Carpenter Brut – Leather Teeth

Pour certains, lier la Dark Synth de Carpenter Brut au Metal peut sembler intrigant. Et pourtant, force est de constater que l’esprit Metal habite la musique de Carpenter Brut, peut-être même encore plus avec ce nouvel album, nommé Leather Teeth, du nom du héros de ce concept album, un jeune chanteur de Glam Rock qui, jaloux du quarterback qui a séduit la fille dont lui-même s’était épris, décide de concocter une potion qui lui donne un magnétisme irrésistible, mais qui le transforme du même coup en monstrueux meurtrier. D’où la pochette au charme délicieusement kitsch de vieille affiche de film d’épouvante. C’est d’ailleurs comme ça que l’album nous est présenté : une bande originale de film. L’on voit tout de suite que Frank B. Carpenter (de son nom de scène) a soigné l’esthétique de cet opus. Mais qu’en est-il de la musique ?

L’album se compose de 8 titres. Nous sommes loin des 18 titres de l’album-compilation Trilogy. Mais Leather Teeth va justement droit à l’essentiel de ce qui fait l’originalité de Carpenter Brut.

L’album démarre en trombe avec « Leather Teeth », une introduction détonante, digne des morceaux les plus agressifs de Carpenter Brut. L’histoire démarre de manière puissante et épique à la fois. Notre protagoniste fait une entrée fracassante.

L’on enchaîne avec le premier des deux morceaux chantés de cet album (contre un seul sur Trilogy) : « Cheerleader Effect ». Avec Kristoffer Rygg (Arcturus, Borknagar, Ulver…) au chant, ce morceau est en fait plutôt calme et n’est pas sans rappeler « Anarchy Road » de l’album précédent. Mention spéciale aux mélodies de milieu de chanson, très réussie.

Nous passons ensuite à « Sunday Lunch », un morceau très groovy aux sonorités langoureuses. Les guitares enchaînent ici les mélodies et les soli et le tout est très entraînant. Une chanson mémorable, pour sûr.

Mais ne nous laissons pas tromper par le charme de Bret Halford, devenu Leather Teeth, car arrive la chanson « Monday Hunt », qui démarre de manière agressive à la manière du premier morceau. Puis les arpèges au synthé nous emportent dans un tourbillon de musique enivrante. A cela viennent s’ajouter des mélodies de guitares aux sonorités très Heavy Metal.

Cette descente en enfer se poursuit avec « Inferno Galore », un morceau plutôt rapide et efficace, qui se présente presque comme l’archétype du son Carpenter Brut, tant il est teinté de tout ce qui le caractérise.

Nous parlions plus haut de Heavy Metal, nous pourrions y revenir avec le prochain morceau : « Beware The Beast ». Le titre parle d’ailleurs de lui-même. Le morceau est chanté par Mat McNerney (Hexvessel, Code, Grave Pleasures…). Décidément, l’on ne cesse d’être surpris par cet album, qui emploi des chanteurs de Black Metal de manière inattendue. « Beware The Beast » est une chanson aux riffs qui sonnent déjà comme des classiques et au refrain accrocheur, tout en gardant ce ton kitsch dont l’album est empreint.

L’avant dernier titre, « Hairspray Hurricane », est la scène finale de l’histoire de notre héros. Le morceau dégage une énergie digne du film d’action que l’album se veut être. Le grand final est aussi épique et électrique que l’on pouvait le souhaiter.

Mais il reste un morceau qui vient égayer le générique de fin de cette aventure. Sobrement nommé « End Titles », il est en tout cas loin d’être anecdotique. Cette une chanson assez lente qui canalise la tension pour la laisser exploser par petits morceaux de bravoure. C’est un morceau grandiose dans lequel chaque note est parfaitement à sa place, à en avoir des frissons. En parlant d’explosion, mention spéciale à la relance de milieu de morceau, qui vient nous donner une dose supplémentaire d’énergie pure.

               Alors, maintenant vous me croyez, n’est-ce pas ? Vous ne sentez pas l’essence du Metal dans cette chronique passionnée ? L’on pourrait déplorer la durée un peu courte de ce Leather Teeth (une bonne demie heure), mais le résultat aurait pu n’être pas si efficace s’il avait traîné en longueur. Tout est là. La promesse que laisse présager le synopsis et la pochette de cet album est tenue.  Vivement la suite.

Petit conseil en bonus : écouter Leather Teeth en voiture… un véritable plaisir (encore mieux si la voiture est des années 80) !

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