up aussi. Le groupe a commencé au début des années 2000, je suis dans le groupe depuis 2013. En tout il y a 5 albums, 2 splits (avec Sofy Major et Revok) et 2 EP, plus des titres sur des compils (Tribute à Tantrum ou Unsane). Même si le groupe en est à son 5e changements de line up, il y a une continuité artistique entre les disques. A l’heure actuelle, le groupe est composé de Nico à la guitare qui est le membre fondateur, de Nico (un autre Nico) à la basse qui joue dans Jäger Blaster également et qui est là depuis avril 2018. Et de Max (donc moi) à la batterie, je jouais dans Run of Lava avant. Difficile donc pour moi de te parler des 3 permiers albums car je n’étais pas dans le groupe mais avant de jouer dans Membrane, j’aimais le style du groupe mélangeant Noise, Rock, metal, hardcore… Mon album préféré est « Story of Blood and Violence » qui est le 2e album. Ensuite le tempo a ralenti un peu avec l’album « Reflect your Pain » en 2015, c’est plus sombre, moins alambiqué, plus rampant mais c’était voulu. Et là on sort le 5e album « Burn your bridges ». Niveau concert, le groupe a toujours tourné de manière régulière et pas forcément que dans la région mais partout en France et en Europe.

Quand on parle de Membrane, c’est souvent le style post Hardcore et le noise qui sont mis en avant, êtes-vous plutôt d’accord avec cette description ou est-elle bien trop réductrice ?

Non, on va dire que c’est ça dans les grandes lignes. Après les étiquettes c’est toujours forcément un peu réducteur. Surtout avec le nouvel album en fait, où la base reste la même donc Noise Rock mais on a incorporé d’autres influences qui nous tenaient à cœur comme des passages folks, du sludge, des consonances gothiques… Bref on essaie de faire évoluer le truc sans le dénaturer. J’écoute beaucoup en ce moment un groupe qui s’appelle Thou et les mecs sortent ce qu’ils veulent sans se soucier des étiquettes justement, un album de black/sludge, un EP acoustique, un EP de reprises de groupes de grunge notamment. Ils s’en branlent des étiquettes quoi. J’aime bien leur philosophie.

Mine de rien, depuis les années 2000, vous n’avez pas chômé entre tournées et sorties CD / split, et voilà 2019 qui s’annonce avec un nouvel album « Burn your Bridges », pouvez nous en parler un peu ?

Difficile d’en parler car on n’a pas encore trop de recul dessus mais je pense qu’il est dans la continuité des autres albums en mieux ahahah. Musicalement c’est le truc le plus varié qu’on ait fait. On passe de morceaux aggressifs à des trucs plus calmes. Comme je te disais, on a essayé aussi d’incorporer des passages un peu nouveaux. Bref on fait évoluer les choses petit à petit. Pour le son, on a fait appel à Mathieu Kabi du Indie Ear Studio vers Montbéliard. On voulait prendre notre temps et Mathieu n’a pas compté ses heures. On voulait aussi le mixer avec lui et pas faire ça à distance comme pour les derniers. Il a fait un super boulot. L’enregistrement s’est étalé sur plusieurs sessions de juin à septembre 2018 dans une très bonne ambiance. Le mec est à l’écoute. C’est notre pote, il nous fait parfois le son en live, ça aide forcément pour la communication. Ça sort le 11 fevrier en CD et Vinyl via notre propre label Blind Prod et le label numérique Atypeek Music. Il est commandable dès maintenant sur membraneband.bandcamp.com

Les 3 titres que j’ai déjà pu écouter, montrent un album sombre, avec des influences un peu plus heavy « Childhood Innocence » m’a même fait penser aux copains de Hellbats et BZP, je déraille ?

Ahahah… Alors là oui tu dérailles complétement…. Non je te charrie. Si c’est ton ressenti, ok pourquoi pas. On est mal placé pour parler de notre musique finalement, on a trop la tête dedans. Mais c’est sûr que ce n’est pas des groupes qui nous influencent lorsqu’on compose dans Membrane. J’adore Hellbats, particulièrement l’album « One minute suicide ». Leur période plus dark, je suis bien fan.

Une sortie d’album annonce souvent une tournée, est ce qu’on va vous voir sur scène ?

Oui, on part en tournée en fevrier avec Sofy Major pour 8 dates. On a aussi quelques dates de confirmées à droite à gauche qu’on annoncera bientôt. Et aussi un projet pour une 2e tournée en juillet, à confirmer. Sinon on est toujours à la recherche de plans sympas donc si des assos sont chauds pour nous faire jouer, ils peuvent nous contacter.

Vous qui êtes de Haute Saône, c’est l’occasion de parler de la scène locale qui bizarrement comporte une tripoté de bons groupes mais qui ont du mal à s’exporter, même si on voit certains petits jeunots jouer sur de grandes scènes en ce moment, qu’en pensez-vous ?

Il y a peut-être pas mal de groupes en haute saône en effet. Après, c’est de plus en plus difficile de trouver des dates, c’est un fait ! Donc ça ne doit pas jouer en leur faveur. Le débat est sans fin en ce qui concerne la recherche des dates, c’est un travail ingrat et difficile. Encore plus quand ce n’est pas dans ta région. Pour les petits jeunots, tu dois faire référence au groupe Truckks j’imagine. Je trouve que ce qu’ils font est excellent. Je les ai vu 2 fois en concert et c’était vraiment bien. Des bons gars. D’autant que je suis prof et que je les ai eus comme élèves dans le lycée où je bosse. J’ai pu suivre leur évolution, vraiment cool. 

Souvent on demande aux groupes quel(e)s sont les musicien(ne)s qui les ont influencés, vous n’y couperez pas !

Pas de musiciens en particulier mais les groupes qui nous mettent d’accord sont Neurosis, Unsane, Metz, Breach, Amenra, Wovenhand… Les classiques dans ces genres musicaux. Pendant la conception de l’album, j’ai pas mal écouté des trucs comme Perturbator, King dude, Anna Van hausswolf, Type o negative…Ça a peut-être joué un rôle dans les compos…

Merci à bientôt sur les routes !

Merci à toi pour ton activisme et ta réactivité !

Les membres : 

Nico, guitars / vocals (2000 – present)
Max , drums (2013 – present)
Nico, bass / vocals (2018 – present)

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Entretien avec les Hellbats

hellbats

Les Hellbats et moi, ça doit bien faire au moins 15 ans qu’on se suit (enfin surtout moi), depuis un concert mythique dans un bar de Lons Le Saunier. Et après autant d’année, c’est comme un vieux couple, on trouve toujours des trucs à se reprocher (encore moi surtout), pourquoi si peu d’album ? pourquoi moins de live ? et bien aujourd’hui je peux poser mes questions à l’occasion de la sortie du nouveau EP !

1/Éternelle question de début d’interview, peux tu nous faire une bio du genre, qui ? quand ? où ? pourquoi ?

Pour faire court, Hellbats est un power trio originaire de Montbéliard, à la croisée de l’horror-rock, du psychobilly, du heavy rock et du hardcore.
Après plus de 18 années d’existence, quatre albums et plusieurs EP, de nombreux concerts dans toute l’Europe, les Etats-Unis et le Canada (Les Eurockéennes, Impetus Festival, Kicking Fest’, The Knitting Factory à Los Angeles…) nous sortons un nouvel EP le 1er Février sur les labels Productions Impossible Records, Kicking Records & Devil Rats Records.

Tom Toxic (batteur) et moi-même Elie (guitare/chant) sommes le noyau dur du groupe, et nous avons joué avec différents bassistes et contrebassistes à travers les années.

Aujourd’hui, c’est Franz (Demon Vendetta,The Black Zombie Procession, ex Nedgeva) qui occupe le poste de bassiste dans le groupe et qui apporte à son tour une pierre à l’édifice.

2/Je crois avoir commencé à vous suivre en 2005 ou 2006, sur la tournée « Dark’n’Mighty », c’était d’ailleurs avec Hawaï Samurai si je ne dis pas de bêtise ? Quel souvenir gardes-tu de cette époque ? Soyons franc, ça reste mon album préféré !

Effectivement, sous l’impulsion des Productions de l’Impossible (Association dont je fais toujours parti aujourd’hui) et notamment de Philippe dit « Le Chef » fondateur du label Productions Impossible Records, nous partagions régulièrement la scène avec Hawaii Samurai, mais également Two Tone Club et Kryptonix.
Je garde un très bon souvenir de cette époque car tout était à faire (bien que tout reste à faire aujourd’hui encore !).

« Dark’n’Mighty » est un disque que j’aime beaucoup, c’est le premier véritable album que nous avons enregistré et c’est surtout celui qui nous a permis de faire nos premiers pas à l’étranger et de signer sur un label américain.  Nous n’oublierons jamais ces instants privilégiés avec Nico (Elek’Nick), c’était un grand musicien et un frère pour nous.

D’ailleurs, j’en profite pour rendre hommage à Lucas Trouble alias le Kaiser qui avait enregistré cet album et qui nous a quitté il y a peu de temps, je vous conseille sa biographie qui vient de sortir chez Camion Blanc intitulé « L’Empereur du son analogique ».

On revient souvent au tout premier album d’un groupe car il contient les fondements de sa musique, mais je suis aujourd’hui tourné vers le présent (voire le futur) et pour moi « How We Learn To Die »et la suite logique de tout ce qu’on pu faire par le passé.

 

3/Cette année 2005 a vu aussi votre tournée américaine, 8000 km dans une Mercury V8, qui a donné quelques années après le dvd « 5000 miles in the midwest ». Ne l’ayant pas encore vu, peux-tu nous en parler ? Est-ce que revoir Elek Nick n’a pas été trop difficile ?

Ce documentaire raconte l’histoire de notre tournée à travers l’Ouest américain pour promouvoir la sortie de notre album « Dark’n’Mighty » sur le label texan HairBall8 Records.
Il a été réalisé par Elek’Vins, un jeune cinéaste et ami de longue date qui nous a suivis et filmés tout au long de notre périple de San Antonio au Texas à Los Angeles en Californie.

Sur notre route nous avons croisé le chemin de nombreux groupes et musiciens, la plupart issus de la scène psychobilly et horror punk comme The Meteors, Tiger Army, et notre vieil ami Rick Tanner des excellents Hellbillys qui a fait un bout de chemin avec nous en Californie.

Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion d’y retourner un an plus tard comme convenu avec notre label car Nico nous quittera quelques mois après notre retour.

Je précise que ce DVD a mis 10 ans à sortir car il a été très difficile pour nous de revoir des images de Nico et de se replonger dans le passé. Mais nous tenions à ce que ce documentaire voit le jour, car avant d’être le témoignage d’une époque, c’était surtout pour nous l’occasion de rendre un dernier hommage à Nico, dix ans après sa disparition.

RIP Elek Nick

4/Son absence fut comblée (dans le groupe en tout cas) par plusieurs bassistes/contrebassistes, est ce que vous avez maintenant quelqu’un qui tient les 4 cordes de façon définitive ?

« Comblée » ce n’est pas vraiment le mot que j’utiliserais. Nico est irremplaçable, c’est d’ailleurs pourquoi on s’est tournés vers un bassiste après sa disparition.
On voulait passer à autre chose, c’est pourquoi on a joué avec Nasty Samy*(Demon Vendetta, The Black Zombie Procession Second Rate, HawaiI Samurai…) sur l’album Unleashed’n’Alive en 2007 puis avec Adrien Lederer (Cowards, Ex : Hangman’s Chair) sur l’album « One Minute Suicide » en 2009.

Puis, nous avons recruté Blondo (Skarekrows, ex Astro Zombies) car nous voulions rejouer avec un contrebassiste, et revenir à ce qui nous a donné goût à la musique 20 ans plus tôt.

Durant cette période, nous avons à nouveau partagé la scène avec de nombreux groupes issus de la scène psychobilly comme The Meteors, Demented Are Go ou encore Mad Sin.

Nous avons enregistré notre précédent EP « Kiss Your World Goodbye » et un Split 45 tours en compagnie de The Irradiates en hommage à la vierge de fer avec Blondo à la contrebasse.

Comme précisé plus haut, c’est Franz (Demon Vendetta,The Black Zombie Procession, ex Nedgeva) qui occupe le poste de bassiste dans le groupe aujourd’hui, on le connaît depuis de nombreuses années et je pense qu’on a trouvé un bon équilibre tous les trois.

*J’ai d’ailleurs récemment collaboré à nouveau avec Nasty Samy et enregistré 2 disques avec The Black Zombie Procession  « Vol III the joys of being black at heart » et « IV : Heca-tomb ». On partage une passion commune pour la culture horrifique au sens large avec Sam et j’ai pris beaucoup de plaisir à chanter dans ce groupe que je vous conseille !

5/Le dernier album date de 2009, depuis 1 Ep + 1 split avec The Irradiates, j’avoue je m’attendais à un album !! On devra se contenter d’un EP qui contient quand même 5 titres !! Peux-tu nous parler de ce nouveau cd ? son enregistrement, ses influences, …

« How We Learn To Die » est la suite directe de notre précédent EP qui s’intitulait « Kiss Your World Goodbye ». Ces deux disques sont complémentaires et fonctionnent comme une seule et même pièce. De la pochette, aux paroles, aux titres des morceaux et au tracklisting, tout est lié entre ces 2 disques.

Le refrain du morceau «  How We Learn To Die » résume à lui seul cette idée :
« Kiss Your World Good Bye, Let Me Show You How We Learn To Die »

Cette nouvelle production ne sortira d’ailleurs pas en CD, mais en vinyle (Maxi 45 Tours) tout comme son prédécesseur.
L’idée première était de sortir un album avec une face jouée à la contrebasse et l’autre face jouée à la basse.

Comme pour la plupart de nos précédentes productions, ce dernier disque a été enregistré en compagnie de Francis Caste cet été au Studio Sainte-Marthe à Paris.
C’est le disque sur lequel j’ai pris le plus de plaisir à produire, on commence à très bien se connaître avec Francis et il sait exactement ce que nous voulons.
De « No Surrender » de Kickback au dernier album d’Hangman’s Chair, il a su se renouveler et progresse constamment, c’est un réel plaisir de travailler avec lui.

Nos influences sur ce disque sont très diverses, on écoute aussi bien du rockabilly que de la pop ou du black metal. Je peux te citer quelques disques qui ont beaucoup tourné sur nos platines dernièrement, c’est peut-être plus parlant :
« Rockability » de Crazy Cavan And The Rhythm Rockers , « Kodama » d’Alcest , « Ringleader of the Tormentors » de Morrissey , « Last Of The Human Being » de The Quakes, « Bad Bad Boys » de Breathless, « Ótta » de Sólstafir , « The Things We Do to Find People Who Feel Like Us » de Beach Slang, « Spectre » de Laibach, « Art Angels » de Grimes, « Lost Words » de Deniz Tek,. Et bien évidemment la discographie complète de Type O Negative, de Danzig, de Chris Isaak, de Batmobile et de Roy Orbison. J’oubliais la filmographie complète de Sam Peckinpah !

6/Pour être franc, je l’ai trouvé plus calme que les précédents cd mais en même temps bien plus sombre ? je ne pense pas qu’Hellbats se soit assagi mais tu sembles plus résigné sur ce monde ? qu’en penses-tu ?

Ce n’était pas réfléchi de notre part de ralentir les tempos, ça s’est fait naturellement.
On privilégie de plus en plus l’ambiance générale et la spontanéité, l’émotion prime sur tout le reste.

Notre précédent disque s’intitulait « Kiss Your World Good Bye », je pense que le message était déjà clair à l’époque et cette mélancolie a toujours fait partie intégrante de notre musique, et il me semble que l’on n’a jamais été les champions de la musique festive.

Résigné ce n’est pas le mot, je dirais plutôt réaliste.

Je dois reconnaître qu’il est difficile de faire abstraction d’une certaine médiocrité ambiante et du désastre écologique qui nous guette non ?

7/Un Cd ça se défends sur scène, Hellbats est prêt à repartir sur les routes ? Beaucoup de dates de prévues ?

Oui, on va annoncer très prochainement les premières dates de notre tournée.
On vous donne d’ores et déjà rendez-vous vendredi 1er Mars à Besançon avec tRuckks à l’Antonnoir et le Samedi 27 Avril à Belfort à La Poudrière avec Iron Bastards et Rebel Assholes pour la release party de notre nouveau vinyle ! Deux très belles soirées en perspective !

8/Comme tu apparais dans le docu « les disparus de la photo », qu’as-tu pensé de cette expérience ? comme je disais à Jean phi, on ne ressort pas indemne de son visionnage !

Ce documentaire est le témoignage de toute une génération qui s’est dévouée corps et âme à la musique, Jean-Phi a fait un gros boulot pour interviewer tous les acteurs de cette époque foisonnante.
Ce n’est pas simple d’avoir du recul sur ce film, je déteste me voir à l’écran.
La plupart des protagonistes sont encore très actifs aujourd’hui (musiciens, organisateurs de concerts, labels…) ce qui est plutôt rassurant.

Et pour répondre à LA fameuse question, je pense que le rock n’est pas mort, il a juste muté.

9/Encore merci d’être toujours là ! et à bientôt sur les routes !

Merci à toi pour ton soutien depuis bientôt plus de 15 ans,  never surrender.

Voici trois liens pour celles et ceux qui souhaitent commander notre nouvel EP « How We Learn To Die » :

http://www.productions-impossible.com/newslabel.php

https://kickingrecords.bigcartel.com/

http://www.devilrats.com/

Enfin, on vient de mettre en ligne un nouveau clip extrait de notre nouvel Ep réalisé par Eric Gendrau :

 

Les membres : 

Maison de disque :

Le routneur :

 

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Préparer sa rentrée, étape 3 : le bar

Quand on débarque de loin, on n’a pas toujours beaucoup de potes, 2 solutions se morfondre chez soi devant des séries TV ou sortir et s’en faire de nouveaux ! Et quoi de mieux que dans un bar ! Et sur Besançon nous avons THE BAR, tenu par 2 passionnés, qui, au fil du temps, ont su créer un lieu unique !

Alors hop direction le Titty Twister :!

1/Sly et Elo, les tenanciers, expliquez-nous comment vous vous êtes retrouvés à tenir  THE bar Metal de la ville (j’irai presque à dire de la région) ?

Salut Jérôme,

C’est simple,  notre passion commune pour le métal, ses dérivés (films, concerts) et ses dérives (alcool ahaha).
Alors le Titty fait partie intégrante de l’histoire de notre couple. Cela fait plus de 20 ans que Elo et moi nous connaissons, 15 ans que nous sommes ensemble, maintenant mariés et parents d’une petite metalleuse (bientôt deux d’ailleurs ;-).

Nous fréquentions les mêmes lieux touristiques de Bezak City à savoir Le Madness, L’Asylum, Le Médieval, Le Seven, les concerts au Cylindre, aux Arcades, et bien d’autres lieux culturels.

Et après la fermeture de ces établissements nous avons décidés (nous avions depuis notre rencontre parler de reprendre un bar) de nous lancer dans l’aventure. Nous avons donc pris nos « Balls To The Walls » et cela fait donc 10 ans que le Titty existe.

 

2/A votre avis, qu’est ce qui fait que votre bar est un lieu vraiment vivant, où l’on peut passer une bonne soirée – moi j’ai ma petite idée mais si vous dites rien je le dirai

De la bonne bière et de la bonne musique !!!!
Le Titty est principalement un lieu où se retrouvent les amoureux de musique métallique et donc un lieu de partage entre musiciens et mélomanes.
La configuration du bar et sa décoration sont aussi  importantes, les expositions d’artistes locaux,  l’accueil par Georgette, l’intimité de la cave avec Roger, le fumoir pour s’exprimer tranquillement en laissant le voisinage tranquille.
Mais l’ambiance est surtout liée aux personnes qui fréquentent le bar. La mentalité du milieu metalleux, et bien sur la musique. Nous essayons aussi de contenter tout le monde en diffusant tous les styles de métal, même si j’avoue avoir une préférence pour le Thrash et le Death, mais il ne faut pas hésiter à nous demander de diffuser un titre, surtout que j’aime écouter et découvrir de nouveaux artistes.

Les Tauliers !

3/Et même si on ne pousse pas spécialement à la consommation d’alcool, on doit reconnaitre un large choix de bière sympa, faites nous une petite sélection et pourquoi celle là ?

En effet, nous avons 8 bières pressions (bientôt 9 avec  5 fixes et 3 tournantes) et plus de 30 en bouteilles.
Difficile de faire un choix mais voici nos préférés :
La cuvée des Trolls, une bière blonde à 7° fruitée, florale.
La douceur de la Barbar, une blonde au miel à 8°.
La Bête, une ambrée maltée à 8° avec des notes de caramels et pain d’épices.

La Bière du Sorcier, une bière verte à 5° aux orties et fleur de sureau au gout si particulier bientôt de retour car elle est actuellement remplacée pour Halloween par la Bière du Sorcier Bokono, une bière couleur sang, à la cerise à 7°.

4/En plus de boire un coup entre amis, on peut aussi s’instruire, s’amuser et gagner des cadeaux chez vous, quels sont les soirées qui vous bottent le plus ?

Les soirées MIFC bien sûr !!!!!
Halloween est dans le Top et correspond vraiment au bar . des clips gores à souhait, des shooters dégueux, des bieres dans le ton.

Les soirées Nimp aussi valent le coup, on se déguise en ce que l’on veut, la musique et les clips sont plus débiles les uns que les autres et ouverture tardive jusqu’à  05 :00 !!!

Nous organisons aussi quelques soirées en hommage à nos idoles et icones disparus (RIP Chuck , Lemmy, Dio et tous les autres).

5/Le Titty, s’est aussi la fête de la musique et sa scène Metal ! Toujours d’actu l’année prochaine !

Bien sûr et toujours prêt à co-organiser avec nous hahaha 😉  !!!!!
Nous ne pouvons pas accueillir de concerts dans notre établissement c’est pourquoi je suis heureux d’avoir cette si jolie scène dans le square à côté du bar.

Bon et bien direction le titty pour s’en jeter un petit !

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Bien préparer sa rentrée : Etape 2, le Café/Concert

Cela fait 3 ans que les PDZ (pour les intimes) a changé de main, et j’aimerais bien que tu nous explique comment tu t’es retrouvé au volant de ce café concert emblématique !

Avant de reprendre les Passagers du Zinc il y a trois ans, j’étais la chargée de comm’ du lieu après y avoir effectué un an de bénévolat (collage d’affiches, entrées…). Quand j’ai été engagée, le bar était en redressement judiciaire et mes anciennes patronnes, les mythiques Duche & Claire (qui avaient chacune un job en plus du bar, il faut le rappeler) souhaitaient vendre. Elles ont eu une proposition en 2015 qui n’a pas abouti. Comme elles n’avaient plus de solutions pour vendre rapidement ni la motivation de continuer, mon ami Lucien et moi avons foncé pour prendre les commandes tant cet endroit nous tenait à coeur. L’idée de sa fermeture nous paraissait insoutenable. Claire s’est associé à nous pour nous épauler au début. Un mois et demi de travaux plus tard et les PDZ ré-ouvraient leurs volets !

Après quelques modifs, les concerts ont vite repris, et la liste des groupes passés par le capot est trop longue pour tenter de faire un résumé ! Mais soyons fous, donne moi 3 groupes qui t’ont marqué et pourquoi donc ?

C’est vrai que je ne chôme pas niveau programmation et qu’on a reçu des centaines de très bons groupes ! Voici trois qui m’ont particulièrement marqué même s’il y en a beaucoup d’autres !

Dookoom. Groupe hip-hop électro enragé de Sud Afrique qui rend fous les blancs de là bas avec leur propos très engagés pour la défense du peuple black.

Un phénomène que seulement une petite trentaine de personnes sont venues voir sous le capot ! C’était violent, fort, une grosse calotte ! Les musiciens sont tous très habités et le rap en afrikaan, ça marque !

Heavy Heart. Groupe nantais punk rock soleil qu’ont fait joué les assos Impure Muzik & Vouhvoue et que j’ai découvert sur scène. Des bons jeunes qui envoient (et qui sont adorables !), des morceaux lumineux et des mélodies qui te restent en tête, la classe totale !

Pogo Car Crash Control. Groupe d’Île de France qu’on avait reçu dans le cadre du festival Génériq. Ça faisait longtemps que je n’avais pas écouté de punk rock en français et ils le font très bien ! Un concert ultra énergique et sauvage et une mention particulière pour la bassiste qui fait vraiment bébé quand tu la rencontres mais qui est une vraie furie sur scène !

Après je pourrais citer pleins d’autres groupes qui m’ont marqué pour leur musique comme pour la rencontre humaine mais là, il y en a pour des heures !

 

Donc les PDZ, c’est un café/bar et une salle de concert, peux tu décrire un peu le lieu et son fonctionnement !

En effet, aux Pdz il y a deux activités : La partie bar (à l’étage) qui fonctionne comme une entreprise lambda et qui ouvre cinq jours sur sept avec un large choix de spiritieux, des jus de fruits maison et des vins en biodynamie pour la plupart. Pour les concerts, sous le capot donc, on a une asso qui chapeaute le tout : on cale des ingé sons et on place des bénévoles aux entrées ou au service du bar du bas. Je gère la prog’ pour les concerts qu’on organise en direct ou avec les nombreuses assos locales qui ont toujours des super groupes à nous proposer. Les entrées reviennent aux groupes, on ne gagne pas d’argent sur les concerts. En moyenne, on organise une grosse centaine de concerts à l’année, dix par mois en gros.

 

Question qui peut fâcher (et tacher si on a un liquide dans la main), l’avenir des café/concert remis en cause par les lois de plus en plus restrictives ?

Il est vrai que les caf conc’ ont tendance à fermer les uns après les autres, on le voit même pour des lieux mythiques à Paris. Ceci dit, être à son compte aujourd’hui, peu importe le domaine, relève de l’exploit. Les charges fixes, les impôts, le rsi, l’urssaf peuvent rendre fou. C’est dingue ce qu’on a à payer pour exister alors qu’on ne peut pas se rémunérer toujours correctement. Il faudrait trouver comment aider les petits au lieu de les prendre à la gorge mais bon, je m’égare. Le problème majeur pour les bars, c’est que les mairies ont de plus en plus envie de gérer des centre villes morts où les propriétaires veulent le calme et dictent leurs lois. Par définition, le centre des villes, c’est la vie d’une ville, si tu veux être pépère, tu déménages et basta. Que Besançon arrête de se vanter d’être une ville étudiante si c’est pour que rien ne s’y passe !

Côté règles relatives au son et à la sécurité, on a de la chance car ce sont mes anciennes patronnes qui avaient déjà bien avancé sur ce terrain il y a quelques années.

 

Bon pour les mois à venir à quoi doit t-on s’attendre ? toujours autant de décibel ?

On peut en effet s’attendre à toujours autant de decibel sous le capot de la D.S. Avec toutefois une nouveauté cette saison : Une série de concerts à l’étage qu’on a appelé Between The Bar à destination des one man/woman band dans un esprit indie, folk, chanson. On en a déjà organisé deux et l’ambiance est hyper classe, douce, chaleureuse. Pour les mois à venir, voici ce que je peux annoncer : Low Relief, Blindness, Les Fées Minées, Mighty Bombs, We are Griff, The Hi-Lites, The Horsebites, Robot Orchestra, Gâtechien, Cortez, Membrane, Contractions, Brazilliers, Madjive ! Surveillez la prog’ !

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